La marée du siècle !

VI Nations... 5ème journée,                  Angleterrre – France     55 – 35

marée du siècle

Au lendemain d’une éclipse presque totale de l’équipe de France dans son tournoi, masquée par des nuages d’hypocrisie et d’incompétences du staff en place, on a eu droit à la marée du siècle dans un phénomène de rugby exceptionnel ce samedi à Twickenham.

« Une marée d’essais avec un coefficient maximal de jeu et de plaisir ! »

Douze essais en un seul match ! ... Non, vous ne rêvez pas ! 

Et nous verrons que la journée à été complètement folle dans les autres stades pour un dénouement tout aussi dément.

« Quand le soleil a rendez-vous avec la lune, le rugby français se met dans tous ses états »

Jusque-là les Bleus nous ont semblé jouer à marée basse, ramassant quelques ballons perdus dans des rucks comme  on ramasse des coquillages entre des rocs avec un peu de sel et trop peu de savoir-faire pour nous régaler.

Mais samedi, la marée est montée par vagues impressionnantes, déferlant sur Twickenham à toute vitesse dans des séquences de haute intensité, de part et d’autre !

Cela a démarré dès la deuxième minute de jeu où la première vague anglaise a surpris Tillous-Borde derrière son rocher, le gosse attiré par un coquillage ovale s’est fait happé par un contre-ruck. La défense française, prise dans le tube, n’avait plus qu’à regarder Ila Rose surfer sur le premier essai conclu de belle manière par Youngs après un premier numéro des centres Burrell et Joseph. Whouahou ! Ca commençait fort !

angleterre France 2015

La mêlée française est à la peine. La première pénalité manquée de Ford laisse un répit aux français qui en profitent pour passer la leur par Plisson, grâce à un bon travail de Dusautoir, excellent en première période, qui met Ford à la faute.

Et voilà que sur la seconde vague, ce sont les français qui la prennent à leur compte sur une erreur de Youngs qui s’isole et perd la balle. Tillous-Borde, fautif sur le premier essai, se rattrape et dévale 80 mètres jusqu'à l’essai sans pouvoir être rattrapé.

Les Bleus mènent contre vents et marées et contre toute attente surtout !

Plisson rate la transformation, mais peu importe, le meilleur est à venir. Spedding prend les commandes d’une relance fulgurante, l’action arrive au large dans les mains de Nakaitaci après une séquence splendide relayée par Guirado, l’ailier clermontois part à l’essai et aplatit dans une confusion totale à la limite de la ligne de sortie de l’en-but, un risque qui a failli lui couter cher.

Mais la vidéo lui donne raison. Ouf ! Plisson transforme (7-15) … double Ouf !

Le match s’emballe, les vagues sont de plus en plus fortes et incessantes. Et les Bleus n’ont jamais été aussi dominants. Ils connaissent alors vingt minutes de vogue que malheureusement Plisson ne mettra pas à profit au pied, l’ouvreur parisien manquant deux pénalités dans ses cordes, ce qui aurait pu mettre les anglais à plus de dix points quand Ford réduit l’écart par un coup de pied entre les perches (10-15).

Au contraire, le vent tourne et la fin de première période est à l’avantage des locaux qui remettent le cap sur leur objectif, une victoire ferme avec 26 points d’écart, autant dire une traversée aussi fantastique que périlleuse d’un océan d’essais à venir.

C’est Watson qui le premier, met les voiles pour aplatir en coin après un bon coup joué par l’intenable Youngs. La transformation de Ford redonne l’avantage aux siens (17-15). Et ce n’est pas fini, le quart d’heure anglais se poursuit avec un nouveau numéro des centres Joseph et Burrell qui offre un doublé au demi de mêlée Youngs.

Le XV de la Rose s’envole au score à la pause après la transformation et une nouvelle pénalité de Ford (27-15).

La marée poursuivra son rythme effréné en seconde période, toutes les 7 vagues, à chacun son temps fort, et ses essais… On se régale autant que l’on est abasourdi par le suspense et l’intensité des actions.

Les français d’abord, dès la reprise, donnent le ton, avec Mermoz à la conclusion, bien servi par Guirado encore au relais, magnifique ! Plisson transforme (27-22).

Sept minutes plus tard, Ford réplique et inscrit le quatrième essai britannique, les Bleus prennent l’eau, malgré une pénalité de Kockott.

C’est Nowell... dans l’antre de Twickenham, qui régale le public d’un cinquième bijou sur le petit côté, en pas de danse mystifiant trois défenseurs bleus. La transformation de Ford donne espoir aux anglais, plus que dix points pour le titre à l’heure de jeu ! (41-25).

Mais le match s’accélère dans sa folie... comment est-ce possible ?

Nakaitaci répond aux trois-quarts locaux par un numéro exceptionnel, plein de maîtrise, accélérant quand il faut pour effacer ses adversaires sur sa ligne, levant la tête toujours et tenant debout pour offrir alors l’essai à son coéquipier de Clermont, le pilier Debaty, son premier en équipe de France.

On exulte de plaisir dans ce match de ouf, même si Kockott manque à nouveau la transformation (41-30).

A peine le temps de s’en remettre que Vunipola emporte la défense française, sur les genoux, (Dusautoir, Le Roux étant empruntés, il y a de quoi !) pour la suite du festival anglais qui croit encore en ses chances de remporter le tournoi (48-30).

Mais Kayser surgit à nouveau, deux minutes plus tard, tel un pirate sur l’embarcation d'un titre loin d'etre acquis pour les britanniques. Le talonneur auvergnat inscrit le cinquième essai français dans un même ballon porté que celui du troisième ligne britannique juste avant. Kockott n’est pas en réussite et échoue la transformation (48-35).

Il reste cinq minutes quand Nowell à nouveau aplatit entre les perches dans un match sans temps mort. Ford transforme et tout le public pousse pour l’essai de la gagne du tournoi. Ils y croient ! Et comment !

On s’imagine alors anglais à leur place, on imagine comment ils ont du vibrer, voire presque mourir d’une crise cardiaque quand, sur une dernière penaltouche, les avants à un mètre de l’en-but pris dans la houle de la défense française qui les repousse sans ménagement.

On jubile alors en bon français quand monsieur Owens accorde une pénalité aux Bleus sur l’ultime action qui sonne la fin de ce match... complètement déchainé.

Les anglais sont abattus, ils ont gagné comme s’ils avaient perdu quand nous nous réjouissons d’avoir perdu avec autant de brio comme si on avait gagné… Fou je vous disais, ce match !

C’est parce que l’on a sans doute regagné ce quelque chose qui a fait jusque-là la grandeur du XV de France et qu’on croyait perdu à jamais, ce quelque chose qu'on appelle, je crois... le "Flair français" !

Le XV de la Rose s’est piqué à nos talents qui lui ont enlevé un titre et qui au XV de France lui ont enlevé une épine du pied, deux belles équipes que l'on espère retrouver aussi belles et folles dans six mois en Angleterre.

Si les rosbifs n'ont pas décroché le titre, le suspense a débuté dès le premier match, à Rome...

 

Italie – Pays de Galles     20 – 61

Raz de marée à Rome !

Si la première période laissait envisager un match serré entre les Azzurri et les diables rouges, la seconde a fait place à un tsunami offensif des gallois qui ont inscrit pas moins de sept essais ravageant la défense italienne à la dérive. Dix essais au total, les prémices d'une journée folle !

De quoi relativiser la victoire française en Italie la semaine passée pour Saint-André s’il veut bien ouvrir les yeux, car les Bleus n’y ont inscrit qu’un essai et demi (le second arrivant après le gong).

Les gallois avaient donc mis la pression sur les irlandais comme les anglais accumulant alors respectivement 20 et 16 points de retard qu’il allait falloir compenser dans des matchs à suivre compliqués tant leurs adversaires respectifs avaient besoin de se racheter.

Autant dire que le titre n’était pas loin de rester dans les mains du quinze du Poireau.

  

Ecosse – Irlande     10 – 40

Une cuiller d’un bon bois !

Les écossais ont enquillé leur cinquième défaite du tournoi qui leur vaut le titre peu honorifique de « cuiller de bois ».

Et pourtant, on n’a pas envie de les blâmer les hommes de Cotter tant ils ont toujours tenté de produire du jeu, avec le même enthousiasme et les mêmes maladresses en attaque comme en défense.

Ce dernier match aurait pu avoir une meilleure fin pour le XV du Chardon si son adversaire du jour n’avait pas eu un plus grand appétit à le remporter avec la plus grande différence possible pour reprendre le titre aux gallois et mettre la pression ensuite aux anglais.

Que ça a été dur pour Sexton et ses coéquipiers, à l’image de son manque de réussite au pied, pour atteindre les points d’écart requis dans un match très ouvert et plaisant.

L’Irlande accomplira sa mission, de plus de sept points, grâce à ses quatre essais contre un seul écossais.

Et puis comme vous le savez, comme vous l’avez lu plus haut, les français ont contribué au sacre du XV du Trèfle qui a suivi comme nous l’incroyable rencontre de Twickenham qui restera dans les annales plus pour son scénario spectaculaire que pour le second titre consécutif des irlandais dans ce tournoi. Pas aussi mérité selon moi que l'an passé, les anglais m'ayant jusqu'au bout impressionné !

Quelle journée mes amis !

 

Au classement final, La France termine à nouveau 4ème, comme l'an passé, une nouvelle désillusion pour Saint-André et son staff. Mais ce n'est pas aujourd'hui que je vais les enfoncer. Apprécions le plaisir qu'ils nous ont donné samedi !           Le classement final ici >>


La semaine prochaine…

Il est temps de redonner des couleurs au rugby tricolore local.

Retour au TOP 14 et sa fin de saison passionnante où les enjeux s’affichent à tous les niveaux, en bas comme en haut du classement.

A J-5, il n’y a plus de temps et de points à perdre,  toutes les occasions sont bonnes pour faire un coup à l’extérieur ou contre les européens encore en lice, les têtes tournées vers leurs quarts de finale.

A suivre dès vendredi 27 mars :

  • Bayonne – Racing Métro, à 20h45 (C+ sport) : ne pas regarder derrière.

Samedi 28 mars, ensuite :

  • Stade Français – Clermont, à 14h35 (C+) : reprendre de la hauteur !
  • Oyonnax – Brive, à 15h (r+) : se frotter aux barragistes,
  • Bordeaux – La Rochelle, à 15h (r+) : recoller au peloton,
  • Montpellier – Lyon, à 15h (r+) : sauve qui peut !
  • Toulon – Toulouse, 16h35 (C+) : faire un coup à Mayol ?
  • Grenoble – Castres, 20h40 (C+) : destins opposés.