La fête des voisins !

TOP 14... 23ème journée,                  Stade Français – Racing Métro    22 – 32

SF RM92

Il y a deux types de voisins !

Il y a ceux qui, en bons invités, courtois et bons mangeurs, font honneur à la table de leurs hôtes sans contrarier leur festin. C’est le cas des grenoblois et clermontois qui, respectivement à Oyonnax et Brive se sont laissés remplir la panse de leur en-but sans broncher, à la limite de trop en faire pour certains, qui même à quinze contre treize, attendaient avec des manières insupportables qu’on les serve, suivez mon regard.

« Mais allez-y, cher Jaunard ! Je n’en ferai rien très cher Coujoux ! »

Et puis il y a ceux qui arrivent avec le double des clés, leur popote et font comme s’ils étaient chez eux, ouvrant les placards, là où sont les vivres, comprenez les bons ballons, pour se servir sans gêne.

Et le premier dans son assiette à Jean-Bouin, samedi après-midi, s’appelle Benjamin Fall, interceptant une passe téléphonée de Morné Steyn sur un temps fort parisien. L’ailier francilien avale le terrain en une bouchée sur 80 mètres pour le premier essai laissant bouche bée la défense parisienne. On venait à peine de passer à table.

Sexton ne se privera pas pour transformer ce hors-d’œuvre face au poteau (0-7).

Jusqu’à la demi-heure de jeu les hôtes vont faire bonne figure, Steyn passant une pénalité  pour se faire pardonner (3-7), histoire de montrer qui est le maître de maison.

Mais c’était sans compter sur l’appétit du voisin, qui, se faisant passer le plat, comprenez le ballon, se ressert plutôt deux fois qu’une, Machenaud, Sexton et Roberts, à toi à moi, à toi à lui, avant que Kruger ne finisse le fond du plat pour un deuxième essai, celui-là plus consistant. Sexton, déjà repu, manquera la transformation (3-12).

Mais les parisiens vont taper du point sur la table, comprenez sur la pelouse de Jean-Bouin, antre imprenable jusque-là, un drop du fautif Steyn juste avant la pause pour remettre en place Sexton qui venait de passer deux pénalités sans permission (6-18), suivi dès la reprise d’un essai de Vuidravuwalu qui contrait Machenaud surpris sur l’engagement des parisiens (11-18), avant d’en remettre une louche par l’ouvreur sud-africain, encore, qui passait une pénalité. Et de onze, ce qui fait 14-18. De bonne guerre...

Non, mais ! … On ne serait presque plus chez soi !

Ben non ! … Car après un coaching en cuisine et une pénalité échangée de chaque côté (17-21), les franciliens, à l'heure de jeu, prennent une belle part du dessert avec un troisième essai conclu par Battut qui se lèche les doigts d’un service au cordeau de Hernandez (17-26). Sexton, gêné sans doute ou sans appétit, ne transformera pas... une nouvelle fois.

Paris ne se laisse pas abattre pour autant et fronce le sourcil de son jeu qui trouvera l’autorité d’un deuxième essai en solitaire par le même Vuidravuwalu, précieux pour remettre de l’ordre dans ce repas qui tourne au vinaigre (22-26), Steyn ne réussissant pas à avoir le dernier mot de la transformation.

Un manque de réussite qui sera fatal d’autant que Sexton, lui, a retrouvé le culot de la sienne, de réussite, passant deux pénalités cruciales qui ôtent définitivement le point de bonus défensif aux parisiens.

Ce qui est fort de café pour le public qui, chez lui, vient de se faire manger tout cru par son propre voisin.

Il y a des limites à l’hospitalité !

Surtout quand ton voisin repart avec l’argenterie d’une place qualificative aux phases finales et que tu le regardes partir avec sans rien pouvoir dire.

Il y a des fêtes dont on se passerait bien entre voisins. 

 

En bref…

Clermont comme Grenoble ont été pris, quant à eux, en flagrant derby de complaisance ce week-end.

Le premier, dans un match ahurissant à Brive (24-26), où la première mi-temps a vu les locaux dominer sans rien à redire le leader, quand la deuxième période a été le théâtre d’un grand n’importe quoi, incompréhensible, sur le terrain comme au niveau de cette règle de carence appliquée pour la première fois semble-t-il.

Bref, les Coujoux ont mérité leur victoire et sont définitivement maintenus comme ils peuvent même espérer encore jouer un barrage. Quand les Jaunards, eux, ont été plus qu’inquiétants avant la réception du Leicester samedi prochain.

Le second derby a vu Oyonnax se défoncer pour sa survie (40-13), profitant des largesses des fautes des grenoblois pour empocher un bonus offensif précieux pour son maintien. Dorénavant, ce sont les isérois qui devront assurer le leur quand les oyonnaxiens comptent bien sur leur match en retard face à Bordeaux pour laisser la deuxième place relégable au deuxième club basque.

Car Bayonne n’a rien pu faire face à l’armada de Montpellier (27-43), les locaux bénéficiant des largesses de jugement sur leur essais, toujours limites, et tant mieux, c’est dans l’esprit, car la domination, elle, était bien là. Les basques ont eu du répondant, en vain, les montpelliérains repartant avec un bonus offensif et la place toute fraîche de leader, chipée pour un point aux clermontois.

Un gros duel a eu lieu entre Toulon et Toulouse au stade Vélodrome, qui a vu la victoire logique des varois (32-28), menés par un grand Michalak, suppléant de Jonny Wilkinson, blessé. Les toulousains n’ont pas démérité, le combat a été âpre et de haut niveau, une bonne chose pour les deux équipes avant la réception des irlandais du Leinster et du Munster qui, hasard du calendrier se rencontraient aussi ce week-end. Victoire du Leinster.

Dans le haut de tableau, Castres n’a pas su en profiter et s’est embourbé dans un nul à Biarritz qui n’était pas là pour faire de la figuration (34-34).

Au classement, les castrais préservent leur 4ème place, à trois points des clermontois et toulonnais mais à deux longueurs seulement des nouveaux entrants que sont les Racingmen, devant des toulousains au coude à coude avec les parisiens et surtout des bordelais qui ont un match en moins.

Car Bordeaux a su prendre le dessus sur Perpignan (23-5), poursuivant ainsi son aventure dans la cour des grands. Et quels grands !

A J-3, pas d’éliminé ce week-end, il y a toujours neuf équipes en course pour la phase finale. Et tant mieux !

Pour le maintien, si les grenoblois devraient valider leur ticket avec une seule victoire, ce sera bien plus compliqué pour les bayonnais et les catalans, surtout si les oyonnaxiens parvenaient à battre Bordeaux le week-end prochain.

Chaud devant et chaud chaud chaud derrière !

Tous les résultats officiels du week-end >> 

 

La semaine prochaine…

Il s’agit des quarts de finale européens.

Nos trois ténors français auront fort affaire, car il n’y aura pas de match à première vue facile, surtout pour les clermontois, méconnaissables ces deux dernières semaines !

A suivre dès vendredi soir 4 avril, en Challenge Européen :

  • Stade Français – Harlequins, à 21h (Fr4) : retrouver le niveau.

Puis samedi 5 avril, ne pas rater en H Cup :

  • Munster – Toulouse, à 14h30 (C+) : comme au bon vieux temps !
  • Clermont – Leicester, à 17h (Fr2) : attention aux griffes !

Enfin dimanche 6 avril, toujours en H Cup, le meilleur pour la fin :

  • Toulon – Leinster, à 17h30 (Fr2) : règlement de compte entre champions.

 

A voir également :

  • Ulster – Saracens, H Cup, samedi à 17h30 (c+)
  • Bath – Brive, Challenge Européen, dimanche à 15h (sky)
  • Oyonnax - Bordeaux, Top 14, 19è journée (en retard), samedi 20h30 (c+ sport)