Paris c'est... du solide !

TOP 14... 9ème journée,     Stade Français – Toulouse    28 – 24

Le Stade Français recevait le Stade Toulousain au Stade de France, l’affiche avait de la gueule et les 50000 spectateurs qui ont fait le déplacement, autant pour voir les seins nus des danseuses du Moulin Rouge que leurs p’tits gars en rose mettre à mal les champions de la ville rose, n’ont pas été déçus.

Car il y a eu du jeu, de l’envie, de l’engagement, du suspense et bien sûr des surprises.

On le sait, Paris sait recevoir et nous surprendre dans ses avant-matchs spectaculaires du Stade de France mais Toulouse n’est pas venu les mains vides, Novès nous réservant sa surprise.

Et quelle surprise !

Sans Tolofua, suspendu, ni Botha blessé, le coach toulousain est allé puiser au fond de sa malle aux ténors pour ressortir sa pépite, Servat, désormais entraîneur des avants et qui n’a plus rejoué depuis… ouh là ! Et il ne faudra pas attendre longtemps pour se rendre compte que l’ex-emblématique talonneur national a perdu de son éclat, fautif sur le premier essai, dès le quart d’heure de jeu.

Mise à mal après une touche concédée par notre poire William du jour, la défense toulousaine écroule le maul parisien par Poux qui prend logiquement un carton jaune. S’en suit une première mêlée plus que fébrile de la première ligne des rouge et noir remaniée et en infériorité numérique qui subit. La deuxième lui sera fatale puisque le pack rose, avec Parisse balle en main, finira son tour de force dans l’en-but.

Si Porrical ne transformera pas ce bel essai tout en force, il aura tout de même permis quelques instants auparavant de donner l’avantage à son équipe avec deux pénalités bien bottées. 11-0, Paris est bien lancé !

Seulement, c’était sans compter la classe de Vincent Clerc, qui dans un numéro à la néo-zélandaise, stoppe cette lancée parisienne en inscrivant un essai sublime en coin. Bezy le transforme, tout comme il avait permis juste avant d’ouvrir le compteur pour son équipe grâce à une première pénalité qu’a annulé tout de suite derrière le pied adroit de Porrical. 14-10, le match se resserre, Paris recule.

En pleine bourre, enchaînant les temps forts, Toulouse avance et ouvre la voix de l’en-but à Maka qui résiste à tout plaquage et finit par aplatir en coin. Bezy ratera la transformation, mais pas la pénalité à la dernière minute de cette première période, face aux poteaux.

14-18, Paris est assiégé mais ne capitule pas, le temps de remobiliser ses troupes aux vestiaires.

Les soldats roses sont de retour avec une détermination sans pareil pour défendre leur camp, à l’image de Vuidravuwalu qui revient sur Matanavou, le plaquant in-extrémis à cinq mètres de l’en-but.

Alors les toulousains, pas au mieux en mêlée après la sortie prématurée et nécessaire de Servat, trop court physiqement, sortent la carte du drop que Bezy ajuste parfaitement derrière ses avants. 14-21.

Dur pour Paris de revenir quand on connaît l’expérience du champion pour gérer les fins de match. Seulement il reste une bonne demi-heure pour revenir et renverser la tendance.  C’est Vuidravuwalu qui s’y colle et affole la défense toulousaine à plusieurs reprises permettant, par un jeu au pied opportuniste, à Fillol, le demi de mêlée parisien, d’inscrire un essai suite à une incompréhension entre Nyanga et Poitrenaud. Porrical ne rate pas l’occasion de remettre les deux équipes à égalité et transforme. 21-21.

On y croit du côté du Stade Français, il reste vingt minutes pour enfoncer le clou. Mais voilà, Toulouse a des ressources et sait garder la tête froide pour pousser son adversaire à la faute. Fritz, face aux poteaux, redonne l’avantage aux siens d’une pénalité d’assez loin. 21-24.

Paris ne lâche rien et se voit récompensé de ses efforts, cette fois par Doumayrou qui, juste après avoir sauvé son camp en devançant Huget pour aplatir dans son en-but, est à l’origine de l’essai conclu par son capitaine Parisse qui signe un doublé et permet à son équipe d’y croire jusqu’au bout d’autant que Porrical ajuste la transformation et la met à l’abri d’une pénalité ou d’un drop assassin.

Paris tient sa victoire, malgré une dernière action haut-garonnaise qui a bien failli sonner les cloches des parisiens, alors que celles de Notre Dame avait déjà sonné depuis cinq minutes la fin du match. Mais un en-avant toulousain viendra libérer la capitale française sur le coup de sifflet final.

Hou, que ce fut dur mais beau !

Dans la continuité de sa belle performance à Clermont, le Stade Français tient enfin son match référence grâce à ce grand huit qui aura fait passer son public par tous les états, frissons garantis, je parle autant du match que de son capitaine, Sergio Parisse qui aura été un huit solide et décisif !

Toulon, la semaine prochaine, risque de ne pas faire la même fleur à Paris, à moins que ce ne soit du chrysanthème.

 

En bref…

Clermont, avec un XV largement remanié,a ouvert les festivités vendredi soir dans son imprenable citadelle en disposant sans brio d’un Biarritz mieux organisé en seconde période, arrachant un bonus défensif mérité (19-12).

Toulon et son armada de stars ont littéralement torpillé Bayonne qui n’a pas levé un seul petit point dans cette rencontre à sens unique, avec pas moins de huit essais, une raclée monumentale (59-0).

Montpellier a fait redescendre Grenoble les pieds sur terre héraultaise en dominant son adversaire sans fausse note, si ce n’est de ne pas être allé chercher le bonus offensif (23-6).

Castres a également démontré à Agen sa classe d’écart dans ce top 14 (22-14). Tout comme les montpelliérains, il sera difficile de déloger les castrais du TOP 6.

Derrière, ils sont cinq à se déchirer pour cette sixième place, synonyme de sésame pour les barrages, occupée pour l'heure par Grenoble.

Avec le Stade Français et Biarritz, Perpignan et le Racing Métro complètent ce quintet de la mort, dans un duel qui les a opposé ce week-end et que les catalans ont remporté difficilement, laissant bien des regrets aux franciliens, se contentant d'un bonus défensif amer (17-13).

Et puis il y a ce trio de la petite mort, celle qui accompagnera Mont-de-Marsan dans les abysses de la PRO D2. Agen et Bayonne, on l’a vu, défaits ce week-end, vont devoir batailler dur pour leur survie dans l’élite du rugby français, avec Bordeaux également, heureux vainqueur à Mont-de-Marsan (17-12), ce qui lui permet de relever momentanément un peu la tête.

Pour l’heure, c’est Agen qui prend la place du second reléguable. Pour combien de temps ?

A suivre !

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 continue, pour la dernière journée avec ses internationaux qui rejoindront leurs équipes nationales dès le lendemain pour trois semaines de tournée.

Au programme de cette 10ème journée, qui se joue jeudi 1er novembre :

  • Grenoble – Biarritz à 14h10, un duel pour une place au soleil,
  • Agen – Clermont à 14h30, une question d’envie ou de mort,
  • Castres – Perpignan à 14h30, des catalans sans illusions,
  • Toulon – Stade Français à 14h30, Paris dans la dynamique ou la dynamite,
  • Montpellier – Mont-de-Marsan à 14h30, un peu plus près des étoiles,
  • Bayonne – Bordeaux à 14h30, un duel fratricide en Aquitaine,
  • Toulouse – Racing-Métro à 16h15, dans la cour d’un grand.