La fureur de survivre !

TOP 14... 23ème journée,                  La Rochelle – Toulon     32 – 29

La Rochelle Toulon 2015

Ils jouaient leur peau !

Les rochelais… comme les basques, les brivistes, les castrais ou encore les lyonnais.

Un succombera seulement !

Cette 23ème journée retrace 80 minutes de la vie de cinq clubs perdus au fond du classement, aux prises avec leurs démons et la volonté d’en découdre avec les plus grands qui ne les cernent guère et vont se faire surprendre par cette fureur hors du commun…

de survivre tout simplement !

Sûrement la journée la plus marquante de ce TOP 14, regorgeant de matchs cultes dont ce célèbre duel au couteau sur le pré du stade Marcel-Deflandre qui domine La Rochelle.

La séquence démarre lorsque Michalak engage et oblige Goujon à commettre un en-avant, offrant une première mêlée qui pousse les maritimes à la faute. Trois minutes seulement et l’ouvreur varois crève l’écran avec les trois premiers points, forçant les rochelais à réagir et à se battre pour de vrai face au champion en titre.

Devant leur public, les locaux vont réagir immédiatement, montrant qu’ils ne sont pas des poules mouillées, loin de là ! Par Alofa Alofa dans un numéro extraordinaire, l'ailier tape un ballon à suivre, grugeant la défense varoise qui le laisse filer à l’en-but. Fortassin transforme.

Le duel est lancé, il sera haletant jusqu’au bout avec six essais à la clé.

Des séquences de jeu incroyables, spectaculaires en une seule période. La bagarre rude entre les deux protagonistes tantôt enflamme le public, tantôt le fige, à l’image du score qui s’envole et se resserre tour à tour.

Tuisova répond trois minutes plus tard, sur un renversement d’Escande. Il file sur le petit côté aplatir le premier essai toulonnais. Michalak transforme et redonne l’avantage aux siens.

Tous les coups sont permis. Cinq minutes à peine et Bobo se prend pour un demi de mêlée. En filou, il ramasse le ballon derrière le pack et se faufile dans l’en-but, ni vu ni connu pour saigner l’adversaire. Fortassin rajoute deux points. 14-10, on joue depuis un quart d’heure.

La réponse du berger à la bergère, Michalak enfonce une pénalité bien ajustée entre les deux perches. Quand cinq minutes après, Gorgodze plaque à nouveau la balle à terre dans l’en-but sur le petit côté après une nouvelle initiative de son demi de mêlée. Michalak transforme et avec son équipe prend les commandes au score (20-14).

Alors qu’on croit les rochelais abattus, Murimurivalu surgit de son poste d’arrière pour reprendre un ballon tapé à suivre par Roudil et filer à l’essai, le cinquième de la première période, le troisième rochelais.

« Mais non mais non, les rochelais ne sont pas morts ! »

Le public jubile malgré la transformation manquée par Fortassin. Qu’à cela ne tienne, il passe une pénalité heureuse juste avant la pause, le match en main. 22-20. 

Quelle mi-temps ! On se régale !

La seconde sera moins spectaculaire mais nous tiendra en haleine jusqu’à son terme dans un finish fabuleux comme seul le TOP 14 sait nous en offrir.

Un nouveau duel de buteur s’affirme. Michalak face à Grant. Avantage au toulonnais.

A deux minutes d’une issue fatale pour les locaux, menés de quatre points, le fait de jeu survient. Gorgodze est exclu pour une faute répétée. Les toulonnais en sous nombre résistent malgré tout aux assauts rochelais.

Mais voilà, quelques secondes avant la sirène, sous l’ordre de Collazo qui s’époumone sur la touche à réclamer la pénaltouche, les Maritimes s’exécutent in-extrémis.

Personne n’ose y croire dans les tribunes. Et pourtant quand Hinguano saisit ce ballon derrière un maul qui semblait maitrisé par la défense adverse, avec une hargne, une détermination inarrêtable, on ne peut que s’émouvoir devant cette beauté de cœur, cette volonté des tripes, cette fureur de rester vivant dans l’élite.

Car La Rochelle, il ne fait désormais aucun doute, dans l’envie, la volonté, l’amour du rugby, la loyauté dans l’engagement, les uns pour les autres, sera des notres l’année prochaine.

Peu importent les mathématiques et le calendrier !

  

En bref…

"Mais alors qui est mort ?"

Me direz-vous. Car oui, dans ces duels qui ont impliqué notre bande de cinq luttant pour leur maintien dans l’élite, un n’a pas survécu.

Lyon sera relégué, c’est une affaire entendue, plus qu’une réalité mathématique. Le cœur du LOU bat encore, pour une journée tout au plus, il n’a pas réussi à venir à bout d’une équipe de Bordeaux (22-37) qui jouait son ultime chance d’accession aux barrages dans le Rhône, au Matmut Stadium.

Valeureux, comme à leur habitude, les lyonnais ont subi la domination bordelaise, malgré les trois essais de part et d’autre dans un match où l’indiscipline aura eu raison de leur sort.

Quant aux trois autres loustics, l’un d’eux mourra forcément d’ici la fin de la phase régulière.

Sera-ce Brive qui a profité de l’indiscipline de Montpellier pour l’emporter dans la douleur à domicile (15-10), sans essai (merci Germain !) et repousser une relégation fatale ?

Sera-ce Bayonne, qui malgré un bonus offensif à domicile face à Grenoble (42-33), dans un match très ouvert, six essais à trois, reste toujours relégable, au coude à coude avec les castrais ?

Ou bien sera-ce Castres, justement, qui a explosé l’équipe suppléante d’un futur champion d’Europe, Clermont (31-10), qui rêvait sans doute plus qu’il n’était concentré sur son jeu pour venir à bout de castrais vaillants et enflammés, à l’image de Grosso, intenable, auteur d’un triplé ?

Le calendrier n’est pas favorable à ces derniers. Mais sûr est que les tarnais vendront chère leur peau pour rester dans le TOP 14 qu’ils côtoient depuis toujours.

En haut du classement, si nos deux leaders avaient la tête à la coupe d’Europe, on les comprend, il y en a deux qui ont profité de cette journée pour se faire une place au soleil de la phase finale.

Toulouse d’abord, vendredi soir, a mis un gros coup derrière la tête au Stade Français (21-12) chez lui, à Jean-Bouin (on y était, hé hé !), dans un Clasico qui a finit en mélodrame pour les parisiens.

Des tribunes, je n’ai pas tout compris, mais l’exclusion définitive de Danty (justifiée à la télé) aura pesé lourd dans l’issue de la rencontre. Un match de crétins, de polissons ou de coquins, les deux Stade s’y connaissent dans ce registre (même sans Papé), c'est clair ! ... où les deux essais toulousains (Médard puis Nyanga) ne nous feront pas oublier les croche-pattes, les petits coups par derrière et dans la gueule qui ont pollué ce qui aurait du être une fête du ballon ovale. Sans parler de l’épaule démise de Plisson dont la saison et la coupe du monde semblent terminées pour lui. Un match à oublier… même si j’en connais un qui est ravi du coup de maître du déca-nonuple champion de France !

De son côté Oyonnax s’en est remis au pied d’Urdapiletta pour prendre le sien (de pied) dans une nouvelle victoire face au Racing Métro (21-16) et conforter sa place inattendue de barragiste.

Pourtant les racingmen ont dominé les débats mais pas les ébats dans les rucks et avec un manque de réalisme qui leur fait défaut depuis ce début d’année.

Attention, car les montpelliérains et les bordelais croient en leurs chances dans une trilogie de matchs qu’ils s’apprêtent à jouer comme autant de barrages.

10 points séparent le premier relégable et le dernier barragiste...

autant dire que trois victoires ou trois défaites consécutives peuvent sceller un destin dans un sens comme dans un autre. Le championnat n’a jamais été aussi serré. Même l’an passé.

Ca nous promet un finish palpitant !

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Historique !

Ce le sera pour sûr, quelle que soit l’issue de cette finale franco-française européenne.

Une troisième étoile consécutive pour les toulonnais ou bien une première "consécrative" (j'invente si je veux) pour des clermontois qui la caressent depuis une décennie déjà.

Twickenham s’inscrira dans l’histoire pour l’un ou pour l’autre.

Près de 40.000 spectateurs feront le déplacement paraît-il… C’est beaucoup pour un duel entre bouffeurs de grenouilles qui n’intéressent pas les locaux et peu quand on sait que ce stade mythique peut en accueillir le double.

Espérons que la fête dans les rues de Londres sera au rendez-vous comme à Dublin il y a deux ans, je me souviens. Mais cette fois je resterai devant ma télé… en France.

A suivre donc, samedi 2 mai, sur France 2 à 18h : ToulonClermont 

 

La veille, vendredi 1er mai à 20h45, la finale de la Challenge Cup opposera Edimbourg à Gloucester.