C'est grave docteur ?

VI nations, dernière journée...     Pays de Galles – Angleterre    30 – 3

Dites 30-3 !

L’auscultation du poumon du Millenium Stadium n’a laissé aucune ambiguïté samedi en fin d’après midi, quant à son verdict. Les vibrations du stade, fermé pour l’occasion, sous les chants endiablés de son public, portant un Swing Low sourd et retentissant tout le long de la consultation ont rassuré les toubibs du XV du Poireau.

Le Pays de Galles est en pleine forme dans ce tournoi des VI nations !

On ne peut pas en dire autant des anglais qui ont été pris en grippe, avec leur Grand Chelem, par des diables rouges virulents dans tous les compartiments du jeu au point d’aliter le XV de la Rose dans son propre camp, subissant les assauts de toutes parts sans pouvoir se relever.

Les symptômes se sont fait sentir dès l’entame chez le favori du tournoi, invaincu jusque-là, toussant aux impacts, ressentant de légers picotements au fond des rucks et des étourdissements répétés à la mêlée. Halfpenny profite des faiblesses anglaises pour lui prescrire trois pénalités à prendre en trois prises quand Farrell en avalait une petite cuiller pour calmer la toux de son équipe.

A 9-3, à la pause, le mal n’est pas encore à un stade alarmant. Mais le stade en folie va déclencher une fièvre rouge en seconde période d’une violence inouïe pour le XV de la Rose qui va en tomber à la renverse.

Après avoir pris un nouveau cachet de trois points de Halfpenny, c’est là que se sont manifestées les premières hallucinations. Roberts est partout, il défonce tout ouvrant des brèches dans la défense anglaise dépassée. Jusqu’à ce que Cuthbert sur un raffut élimine ses adversaires et file à l’essai.

Le médicament de Halfpenny ne fait pas effet sur la transformation. Le mal de tête des anglais est tel que Farrell vacille au moment de riposter au pied. Le XV de sa majesté est atteint et voit sa fièvre monter en température dans un délire incommensurable, sur le terrain comme en tribune.

Le drop de Biggar est génial, plein de culot, assommant sa proie acculée en défense. Impossible de se relever, la minute qui suit est abominable autant que fabuleuse, Cuthbert récidive sur un caviar de Warburton qui mystifie la défense anglaise sur tout le terrain. Halfpenny transforme, l’Angleterre avale la pilule dans un verre d’ola, le public exulte ! … la dernière pénalité de Biggar sera la cerise sur leur gâteau.

On se régale de cette deuxième pour les gallois, déja tenants du titre !

Quelle finale ! Que c’est beau le rugby quand il est joué avec cet allant, cet engagement, cette envie de gosse et surtout avec ce talent et ce culot-là. 

Les gallois sont formidables autant qu’imprévisibles et c’est pour ça qu’on les aime et leur stade du Millénimum, antre magique, le leur rend bien. On en redemande !

On se met alors à rêver qu’après huit défaites consécutives on puisse retrouver un tel niveau, un tel engouement à jouer et à se sublimer dans tout ce que ce jeu a de beau, dans ce que la France lui a apporté, cette French touch perdue de vue depuis cette finale de coupe du monde et pas encore retrouvée dans le tourbillon de notre rugby.

Mais comment espérer avec nos bleus quand on a tant de mal à jouer, à se faire des passes, une main sur le ballon, l’autre sur le frein, la peur de perdre au ventre ?

Comment croire en notre XV de France quand son staff est incapable de lui insuffler l’envie, la hargne, perdu qu’il est sur le terrain autant que sur la feuille de match dans la tourmente et la défaite qui s’acharnent contre lui ?

Et pourtant, on a les meilleurs joueurs dans des clubs au plus haut niveau européen, avec Toulon et Clermont, un rugby d’école qui comble notre TOP 14 avec Toulouse, Montpellier ou encore Perpignan et le Racing Métro en pleine démonstration de leurs forces.

Comment ne pas réussir à prendre les meilleurs, les placer dans des conditions idéales, autant tactiques que mentales pour que la graine de ce rugby à la française germe et s’épanouisse à nouveau dans notre équipe nationale… comme au bon vieux temps ?

C’est grave docteur ?

Dites 30-3 !

 

Les autres matchs :

Italie – Irlande          22 – 15

Un Parisse picamolissimo !

La Squadra Azzurra a terminé son tournoi comme elle l’avait commencé par une incroyable et belle victoire. Les irlandais n’ont été que l’ombre de leur passé flamboyant à l’image d’un O’Driscoll poussé à la faute grossière, impuissant devant la détermination italienne récompensée par un bel essai de Venditti.

Belle quatrième place de l’Italie, devant les deux proies de son fabuleux tournoi. Bravo Monsieur Brunel !

 

France – Ecosse          23 – 16

Sans commentaire.

Si certains, comme son sélectionneur, ont vu un espoir dans la victoire de l’équipe de France, voire du plaisir, alors je ne leur gâcherai pas. Continuons à nous en prendre à l’arbitrage, aux calendriers, à la métaphore d’un 110m haies et autres injustices à réparer, à vouloir faire du XV de France un quinzième club du TOP 14 avec à sa tête le meilleur entraîneur. On a gagné, hip i’pipe, hourra !

La France est dernière…. Et après ?

Tous les résultats et classement officiels >>

 

Faisons les comptes ! …

Les gallois remportent leur 37ème tournoi de leur histoire, passant ainsi devant les anglais, toujours détenteurs du record du nombre de Grand Chelem (12). Une double performance !

Palmarès VI nations 2013

 

 

 

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 reprend ses droits et ses internationaux pour le compte de la 22ème journée, à J-5 du dénouement final, où chaque match, chaque point devient crucial pour les dix équipes engagées dans les luttes au maintien comme au droit de jouer la phase finale.

Au programme de la journée du samedi 23 mars :

  • Bayonne – Toulon, à 15h : faire bonne figure devant les siens,
  • Racing-Métro – Perpignan, à 17h : un match capital pour les catalans,
  • Castres – Agen, 18h30 : malheur au perdant !
  • Bordeaux – Mont de Marsan, 18h30 : creuser l’écart et la tombe des agenais,
  • Grenoble – Montpellier, 18h30 : le match de la dernière chance,
  • Biarritz – Clermont, 20h50 : A la pêche au gros, sans pression.

Et l’affiche du dimanche soir :

  • Toulouse – Stade Français, à 21h : aux bons vieux souvenirs !