3 étoiles au Michelin !

TOP 14... 9ème journée                       Clermont – Toulon     9 – 35

Clermont Toulon 2015 nov

Quand vous voulez vous frotter au Michelin, il faut savoir mettre les petits plats dans les grands…

Le triple champion d’Europe, avec son chef Giteau vice-champion du monde aux commandes, a relevé le défi et pas seulement.

Suivez le guide ! 

Au menu de cette rencontre, si l’entrée du XV varois a été très légère et s’est vue aussitôt pénalisée par le buteur du Michelin, son plat de résistance, lui, a fait sensation et en a mis plein les papilles d’un public médusé.

Il faut dire que les épices cosmopolites avaient de quoi surprendre le palais d’une défense clermontoise qui s’est mise à table un peu trop vite.

De la sautée de Giteau à la croisée de Mitchell, en passant par l’accélération de O’Connor, la sauce australienne a très bien pris en une mi-temps. Et ça a piqué !

A peine le temps de touiller qu’elle relevait un premier essai par l’anglais Delon Armitage, toujours aussi apprécié en Auvergne, comme un Bourgogne grand cru qu’on siffle dès le ballon en main. Sacré connaisseur ce Michelin !

Quelle combinaison à trois avec Manoa et Bastareaud… Armitage étincelle !

L’arrière anglais ajustait trois points de plus, de 45 mètres, en amuse-bouche, quand Parra répliquait face aux perches, en pique-assiette.  Le meilleur était à venir avec un petit bijou du demi de mêlée Escande, doublure de Pelissié, bien meilleur que l’original, dans le jeu comme au but. Sa réalisation est un pur chef d’œuvre. Petit coup de pied millimétré par dessus un ruck pour Mitchell qui lui remet à l’intérieur, accélération et c’est l’essai imparable. Hou !

Mais la saveur de cette rencontre, qui n’en finissait pas d’enthousiasmer les gastronomes rugbystiques que nous étions, a tenu autant en l’exécution d’un jeu offensif alléchant qu’en son accompagnement d'une défense impériale, cuisinée avec une technicité et une maîtrise rare par une troisième ligne de niveau mondial.

Vermeulen, un Springbok sobre et puissant, sous tous les ballons, et qui avance. 

Fernandez-Lobbe, un Argentin, capitaine exemplaire, infatigable gratteur et plaqueur.

Et enfin, l’homme qui depuis la Coupe du monde est entré dans une autre dimension, Gorgodze, le Géorgien, impitoyable dans les rucks et redoutablement efficace, qui a fait reculer la défense adverse à lui tout seul.

Et cette efficacité de premières lignes va se faire ressentir en seconde période par des mauls dévastateurs que Bardy, récemment entré, ne peut qu’illégalement écrouler, lui valant justement un carton jaune.

Et c’est logiquement que monsieur Raynal accorde par la suite un essai de pénalité aux Varois quand les Jaunards en infériorité numérique continuent de se mettre à la faute alors qu’un nouveau ballon porté toulonnais entre dans leur en-but.

A court d’arguments dans le jeu, c’est dans l’énervement que les Auvergnats vont terminer la rencontre, ne digérant pas une telle domination qui vire à l’humiliation à la dernière seconde quand Mitchell récupère le cuir pour s’amuser des derniers défenseurs et inscrire le quatrième essai du match.

En haute gastronomie, on le sait… à la fin la note est toujours salée !

Et Clermont, perdu dans son Michelin, en a fait l’amère expérience, samedi soir, privé du moindre essai devant son public, une première depuis cinq ans.

Quand Toulon, lui, a pu y savourer une victoire historique, qui plus est, bonifiée.

Après sa raclée subie chez les Wasps, les champions d’Europe ont su réagir, affichant avec éclat leurs trois étoiles qu'un Michelin, même mal intentionné, n'aurait pu leur retirer.

Et dire que cette équipe-là jouait sans Halfpenny, Nonu, Habana, Cooper et j’en passe...

Ca promet !

 

En bref…

Le peloton se resserre !

Racing 92 – Toulouse      28-13

Sous les yeux de Carter...

La star All-Black a été au centre de la rencontre sans toucher le ballon ni peser sur le match. Dubitatif devant le stade mythique de Colombes aux infrastructures de Fédérale, puis devant une première période poussive des ses futurs co-équipiers, on pouvait lire de la détresse dans le regard du meilleur ouvreur du monde :

"Qu'est-ce que je suis venu foutre là ?"

Par contre, les toulousains, eux, savaient ce qu'ils étaient venus y faire et ont donné du fil à retordre aux Racingmen pour venir à bout de leur défense.

En vain, puisqu'il aura suffi d'attendre la dernière minute de la première période pour voir le premier essai francilien par Chavancy, et les dix minutes du match pour que les locaux se détachent au score grâce à un troisième essai sur un deuxième ballon porté par Masoe.

Jusque-là les hommes de Mola ont répondu à chaque fois par Clerc puis Bonneval avant de craquer après l'heure de jeu, suite notamment à un carton jaune envers Maestri, lourd de conséquence. 

Une victoire du Racing qui lui offre la seconde place, plus qu’à un point de Clermont, rattrapé par le peloton. Quand Toulouse se partage la troisième , un petit point derrière, avec les Toulonnais et des Brivistes qu'on attendait pas là.

 

Oyonnax – Brive      9-34

Pas de stars, mais des couilles !

Depuis neuf journées, on s'étonne des performances successives des Coujoux, imbattables chez eux et grapillant des points à l'extérieur. 

Mais que dire de cette victoire à Charles-Mathon, forteresse oyonnaxienne des saisons passées, si ce n'est qu'elle ressemble (au score près) à celle des Galactiques varois au Michelin.

Solides en défense, réalistes en attaque et un bonus offensif à la clé., le match parfait. Trois essais qui placent les Brivistes dans le peloton de tête et laissent présager des difficultés des Oyomen à survivre dans ce championnat. Ces derniers occupent dorénavant la dernière place à hauteur des Agenais.

 

Montpellier – La Rochelle      25-20

Sans convaincre !

Les Montpelliérains ont obtenu une victoire précieuse après deux défaites successives.

C'est tout ce qu'il faudra retenir de ce match ennuyeux (surtout pour les ambitions du club) où les Rochelais auraient du repartir avec plus qu'un point de bonus défensif, inscrivant un essai de plus que leur hôte. Leur indiscipline aura eu raison de leurs intentions. Dommage !

Les Héraultais retrouvent un TOP 6 qui se tient dans un mouchoir de poche, 3 points les séparant du leader, vulnérable.

 

Bordeaux – Pau      46-10

Enfin !

L'UBB a montré son vrai visage. Celui de la saison passée, ambitieux, osé, fou, avec un jeu offensif qui fait plaisir à voir.

6 essais, une aubaine, du jamais vu, presqu'autant que depuis le début de la saison.

Si les Palois faisaient tristes mines en première période, ils réagiront bien en seconde. En vain, le mal était fait et l'euphorie bordelaise toujours sur le pré. L'honneur est sauf grâce à un essai de Pierre, mais la honte demeure en fin de match d'être passé à côté.

Bordeaux recolle au TOP 6, à 2 points, quand Pau reste à portée de fusil des relégables, à 3 longueurs seulement.

 

Agen – Castres      18-23

Vas-y Francis !

Dur pour les Agenais de tenir leur rang dans ce TOP 14 si relevé. Le pied de Francis, leur buteur, ne pouvait suffire pour tenir tête à des Castrais venus à Armandie avec l'ambition de faire un coup et s'éloigner de la zone du maintien.

Menés à la pause, Francis, pourtant s'employe à faire repasser les siens devant à dix minutes du terme (18-16). Tous les Agenais y croient quand Caminati vient tuer leur espoir avec un deuxième essai assassin.

Les Tarnais ont réussi leur coup quand les Lot-et-Garonnais restent relégables malgré ce point de bonus défensif.

Avec Pau et Oyonnax, la lutte pour ne pas descendre va être rude, d'autant que le prochain déplacement des Agenais est à Mayol face à Nonu et ses coéquipiers.

 

Grenoble – Stade Français      19-21

Petit à petit...

Dimanche, les Parisiens n'ont pas paniqué pour décrocher une victoire précieuse, embourbés dans le bas de tableau depuis des mois.

Ils ont laissé les Grenoblois prendre le match en main en première période, avant de grapiller des points et passer devant en seconde par Plisson, impeccable au pied, auteur de tous les points.

Quand les locaux inscrivent leur deuxième essai en fin de match, à une transformation (manquée) de l'égalisation, les Stadistes résistent à une pression infernale et ne laissent pas passer l'occasion de repartir avec les quatre points de la gagne qui les replacent juste derrière leur proie du jour, malheureusement pas récompensée de ses efforts.

La réception de Bordeaux samedi prochain s'avère déjà cruciale aux Parisiens pour recoller au peloton.

Tous les résultats officiels du week-end >> 

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 continue de faire son intéressant !

Avec sa dixième journée, la dernière avant de revenir aux affaires européennes, autant dire que certains gros risquent de se déplacer léger, la tête tournée vers un double Crunch décisif… suivez mon regard !

Quoi que ! ... Les Jaunards vont avoir à se racheter dans un derby qui pourrait être sulfureux.

 

A suivre, dès vendredi 4 décembre :

  • Pau – Racing 92, à 20h45 (C+ sport) : la tête ailleurs pour les Racingmen.

Puis samedi 5 décembre :

  • Toulon – Agen, à 14h45 (C+) : comme à l’entrainement,
  • Castres – Montpellier, à 18h30 (r+) : comme au bon vieux temps,
  • La Rochelle – Grenoble, à 18h30 (r+) : ne pas décrocher,
  • Stade Français – Bordeaux, à 18h30 (r+) : raccrocher le peloton de tête,
  • Toulouse – Oyonnax, à 20h45 (C+ sport) : comme un air de déjà vu.

Enfin, dimanche 6 décembre :

  • Brive – Clermont, à 16h15 (C+) : un derby à réaction.