Des Pumas en poids coq !

Test-match,     France – Argentine    39 – 22

Après leur étonnante et nette victoire à Paris contre les Wallabies, PSA a remis ses Bleus au travail.

Dans le grand stade Lille Métropole, couvert pour l’ambiance et couvant une pelouse malade, atteinte d’un virus contracté par les pieds sales des footballeurs sans doute, mais je m’égare … Dans le grand stade des ch’tis, je disais, le XV de France souhaitait la bienvenue aux pas moins étonnants Pumas argentins, vainqueur des dragons rouges dans leur antre du Millénium à Cardiff.

Et dès l’entame du match, les couguars ciel et blanc avaient décidé de voler dans les plumes de nos coqs tricolores. A peine nos gallinacés avaient-ils ouvert le score par le pied de Michalak sur sa première pénalité, que les félidés sortaient leurs griffes et déchiraient le rideau défensif des Bleus, en carton-pâte.

Essai entre les poteaux de Marcello Bosch, transformé par Sanchez. Les sud-américains mènent la danse 7 à 3.

Mais les Pumas ne s’arrêtent pas là. Nouvelle attaque qui décontenance nos coqs, obligés de faire faute. Sanchez se charge de les punir. 10-3.

Le jeu des Bleus tangue au possible sous le roulement des avancées argentines, tambour-battant.

Les gallinettes de Saint-André battent de l’aile et offrent à Sanchez le tee pour se faire battre. Nouvelle pénalité réussie. 13-3. 

Mais rien ne sert de courir, il faut se réveiller à point. Et le chant du coq se fait retentir laborieusement mais sûrement à la 17ème minute, après une longue séquence éprouvante, initiée par un Picamoles déterminant et que conclut Vincent Clerc suite au débordement de Mermoz.

Le match est relancé après la transformation impeccable de Michalak. La France recolle au score, 13-10.

Quelques instants plus tard, Clerc double la mise après un nouvel effort de Picamoles qui met à mal les argentins et offre l’occasion à son ailier de marquer son 34ème essai personnel en équipe de France, un record. Michalak, encore, ne rate pas la transformation. 17-13, les Bleus repassent devant !

Les coqs s’acharnent sur les fauves à terre quand Nyanga leur arrache la balle et transperce leur défense qu’il entraine avec lui dans une traversée en solitaire jusque dans l’en-but. Michalak transforme sans problème.

Les coqs se sentent pousser des ailes et s’envolent au score. 24-13.

Michalak manque sa première pénalité du match, assez lointaine, on ne lui en voudra pas. Les argentins se relèvent et poussent, mais les français résistent et maitrisent leur sujet jusqu’au bout de cette première période qui s’achève sur une bonne réaction de leur part après un premier quart d’heure d’hébétude.

La seconde mi-temps baissera d’intensité et sera un chassé croisé entre les buteurs qui se rendront coup pour coup, pénalité contre pénalité, quand ce n’est pas un drop opportuniste qui viendra s’y substituer.

24-16 dit Sanchez. 27-16 répond le drop de Michalak. 27-19 surenchérit Sanchez. 30-19 demande à voir Michalak. 30-22 lui montre Sanchez qui cachait un drop sous son pli. 33-22, en nouveau brelan de points abattu par l’ouvreur tricolore.

Je te tiens, tu me tiens par ton pied, gallinette, le premier qui craquera, aura la défaite !

Et ce sont les Pumas qui craquent les premiers passant un mauvais dernier quart d’heure. Le banc français, en poids lourds, aura eu raison de celui argentin, en poids coq. Avec les entrées successives de Kaiser, Parra, Suta, Huget et Debaty, les Bleus remettent de la vitesse dans leur jeu poussant les ciel et blanc à la faute. Michalak, lui, est toujours sur le terrain. 36-22 !

Derniers changements avec Trinh Duc remplaçant Dulin à l’arrière et Chouly en place de l’homme du match, sans conteste, Picamoles, ovationné.

Picamoles aura été sur tous les fronts, dans les rucks et dans les mauls, impressionnant, tranchant … un pic à maul aurais-je envie de dire étymologiquement tant il a saigné et fait mal au pack argentin.

Les argentins sont commotionnés en cette fin de match à l’image de leur trois-quarts aile Agulla victime d’un énorme tampon face à Mermoz. Michalak passera la dernière pénalité malgré une ultime séquence interminable devant la ligne des Pumas multipliant les fautes pour sauver ce qui peut l’être, à la dernière seconde. Malheureusement il aura manqué quelques centimètres à Debaty pour offrir à son équipe comme à toute sa famille venue spécialement de Belgique, ce quatrième essai français.

Les hommes de PSA s’offrent une deuxième victoire dans ces test-matchs, précieuse et de bon augure pour la prochaine coupe du monde puisque nous assurons notre quatrième place au classement IRB. D’autant plus que dans le même temps les anglais n’ont pas réussi à se défaire des australiens, sans doute revanchards après leur large défaite à Paris.

Nos coqs valeureux dans le combat, tout comme les Springboks et les All Black, sont invaincus dans ces tests d’automne. Viennent s’ajouter à ce trio performant, les inattendus samoans qui, dans leur première rencontre, ont surpris les gallois, pour la deuxième fois au Millénium, après les argentins la semaine passée.

Cela ne rendra que plus palpitante la dernière rencontre des Bleus, la semaine prochaine au Stade de France. A suivre !

 

Tous les résultats du week-end :

Pays de Galles – Samoa  19 – 26

Italie – Nouvelle-Zélande 10 – 42

Angleterre – Australie  14 – 20

Ecosse – Afrique du Sud  10 – 21

Irlande – Fidji  53 – 0

 

La semaine prochaine…

C’est donc au tour des samoans de se frotter à nos coqs tricolores. Une rencontre à ne pas prendre à la légère après la belle performance des océaniens à Cardiff. Ce serait dommage de gâcher la fête dans ce dernier test-match, à Paris, au Stade de France.

On y sera… pour sûr !

Au programme samedi 24 novembre :

  • Irlande – Argentine à 15h, le XV du Trèfle pour un match référence,
  • Italie – Australie à 15h, en quête d’expérience pour la Squadra Azzurra,
  • Angleterre – Afrique du Sud à 15h30, le XV de la Rose à l’heure du rachat,
  • Ecosse – Tonga à 16h, le XV du Chardon en quête de repères,
  • France – Samoa à 18h, les Bleus pour finir en beauté,
  • Pays de Galles – Nouvelle Zélande à 18h15, le XV du Poireau sans illusions.