C'est quand qu'on va où ?

VI Nations... 3ème journée,             Pays de Galles – France    27 – 6

Galles France 2014

On est en droit de se poser la question !

Parce que nous on y est allé... où on nous avait dit qu’on irait, au pays du Grand Chelem, là où le rugby est beau, avec son joli sommet couvert de gloire.

On a même suivi le plan...

Enfin, on a essayé. Au début on l’avait lu à l’envers, contre les anglais au Stade de France, c’est pour ça qu’on ne comprenait pas bien où on allait, mais bon, au final, on est retombé sur nos pieds juste après nos travers, avant de se retrouver sur la bonne route, avec des italiens super cools qui nous ont bien aidés.

Galles France Millennium

Mais là, au Millennium Stadium, on y était, à l’heure, chantant la marseillaise à s’époumoner au milieu de milliers de dragons rugissant.

C’était juste extraordinaire, dans un stade magique, tous feux, toutes flammes... une entrée spectaculaire à couper le souffle !

Oui mais voilà, on attendait les Bleus... ils ne sont jamais venus, nous laissant seuls assister à un combat à sens unique, gagné d’avance par des diables rouges à qui ils avaient dès le coup d’envoi vendu l’âme du jeu du XV de France.

Je ne vous parlerai donc pas du match puisqu’il n’y en a pas eu.

De retour de Cardiff, je me suis dit qu'il fallait que j'y aille piano sur ma brève tellement j'étais en colère.

Alors j’ai pianoté le premier air de misère qui m'est passé par la tête,

ce même air qui survolait le jeu des Bleus au Millénium, irrespirable, étouffant, dans une agonie insoutenable où mêmes les drapeaux tricolores s’affaissaient au fil du match jusqu’à se mettre en berne à la mort annoncée de notre équipe de France.

Ca donnait ça, genre Renaud, pas Lavillénie le clermontois (N'en déplaise aux charentais qui n'ont inventé que les charentaises. Point final !), l'autre, le chanteur, au temps où il chantait.

J’me suis dj'à tapé 500 lignes
« A quoi on joue, Saint André ? »
Ras l'bol de l’amateurisme !
Y'en a marre d’être si mauvais !
C’est pas moi qu’ai commencé
On peut pas dire que j’suis dur
C'est quand même chez les anglais
Qu'on peut y lire "No Future"

Si t’es pas puni pour ça
Alors je dis : « Halte à tout ! »
Explique-moi, PSA,
C'est quand qu'on va où ?

C'est quand même un peu galère
D'aller chaque match au charbon
Quand on sait jamais quoi faire
Chaque fois qu’on a le ballon
On a les meilleurs trois quarts
Qui filent à plus d’cent à l’heure
On n’en utilise pas un quart
Par manque d’accélérateurs

T’as usé 38 bonhommes
Mais au juste pour en faire quoi ?
Pour quelle stratégie en somme ?
Je cherche encore, là j’vois pas
T’as essayé plus d’charnières
Qu’il y a de clubs dans le TOP 14
Alors que dans la première
Y avait déjà quelque chose

Si on doit encore avaler ça
Alors je dis : « Halte à tout ! »
Explique-moi, PSA,
C'est quand qu'on va où ?

L'essentiel à leur apprendre
C'est l'amour du jeu qui fait
Qu’on joue avant de défendre
Avec un seul but : marquer !
C'est s’appuyer sur les bases
Que les clubs ont inculquées
Et ne pas faire table rase
Au risque de les embrouiller

Si tu penses un peu comme moi
Alors dis halte à tout
Et maint'nant, PSA,
C'est quand qu'on va où ?

Non, vraiment, y a rien d’autre à en dire. Même les gallois n’étaient pas impressionnants, juste concentrés, appliqués, révoltés depuis leur débâcle à Dublin, sans scrupules pour saisir toutes les occasions offertes sur un plateau par des coqs embourbés dans un jeu de merde… très français quoi !

Le Grand Chelem nous passe donc sous le nez, pas le titre qui, lui, sera difficile à acquérir tant le goal-average nous est défavorable.

Car dans l’autre affiche, où le jeu battait son plein, l’exploit des irish a échoué d'un rien.

 

Angleterre – Irlande     13 – 10

Un bonheur de match !

Ne vous fiez pas au score, la rencontre entre le XV de la Rose et celui du Trèfle a été d’un niveau exceptionnel, avec du jeu, en veux-tu en voilà, sevrés la veille par un Galles-France morose, on ne pouvait qu’apprécier dans ce pub de Cardiff, acquis à la cause anglaise (pas nous !).

Le match était presque parfait, sans déchet ni temps morts, mais l’issue aura été fatale aux Verts, venus pourtant à Twickenham avec la claire intention de repartir avec une victoire qui leur aurait laissé toutes les chances d’un Grand Chelem.

Mais les anglais ont su répondre à la férocité et l’engagement des irlandais.

Malgré l’essai de Kearney, fabuleux finisseur, en début de seconde période, qui permettait au XV du Trèfle de prendre le score et l’emprise sur le match très disputé (7-3 puis 10-3 après une pénalité de Sexton), Farrell et ses coéquipiers ripostent avant de l’heure de jeu, au pied d’abord (6-10) puis par l’incontournable Dany Care, le demi de mêlée en forme du moment, sur un nuage, à l’opposé de son homologue français, descendu en enfer à Cardiff.

Les irlandais auront beau se démener pour égaliser ou passer devant en fin de match, rien n’y fera, la forteresse anglaise restera imprenable. 

Que ce fut beau... ce moment de vrai rugby !

 

Italie – Ecosse     20 – 21

Quel suspense et quelle déception !

Les italiens auront été remarquables, plus solides que leurs adversaires, entreprenants mais affichant quelques faiblesses qui leur seront fatales en seconde période laissant les écossais revenir dans le match et leur voler une victoire qui leur était promise sur un drop improbable, à la toute dernière minute.

Incroyable, rageant !

Les italiens n’ont pas fini d’apprendre et devraient se rebeller encore plus face à leurs prochains adversaires irlandais et anglais qui sont toujours en course et favoris pour le titre.

Quant aux écossais, tout heureux de ne pas finir cuiller de bois, rien ne les arrêtera désormais, même si leur jeu est plus que brouillon.

Mais il se pourrait que contre nos Bleus ils le mettent au propre !

 

Au classement, Irlande, Angleterre, Pays de Galles et France se partagent la première place, avec un avantage plus net au goal-average pour les deux premiers.

L'Italie, avec zéro point, ferme la marche derrière l'Ecosse.

 

Le top 14 en bref…

Après l'humiliation des Bleus à Cardiff, dès le lendemain, de l'autre côté de la Manche, les heureux non sélectionnés allaient s'illustrer dans le TOP 14, en essayant de charmer le sélectionneur tant il y a des places à prendre et que n'a pas caché le patron des Bleus.

Le premier en piste était Parra, dont le retour dans le groupe des 30 était déjà annoncé avec un plan diabolique de PSA pour s'assurer qu'il ne joue pas le week-end prochain contre le gré de son club.

"Prends un rouge et je m'occupe de ne te faire prendre qu'un match !"

Celui de la semaine prochaine. Malin le bougre !

Ca n'a pas été du goût de Cotter, voir son meneur se faire expulser dès la demi-heure de jeu pour un coup de tête, certes répréhensible, mais pas d'un rouge. Ou alors il faudra appliquer la règle dans tous les stades tant ces réflexes stupides pourrissent ce sport, à commencer par Papé à Jean Bouin qui n'a jamais pris plus qu'un jaune.

Qu'à cela ne tienne, les Jaunards en infériorité numérique sur le terrain mais en supériorité dans les tribunes et dans le jeu développé, allaient donner une petite leçon aux visiteurs en réponse à l'humiliation subie à l'aller. Clermont inscrit pas moins de cinq essais contre un seul pour Montpellier et décroche du même coup un bonus offensif qui les maintient largement en tête du classement (42-16).

Le Stade Français reprend la deuxième place aux héraultais après sa victoire arrachée sur le fil grâce à une pénalité de Morné Steyn face à un Oyonnax surprenant et offensif avec quatre essais, tout comme les parisiens (29-26). Belle prouesse !

Castres aura eu autant de mal que Toulouse n'aura pas eu de chance (encore) dans un match plein des toulousains, leur meilleur à en croire la presse, avec un Clerc retrouvé dont l'essai de dernière minute ne trouvera pas la transformation de l'égalisation sous le pied maladroit de Bezy (29-27). 

Les castrais sont sur le podium à un point des parisiens mais au coude à coude avec Toulon qui n'a pas su faire mieux qu'une victoire non bonifiée à Bayonne (15-9).

Les toulousains, avec un seul petit point de bonus défensif, ne parviennent toujours pas à accéder au TOP 6, à hauteur de Grenoble également défait mais à domicile par un Biarritz plus que surprenant (20-22).

Pas mieux pour le Racing-Métro qui n'a rien pu faire à Bordeaux et se voit toujours exclu du banquet de la phase finale (9-25).

En bas de classement, Perpignan s'est donné un peu d'air dans un duel crucial pour le maintien face à Brive (12-6). Mais les catalans ne sont pas sortis d'affaires, tout comme les bayonnais et les oyonnaxiens.

Un d'eux devraient accompagner Biarritz en PRO D2 !

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Pas de tournoi ! ... Pour autant les Bleus et son staff n'auront pas fini de faire parler d'eux, entre règlements de compte et convention bidon, la FFR aura fort affaire avec la LNR et leurs présidents de clubs toujours aussi remontés.

La prochaine journée de TOP 14 devrait se jouer sans internationaux, sauf nouvelles désobéïssances. C'est qu'à six journées de la fin de la phase régulière, la tension monte.

A suivre dès vendredi 28 février :

  • Montpellier – Stade Français, à 18h30 (C+ sport) : combat de dauphins.

Puis samedi 1er mars :

  • Bordeaux – Clermont, à 14h55 (C+) : spectacle garanti,
  • Racing Métro – Castres, à 18h30 (r+) : c'est là ou jamais,
  • Brive – Grenoble, à 18h30 (r+) : la victoire du maintien assuré,
  • Toulon – Oyonnax, à 18h30 (r+) : méfiance et efficacité,
  • Toulouse – Perpignan, à 20h35 (c+ sport) : appuyer sur l'accélérateur.

Enfin, dimanche 2 mars, un derby sulfureux :

  • Biarritz – Bayonne, à 15h (C+) : plutôt mourir ensemble.