Quels tarnais ils ont pris !

TOP 14... 2ème journée,                  Castres – Toulon     24 – 9

Castres Toulon 2015

Sans ses « fantastiques », Toulon est méconnaissable !

Les seuls toulonnais que j’ai cru reconnaître, flamboyants et percutants l’an passé, jouaient dans l’autre camp.

David Smith et Rudi Wulf, ont été transférés cet été dans le Tarn pour jouer enfin les premiers rôles et plus les doublures des stars varoises à qui l’on réservait la gloire des phases finales.

Privé de 18 internationaux, réservés pour la coupe du monde et donc absents encore un mois au minimum, Toulon a du composer avec ses jeunes, ses jokers et les non sélectionnés.

Pas de quoi pleurer non plus quand on voit les noms dans le XV varois.

Chiocci, Taofifenua, Ollivon, Mermoz, Pelissié pour ce qui est des internationaux français.

Matt Stevens, Stefon Armitage, Juan Smith, Lachie Turner, Willie Du Plessis, autant de stars outre-Manche ou de l'autre hémisphère qui ont fait leurs preuves en Sélection.

Et puis il y a les tout jeunes comme Théo Belan, pur produit du centre de formation, ou les tout vieux, comme Sireli Bobo, le doyen du TOP 14, increvable All Black de 39 ans, toujours très actif sur son aile.

Mais voilà, Toulon n’y arrive pas !

Deuxième match où il se fait surprendre, après le Racing à Mayol, le triple champion d’Europe pêche dans le combat, l’agressivité et la finition.

Pourtant, en face, Urios ne disposait pas de stars internationales, juste quelques hommes clé du succès oyonnaxien, transférés dans le Tarn.

Urdapilleta, bien sûr, intraitable buteur quasi parfait et Tichit, le meilleur pilier gauche de la saison passée. Pour le reste, mises à part les deux recrues toulonnaises citées plus haut, c’était un XV du Castres Olympique du niveau de l’année passée, mais sans Kockott, ni Talès.

Et c’est peut-être ça le secret d’Urios.

Avoir réussi l’association d’une charnière toute neuve et très dynamique, alliant le flair et la précision d’Urdapilleta à un demi de mêlée expérimenté qui vient de la PRO D2, Julien Seron, très en vue dimanche. Une grosse animation de jeu castraise a été à l’origine d’un match plaisant, obligeant les toulonnais à répondre et à hausser leur niveau.

Il faudra attendre une demi-heure, alors que Pelissié a un coup de pied d’avance sur son vis-à-vis castro-argentin (6-3), pour que le jeu s’emballe vraiment.

C’est au moment où Thibaut Lassalle (le seul oyonnaxien qui a échappé à Urios mais pas à Laporte) est exclu pour une faute répétée que les locaux en profitent pour inscrire le premier essai sur un groupé pénétrant que Rudi Wulf emmène dans l’en-but, cuir en mains. Urdapilleta transforme et Castres passe devant pour la première fois (10-6).

Aussitôt le jeu repart dans l’autre sens. Et contre toute attente, le tout jeune Bélan se saisit du ballon et file vers l’en-but alors que les joueurs castrais s’étaient arrêtés pour un en-avant toulonnais. Le public, bêlant plus fort encore, incitera l’arbitre à refuser l’essai sans réelle évidence à l’écran.

Au retour des vestiaires, Toulon réagit et recolle au score par Pelissié (10-9), dominant même ce début de seconde période.

Mais les rucks, sont à l’avantage des locaux qui multiplient les temps de jeu et les turn-overs. Dix minutes suffisent pour que Wulf et Smith se jouent de leurs anciens coéquipiers et permettent à Tulou de conclure en coin une magnifique action relayée par Seron, toujours dans les bons coups. Urdapilleta transforme ce deuxième essai (17-9).

Il n’y a plus qu’une équipe sur le terrain.

Cinq minutes plus tard, c’est au tour de Grosso de déjouer la défense varoise, avant de servir Urdapilleta qui échappe telle une anguille aux placages adverses et trouve parfaitement dans l’intervalle Seron, encore lui, son compère de la charnière, pour le troisième essai, celui du bonus offensif. La transformation est facile et cela fait 24-9 pour les locaux.

Il reste vingt minutes à jouer. Les toulonnais ne parviennent à réagir, même en supériorité numérique en fin de match. Les castrais ont la possession et offrent une petite leçon de maîtrise du cuir au champion européen qui n’a toujours pas retrouvé le sens de son rugby depuis la reprise de la saison.

Le score n'évoluera pas, les tarnais conservant leur précieux point de bonus quand les varois repartent fannis de Pierre-Antoine.

Et ironie de l’histoire, Toulon flirte avec la place relégable,

comme l’a fait durant toute la saison son adverse du jour qui, lui, prend la quatrième place.

Attention ! Que le déplacement à Paris ne vire pas à une tannée de plus !

 

En bref…

Quand d’autres se gavent il y en a un qui reste à jeun.

Agen – Toulouse           9-20

Les Toulousains ont descendu la Garonne comme les espoirs des Agenais au Stade Armandie.

Il faut dire qu’ils n’ont pas pesé lourd dans la balance du derby garonnais, les locaux, notamment devant. Il aura suffit de deux essais de Flynn (17è et 47è) pour éteindre les quelques étincelles agenaises autour de Tagotago.

Agen reste seul lanterne rouge avec un zéro pointé inquiétant. Tandis que Toulouse avec cette deuxième victoire prend la deuxième place à deux points du leader clermontois, en pleine bourre.

Clermont – Grenoble     25-6

Trois essais (Domingo, 28è, Lee, 70è et Jedrasiak, 79è) et un nouveau bonus pour les Jaunards, plus que jamais premiers au classement dans un sans faute et un carton plein de points.

Mais que ce fut laborieux encore une fois au Michelin face à une équipe grenobloise remaniée !

Reste néanmoins que les jeunes recrues auvergnates font plaisir à voir évoluer dans ce groupe sans internationaux.

Racing – La Rochelle      20-19

Le Racing a eu chaud aux fesses !

Il s’en est fallu de peu que le drop de Holmes ne donne une victoire méritée aux Rochelais. Malgré deux essais de Chat (40è) et Masoe (57è), les Racingmen se sont trop fait pénaliser à l’heure de jeu et ont laissé filer le ballon dans les mains des Maritimes très motivés et entreprenants pour faire un coup ici à colombes après la désillusion contre les clermontois à domicile.

L’essai de Lacroix (33è) n’aura pas suffi, il aura manqué cinq minutes de jeu supplémentaires pour le hold-up parfait. Le Racing peut s’estimer heureux avec cette deuxième victoire, à la troisième place, à hauteur de points des Toulousains.

Oyonnax – Bordeaux    37-19

Charles Mathon était à la fête samedi après-midi pour sa première représentation de la saison.

Et quelle fête !

Quatre essais (dont un de pénalité 25è, Sheridan, 29è, Jenneker, 34è et De Marco 60è) contre un seul pour les Béglo-bordelais (Connor, 64è), pas à la hauteur du combat imposé par les locaux. Et une première rentrée réussie pour la recrue All Black, Weepu, même avec un physique un peu moins affûté que ces dernières années.

Les Oyomen sont bien là ! Et Oliver Azam, dans la continuité de son prédécesseur, fait déjà flirter les siens avec le TOP 6.

Pau – Montpellier          26-16

Tout s’est joué en première période au Stade du Hameau.

Malgré de belles intentions des visiteurs récompensées par deux essais (Nagusa, 11è et Géli, 40è) c’est l’indiscipline qui aura eu raison des Montpelliérains face à des Palois bien en place défensivement et qui ont parfaitement contre-attaqué pour leur seul essai de la rencontre, par leur capitaine Fuma (18è), quand le reste des points est à mettre sur le compte du pied de Marques.

Le champion de PRO D2, avec ses retraités du TOP 14 fait bonne figure en milieu de tableau, à hauteur du champion de France, pas inspiré à Brive.

Brive – Paris                  22-13

Le retour de Hugo Bonneval titulaire aura coïncidé avec la première défaite du champion cette saison, dominé dans tous les secteurs par des Brivistes qu’on sait très durs à faire tomber dans leur antre d’Amédée-Domenech.

Il aura suffi d’un seul essai de pénalité (48è) et du pied infaillible de Germain pour que Brive scelle sa première victoire à la maison de la saison. L’essai de Vasuinubu (80è) sonnera un réveil bien tardif des hommes de Qesada.

Brive et Paris stagnent dans le mou du classement.

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Test-Matchs en quelques mots…

Bonnes nouvelles pour le XV de France !

Tout va mal pour l’Italie et l’Irlande, deux principaux adversaires de sa poule, battus samedi respectivement par l’Ecosse à Edimbourg (48-7) et le Pays de Galles à Dublin (10-16).

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 poursuit sa route avec une troisième journée qui sent la poudre.

Notamment pour le champion d’Europe qui monte à Paris et pour les deux relégables, rochelais et agenais, qui jouent gros à domicile.

Pendant ce temps, les internationaux se testent à nouveau dans des rencontres aux faux airs de Tournoi des VI Nations.

Samedi 5 septembre, à suivre :

  • Oyonnax – Clermont, à 14h35 (C+) : sur le même rythme.
  • La Rochelle – Brive, à 16h (r+) : se lancer pour de bon,
  • Grenoble – Pau, à 16h (r+) : marquer enfin son territoire,
  • Agen – Racing, à 16h (r+) : aux portes de l'enfer,
  • Toulouse – Castres, à 16h35 (C+) : viser plus haut encore.

Enfin, dimanche 6 septembre :

  • Bordeaux – Montpellier, à 16h15 (C+) : hausser le ton,
  • Paris – Toulon, à 21h (C+) : une affiche explosive.

 

Test-Matchs, samedi 5 septembre :

Angleterre – Irlande (15h30)

               Pays de Galles – Italie (18h)

France – Ecosse (21h)