Jean-Bouin tire les rois !

TOP 14... 14ème journée,             Stade Français  Toulon      30 – 

SF Toulon 2014

Le roi s’est cassé les dents…

Et pourtant ce n’est pas lui qui a eu la fève dans la part du gâteau que lui a offert Jean Bouin dimanche soir.

Venu avec sa couronne sur la tête, Toulon l’a oubliée en repartant, invité qu’il était à Paris pour ce grand moment d’après Noël... le Boxing Day.

« Tain où je l’ai mise ? »

Mais à côté de ton jeu, aussi étincelant, aussi riche, aussi symbolique des titres du passé. Elle est… ben, elle est…

‘Tain tu l’as mis où ton jeu royal, celui qui a atomisé tous les clubs de France et d’Europe en 2014 ?

Il faut croire qu’il s’est égaré dans les coulisses d’un Stade Jean Bouin plein à craquer, comme une hotte de Père Noël, drapé de rose plus que de rouge, les doigts et les pieds gelés, la bave blanche en stalagmite devant des pom-pom-girls qui tiraient le traineau d’un spectacle annoncé grandiose.

Les toulonnais sont rentrés sur le terrain et dans le match comme on se met à table le lendemain de Noël, repu, sans appétit. Et ça s’est vu.

Gavé de ses trois derniers titres, deux européens, un national, le XV varois a fini l'année en touchant à peine la part de galette que les parisiens lui ont mis dans son assiette. A le regarder la regarder sans y toucher, on avait presqu’envie de lui mettre une paire de tartes, en rabe de son impolitesse au vu de l’accueil de son hôte.

Plus de 19000 spectateurs tout de même !

Vous n’en voulez pas ? ... Qu’à cela ne tienne, Paris s’offre une belle part d’entrée avec un essai de Parisse après que la mêlée locale explose celle de son invité, inerte.

Les toulonnais n’ont pas su répondre autrement qu’avec des mauvaises manières que monsieur Gaüzère a corrigé avec fermeté, pénalités et deux cartons jaunes à la clé.

Non mais !

Menant 16-6 à la pause, après un drop de Sanchez et une pénalité de Halfpenny qui redonnaient espoir aux visiteurs, heureux de ne pas en avoir repris plus dans l’assiette à 13 contre 15, les parisiens ont croqué une seconde période insipide jusqu’à la 77ème minute.

Où deux essais, le premier de Sinzelle et le second magnifique de Zhvania offraient au public parisien frigorifié deux cerises sur le gâteau, un bonus offensif et une humiliation au roi de France et d’Europe qui perdait sa couronne au profit de son bourreau du jour.

Un nouveau roi vient donc d’être tiré à Jean-Bouin. Paris prend logiquement les rênes du championnat qu’il n’est pas prêt de lâcher.

Non mais ! ... le retour du roi, à la capitale !

 

En bref…

Clermont en déplacement chez son nouveau voisin régional, Lyon, a également laissé filer le trône à la dernière minute (13-16), alors qu’il pensait avoir fait le plus dur jusque-là. Les locaux se sont battus comme des… bah… lions, pour ne pas reprendre la place de lanterne rouge à des castrais qui semblaient revivre deux heures auparavant.

Un sursit de courte durée car dès la semaine prochaine, le LOU aura à rééditer son exploit face au nouveau leader du championnat.

Le Racing Métro a suivi les anciens leaders en subissant également une défaite à Toulouse  (9-15) malgré une belle prestation et un jeu offensif décomplexé qui n’a pas été récompensé, du à une défense toulousaine bien en place.

Une défaite non bonifiée qu’a en travers de la gorge un certain Travers qui réclamait à gorge déployée les trois points qui seront vendangés en touche sur la dernière pénalité.

Les toulousains ont enfin lavé l’affront de leur élimination à domicile lors des barrages face de la saison passée et sont touours à la porte du TOP 6, au coude à coude avec les grenoblois. McAlister aura offert tous les points de cette victoire cruciale, sans essais.

Derrière les racingmen, Bordeaux s'est offert également un retour à la cinquième place qualificative à la phase finale après sa victoire bonifiée sans appel sur Brive (46-10). Un bonheur de jeu offensif, avec huit essais, comme on l’aime à Chaban-Delmas.

A croire que les bordelais devraient toujours jouer dans ce stade de footeux où leur jeu bien léché tourne plus rond.

Grenoble résiste, à la dernière place du TOP 6, grâce à son point de bonus défensif obtenu à La Rochelle (15-19). Une défaite canalisée en fin de rencontre pour ne pas repartir fanni grâce à la discipline des isérois et au pied de leur ouvreur Wisniewski.

Dans la course au maintien, tous les protagonistes ont remporté leur match à domicile.

Comme les rochelais ou les lyonnais, Castres n’a pas eu à forcer son talent pour venir à bout d’un Montpellier (27-9) déjà à bout sur le terrain, autant que dans les coulisses du club. Sans jeu, se contentant de défendre et de pleurer à la fin, les montpelliérains ne se sont laissés prendre que deux fois, en début et en fin de match, les locaux complétant les points entre les deux par le pied de Kockott.

L’avenir de Galthié est bien compromis, d’autant que l’on apprend sa mise à pied par son président cette semaine. Le malade semble nous refaire une rechute dépressive.

Les montpelliérains se rapprochent désormais de près du peloton au maintien mené par Oyonnax qui a réussi à se défaire difficilement d’un Bayonne qui lui reste collé aux basques, au score (12-9) comme au classement.

Le championnat en ce début de matches retour n’a jamais été aussi ouvert !

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Le TOP 14 s’installe dans l’hiver, avec des clubs à la rue, dans l’effroi, survivant tout juste à une relégation toute proche, d’autres comblés comme des rois attendant leur heure pour tirer les rênes du championnat, se passant la couronne à tour de rôle.

Ils sont quatre à dominer la terre du rugby français, quatre à manger la poussière, dont deux y seront enterrés à moins d’un miracle. Ils sont huit le cul entre deux chaises, pour deux places dans le TOP 6 ou pour, qui sait, une dans la zone relégable.

C’est dans cette atmosphère glaciale que la quinzième journée s’annonce, la peur ou la faim au ventre.

Dès vendredi 2 janvier 2015, à suivre :

  • Lyon – Stade Français, à 20h45 (C+ sport) : rugir encore.

Samedi 3 janvier, ensuite :

  • Racing Métro – Bordeaux, à 14h35 (C+) : dans la cour des grands,
  • Castres – La Rochelle, à 15h (r+) : le pistolet sur la tempe,
  • Brive – Bayonne, à 15h (r+) : je te tiens, tu me tiens...
  • Grenoble – Oyonnax, à 15h (r+) : ne pas décrocher,
  • Montpellier – Toulon, à 16h35 (r+) : aux anti-compresseurs !

Dimanche 4 janvier, pour finir en prime time :

  • Clermont – Toulouse, à 21h (C+) : un vrai test avant l'Europe.