Dans la peau de Broke James !

TOP 14... 10ème journée,                  Toulouse – Toulon      13 – 12

Jonny wilkinson

Un point, c’est tout !

Ca ne vous rappelle pas un titre des brèves du mois de mai, ça ?

Si ! … Comme ça doit être dur à encaisser ce matin pour les champions d’Europe, ce titre ! … Comme pour les clermontois le titre de champion d’Europe qu’ils n’ont pas.

Je sais, il y a un peu de cynisme dans mes propos. Mais pourquoi ne défendrai-je pas le bourreau d’alors, victime évidente aujourd’hui ?

Dominer, faire le jeu, mériter la victoire, la tenir du bout du pied, d’un doigt et perdre au final d’un point, un tout petit point… comme je les plains mes amis varois.

(vous entendez comme je prononce le mot varois dans un sourire de grenouille qui prend toute la largeur de la page ?)

Heureusement il ne s’agit pas ici d’un titre de fin de saison mais juste d’une première place provisoire au classement qui revient au final à des toulousains timorés dans leurs tentatives mais opportunistes dans leur finalité et qui ont su profiter samedi d’une faiblesse rarissime de l’ouvreur exceptionnel anglais pour l’emporter contre le cours du jeu.

Et oui, Jonny n’a pas réussi à donner la victoire du bout de son pied magique ou assassin, c’est selon du côté que l’on se place.

Et pour cause ! … Il a enfilé les habits de Broke James pour se faire une idée de ce que peut être un sale après-midi de rugby, quand le pied louche ou que le ballon a décidé de prendre à contre pied chaque coup qu’il subit.

Et pourtant tout avait bien commencé pour les toulonnais. Jonny était sur le banc et Michalak sur le terrain faisait le boulot à sa place, le vent dans le dos et la réussite sous le pied, malgré une domination criante mais stérile des locaux, punis par tant de fautes habilement provoquées par les visiteurs.

12-0 à la mi-temps. Puis 12-6 quand Jonny, dans la peau d’un autre, fait son entrée. Une entrée pas comme les autres.

Jonny a passé le portail menant directement dans le psychisme de l’ouvreur le plus perturbé de notre championnat, Broke James.

Et quelles sensations !

Déjà, plus aucun point toulonnais ne sera marqué. Pire, le cauchemar du clermontois à Dublin va refaire surface. Un temps fort toulonnais, un ballon perdu, ramassé par un toulousain, une passe suffit pour que Vermaak, le demi de mêlée aille aplatir dans l’en-but, sans besoin puéril de tirer la langue, si ce n’est pas pour souffler après une course de trente mètres.

La transformation de Doussain donnera l’avantage aux locaux… au score seulement. Car sur le pré, ce sont les visiteurs qui font le jeu, et de loin, enchaînant les temps de jeu et mettant la défense toulousaine sous pression.

Un point seulement sépare les deux équipes. Il reste dix minutes aux varois pour faire la différence. Et Broke James aura l’occasion par trois fois de donner la victoire aux siens. Une victoire qui ne peut leur échapper. C’est criant et c’est rageant !

Une première pénalité, à côté… une seconde rasant le poteau… et ce drop ultime de la gagne sur la sirène complètement manqué, comme si le ballon faisait un énième pied de nez à son bourreau botteur, prenant une direction opposée à la cible.

Terrible et si humain à la fois…

Et si Jonny venait à Clermont ? D’autant que Broke devrait annoncer sa retraite l’an prochain.

 

En bref…

Ce week-end était celui des derbys. Et pas n’importe lesquels. Ils étaient trois. Des retrouvailles compliquées à un nouveau bien mené en passant par un classique mort-né, suivez-moi !

Clermont a bien failli mettre fin à sa série de victoires à domicile en recevant Brive, son vieil ami et voisin, sans complexe (36-29). Contre toute attente, il aura fallu l’entrée de Broke James pour le geste de cette dixième journée, une chistera monumentale qui offre l’essai à Nalaga et la 65ème victoire aux Jaune et Bleu à la maison. Bravo aux brivistes, venus pour gagner et qui sont repartis avec un point de bonus défensif plus que mérité.

On ne peut pas dire que l’on se soit régalé au Stade de France samedi soir en regardant l’affrontement des parigots sans allant et sans autre essai que celui de début de match qui a eu pour effet de casser l’ambiance. Le Racing Métro l’emportera sans brio face au Stade Français (16-12) dont la seule satisfaction a été de repartir avec un point de bonus et de voir enfin la star sud-africaine Morné Steyn à l’œuvre.

Heureusement Grenoble a su tenir les promesses d’un nouveau derby face à Oyonnax que les isérois ont maîtrisé des pieds et de la tête (23-10). Les oyonnaxiens, désormais reléguables, font la mauvaise affaire du week-end si on oublie le mélodrame biarrot.

Parce que Castres n’a pas fait de cadeau à Biarritz, une claque monumentale, une humiliation comme en ont bien besoin les coéquipiers de Harinordoquy pour peut-être enfin réagir (39-0). Franchement, on ne voit pas comment !

A 12 points des autres basques, la remontée ressemble à un long chemin de croix pour rattraper Bayonne, vainqueur heureux de Montpellier, vendredi soir (24-19). Une bonne chose pour les coéquipiers de Bustos Moyano auteur de 19 points de son équipe.

Bordeaux n’est qu’à une petite longueur devant après sa défaite sans point à Perpignan (20-31).

Au classement, Castres, le Racing, Grenoble et le Stade Français se tiennent dans un mouchoir de poche, au premier qui mouche l’autre pour chiper la sixième place qualificative.

Devant dans l’ordre, le quinté du top 14 voit Toulouse en nouveau leader, 2 points devant Clermont, à un point de Toulon, Montpellier et Perpignan.

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

C’est le début des emmerdes. Les internationaux commencent à regagner les stages (pour les français) quand ce n’est pas leurs sélections (pour les anglais). Autant dire que les coachs vont devoir composer aux entraînements sans eux, voire également sur les terrains pour le compte de la onzième journée.

Dès vendredi 1er novembre :

  • Toulon – Bordeaux, 19h (c+ sport) : autant creuser sa tombe !
  • Castres – Clermont, 21h (c+ sport) : Ressusciter d’entre les ballons morts !

Puis samedi 2 novembre :

  • Brive – Toulouse, 15h (c+) : le leader est prévenu,
  • Montpellier – Grenoble, 18h30 (r+) : une place au soleil,
  • Oyonnax – Perpignan, à 18h30 (r+) : dans le dur,
  • Biarritz – Racing Métro, à 18h30 (r+) : à la (sur)vie, à la mort,
  • Stade Français – Bayonne, 20h30 (c+ sport) : du Jean Bouin de Bayonne en tranches svp !