C'est la faute à la grenouille !

France - Canada      46 - 19

Napier, 20h30, des trombes d’eau s’abattent sur le stade de McLean Park. Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir les hommes de Marc Lièvremont prendre l’eau face à des canadiens boostés par leur victoire face aux Tonga et à la botte imperméable, prête à s’employer sur l’arrière train tricolore.

3 minutes de jeu et déjà 3-0 pour les Canucks sous le coup de pied bien visé de Pritchard… Aïeuuuh !!!

« Il pleut, il pleut Bergère, presse tes bleus moutons ! » a-t-on envie de crier à tue-tête au patron du XV de France, pâtre de quinze … on ne sait plus … coqs, moutons, chèvres, on n’a que l’embarras du choix quand eux, n’ont que l’embarras de la balle entre les mains, à les voir jongler avec.

tain, il rebondit n’importe comment ce ballon ! … Ben oui, c’est du rugby et si le jeu de nos petits bleus ne tournent pas rond depuis le début de cette coupe du monde, le ballon non plus … et ça c’est depuis des siècles ! (oui d’accord, seulement deux).

Quatrième minute, chandelle de Trinh Duc … « sauve qui peut ! » semble crier la défense canadienne qui s’écarte devant l’obus qui leur tombe dessus. Sauf qu’il pleut, la balle fuse et Clerc réceptionne … essai français ! On n’en demandait pas tant !

Mais n’allez pas croire que les bleus sont moins drôles que les Canucks, loin de là. Réponse du berger à la bergère avec la scène identique à l’opposé du terrain, trois minutes plus tard. Traille s’écarte de la riposte canadienne, essai gag de Smith, 10-7 pour le Canada après la transformation de Pritchard.

On aurait envie de rire … et puis, non !

C’est le déluge sur le stade, une vraie patinoire ! Forcément les canadiens semblent plus à l’aise, même sans casque, ni crosse. Et si le jeu prend l’eau c’est la faute à la grenouille, car s’il pleut, chez les bleus personne ne se mouille … à jouer au rugby !

Les castor-canucks cassent du bois pour monter un barrage imperméable en défense tandis que nos grenouilles tentent de monter dessus en croassant … les bras, en mêlées fermées. Mais à force de hacher leur jeu, les canadiens se mettent à la faute, ce qui permet à notre buteur Parra de passer quatre pénalités avant la fin d’une première mi-temps laborieuse. France 19, Canada 10.

On se dit que la deuxième période va être très compliquée pour nos bleus qui nous font mal chaque fois que les canadiens appuient dessus avec deux drops successifs de Monro. On peut lire sur les banderoles « Sauvez les castors, mangez des grenouilles ! » (save beavers, eat frogs !). Le public nord américain et néo-zélandais s’en lèchent les doigts, les deux qui distancent les canadiens de l’exploit.

Heureusement Parra et Trinh Duc ripostent pour garder les Canucks à distance. 25-19 à la soixantième minute, les bleus cherchent à sauver les meubles sous l’inondation de leur camp par les attaques canadiennes non récompensées par un Pritchard pas en réussite.

Et puis, va comprendre pourquoi, va comprendre comment, 64ème minute, Traille s’illumine dans un essai d’abord salvateur pour les bleus. 32-19, on respire, 78ème minute, une grosse poussée en mêlée  donne raison au pack français et Clerc en profite pour signer un doublé, et puis vient l’exploit tricolore, un essai d’anthologie, Clerc conclut une impulsion de Mermoz, pour son triplé dans ce match et le bonus offensif … inespéré !

Le score final est aussi flatteur que notre perplexité est grande quant à l’avenir d’une telle équipe, capable du pire comme du meilleur, face aux All Blacks la semaine prochaine. Moi je veux bien ne plus chercher à comprendre, si seulement vous me promettez, monsieur Lièvremont, de jouer ce match comme une finale.

On est à Auckland, à l’Eden Park, merde … Profitez et faites nous rêver !

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and especially for John the new IRB World Rankings ... Australia 3th (-1), Ireland 6th (+2)and England still 4th above France !