Evidemment !

VI Nations... 3ème journée,                  France – Pays de Galles     13 – 20 

France Galles 2015

« Y a comme un goût amer en nous ! »

Ainsi j’ai envie de commencer mon récital après ce France-Galles au goût d’inachevé, de bâclé, de gâché, triste à pleurer.

« Comme un goût de poussière dans tout

Et la colère qui nous suit partout
Y a des séquences qui disent beaucoup
Plus que tous les maux qu'on avoue
Et toutes ces actions qui ne tiennent pas debout...

Evidemment
Evidemment
On pousse encore
Sur les point forts
De nos avants

Evidemment
Evidemment
On paye encore
Pour les erreurs
De nos placements »

Comment pouvait-il en être autrement ?

Après une longue absence sur scène d’un jeu libéré, trois ans de néant, trois ans sur la défensive, à préparer l’échéance d’une coupe du monde en automne, ce rendez-vous samedi au Stade de France avec le XV de Galles ne pouvait nous régaler à hauteur de nos espérances.

Car Philippe Saint-André et Patrice Lagisquet ont eu beau chanter à leurs joueurs les consignes d'un nouveau répertoire :

« Lâchez vous ! » … que ça balance pas mal ici à Paris, qu’on donne le meilleur de soi mêmedonner pour donner, ne rien calculer … Débranche ! … débranche tout, petit !, et donne tout ! … tout pour la musique ! … d’un jeu plus rythmé, plus fou… »,

rien n’y a fait, la bonne volonté, l’application, les bonnes séquences, les bonnes réactions, tout est parti en sucettes, nos petits affichant des aveux d’impuissance.

Pourtant ils avaient bien démarré sur la pelouse dionysienne, nos Bleus à leurs couleurs retrouvées.

Premiers ballons et premiers espoirs. Le Roux à la retombée, Ben Arous au grattage, premier maul maitrisé puis premières croisées des trois-quarts, on croit rêver... autant de raisons d’y croire.

Dix premières minutes qui résument le potentiel de ce XV de France autant que ses points faibles récurrents, symptomatiques même !

Un mauvais timing, une mauvaise lecture de l’initiative du copain, un manque de communication et d’automatisme criants qui gâchent la concrétisation des temps forts… Et puis il y a cette indiscipline qui vient nous punir aussitôt, quand on a en face un buteur de la trempe de Halfpenny.

On ne peut pas dire qu’ils n’ont pas essayé, nos Bleus en bleu.

Que ce soit Lamerat (avant de sortir sur blessure au bout de dix minutes), que ce soit son remplaçant Bastareaud, Huget, Dulin ou Fofana. Tous se sont proposés sous la baguette dynamique de Parra et celle plus aléatoire de Lopez qui a tenté, un peu tout et n’importe quoi, du bon comme du mauvais, sans réussite à la main (une passe d’un cheveu en avant pour l’essai d’Huget concluant, dommage !), ni au pied plus tard, manquant deux pénalités préjudiciables au score, le XV du Poireau menant à la pause (6-3).

Au retour des vestiaires, on retrouve le même allant, les mêmes premières dix minutes, la même détermination à faire le jeu, avec les mêmes erreurs (un écran stupide nous pénalisant sur un nouveau temps fort de Bastareaud), le même manque de réussite au pied (que ce soit Lopez ou Parra, déjà blessé au genou)… Pourtant Lopez parvient à égaliser à la cinquantième minute.

Un nouveau match démarre alors avec un coaching prometteur, la première ligne suppléante remarquée à Dublin, Tillous-Borde prenant la place de Parra. Ca peut le faire !

Mais Halfpenny reprend le score aussitôt quand dix minutes plus tard, Biggar inscrit le premier essai gallois sur une tentative de passe au pied hasardeuse de Lopez qui relance les diables rouges dans une phase offensive qui trouve l’en-but en coin par l’ouvreur gallois.

Les Bleus subissent, contre le cours de leurs intentions, quand Tillous Borde et ses avants dynamisent, avancent même dans le camp adverse… Et c’est logiquement que leur travail les récompense à un quart d’heure de la fin dans une réaction d’orgueil avec plusieurs temps de jeu concrétisés par un essai de Dulin en coin et transformé par Lopez…

On a presque envie d’y croire avec ce quinze-là, à quatre points, et qu’il nous chante en réponse à la marseillaise des tribunes :

« Allez viens, je t’emmène ! »

Oui mais voilà, encore une fois, Halpenny redonne trois points de plus aux siens, les Bleus étant pénalisés en mêlée.

Pourtant ce dernier ballon porté à trois minutes du coup de sifflet final promettait, suite à une pénalité obtenue par Atonio en mêlée, à nouveau un beau travail des avants encore porté par leur capitaine, Dusautoir…  et encore gâché par un en-avant, ultime détail qui anéantit les efforts et les espoirs tricolores.

La défaite est amère, c’est clair… Mais comment pouvait-il en être autrement ?

« Si Maman, si… Maman si tu voyais mon rugby… Je pleure comme je ris
Si Maman, si… Mais mon avenir reste gris et mon flair aussi ! »

Ainsi j’aurais presqu’envie de conclure ce concert qui commémore déjà un tournoi, mort pour la France, avec deux défaites.

Quel avenir pour ce XV de France avec un metteur en scène aussi minable à sa tête
(à l'entendre descendre ses joueurs, unique cause selon lui de ce fiasco, uniques responsables des trois défaites contre les gallois d'affilée, alors que tous n'y étaient pas... mais lui oui) ?

Peut-on s’attendre à une réaction de la part de nos Bleus dans les échéances à venir ?

Ce France-Galles peut-il être annonciateur de succès du XV de France sur la grande scène, à l’image de la comédie musicale de la chanteuse éponyme planifiée également cet automne ?

Rien n’est moins sûr… Mais quel autre choix avons-nous que de lui chanter :

« Résiste ! … Prouve que tu existes !»

 

France – Pays de Galles     28 – 7

Pendant ce temps-là, les Bleues sont sur la route de leur Grand Chelem après avoir dominé les galloises, avec la manière !

Un match qui a fait plaisir à voir (diffusé sur France 4 vendredi soir), dans une ambiance festive du côté de Montauban, et qui nous réconcilie avec le rugby tricolore, au milieu du marasme du quinze masculin.

Dommage que les performances féminines soient si peu relayées dans les médias, de quoi nous redonner le goût à ce sport et à la fête dans des tribunes qui mériteraient d’être encore plus garnies. Mais…

« Laissez tomber, les filles ! Bientôt c’est vous qu’on sacrera ! »

 

Ecosse – Italie       19 – 22

Ramassé à la petite cuiller !

Ayant mené toute la partie devant une Squadra Azzura qui n’a jamais lâché, c’est sur le fil, à la dernière seconde, que le XV du Chardon a été cueilli dans son antre de Murrayfield… à la petite cuiller… de bois, qui lui pend au nez désormais.

Un essai de pénalité qui récompense le courage des italiens, très forts en mêlée, et assomme du même coup les hommes de Vern Cotter qui se sont trop souvent laissé surprendre.

Un avertissement aux hommes de Saint-André qui auront à se déplacer à Rome, lors de la prochaine journée, où ils n’ont pas gagné depuis cinq ans.

 

Irlande – Angleterre         19 – 9

Aviva Grand Chelem !

A Dublin, le XV du Trèfle a dominé et maitrisé cette finale avant l'heure des pieds et de la tête, avec un Sexton chef d'orchestre impérial.

Les anglais n'ont jamais pu les surprendre dans leur camp, pourtant la ligne de trois-quarts s'y est employé jusqu'au bout. Seuls les locaux inscriront un essai par Henshaw sur une action de toute beauté.

Les irlandais sont à deux rencontres d'un sacre qui pourrait bien les mettre en confiance pour l'échéance suprême à venir.

  

La semaine prochaine…

Le VI nations refait une pause, nécessaire pour panser les nombreuses blessures, notamment chez les Bleus... physiques et psychologiques.

Quand le TOP 14 reprend du service avec un programme chargé et privé sans doute de beaucoup d'internationaux.

A suivre dès vendredi 6 mars :

  • Oyonnax – Toulouse, à 20h45 (C+ sport) : dans la cour des grands.

Samedi 7 mars, ensuite :

  • Bordeaux – Stade Français, à 14h45 (C+) : toujours plus haut !
  • Clermont – Bayonne, à 18h30 (r+) : en patron,
  • Castres – Lyon, à 18h30 (r+) : le match de la peur,
  • Montpellier – La Rochelle, à 18h30 (r+) : plus le droit à l'erreur,
  • Racing Métro – Grenoble, à 18h45 (c+ sport) : rester au contact du podium,
  • Toulon – Brive, 20h45 (c+ sport) : se rassurer !