Qu'il nous tarnais ce Brennus !

TOP 14... la finale,              Toulon – Castres        14 – 19         

Vingt ans qu’ils l’attendaient ce bouclier, nos Castors Olympiques !

Brennus Castres 2013

Vingt ans qu’il l’a tenu en mains Laurent Labit, en tant que joueur, aujourd’hui entraîneur heureux et sacré tout comme son inséparable compère Laurent Travers, après une incroyable saison régulière.

Car c’est le terme. Dans tous les sens du terme.

Le terme, la fin, l’aboutissement. Le terme, le mot « régulier », le plus approprié à cette équipe sans doute la plus régulière du TOP 6 ces dernières saisons.

Toujours barragistes, depuis que les barrages existent, nos castors insatiables des phases finales (lire brèves précédentes) avaient déjà atteint le cap des demi-finales l’an passé pour franchir enfin samedi soir le dernier palier dans un Stade de France plein à craquer et craquant pour sa cause.

Et quel exploit !

Après avoir mangé le premier ogre clermontois, à Nantes la semaine dernière, certes abattu, une balle dans le pied qu’il s’était lui même tiré à Dublin, mais n’empêche encore vivant, voilà que les castrais s’attaquaient au champion d’Europe en titre… Rien que ça !

Même pas peur !

Les gladiateurs annoncés, Bakkies Botha en tête, promis à ce Brennus amené dans un char romain pour un deuxième sacre synonyme de gloire éternelle au club de Boudjellal, excité comme un gamin, son étoile sur le torse, devant l’écran de sa prochaine nuit blanche qu’il imagine déjà festive sur le parvis de l’hôtel de ville parisien.

Ces gladiateurs, je disais, hollywoodiens, n’ont pas impressionné les Samson sans Dalila ni autres mythes wilkinsonien en terre tarnaise. Appliqués, toujours, chacun à sa tâche, en défense, en conquête, ne laissant aucun champ libre à leurs adversaires, nos castors valeureux ont bâti ce qu’ils savent le mieux faire, un barrage résistant à toute attaque adverse.

Mieux, après avoir contenu en première période la faim d’un ogre agressif et déterminé, s'improvisant même à faire du jeu, se prenant pour un jeune et beau, à moins que ce ne soit… oups, je m’égare ! … après avoir résisté aux multiples charges toulonnaises, avec une parité au score qui n’était pas sans rappeler une autre finale (3-3), quelque part à Dublin… oups, je m’égare à nouveau ! … après avoir tenu tête effrontément au champion d’Europe en titre qui cherchait éperduuuumment (bouuh ! ... j'ai perdu m'man !) à s’en remettre au pied d’un Jonny malheureusement en panne de réussite, suite à une faute de main de Michalak, un castrais s’infiltre, en filou, ni vu ni connu, mais bientôt reconnu, dans une brèche de la défense varoise surprise de voir le demi de mêlée aller planter une banderille assassine dans son en-but alors qu'elle s'attendait au drop bien simulé.

Ce castor plus malin que les autres s’appelle Cockott. En une minute, il a fait exploser les certitudes du champion de Dublin. Et boum badabouum !

Menés, malmenés même ! … la seconde période nous offre une rébellion des mercenaires de la rade comme ils n’aiment pas qu’on les appelle, menée par un Bastaraud énorme en percussion mais vraiment pas aidé. Wilkinson ramène cependant les siens à un petit point échouant au passage par deux fois, trop court, sur des pénalités ma foi trop lointaines pour passer devant. A trop vouloir compter sur son ouvreur providentiel, les toulonnais finissent par perdre le sens du jeu et de la conquête, laissant échapper de trop nombreux ballons pour espérer franchir le mur tarnais et faire cette différence, toujours à portée de point.

Ce point, un tout petit point, de quoi trotter dans la tête des champions d’Europe de Dublin, champions d’Europe de l’Aviva Stadium… dix minutes, c’est beaucoup et c’est si peu… Ouh là, je m’égare ! … Oh que non, cette fois ce sont les coéquipiers de Jonny qui se perdent dans cette fin de match car…

C’était sans compter le théorème de Talès qui dit que dans un plan, un tir parallèle aux deux côtés des poteaux de rugby sectionne ces derniers en un drop valable. Voilà que le minot, nouvel international français applique la leçon du savoir-faire de son homologue et maître du jour.

Juste phénoménal !

D’autant qu’il récidive avec toupet et une réussite à faire pâlir Jonny du haut de son statut de meilleur joueur européen. Les minutes défilent et les toulonnais, dans la peau de clermontois, voient leur finale leur échapper. Un essai transformé pourrait encore leur donner l’espoir d’une prolongation.

Mais un malheur n’arrive jamais seul. A la dernière minute, une nouvelle pénalité de l’homme du match, Cockott, assure le graal au Castres Olympique.

Et l’essai de Delon Armitage pour conclure ces non festivités restera anecdotique, lui qui a donné la victoire aux siens dans les deux précédentes rencontres face à Clermont et Toulouse. A la fin du match, il tirait la langue, de fatigue cette fois autant que de dépit.

Moralité : il est plus facile de laisser perdre son adversaire que d’aller chercher soi même la victoire.

Telle une fable de la fontaine des larmes de nos deux ténors du TOP 14 coulant de source, celle des journaleux au papier jauni qui leur promettait durant toute leur belle saison, à l’un ou à l’autre, ce Brennus qui leur tendait les bras.

Une leçon à méditer pour l’année prochaine. Les castrais et sa paire d’entraineurs, qui en ont eu pour en arriver là, sont bien les nouveaux champions de France, vingt ans après.

Chapeau messieurs Labit et Travers !

Le Racing Métro a déjà les yeux qui brillent.

 

Le palmarès des Brennus

Palmarès Brennus 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La semaine prochaine…

Il s’agit de vraies vacances pour la plupart avant la reprise du championnat mi-août.

Par contre pour les internationaux, c’est un tout autre genre de colonie de vacances qui les attend en Nouvelle-Zélande avec une première activité dès samedi prochain à Eden Park, dans le grand stade d’Auckland, ce même stade où la France perdait d’un petit point face aux champions du monde, il y a bientôt presque deux ans de cela.

  • Samedi 8 juin, 9h35 : Nouvelle-Zélande – France,  leçon n°1 : la table de multiplication par 7