Pas de manières !

VI Nations... 1ère journée,             France – Angleterre    26 – 24

France Angleterre 2014

C’est pas le moment de faire la fine bouche et encore moins de jouer les grandes gueules !

On a battu les Rosbifs, et c’est tout ce qui compte !

Il est des circonstances où dans le sport, bien au delà des enjeux et du plaisir du jeu, la manière importe peu par rapport au résultat. C’est le cas quand on rencontre les anglais.

Et ce week-end, toute la France du rugby a bien intégré le message.

Sur cinq autres sélections engagées face à nos meilleurs ennemis, toutes sont ressorties vainqueurs, un camouflet pour nos voisins outre-Manche, une jubilation pour nous les français.

Vendredi, à Draguignan, les -20 ans hommes ont donné l’exemple (21-15), pendant qu’à Nevers l'équipe de France fédérale s'imposait sur le fil (16-15) et celle des universitaires à Blois explosait son adversaire (39-10). Samedi, à Beauvais puis au stade des Alpes de Grenoble c’est au tour des féminines, les -20 ans puis les séniores, de fesser nos petites anglaises (27-0 et 18-6). On s'en délecte, vous pensez !

Bien sûr, tout l’hexagone de l’Ovalie n’avait d’yeux que pour nos Bleus du grand Stade de France dont on attendait une révolte après l’année noire de 2013 mais dont on n’aurait surtout pas pu avaler une défaite supplémentaire dans le duel franco-anglais, dit le Crunch, qui ouvrait le tournoi des VI nations.

Je ne ferai donc pas de manières à apprécier ce résultat et jubiler avec la France entière, oubliant et il le faut, mon attrait pour le beau jeu, mon incompréhension sur la stratégie en place, mes frustrations sur une attaque poussive, mon effarement sur une défense aussi permissive.

Pourtant tout avait bien commencé.

Trente minutes de rêve (comme l’an dernier, d’ailleurs), le French flair retrouvé derrière l’opportunisme d’un Huget flamboyant, sur tous les coups, là où il faut, au bon moment, sous l’impulsion d’un jeunot plein de culot au poste d’ouvreur. Plisson a impressionné durant cette courte phase où, sous sa houlette, le XV de France a mené la danse brillamment avec deux essais de l’ailier toulousain en feu (16-3), avant de s’éteindre comme un seul homme, dix minutes avant la pause, et pour quarante minutes d’enfer.

Dominés, les Bleus cèdent une première fois devant Mike Brown pour ne mener à la mi-temps que de huit points, la transformation manquée de Farrell nous donnant un peu de répit.

Mais le pire est à venir, pour trente minutes de supplice où les anglais ont eu tous les ballons, hormis en touche et en mêlée où le pack français a été largement au dessus. Mais dès la reprise, Danny Care inscrit un essai que l’arbitre vidéo refusera pour un millimètre devant a ligne. Mais Farrell marquera trois points pour une pénalité qui courrait depuis le début de l’action anglaise (16-11).

Mais ce n’était qu’un nouveau répit, de courte durée cette fois, car dix minutes plus tard, à force de rendre le ballon au pied, Doussain incapable de bonifier les bonnes avancées de ses avants, à l’instar de Domingo qui lui donne un ballon que le demi de mêlée ne calcule pas et échappe au profit d’une mêlée à introduction anglaise, ce qui devait arriver arriva.

Burrel, servi par Vunipola qui a déjà déchiré le premier rideau, dépose la défense française pour aplatir entre les perches. Les Rosbifs mènent pour la première fois et vont garder la main sur le match, devant un XV tricolore qui retombe dans ses travers, sans solutions. Danny Care va corser l’addition par un drop judicieux (21-16) avant que l’entrée de Machenaud et de Szwarzewski ne sonnent la révolte des Bleus.

Picamoles, Nyanga, excellents tout le match, continuent leur travail de sape avec un Szwarzewski insaisissable. Cela finit par payer. Une pénalité de Machenaud pour réduire le score, aussitôt annulée par Goode (19-24).

Et puis vint l’illumination de Fickou, tout juste entré en place de Bastaraud, servi au cordeau, encore par Szwarzewski qui déchire la défense comme un trois-quarts centre. Sauf que le vrai centre toulousain, sorti de nulle part ou revenant de Lourdes, feint la passe à Médard pour aller aplatir entre les perches assurant à Machenaud une transformation et aux siens une victoire, malgré les deux minutes restantes.

Quel soulagement et quel plaisir ! …

On y a rien compris à ce XV de France-là, mais que c’est beau de battre ces anglais !

C’est tout ce que j’aurai à dire pour ne pas nous gâcher ce réel plaisir... si ce n'est peut-être d'ajouter, si vous croisez un anglais, de ne pas oublier de lui souffler un irrésistible "Good game !".

 

Pays de Galles – Italie            23 – 15

Le Pays de Galles, double tenant du titre, a du souci à se faire pour trisser son exploit dans ce tournoi au vu d'une piètre prestation samedi après-midi au Millénnium Stadium.

Parce qu’en dehors de la précision chirurgicale du pied de Halfpenny, les diables rouges n’ont pas montré grand chose, profitant d’une erreur de débutant du jeune Desposito dont c’était la première sélection pour s’installer dans un match équilibré et que les italiens de Jacques Brunel aurait très bien pu remporter avec un peu plus de réussite ou d’application.

Mais là encore, le XV italien n’a pas été aussi flamboyant que lors de ses prestations l’an passé. Bref, deux formations qui ne devraient pas faire figure de favoris sur ce que j’en ai vu dans cette rencontre.

Les Bleus devront certes se méfier des italiens, dimanche prochain, mais ils devraient surtout augmenter leur capital confiance en essais en garnissant une belle valise à nos voisins transalpins. Si !

 

Irlande – Ecosse    28 – 6

Les irlandais, le vent en poupe en H Cup, n’ont pas eu à forcer leur talent pour venir à bout d’écossais, certes vaillants et joueurs, mais peu efficaces.

Après trente minutes d'inaction et d'ennui sur le pré de l'Aviva Stadium, la domination et la puissance des hommes verts auront eu raison de la défense du Chardon par trois fois, l’ailier Trimble d’abord en fin de première période, puis le troisième ligne Heaslip au début de la seconde et enfin l’autre ailier Kearney en fin de match.

Il faudra compter avec les irlandais cette année, grands favoris pour moi, même si je ne les vois pas réaliser le grand chelem. Par contre, je les vois bien gagner chez les anglais ou chez nous, comme il y a deux ans, en clôture du tournoi.

On est prévenu !

 

La semaine prochaine…

Le tournoi continue donc avec la route du grand Chelem qui devrait prendre fin pour les irlandais ou les gallois puisqu’ils se rencontrent à l’Aviva Stadium de Dublin. Avantage aux locaux !

A nous, les Bleus, de ne pas déconner face aux italiens.

Au programme de cette deuxième journée, samedi 8 février :

  • Irlande – Pays de Galles à 15h30, fin de règne pour les gallois,
  • Ecosse – Angleterre à 18h, une rose piquée au vif sur des chardons ardents.

Dimanche, enfin :

  • France – Italie 16h, pas de blagues !

 

Pendant ce temps-là, le TOP 14 affichera en doublon sa 18ème journée de championnat.

  • Bordeaux – Grenoble, vendredi à 20h45 (C+ sport) : accrocher le bon wagon.
  • Clermont – Stade Français, samedi à 14h30 (C+) : grosse prise de tête !
  • Bayonne – Brive, samedi à 18h30 (r+) : ça sent la poudre.
  • Castres – Oyonnax, samedi à 18h30 (r+) : deux champions, deux niveaux.
  • Toulon – Biarritz, samedi à 18h30 (r+) : sans pitié !
  • Perpignan – Racing Métro, samedi à 18h30 (r+) : les catalans se rebiffent.
  • Toulouse – Montpellier, samedi à 20h40 (c+ sport) : un goût de phase finale.