PSA, on aime ou on n’aime pas… décidément PSA avec moi* ça ne passe pas !

Si on perd dimanche, il y est pour quelque chose. Vous vous demandez sans doute si je parle de dimanche dernier ou de celui qui vient.

Des deux, mon capitaine !

Si le rapprochement avec l’entreprise du même nom m’est facile c’est que l’ancien trois quart clermontois et entraîneur de Gloucester, Sales puis Toulon a des méthodes de manager d’entreprise. Il gère son club ou la sélection nationale comme on gère un fast-food de marque américaine. Du résultat ou c’est la porte ! (les joueurs en choeurs : "ah non... pas Laporte !")

Et les premiers à payer, à être remerciés avec les formes managériales du nouveau boss sont Dupuy, Mermoz, Nallet et Malzieu. Il est vrai que ces deux dimanches, les supporters du Stade de France ont fait la queue pour ne pas se mettre grand-chose sous la dent. Ils avaient commandé du big match et on leur sert du wet match chicken !

Mais à qui la faute ? … Ce n’est faute justement d’avoir rabâché depuis quinze jours que le néo-sélectionneur, n’entendez surtout pas néo zélandais, sélectionneur plein de zèle s’il en est, à la rigueur… bref, ce n’est pas faute de nous avoir rabâché les oreilles que le nouveau patron du XV de France avait la chance unique de faire vivre le groupe pendant un mois entier et surtout de bien travailler avec pour accomplir ce qui semblait être largement à sa portée, le grand Chelem.

On s’en léchait déjà les babines avant… ça ! Ce grand n’importe quoi depuis l’Irlande !

Contre l’Italie, on est organisé, on défend super bien, on marque quand il faut. Y avait presque rien à changer juste à travailler les points faibles (la touche, la mêlée, les rucks… quand même !) et renforcer le point fort, une ligne de trois quarts culottée et prometteuse.

Et puis vient ce match en Ecosse où tout est loin d’être parfait, mais l’envie et le résultat sont là comme une bonne pâte à travailler pour gommer encore une fois ce qui ne va pas et parvenir à trouver des automatismes indispensables avant d’affronter l’Irlande. Même le coach fait son mea culpa car il sait qu’il s’agit de donner les billes au groupe pour se trouver, se souder face aux épreuves qui l'attend.

Et là, c’est l’échec total ! … on connaît la suite des deux scénarii à l’identique et dans un même décor, le Stade de France, devant son public, devant nous quoi ! … une demi-heure avant de jouer, 14 points offerts, une course-poursuite après le score et le drop de la gagne qui ne sourit pas aux deux buteurs frileux qui entrent à tour de rôle, chacun dans son match, en cours de jeu et qui se tirent la bourre dans une concurrence qui ne sert personne et surtout pas l'équipe !

Parce qu’il est là, le mal du sélectionneur, l’erreur de coaching ou de management, devrais-je dire !

Il avait une équipe finaliste de la coupe du monde qui s’est hissée à ce niveau dans la douleur d’une préparation calamiteuse. Cette équipe s’était livrée comme jamais dans sa finale. Il suffisait de leur insuffler cette force, cet état d’esprit de guerriers retrouvés. Et au lieu de cela, PSA replonge ces joueurs dans les cauchemars du passé faisant ressurgir les vieux démons.

Harinordoquy, Trinh Duc, Parra, Bonnaire tour à tour sur la touche. Mermoz, Nallet, Servat en seconds rôles regardant évoluer l’insolence sur la pelouse respectivement à leurs places, Fofana, Maestri, Swarzewski.

Comment le groupe peut-il être sain avec tant de doutes dans les têtes ?

N’y avait-il pas le temps de la tournée en Argentine pour opérer ces changements ? Que vient faire un Buttin pour terminer le tournoi ? A quoi ça rime ? Les finalistes de la coupe du monde ne méritaient-ils pas d’aller au bout, ensemble, solidaires, dans cette ultime aventure avec cette jeunesse insouciante sur la touche, à la relève, tout un symbole ?

Alors oui, monsieur Saint-André la défaite de dimanche est pour votre compte. On aurait pris les essais sans doute, on aurait réagi c’est sûr, autrement, avec une équipe mieux dans sa tête. Les 3 points manqués de Dupuy en début de partie. Avec Parra, il seraient peut-être passés… ou pas. Je n’ai pas de procès à vous faire mais juste l’intime conviction que vous êtes dans l’erreur, dans le calcul corporate et pas dans la foi en ces hommes capables de tout comme en Nouvelle-Zélande.

Et si on perd samedi à Cardiff, je serais la dernière étonnée, car il y a 80% de chance d’avoir une équipe encore plus perdue sur la pelouse du Millénium. Et je ne suis même pas sûre que la baffe que le XV tricolore risque de se prendre lui soit salvatrice dans l’avenir, pire… il ne la mérite même pas !

 

(*) pour celles qui ne sauraient pas, j’ai été embauchée dans le groupe du même nom que j’ai quitté au bout de deux mois.