Des tigres en papier !

H CUP... 1ère journée,     Toulouse – Leicester    23 – 9

Préambule

Vendredi soir le coup d’envoi a été donné de la 18ème tournée de la Heineken Cup. La plus prestigieuse compétition de rugby de l’hémisphère nord regroupe les 24 meilleurs clubs européens, de la Grande-Bretagne à l’Italie en passant par notre hexagone, qui s’ovalise pour l’occasion.

La H Cup en quelques chiffres c’est quoi ?

C’est 9 clubs qui ornent son palmarès, Toulouse en tête avec 4 trophées sur 6 finales jouées, juste devant les irlandais du Leinster, champion en titre, pour la deuxième année consécutive, le troisième sur 3 finales, un sans faute et les favoris encore cette année. Viennent ensuite les anglais de Leicester primés 2 fois sur 5 ou des Wasps (2/2), les irlandais du Munster (2/4). Pour compléter le tableau d’honneur, Brive, Bath, Ulster et Northampton ont également été sacré une fois.

Soit 6 titres pour l’Angleterre et l’Irlande contre 5 pour la France.

Autant de raisons pour les clubs français de conquérir le graal cette année, ne serait-ce pour égaliser avec nos deux rivaux ou encore inscrire son nom dans ce palmarès fabuleux. Clermont en a fait son objectif principal, Toulon a les moyens d’y parvenir. Quant au Racing-Métro, Montpellier, Biarritz et Castres, ils ont démontré l’an dernier qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleurs.

Mais c’est Toulouse que l’on regardera avec attention, car ils la connaissent cette coupe, les haut-garonnais, ils la bichonnent, elle leur a si souvent souri qu’ils sont avec le Leinster les grands favoris de la compétition.

Allons voir justement ce qui s’est passé dimanche dans le Stadium de la ville rose foulé pour l’occasion de la réception d’un sérieux prétendant au titre, les redoutables tigres du Leicester, champions d’Angleterre.

 

Le match

Oui mais voilà, de redoutables les champions de sa Majesté n’avaient que les noms sur le papier, la charnière nationale Youngs-Flood, les puissants trois-quarts Tuilagi et Allen et bien d’autres encore garnissant le quinze de la Rose.

Pour ce qui a été de leur prestation sur le terrain, ils ne sont restés que ces tigres de papier, sans véritable menace pour des toulousains tout en maîtrise chez eux, malgré des intempéries et un arbitrage bien britanniques.

Mais ne commençons pas à polémiquer dès l’entame de cette chronique. Le début du match a montré de belles intentions de la part des deux équipes, les champions de France attaquant de belle manière obligeant les Tigers à sortir les griffes et à serrer leur défense pour leur sauter à la gorge.

Le match tant attendu entre les deux buteurs, Flood, l’international anglais, et Mcalister, le non international mais pas moins talentueux All Black, a bien eu lieu en première période.

Et dans ce duel, le premier coup a été asséné par Toby Flood dont la réponse de Luke Mcalister ne s’est pas faite attendre. 3 partout.

Cinq minutes plus tard, rebelote, Mcalister répond à Flood. 6 partout. L’ouvreur anglais insiste et aura le dernier mot sur le All Black qui échoue pour la première fois sur sa tentative, pourtant aussi éloignée que celle de son rival. 9-6.

Seulement le déclic viendra d’un coup de génie du jeune prodige toulousain, le trois-quarts centre Gaël Fickou, qui dans un coup de pied à suivre pour lui-même grille en vitesse toute la défense anglaise et aplatit le premier essai du match. Sensationnel !

On en oublie presque le nouvel échec de Mcalister sur la transformation.

11-9 à la mi-temps. Toulouse dompte timidement le tigre pour l’instant.

Au retour des vestiaires, Mcallister retrouve ses esprits et son coup de pied de début de partie. Il rattrape son retard sur Flood et donne surtout de l’avance à son équipe. 14-9. Mieux, les tigres aculés dans leur camp, multipliant les fautes, donnent l’occasion au buteur toulousain de passer devant et confortent Toulouse dans sa course en tête. 17, 20 puis 23 à 9. Les anglais sont perdus dans la déferlante rouge et noir qui comme le vent sur le stade avance par rafale.

Les hauts-garonnais maîtrisent désormais leur sujet et construisent patiemment leurs attaques qui auraient du finir logiquement par payer si seulement Monsieur Owens (ça y est j’y viens !) avaient les yeux en face des trous béants dans les rucks, tellement les anglais sont à la rue et se permettent des fautes énormes que l’arbitre gallois considère sans doute comme conformes aux règles qui régissent le jeu à l'anglaise et qui ne semblent décidément pas les mêmes que dans notre TOP 14.

Parce que pour les équipes britanniques ce week-end, surtout pour l’Ulster face à Castres, (hein monsieur Small ?) on a vu que le jeu au sol leur a été très permissif. Que c'est petit ! Je ferme la parenthèse et ma gueule et termine ma chronique sur une victoire logique des toulousains avec la manière mais sans le résultat mérité, et pour cause.

Mais restons honnête, s’ils méritaient d’inscrire un, voire deux autres essais, nos petits français, le quatrième aurait été difficile à obtenir face à une défense bien organisée du Leicester qui reste, malgré cette défaite, le concurrent principal de Toulouse dans cette poule.

 

En bref…

Dans la Poule 2, les gallois des Ospreys ont rempli leur mission en décrochant le bonus offensif chez eux face aux modestes italiens de Trévise (38-17), qui posent néanmoins toujours des problèmes à leurs adversaires.

Attention au piège pour Toulouse samedi prochain qui se déplace chez les trévisans. Quant aux gallois, premiers devant les toulousains, ils pourraient bien renvoyer prématurément les tigres du Leicester au zoo du championnat anglais.

Dans la poule 5, Clermont s’est fait peur dans son imprenable forteresse, comme d’habitude, aurais-je envie de dire. Comme s’il leur fallait cette adrénaline pour se sublimer après. Et quelle démonstration ! A 15 contre 14 certes, pratiquement pendant tout le match (carton rouge mérité, tant les fautes d’antijeu de la part des gallois se répétaient), les jaune et bleu ont enclenché le rouleau compresseur et écrasé Llanelli (49-16).

Pendant ce temps-là, énorme sensation chez le champion d’Europe en titre, le Leinster, qui a peiné à s’imposer chez lui face à la modeste équipe anglaise d’Exeter (9-6).

Déplacement périlleux pour le maillot jaune la semaine prochaine dans la province anglaise, quand les irlandais pourraient bien faire un faux pas qui leur couterait cher au Pays de Galles.

Dans la poule 1, le Racing-Métro a signé un bel exploit, et de belle manière, en s’imposant chez lui face à la machine à gagner irlandaise du Munster (22-17).

Dans l’autre match, Edimbourg s’est fait surprendre, voire humilié chez lui par les Saracens (0-45).

Le leader du championnat d’Angleterre, en pleine bourre apparemment, recevra en leader de cette poule nos franciliens qui auront fort à faire le week-end prochain. Un gros match en perspective. Quant aux écossais, on ne donne pas cher de leur peau à Dublin.

Dans la poule 6, Toulon complète le carré magique français de ce week-end. Il a donné une leçon de rugby et de force, encore une fois, à Montpellier, qui sans ses internationaux et l’ambition qui va de mise dans une telle compétition, s’est laissé manger tout cru par l’ogre varois (37-16).

Le bonus offensif des toulonnais leur offre la première place devant les anglais de Sale qui ont battu d’un petit point les gallois de Cardiff, dans un match à suspense sans doute (34-33).

Dimanche prochain, Toulon passera un vrai gros test, enfin pour notre leader du TOP 14, un peu trop tranquille jusqu’à maintenant. Quant à Montpellier, va-t-il jouer le jeu à domicile ou bien rester spectateur encore face aux anglais ?

Dans la poule 4, les castrais n’ont rien pu faire face aux finalistes de l’an dernier qui jouaient chez eux. L’Ulster était trop fort et a dominé, pas toujours élégamment mais avec un réel engagement, le Castres Olympique (41-17) qui a offert stupidement un bonus offensif à son adversaire à la dernière minute de jeu. Il reste encore beaucoup à apprendre aux castrais.

Dans l’autre match, Northampton a battu sans éclat les écossais de Glasgow (24-15).

Castres recevra les anglais en ouverture du week-end prochain et essayera de rentrer enfin dans la compétition. Défaite interdite, tout comme pour Glasgow face à l’Ulster.

Dans la poule 3, pour terminer ce tour complet de la première journée, Biarritz a déçu et s’est fait corrigé par les Harlequins (40-13) dans leur antre, le Twickenham Stoop, ce même stade où les biarrots avaient décroché leur ticket de H Cup en battant les toulonnais en finale du Challenge Européen en mai dernier. Un retour de bâton symbolique quand on sait le match pourri de cette finale.

Dans l’autre match, les irlandais de Connacht ont battu difficilement les italiens de Zèbre à Parme (10-19), deux équipes faibles de cette poule à la portée des biarrots. Réponse samedi prochain à Aguilera !

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

La H Cup enchaîne sa deuxième journée…

Au programme, donc, dès vendredi soir :

  • Castres – Northampton (poule 4) à 21h, pour rentrer dans la compétition !

Puis samedi :

  • Trévise – Toulouse (poule 2) à 14h35, pour faire le plein,
  • Saracens – Racing-Métro (poule 1) à 16h40, l'affiche du jour,
  • Biarritz – Zèbre (poule 3) à 19h,  match cadeau pour les biarrots,
  • Exeter – Clermont (poule 5) à 19h, attention vrai danger pour les jaunards !

Et enfin dimanche :

  • Cardiff – Toulon (poule 6) à 13h45, un vrai test pour les varois,
  • Montpellier – Sale (poule 6) à 16h, à l’heure du rachat !

 

En ce qui concerne la petite compétition du Challenge Européen qui concerne les 7 autres club du TOP 14, je vous invite à consulter le site officiel de l’ERC qui vous en détaillera les résultats et le programme.