Fin de la récré !

TOP 14... 24ème journée,                  Bordeaux – Toulon    20 – 22

Bordeaux Toulon 2014

Le TOP 14 a remis de l’ordre dans sa classe ! 

Les premiers de la classe, les messieurs-je-gagne-tout, les classes aisées du championnat, les trousses pleines et les crayons finement taillés dans l’international, ont retrouvé le sérieux de leurs rangs, non sans peine et un retour obligé à la discipline.

A l’image du champion d’Europe en titre, hautement qualifié dans la plus prestigieuse institution européenne, tombeur la semaine dernière des triples couronnés irlandais, qui se déplaçait à Bordeaux, chez un petit qui aime à jouer dans la cour des grands sans complexes, dès qu’on lui en donne l’occasion.

Après avoir laissé les bordelais jouer librement pendant une heure, mettant une pagaille pas possible dans son camp, subissant comme un bleu, le maître varois a repris les rênes du cours du match et remis les jeunes aquitains à leur place, devant le tableau d’affichage face à une équation dont ils ne trouveront jamais la solution.

Toulon est au dessus de la mêlée, retenez bien ce théorème !

Pourtant le premier de la classe jusque-là s’est vu infligé une leçon de pragmatisme et de culot dans la cour du TOP 14 par plus petit que lui avec une assurance époustouflante.

Toute la première période, les toulonnais ont été aux abonnés absents sans mot d’excuse valable de leurs tuteurs.

Les bordelais d’entrée de jeu subtilisent la parole au maître sur son premier lancer et s’en vont inscrire le premier essai par Avei bien servi par Marais. Elémentaire !

Une demi-heure plus tard, c’est Bernard qui attaque la ligne et mystifie la défense balbutiante du prof pour servir impeccablement après contact Le Bourhis pour le deuxième essai.

Implacable !

17-6 à la mi-temps. Le jeu du champion d’Europe est à peine perceptible dans l’ombre de sa réalisation presque trop parfaite face au Leinster.

Il faudra attendre le retour des vestiaires pour voir les hommes de Bernard Laporte montrer un autre visage et recoller au score par Michalak au pied (20-12).

Quand à l’heure de jeu, enfin, Habana, combinant mano à mano un bon ballon avec Smith, inscrit l’essai qui change la donne, son premier en TOP 14… enfin !

Avec un point de retard seulement après la transformation de Michalak (20-19), le dernier quart d’heure est une leçon de rattrapage des toulonnais qui avec leur banc d’internationaux brisent le rêve des bordelais bégayant impuissant l’expression d’un jeu émoussé qui les pousse à la faute.

Giteau passe logiquement la pénalité de la gagne. Les locaux ne reviendront pas.

Mais que ça a été dur pour Toulon d’afficher son niveau dans une rencontre où il aurait pu en prendre 40 comme l’an passé, une humiliation qu’il a finalement surmonté en vingt minutes de temps.

Bordeaux a grillé sa meilleure chance de finir dans les six, même si rien n’est perdu, on va le voir, mais cela ne dépend pas seulement de lui.

Car ça a été dur pour les gros de venir à bout de leurs adversaires !

 

En bref…

A commencer par Clermont qui, dans un scénario peu éloigné de son concurrent toulonnais, a du montrer les dents en fin de match pour venir à bout de Castres (23-11), sa bête noire. Il aura suffi de deux éclats de sa charnière pour trouver la faille dans la défense castraise, une fois par Fofana, une autre par Nalaga.

Une 76ème victoire consécutive au Michelin qui ravit tout un public !

Toulouse n’a pas mieux briller face à Brive dans son antre d’Ernest Wallon (16-9), dans un match qui sentait le soufre et la souffrance durant 80 minutes. Car les locaux n’ont trouvé qu’une seule fois l’en-but adverse en fin de première période par Gear, le reste du temps serrant les fesses jusqu’à la dernière minute pour ne pas prendre l’essai de l’égalisation des brivistes, venus décontractés avec une démonstration de ballons portés impressionnante.

Seul Montpellier a créé la sensation dans cette 24ème journée, écrasant Grenoble sur son terrain en première période avant de se faire remonter en seconde, trois essais partout, une victoire inattendue (36-30) qui place les héraultais en tête du championnat, un point devant les toulonnais et clermontois. 

Quelle surprise, vous ici !

Un trio de tête dont les deux places directement qualificatives pour les demies ne vont pas manquer d’animer les deux dernières journées.

Concernant le reste du TOP 6, le Stade Français s’est tiré une balle dans le pied à Anoeta face à Bayonne (19-24) qui jouait somme toute sa peau dans l’élite du rugby français. Auteur du seul essai du match, le XV parisien subira la pression commettant trop de fautes que le buteur argentin Bustos Moyano transformera en points précieux.

Le Racing Métro aura mis un peu de temps avant d’accélérer face à Biarritz et récolter le fruit de son travail, le bonus offensif convoité (37-7). Une victoire bonifiée qui le conforte dans le TOP 6, à la quatrième place, à quatre points des demies et six d’une déconvenue. Beau finish !

Oui mais rien n’est joué pour les franciliens car la réception des clermontois et le déplacement à Montpellier pourraient leur jouer un mauvais tour et sourire à des bordelais ou parisiens qui auraient la bonne idée de remporter leur deux derniers matchs.

Idem pour les castrais qui reçoivent les montpelliérains avant d’aller à Bayonne où le maintien des basques passera par une victoire sans doute.

Car les bayonnais sont loin d’être sauvés, à égalité de points avec Oyonnax, à nouveau relégable car défait à Perpignan dans un duel, à la vie à la mort qui a souri aux catalans (22-12).

Mais les perpignanais savent que leurs deux points d’avance sont bien maigres quand à la dernière journée il faudra se déplacer au Stade Marcel Michelin pour une 77ème victoire annoncée dans une ambiance de pot de départs de folie.

Et que dire des trois points des grenoblois qui avec leur cinquième défaite consécutive s’invitent malgré eux au bal du maintien.

Jusqu’au bout le suspense battra son plein !

Seuls le BO et Brive la semaine prochaine pourront chercher les œufs de Pâques sereins sur le pré d’Aguilera.

Tous les résultats officiels du week-end >> 

 

La semaine prochaine…

Il y en a qui vont entendre les cloches de Pâques sonner plus que les autres, c’est sûr.

A J-2, Paris et Bordeaux ne doivent plus perdre. Pourtant l’un mourra à Jean-Bouin.

A J-2, Grenoble a besoin d’une victoire pour se sauver. Bayonne risque d’en faire les frais dans un match couperet qui pourrait leur poser un premier pied en PRO D2.

A J-2, Oyonnax, Perpignan, Castres et le Racing Métro doivent impérativement confirmer à domicile. Pourtant la réception des grosses écuries pourrait contrarier leurs plans.

A suivre dès vendredi soir 18 avril, une répétition de phase finale :

  • Castres – Montpellier, à 20h45 (c+ sport) : sur un air connu de barrage.

Puis samedi 29 mars :

  • Oyonnax – Toulouse, à 14h55 (c+) : ça passe ou ça casse !
  • Perpignan – Toulon, à 17h (c+) : une odeur de sang dans l’arène,
  • Biarritz – Brive, à 18h30 (r+) : de beaux adieux,
  • Racing Métro – Clermont, à 18h30 (r+) : la tête à l’Europe,
  • Grenoble – Bayonne, à 18h30 (r+) : le TOP 14, tu l'aimes ou tu le quittes !
  • Stade Français – Bordeaux, à 20h35 (c+ sport) : un huitième de finale.