Le rapt des garçons bouchers !

TOP 14... 8è journée,     Biarritz – Toulon     9 – 36

Ils sont de retour les garçons bouchers du RCT, stars de ruck and maul adulées dans les regroupements par leurs fans adverses toujours prêts à leur arracher leurs chemises.

Après leur tube Carni’Var qui a déferlé dans toutes les villes de France, avec un incroyable succès, Perpignan, Colombes, Mont-de-Marsan puis Montpellier, nos brillants artistes, pour ses leaders du moins, font l’impasse la semaine dernière au Stadium de Toulouse, préférant botter, les pieds en éventail, un ballon de rosé sur une plage de l’île de beauté.

Cette fois c’est sur la scène d’Aguilera à Biarritz qu’ils se produisent.

L’affiche est belle entre les deux équipes en forme de ce début de saison, parties en trombe jusqu’au sommet du classement et qui pourtant chacune ont flanché la semaine passée.

L’affiche n’est pas nouvelle. Souvenez-vous la finale du Challenge européen à Twickenham, j’y étais. Soporifique ballet de chandelles entre les deux ouvreuses, fermant toute initiative de jeu et livrant un bien triste spectacle, seul véritable perdant de la rencontre qui a vu le BO l’emporter, avec un billet heureux en prime pour disputer la H CUP, dès la semaine prochaine.

Oui mais voilà, ce samedi après midi, le spectacle a été tout autre entre les deux mêmes formations, ou presque, le groupe varois allumant le feu dès l’entame. Le public en a eu pour son argent. Ca remuait dans les tribunes et dans la fosse en pesage, ça grognait le même refrain « B.O, B.O ! » tant les basques avaient du mal à suivre le rythme des toulonnais.

Car les garçons bouchers étaient bien de retour avec un nouveau répertoire qu’a orchestré avec brio leur buteur emblématique Wilki, dit Wilkipédia, l'encyclopédie interovalienne des coups de pieds entre les poteaux.

Les stars toulonnaises ont été tout simplement énormes, avec un Jonny phénoménal, à cent pour cent, tout comme ses avants, eux aussi à sang pour sang, tant ils ont découpé, déchiqueté, écrasé toutes les initiatives biarrotes, tranchant dans le vif des rucks et de tout jeu au sol, à faire hurler d’horreur un public médusé.

Wilkinson, encore lui, a été à l’origine du premier essai, magnifique, combiné avec Giteau, relayé par Smith et parachevé par le troisième ligne Armitage, imparable. Le drop de Traille et les deux pénalités de Berquist, qui en a raté bien d’autres, feront pâle figure sur la scène de cette boucherie.

9-16 à la mi-temps.

La seconde période donnera quelques espoirs aux basques, notamment avec cette incroyable chevauchée de Ngwenya depuis ces vingt deux mètres. Le trois-quarts américain s’est senti poussé par son aile, à la manière d’un Gary Cooper sur son cheval poursuivi par les indiens. Mais les peaux rouges et noires des varois parviendront tant bien que mal à l’arrêter sans qu’aucune cavalerie ne vienne à la rescousse du héros malheureux.

Les biarrots se sont trompé de film, ils étaient conviés à un récital de cette formation bouchère qui interprétait son dernier tube, un rapt à la varoise, parfait, quand sur deux contres ils obtenaient même le bonus offensif dans les cinq dernières minutes, comme un rappel clamés par les fans de sang, une première fois par Martin et une dernière par Giteau.

Une fin en apothéose qui laissa les biarrots sur le cul, sur le terrain comme en tribune. 20-0 en deuxième période, rien que ça !

Belle démonstration de force de la part de ces toulonnais qui prennent désormais la tête, bien vissée sur ce championnat qui on ne voit pas comment pourrait leur échapper, une fois que l’on a vu ce week-end le rugby balbutié des clermontois et des toulousains.

 

En bref…

Clermont s’est buté à une solide équipe de Castres qui a bien fait comprendre aux jaunards qu’ils risquent d’attendre sans doute cent ans, comme pour leur premier Brennus, avant de venir gagner ici à Pierre-Antoine (16-13).  Les jaune et bleu se contentent d’un point de bonus défensif, néanmoins mérité.

Quant à Toulouse, reçu avec les honneurs à Chaband-Delmas, dans le grand stade des footballeurs de Bordeaux, sont repartis avec des frayeurs et une victoire incroyable dans un match fou, sept essais, où les bordelais se sont pris pour des néo-zélandais, menant de 19 points à l’heure de jeu, tout près d’un bonus offensif, avant de craquer en toute fin de match sur deux essais fabuleux de Matanavou, rocambolesque jongleur équilibriste. Bordeaux a du céder sa victoire sur un essai de pénalité logique tant cette dernière mêlée toulousaine, sur la sirène, rejouée gentiment maintes fois, a écrasé le pack bordelais, obligé de cumuler des fautes grossières (32-34).

Une victoire certes pour les toulousains qui les replace à hauteur des auvergnats mais pas de très bon augure avant d’affronter le Leicester en coupe d’Europe.

Montpellier réalise la meilleure affaire de la journée en battant le Racing-Métro sur son terrain grâce à un essai de Bias à l’heure de jeu (12-16). Les héraultais se placent à la quatrième place, juste devant les isérois tous heureux de remporter sur le fil leur duel face aux catalans.

Grenoble arrache sa victoire sur Perpignan grâce à un essai à l’ultime minute de jeu de Butoniduavelu transformé par Courrent (28-23).

Pour compléter ce TOP 6, Castres profite des défaites du Racing et de Biarritz pour reprendre la sixième place.

En bas du classement, Mont-de-Marsan obtient son premier point à domicile face à Paris, un bonus défensif qui aurait pu se transformer en quatre points d’une victoire méritée. Mais les parisiens et Porrical ont tué les espoirs des montois en fin de match en passant la pénalité de la gagne. Dommage !

Bayonne continue dans sa lancée en écrasant Agen (37-16) mais sans bonus offensif car un seul essai en fin de rencontre de Garcia, tous les autres points ayant été marqués sur pénalités et un drop par le buteur maison, Benjamin Boyer. Boyer 32 – Agen 16 !

Agen qui a marqué un essai en début de match et puis plus rien ou presque en seconde période, se retrouve à portée de Bordeaux, malheureux perdant face au champion de France et toujours reléguable.

Pourtant 6 points seulement séparent les agenais de la sixième place, synonyme de barrages, autant dire que le TOP 14 est loin d’être joué, si ce n’est pour les malheureux montois, à 13 points du premier non reléguable.

La suite dans trois semaines. Pour l’heure, place à la coupe d’Europe !

Tous les résultats officiels du week-end >> 


La semaine prochaine…

C’est le retour de la H-CUP et du Challenge Européen pour une nouvelle saison.

La H-CUP ? … C’est ni plus ni moins que la Ligue des Champions du Rugby pour les novices qui liraient cet article. Quant au Challenge Européen, vous l’aurez compris, appelez-la la Ligue Europa, le principe est le même puisque les meilleurs éliminés de la grande compétition retomberont dans la petite à l’issue des matchs de poule.

C’est donc parti pour deux semaines dans ces deux compétitions européennes majeures dont nous suivrons ici que la plus prestigieuse, la H-CUP.

6 poules, 7 clubs français engagés dont deux vont forcément se rencontrer. Il s’agit de Montpellier et Toulon qui s’affrontent dès la première journée dans la poule 6, en clôture du week-end.

Au programme, donc, dès vendredi soir :

  • Ulster – Castres (poule 4) à 21h, gros choc car les irlandais sont en pleine bourre depuis leur finale perdue.

Puis samedi :

  • Racing-Métro – Munster (poule 1) à 14h35, belle affiche pour les franciliens,
  • Clermont – Llanelli (poule 5) à 16h40, un vrai test pour les jaunards,
  • Harlequins – Biarritz (poule 3) à 19h, déplacement périlleux pour les basques.

Et enfin dimanche :

  • Toulouse – Leicester (poule 2) à 16h, deux grands d’Europe en quête de rythme,
  • Toulon – Montpellier (poule 6) à 21h, aux airs de déjà vu mais détrompez-vous !

Le programme complet >>

ATTENTION !

Pour les pronostics, pensez à réclamer le fichier de saisie (Excel), si vous souhaitez jouer !

 

En ce qui concerne la petite compétition du Challenge Européen qui concerne les 7 autres club du TOP 14, je vous invite à consulter le site officiel de l’ERC qui vous en détaillera le programme.