Un point c'est tout !

H CUP... la finale           Clermont – Toulon       15 – 16  

Complainte d’un dimanche matin, allongé sur le canapé vert de Saint Stephen's Green Park, Dublin.

(cliquez sur la photo pour voir plus d'images ou bien rendez-vous dans la rubrique "ALBUMS PHOTOS" du blog)

2013-05-18 16

Un point, c’est tout… le titre, un sacre !

Un point, c’est une étoile que l’on décroche d’un… « Ciel, mon rugby est décousu ! » et que l’on recoud sur une tunique toute neuve, appliqué et sans se piquer au jeu de l’autre surtout… une étoile brillante pour être vue et reconnue depuis l’hémisphère nord de la terre d’Ovalie.

Un point, c’est tout ce qu’il a suffit à Toulon pour faire partie des grands d’Europe, dixième club, sixième titre pour les français après les quatre de Toulouse et celui de Brive, égalant enfin le palmarès des anglais (Leicester, 2, Wasps, 2, Northampton et Bath) et celui des irlandais (Leinster, 3, Munster, 2, et Ulster).

Une double performance, un exploit avant tout, d’autant impressionnant que le RCT participait pour la deuxième fois seulement à cette compétition suprême depuis sa remontée en TOP 14, il y a cinq ans. Chapeau, monsieur Boudjellal… Et je ne le répèterai pas !

Un point, c’est tout ce qu’il a manqué à Clermont pour parachever un parcours sans faute, historique même, après avoir tout remporté jusque-là dont la double confrontation fabuleuse avec le double champion en titre, le Leinster.

Un point, c’est tout et c’est rien à la fois.

Un point, c’est un détail, puis un autre… puis un autre… Cette pénalité non tapée en première période, ce ballon aplati trop tard sur la ligne par Broke James en bout de course, cette transformation en coin manquée par Parra, ce ballon gratté dans les mains de Fofana et qui revient à Delon Armitage dans un couloir libre de tout marquage, ce drop mal ajusté pour Skrela, cette dernière passe précipitée pour Sivivatu, chaque coup de pied sans faute de Jonny, chaque plaquage sans faille du mur toulonnais... Bref, vous m'avez compris.

Un point, c’est l’addition de ces détails, la multiplication des petites fautes, la soustraction aux décisions de l’arbitre, la division dans leurs interprétations.

Un point c’est le résultat d’un calcul arithmético-rugbystique implacable, 2 essais, une transformation, une pénalité, 70% de possession de ballon contre un essai, une transformation, 3 pénalités et 176 plaquages.

Son compte est bon… Clermont peut s’asseoir sur sa finale quand Toulon s’assied sur le trône, à sa place !

Avantage défense ! … Parce que le rugby des toulonnais excelle dans la pratique de la défense inversée, un modèle du genre, pris sans doute aux irlandais du Munster. Des plaquages fulgurants des avants qui étranglent toutes les actions avant même qu’elles n’ouvrent la bouche. Et pourtant le rugby aurait tant à dire sur le terrain. C’est tout le paradoxe de ce sport qui trouve selon moi aujourd’hui deux écoles.

Soit tu joues comme les All Blacks, soit tu fais en sorte que ton adversaire ne joue pas comme les All Blacks. Bernard Laporte a choisi depuis bien longtemps la deuxième option quand Vern Cotter s’attache à croire depuis six ans que son équipe peut devenir les All Yellow de demain.

Samedi soir, le rugby a donné raison au stratège toulonnais et c’est bien ce qui me peine le plus... oui, plus que la perte d’un titre, aussi majeur soit-il.

Quel exemple, quel avenir pour le rugby de nos enfants ?

Une austérité du jeu pour un résultat, coûte que coûte, peu importe ce qu’il se passe sur le terrain, on peut même faire des tours de stade en taxi en attendant l’issue du match, ou bien donner des moyens au jeu pour qu’il s’épanouisse et nous en mette plein les yeux ?

J’aurais beau dire, sans médire (j ‘essaye), ni maudire, les démons qui nous pourchassent, nous supporters auvergnats, j’aurais beau vouloir que le monde tourne plus ovale, on ne refera pas le match… ou alors vite fait !

Une première mi-temps stérile, dans tous les sens du terme, au score (3-3) et dans le jeu, une seconde plus plaisante à la domination écrasante des clermontois face à des toulonnais pas écrasés pour autant par le poids des packs et des multiples tentatives des Sivivatu et Fofana, ciblés et stoppés nets dans leurs élans, le fidjien semblant même parfois écoeuré. Seuls, Nalaga et Broke James trouveront la faille en moins de dix minutes à la reprise. Insuffisant malgré le score alléchant (15-6).

Car Jonny Wilkinson est grand. Il en a vu d’autre, il ressoude ses troupes en bon capitaine et rajoute trois points. Ensuite, un ballon gratté de Fernandez-Lobbé sur une action confuse du duo Sivivatu-fofana donnera cette balle d’essai à Armitage dont l’arrogance au moment d’aplatir ne m’aide pas à voir de la grandeur dans le peu de jeu des anglo-varois.

Jonny transforme et fait passer les siens devant, de ce petit point de rien du tout tant il reste un quart d’heure de jeu et le banc clermontois est riche de talents et d’espoir.

Oui mais voilà, de la tribune, on ne voit pas tous les détails et on trépigne de ne voir venir une pénalité, un drop ou même un essai qui mettrait fin à cette souffrante injustice de cœur et de terrain.

L’arbitre n’en fera rien, et pourtant de ma place j’aurais bien sifflé des fois sur des mêlées, Skrela échouera dans sa seule tentative de drop, comment lui en vouloir tant les conditions de la passe n’étaient pas optimales (c’est à croire que Parra n'a jamais vu le duo Stringer-O’Gara à l’œuvre dans ce même stade !), Sivivatu, décidément pas en veine, échappera l’ultime chance du bout des doigts, sur le gong.

S’il reste néanmoins une juste récompense dans ce titre de champion, elle revient à Jonny Wilkinson qui en a été le maître d’œuvre, le métronome, l’insufflateur, un grand homme, justement couronné meilleur joueur européen de l’année par l’ERC.

Mes respects, Jonny, le RCT te doit ce titre !

Parce qu’il est un fait, j’aurais beau dire… sans médire (j’essaye, je vous jure !), ni maudire, les démons qui nous pourchassent, nous supporters auvergnats, j’aurais beau vouloir que le monde tourne plus ovale, ce 18 mai, à 18 heures et quelques quarante minutes, pour la 18ème édition de la H Cup,

Toulon est champion d’Europe… un point c’est tout !

 

Finale du Challenge Européen                 Leinster – Paris      34 – 13

Le match n’aura pas eu lieu.

Vendredi soir, Paris a montré de belles choses mais le Leinster ne les a jamais laissés aller au bout.

Et quand on a une défense comme une passoire, c’est facile de rassurer son adversaire, surtout quand il est double champion d’Europe en titre (avant le match du lendemain) et à domicile. Les locaux se sont frisés les moustaches sur les quelques incursions en première période. Trois fois, pas plus. Trois essais faciles !

Pourtant le Stade Français aura eu le ballon, pratiquement autant si ce n’est plus que le Leinster. Oui mais voilà, il aura fallu attendre une heure de jeu pour concrétiser une attaque parisienne quand la Blue Army se contente de gérer son avance sous le pied de Sexton, déjà la tête chez le voisin francilien.

Même au pub, les dublinois s’affairent à discuter entre eux sans se soucier du score. C’était une affaire entendue bien avant le coup d’envoi, semble-t-il.

Et comment leur donner tort au vu du non match ? Je bois ma Guinness en silence, Paris ne reviendra pas malgré l’essai.

Le Leinster empoche son quatrième titre d’affilé sous l’ère de Joe Schmidt qui rejoindra l’équipe nationale d’Irlande à l’issue de cette saison.

Ca promet, je vous dis, pour la prochaine coupe du monde !

 

Finale de PRO D2                           Brive – Pau      30 – 10

Brive aura réussi son pari de remonter aussitôt en TOP 14, comme seul Albi l’avait déjà fait auparavant.

La section paloise n’aura pas résisté longtemps devant la détermination des brivistes qui marquent très tôt deux essais laissant leurs adversaires à la poursuite du score.

17-3, à la mi-temps, Brive gère son avance au pied en seconde période jusqu’à ce qu’un coup de Pau fasse mouche et réveille le stade un peu avant l’heure de jeu (23-10).

Seulement Brive ne paniquera pas et inscrira même un dernier essai en toute fin de match.

Brive rejoint donc Oyonnax dans l’élite du rugby français. Et ma foi, ça fait plaisir de les revoir et retrouver notre derby du centre.

 

La semaine prochaine…

Retour au TOP 14 avec ses demi-finales…

Vendredi soir, 21h à La Beaujoire, Nantes :

  • Toulon – Toulouse, la revanche entre deux champions !

Puis samedi, 16h, même stade :

  • Clermont – Castres, au mental... s’il en reste !