Le Boss au Stade de France !

TOP 14... La finale,                          Toulon – Castres         18 – 10

Jonny Brennus 2014

« This is your sword, this is your shield ! »

Ainsi conclurait Bruce Springsteen au Stade de France, sa cohorte d’artistes en harmonie totale avec sa musique, la saison parfaite de Toulon.

Le glaive des gladiateurs toulonnais a eu raison samedi soir de la bravoure des combattants castrais et de leur héros de l’an passé, Kockott, défaillant au pied et dépassé dans sa tête, pour décrocher enfin ce bouclier tant espéré.

A l’image du Boss, Bruce Springsteen je veux dire, le vrai, les toulonnais ont accompli un vrai marathon rugbystique cette saison pour réussir un aussi impensable qu’historique doublé, H Cup / Championnat.

C’est juste unbelievable, incroyable !

A cent à l’heure, comme une saison qui démarrerait sur « Tenth Avenue Freeze-out » pour enchainer sur « Born to run » (pour qui connaît), aucun temps mort ou presque, à peine le temps de se laisser bercer sur un « Thunder road » ou « The river » acoustiques à Charles Mathon ou Jean Bouin avant de reprendre de plus belle avec « Prove it all night ».

Le rythme des prestations du RCT a été effréné tout du long, surtout durant ces phases finales où le maestro buteur Jonny a toujours donné le « la » avec son pied magique, soulevant les foules et les scores, quand Giteau, tel un Steeve Van Zandt facétieux donnait la réplique au génie anglais dans un solo endiablé et décisif qui trouvait à chaque fois l’en-but.

Juste phénoménal et wilkillimétré !

Mais samedi soir, tout n’a pas été parfait, le Boss n’était pas dans sa meilleure forme, ce qui n’arriverait pas au vrai Boss… Bruce Springsteen, je veux dire.

Si la première partie du concert a été à la hauteur des attentes de ses fans qui ne tenaient pas en place depuis le doublé en H Cup, la seconde nous a beaucoup plus ennuyé comme si Bruce avait cédé la scène à Bob Dylan croulant sous le poids de ses 73 ans, des chansons portées avec peine par son harmonica.

Heureusement Jonny, pas Hallyday mais Wilkinson, a sorti de sa botte de crooner la mélodie douce et efficace entre les perches, dix-huit points à lui tout seul (ou presque), à bout de pied, tel Bruce portant dix-huit titres de sa play list à bout de bras, quand Rory, Kockott pas Gallagher, se fendait d’une extinction de voix, par trois fois, aux plus mauvais moments.

Pourtant, cette première période, avec cette perle de Max Evans sous les projecteurs du Stade de France, promettait un final de feu, un Castres Olympique poussant la star varoise à se sublimer avec ses trois-quarts comme Habana, Mitchell et surtout Giteau que l’on attendait après la pause comme on se réjouit à l’avance d’un vieux « Hungry Heart » des familles ou d’un flambant neuf « Land of hope and dreams »  qui ne viendront pas.

Seul, le chant de l'adulé Jonny, pour sa dernière, au sommet de sa gloire, le « Born to run » du Boss, a résonné sous sa botte, précise et géniale, irremplaçable et que l’on regrette déjà du côté de la rade.

Par six fois, six coups d’épée tranchants, Jonny fait tomber à lui seul (ou presque... un drop, quatre pénalités, la dernière réussie par Delon Armitage) le champion de France en titre, et offre à toute une région ce bouclier, si longtemps rêvé, trop longtemps attendu, 22 ans, le bouclier de Brennus, the Brennus shield.

Merci Jonny, ce Brennus-là marquera l’histoire de Toulon, achèvera la tienne de la plus belle des manières avec ce doublé historique et tous les titres en ta possession.

The Boss, here you are !

« This is your sword, this is your shield !

This is the power of Brennus revealed

Carry it with you wherever you go

And give to Mayol what you have in your soul »

C’est ton glaive, ton bouclier,
le pouvoir du Brennus révélé,
Emporte-le partout avec toi
Et offre à Mayol cette âme que tu as en toi

Ainsi conclurait Springsteen, le Boss... au Stade de France !

(dédicace spéciale à Bernard, fan de Toulon et du Boss... Bravo champion !)

 

Ce week-end également…

Premiership

Saracens – Northampton        20 – 24

Clermont sort de ce quinze !

Samedi, les Sarries avaient des airs de jaunards tant ils ont sombré au pire moment, pour la seconde fois, après la défaite sans appel contre Toulon en H Cup la semaine dernière, en finale, cette fois face à un Northampton retrouvé, porté par son titre tout neuf du Challenge Européen, et qui a su profiter de la prolongation (14-14) pour décrocher le titre de champion d’Angleterre, à la dernière seconde par un essai de  Wood, salvateur.

Une nouvelle désillusion pour la plus prometteuse des formations outre-Manche cette saison qui a impressionné et dominé son sujet jusqu’à la marche ultime, nous rappelant le quinze clermontois, centenaire en finales perdues, cent ans pour une gloire, mais quelle gloire !

Courage, la patience est une qualité bien auvergnate, jamais vaine !

 

Ligue Celte (ou PRO 12)

Leinster – Glasgow        34 – 12

Bye Brian !

S’il n’y a aucun suspense dans cette finale dominée encore une fois par le XV de la province du Leinster, les regards étaient portés sur l’autre légende qui, comme Jonny Wilkinson, disait adieu à la compétition après une carrière extraordinaire, Brian O’Driscoll.

Le centre international irlandais, avec 141 sélections et huit minutes de jeu seulement pour son dernier match samedi à Dublin, sorti sur blessure, a remporté son quatrième titre de la ligue celte, sous les ovations de son public, une autre fin heureuse pour un autre monstre du rugby.

Chapeau l’artiste !

 

La semaine prochaine…

La saison est terminée. S’en suit les tournées internationales auxquelles n’échappe pas le XV de France qui va tester son rugby au pays du kangourou, des fois qu’il fasse un bond ou qu’il se mette une ou deux victoires dans la poche.

Ben voyons !

Ce sera sans les finalistes du TOP 14 pour le premier match samedi prochain, ce qui ne perturbe pas notre sélectionneur qui au lieu d’appeler le meilleur ouvreur de France, reposé depuis quinze jours, préfère improviser sa charnière, avec un Parra en dix.

Du tonnerre !

Je ne sais pas si je vais couvrir le match dans la prochaine brève, ça m’énerve déjà, en tout cas que le coach ne compte pas sur moi pour couvrir ses élucubrations rugbystiques.

Samedi 7 juin, au programme :

  • Australie – France, à midi (C+) : premier test, première sanction !

 

Egalement à suivre :

  • Nouvelle-Zélande – Angleterre, à 9h35 (C+) 
  • Argentine – Irlande, à 9h35
  • Fidji – Italie, à 9h35

Et enfin dimanche 8 juin : Etats-Unis – Ecosse, à 2h du mat’