Ho hisse, CO !

TOP 14... 6ème journée,                    Castres – Toulon         22 – 15

Castres toulon 2013

« Tiens bon la barre et tiens bon devant…
Ho hisse, CO ! … Toujours plus haut !
Si Dieu veut toujours droit devant,
vous irez jusqu’au plus haut niveau ! »

Ca me donne toujours envie de chanter, moi, le rugby, quand j’entends ces stades acclamer leurs équipes. C’est beau, c’est fort et ça marche !

Pas étonnant que gagner à l’extérieur devienne très difficile même chez les promus… à l’exception de Biarritz où c’est la féria tout l’été, semble-t-il, avec des cuites chaque week-end.

Alors chez le champion, vous pensez !

Samedi après-midi à Pierre Antoine, on aurait pu inscrire une pancarte à l’entrée :

« Attention, un champion peut en cacher un autre ! »

Attention ! … je veux dire par là qu’un champion peut en faire oublier un autre !

Car c’est tout l’art du Castres Olympique. Casser le statut de son adversaire et ses ambitions avec, surtout quand vous êtes invités à la maison. Ici, on enlève les chaussures et on pose son pardessus dans le vestibule.

Il y a trois mois déjà, lors de la finale, les champions d’Europe avaient du déposer au vestiaire du Stade de France leur titre fraîchement acquis dans la douleur (pas la leur bien sûr mais celle de leurs adversaires auto-vaincus).

Il ne peut y avoir qu’un seul champion sur le terrain et le détenteur du sacro-saint Brennus comptait bien le faire savoir à son invité de marque du jour.

Pourtant le champion d’Europe est venu samedi à Castres avec certes un nouveau statut de leader qu’il s’est mis derrière l’oreille, mais surtout des intentions qu’il n’a pas hésité à étaler dans toute sa détermination en début de rencontre.

Et ça a payé permettant à Jonny Wilkinson de faire la course en tête aux points devant son homologue castrais sud-africain et, on se le chuchote, un jour français, qui sait, Rory Kockott (9-6).

Oui mais voilà, à Pierre Antoine, les leaders on aime les faire tomber de leur piédestal. C’est ce qui se passe juste avant la mi-temps quand Mach, sur une touche servie par lui même à la suite de laquelle il récupère le ballon, va aplatir le cuir derrière un maul imparable.

Avec la transformation du buteur sud-franco-africain, le CO est devant et ne lâchera plus sa proie jusqu’au bout (13-9).

Au retour des vestiaires, le match devient un jeu de stratégie aux pieds des stratèges (logique !) des deux formations.

Jonny saura garder son équipe dans la partie, répondant coup pour coup au génie de Rory en pleine grâce, des pénalités salvatrices jusqu’à ce drop magistral qui tape le poteau avant de passer entre les perches et donne l’avantage aux siens (15-13).

Il faudra attendre le dernier quart d’heure pour voir le match basculer définitivement dans le camp des champions de France sous la baguette et le pied magiques de l’homme du match, impérial, punissant la moindre faute des toulonnais quand Wilkinson manquait pour la deuxième fois de la partie une pénalité cruciale.

Sept points d’écart au final qui suffisent tout juste aux toulonnais pour empocher le bonus défensif, un moindre mal dans une rencontre où au fond le jeu des deux équipes se valait, voire se reflétait dans le miroir d’une même stratégie.

Oui, mais le champion en titre c’est bien le CO qui tient bon la barre, le vent en poupe et vient de se hisser un peu plus haut encore au classement, à la quatrième place.

Mais il n’est pas seul !

 

En bref…

En effet, ils sont quatre rivaux à hauteur de coudes des castrais, s’accrochant au top 6 comme des morts de faim tant les points sont chers à gagner pour nourrir de réelles ambitions.

Toulouse d’abord, revenant en trombe (comme la pluie sur la France) en haut du classement après sa victoire bonifiée contre Biarritz (31-7), les basques décidément au plus mal dans les abysses du classement.

Perpignan et Montpellier ensuite, le premier, tombeur à Aimé Giral du second (28-16), avec le bonus également. Des montpelliérains qui redescendent de leur piédestal, deuxièmes avant cette journée, sans doute trop euphoriques après la tôle infligée aux toulousains la semaine passée à domicile.

Le Racing-Métro enfin, appliqué à l’image de Sexton, surprenant Bayonne à Jean-Dauger (19-16), les basques laissant filer 3 points dans un calcul d'apothicaires que j’annonçais foireux, tant sur les trois derniers matchs ils n’ont récoltés que des défaites. L’humiliation de leurs jeunes à Clermont n’aura servi à rien, si ce n’est, comme on le voit déjà, à dessouder un groupe. Je vous avais prévenu.

S’ils sont cinq à la quatrième place, le podium, lui, s’est habillé de jaune rouge et rose, étendard dont la dernière couleur dépareille tant on n’avait perdu l’habitude de voir les parisiens à ce niveau.

Car le Stade Français a profité d’un nouveau match à domicile pour faire le plein. Et c’est Brive qui paye la note salée (25-18), s’enfonçant un peu plus au classement accolé aux basques entre les bayonnais et la lanterne rouge biarrote.

A hauteur des toulonnais, deuxièmes ex-aequo, les parisiens ont deux points d’avance sur leurs poursuivants et un seul de retard sur le nouveau leader, maillot jaune.

Clermont n’a pas eu à briller pour s’enquérir de la première place et de sa 63ème victoire consécutive à Marcel Michelin face à Grenoble qui prive tout de même l’ogre auvergnat du bonus offensif sur le gong (27-13). Le retour de Parra et de Cudmore n’aura auguré rien de bien rassurant après la défaite des leurs à Jean Bouin.

Dans la lutte pour le maintien, un peloton s’est formé duquel est sorti avec beaucoup de détermination et un bonus offensif, Bordeaux qui recevait Oyonnax (35-10).

Les oyonnaxiens, les grenoblois, les brivistes et les basques tous confondus sont les grands perdants du jour.

La victoire samedi prochain est primordiale !

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Tournoi des IV nations

Nouvelle Zélande – Afrique du Sud             29 – 15

Tout était dit dans le haka !

Ils ont été monstrueux les All Blacks face au leader du tournoi. Là encore, le statut du champion a parlé. Ils avaient beau sourire pendant la chorégraphie tribale de leurs hôtes, annonçant une guerre, les Springboks ont subi la supériorité des champions du monde qui ont marqué d’entrée, dans l’en-but et les esprits.

Pire les sud-africains, pourtant revenus dans la partie à la mi-temps, craqueront à l’image du talonneur du Plessis qui prendra un deuxième carton jaune, soit un rouge.

Deux nouveaux essais en seconde période concluront le victoire des All Blacks, bonifiée qui plus est, les plaçant dorénavant seuls devant, en attendant le dernier match du tournoi, en Afrique du Sud. 

 

Australie – Argentine               14 – 13

Un petit point pour une petite victoire !

Les Wallabies ont gagné mais n’ont pas convaincu semble-t-il, au dire des médias sportifs avertis. Dommage pour les Pumas qui n’étaient pas loin de valider leur troisième place du tournoi.

Le plus dur reste à faire lors de la réception des australiens de la dernière journée. En attendant, repos la semaine prochaine avant une belle mise en bouche à Buenos Aires contre la Nouvelle-Zélande le 28 septembre. Une préparation idéale quoi !

 

Classement :
1 - Nouvelle-Zélande : 18 pts, 2 - Afrique du sud : 14 pts, 3 - Australie : 4 pts, 4 – Argentine : 2 pts,.

 

La semaine prochaine…

Seul le TOP 14 poursuit sa route quand le Four-Nations s’octroie une pause. La septième journée du championnat de France s’annonce encore plein de rebondissements en haut comme en bas du classement.

Dès vendredi soir, 20 septembre, on aura une belle affiche avec :

  • Montpellier – Clermont, à 20h45 (c+ sport) : détrôner l’ogre.

Puis samedi 21 septembre :

  • Toulouse – Castres, à 15h (c+) : viser le podium,
  • Biarritz – Grenoble, 18h30 (r+) : des basques sous oxygène,
  • Brive – Perpignan, 18h30 (r+) : recoller au peloton du maintien,
  • Bayonne – Toulon, 18h30 (r+) : éviter une nouvelle déconvenue,
  • Racing Métro – Bordeaux, 18h30 (r+) : tenir sa place,
  • Oyonnax – Stade Français, 20h35 (c+ sport) : quand Mathon fait sa loi.