La parole est à la défense !

TOP 14... 18ème journée,                 Racing Métro  Clermont      13 – 13

Racing Clermont 2015

Samedi soir à Colombes, on n’était pas au procès du Carlton, mais presque !

Je ne cherche pas à lancer plus d’anathèmes sur le rugby en France que je ne le fais déjà sur ce blog, mais force m’est de constater que le jeu pratiqué en bandes organisées sur nos pelouses met à mal notre sport du ballon ovale.

Car si les actions que l’on a vues ce week-end pour le compte de la 18ème journée avaient été des femmes, laissez-moi vous dire que les dirigeants de clubs, la LNR et son corps arbitral auraient de quoi être inculpés pour proxénétisme aggravé en réunion.

Ca, des passes il y en a eues, mais semble-t-il pas toujours du plein gré des actions qui ont eu à subir des sévices à répétitions : fautes de mains, coups de pied systématiques et pénétrations en camp adverse dans la douleur, sans préliminaires d’un jeu maîtrisé.

Ainsi se joue le rugby dans nos clubs privés comme en équipe de France !

...sans que personne ne s'en étonne, avec pour seul plaisir celui du résultat sans se soucier de celui des actions trop peu payées en retour, ce pour quoi, je vous le rappelle, nous, spectateurs, venons au stade.

Nous avions samedi soir les deux meilleures défenses du championnat qui se sont exprimées avec brio et l’aval du corps arbitral qui y est allé de son petit coup... de main et de sifflet pour empêcher toute action offensive d’aller au bout. C'est la relaxe totale !

Pourtant les clermontois y sont aussi allés d’initiatives offensives et de volonté de produire du jeu pour emballer ce match et courtiser élégamment la première place.

Seulement voilà, il ne suffit pas que le combat en mêlée et dans les rucks soit âpre (mais correct), de suer sang et eau pour franchir la ligne d’avantage puis celle de l’en-but (avec la manière)... non ! Il faut aussi le faire dans les règles pernicieuses de cet art, rarement à l’avantage de ceux qui attaquent.

Pourquoi ne pas laisser les actions se dérouler jusqu’au bout et ne les arrêter que s’il y a un acte d’anti jeu, de hors-jeu ou d’en-avant flagrant ? 

Prendre un essai ce n’est pas grave !

Au contraire, cela fait plaisir à voir et incite l’adversaire à y répondre de la même manière.

Trop de jeu arrêté ce week-end, trop d’essais refusés, comme celui de Pierre en première période, tout cela parce que l’on ne voit pas la balle alors qu’il est clairement dans l’en-but.

Ce type d’action est le but de notre jeu. Pourtant on lui préfère les essais casquettes !

Comme le premier essai de Bordeaux contre Toulon ou ici, celui d’Andreu, sur un coup de pied hasardeux de Sexton. Une glissade inattendue de Guildford et voilà le Racing menant devant Clermont à la 56ème minute alors qu’à la pause les deux équipes s’étaient neutralisé aux points, six partout.

Les auvergnats sont menés alors que durant toute la seconde période, ils multiplient les attaques et semblent dominer leur sujet qui défend… et bien ! ... à la limite de la pénalité.

L’essai de Nakaitaci apparaît alors aussi logique que libérateur après plusieurs temps de jeu éprouvants. Clermont, par Broke James qui transforme en coin, égalise à cinq minutes de la fin.

Le nouveau leader obtiendra même une ultime pénalité, trop loin pour que l’ouvreur clermontois ne la passe.

Le Racing Métro s’en sort bien même si au micro de Canal, certains franciliens pensaient mériter mieux. C’est pour le coup faire offense au jeu quand on a passé sont temps à défendre.

Quand adapterons-nous les règles du rugby pour favoriser les actions offensives et accorder plus facilement les essais ?

A continuer comme cela, des équipes comme Clermont, Bordeaux ou Montpellier risquent de s’user à jouer pour être si peu récompensées. Pour l’heure, les clermontois ne semblent pas découragés puisqu’ils sont leaders.

Mais il est clair qu'aujourd’hui le rugby français donne la parole à la défense !

 

En bref…

Si les auvergnats sont en tête, c'est que le Stade Français s’est complètement troué à Bayonne (23-6), laissant même le bonus offensif aux basques.

Quand Toulon a complètement bâclé sa rentrée à Bordeaux (28-23), menant largement la première période jusqu’à l’essai casquette concédé à la pause par Delon Armitage, particulièrement absent ou nonchalant durant la rencontre.

Les bordelais ont ensuite infligé au champion de France un 14-0 au retour des vestiaires, avant que les varois ne se ressaisissent sur la fin pour reprendre un bonus défensif, un moindre mal qui leur assure la deuxième place devant les parisiens.

Le podium semble intouchable, même si les racingmen et les toulousains s’en approchent doucement, assurant déjà leurs places dans le TOP 6.

Pourtant Toulouse a souffert chez lui face à Lyon (23-20), les lyonnais n’ayant jamais lâché durant le match et se sont accrochés au bonus défensif comme à une bouée de sauvetage qui ne les quittera pas jusqu’au bout tant la lutte pour le maintien est sans merci.

Un point qui fait du bien au Lou, toujours relégable certes, mais désormais plus qu’à un point de La Rochelle, vainqueur de Brive jeudi soir (19-12), et surtout à quatre longueurs de Castres abattu par Oyonnax (23-13) et son futur repreneur, Urios, qui ne doit pas se réjouir de voir les tarnais se diriger tout droit vers la PRO D2.

Pourtant les oyomen ont de quoi se féliciter, passant même devant Montpellier défait à Grenoble (18-20). Les montpelliérains perdent du même coup la septième place, malgré le point de bonus pour dégringoler à la neuvième et sentir le feu de la relégation aux fesses.

Les isérois, eux, ne sont qu’à deux longueurs du TOP 6. Autant dire que le championnat n’en finit pas de se resserrer sur tous les fronts.

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

La garde de l’actualité rugbystique passe chez les Bleus… comme prévu, une semaine sur deux.

Le TOP 14 cède donc une nouvelle fois la scène télévisuelle au tournoi des VI Nations où le Grand Chelem va se dessiner inévitablement pour le vainqueur du choc entre L’Irlande et l’Angleterre, la finale avant l’heure.

Quand le XV de France de son côté va tenter de faire illusion une nouvelle fois dans son Stade de France avec son tour de magie préféré où le jeu disparaît dès la première minute pour réapparaître dans le dernier quart d’heure…

David Copperfield se cacherait-il derrière PSA ?

Saura-t-il au moins nous faire apparaître une coupe du monde en octobre prochain dans l’antre de Twickenham ? Ce sera là encore bien plus surprenant !

Le programme de cette troisième journée débute samedi 28 février avec :

  • Ecosse – Italie, à 15h30 (fr2) : Non, pas la cuiller !
  • France – Pays de Galles, à 18h (fr2) : assez poireauté, on y va !

Enfin l’affiche de ce tournoi, dimanche 1er mars :

  • Irlande – Angleterre, à 16h (fr2) : le grand chelem… mon précieux !