Champion oui... mais d'Europe !

TOP 14... 14ème journée                      Toulon – Stade Français        23 – 16

Toulon SF 2016 2

C’est à Nice, dans le magnifique stade Allianz Riviera, que le futur club anglais de Boudjellal s’est offert dimanche après-midi un Crunch avec le champion de France, en mise en bouche avant l’entrée du XV de France dans le Tournoi des VI nations. Rien que ça ! Mais...

Si le champion d’Europe a dominé, on était loin de la « promenade des Anglais ».

C’est même le champion de France qui aurait pu se balader sur la baie des Anges, si seulement le destin en avait décidé autrement quand, sur le coup d’envoi de la rencontre par Steyn, Waisea avait eu le contrôle favorable sur son contre face à Mitchell alors que la ligne d’essai s’ouvrait devant lui. Déjà un signe !

Rien n’a souri aux Parisiens qui ont tout donné dans ce match pour contrer la machine varoise, en marche dès la 12ème minute. Un essai d’école sur un ballon au large qui revient à Cooper qui sert Nonu, qui fixe parfaitement la défense avant d’offrir l’essai tout fait à Habana. Simple et terriblement efficace !

Dès lors, Paris court après le score quand Toulon domine et corrige la fougue des visiteurs indisciplinés par le pied d’Escande pour mener seulement 11 à 6 à la pause.

Au retour des vestiaires, les Parisiens multiplient les occasions malgré une indiscipline qui les pénalise encore. Waisea est même à deux doigts de concrétiser le premier essai des siens, échappant le cuir dans l'en-but après un joli coup de pied croisé de Lakafia.

"Zut, je suis maudit !"

Mais non, car tout vient à qui sait persévérer.

Les efforts des hommes de Quesada sont récompensés dans leur temps fort grâce à une accélération de ce même Waisea qui a récupéré le ballon dans son camp et offre la balle d’essai à Steyn qui va l’aplatir entre les perches et permettre aux siens de passer devant pour la première fois après sa transformation (14-16). 

Les Toulonnais sont sous pression mais ont les moyens de réagir en poussant à nouveau leurs adversaires dans leur retranchement et surtout à la faute que l’arbitre mondialiste Jérôme Garces ne manque pas de siffler à chaque fois.

Escande, parfait jusque là, poursuit ses exécutions et enterre petit à petit les espoirs des Parisiens qui voient le match leur échapper et même le point de bonus défensif qui aurait été pourtant mérité. Oui, mais Plisson qui vient d’entrer manque une pénalité cruciale. Pas de bon augure pour prendre le but en équipe de France !

Le Champion de France n’en finit donc pas de s’enliser à la 11ème place du championnat quand le champion d’Europe, lui, monte pour la première fois sur le podium. Logique, parce que...

Champion de France, c’est bien… mais champion d’Europe, c’est mieux !

  

En bref…

Racing 92 – Oyonnax           26 – 3

Comme un poisson dans l’haut… de classement.

Les Racingmen dominent leur sujet, un championnat qui ne leur résiste pas.

Et ce n’était pas 23 Oyomen, aussi remontés soient-ils, au fond du classement, qui allaient leur démontrer le contraire samedi après-midi à Colombes.

Le meilleur joueur du monde a orchestré une partition parfaite des siens à sens unique, se gratifiant au passage de son premier essai en ciel et blanc, pour un bonus offensif logique à l’arrivée, avec 4 essais (Chavancy, Imhoff, Carter, Nyanga).

Oyonnax n’a pas existé et s’enfonce un peu plus dans les profondeurs de la relégation.

Le Racing, quant à lui, reste premier quoi qu’il arrive chez ses concurrents dont un seul ne s’est pas laissé distancer.

 

Toulouse – Pau                     54 – 3

De Toulouse au Stade de France…

Ca sentait bon le jeu à la française du côté d’Ernest-Wallon samedi soir.

Avec 7 Bleus sélectionnés pour le tournoi, les Toulousains ont déroulé le tapis du beau jeu, on espère jusqu’au Stade de France, en inscrivant pas moins de 8 essais dont un doublé de Médard et un autre de Bézy ont succédé à la première réalisation de Fickou, ce dès la 2ème minute.

Trois internationaux qui n’auront pas échappé à l’œil expert de Guy Novès (ancien entraîneur du Stade Toulousain faut-il encore le rappeler) et que l’on devrait retrouver sur la feuille du XV de départ face à l’Italie samedi prochain, aux côtés de Maestri (ménagé) et de Picamoles, toujours aussi actif et indispensable. Quant à Doussain et Camara, il ne serait pas surprenant de les retrouver sur le banc.

Pas de pot pour les Palois qui, eux, n’ont fait que s’ajouter aux spectateurs dans le stade, impuissants, dépités.

Ce n’était pas le jour pour venir chercher des points et des noises aux Toulousains, incontestables co-leaders du TOP 14.

 

Clermont – Montpellier          15 – 19

C’est la foire aux points au Michelin…

On ne compte plus cette saison le nombre de défaites des Clermontois dans leur antre que l’on a connu imprenable sous l’ère Cotter durant 77 assauts, toutes compétitions confondues.

Plus de 4 ans d’invincibilité que l’ère Azéma n’en finit pas de souiller. Quatrième défaite rien que cette saison pour l’ASM devant son public. Une honte, une déchirure pour tout un public qui commence réellement à douter de son équipe et de la compétence de son entraineur… enfin surtout moi ;-)

Au Michelin, c’est désormais la foire aux points. Et les visiteurs sont nombreux cette saison à y faire les meilleures affaires.

Que dire de cette rencontre si ce n’est qu’encore une fois, les Jaunards n’ont commencé à jouer qu’en seconde période, une fois menés 16-3, que les Montpelliérains ont été impressionnants en défense et opportunistes sur leurs temps forts, qu’ils sont allés chercher eux même cette victoire alors que les Auvergnats semblaient revenir en fin de match.

Un seul essai, et quel essai ! Une belle séquence de jeu menée par Paillaugue en première mi-temps, relayée magnifiquement par l’arrière Mogg, les deux joueurs très en vue au Michelin, pour une conclusion imparable de O’Connor, le nouvel ailier international de Guy Novès en pleine bourre.

Pour le reste, deux drops, un de Trinh Duc au premier quart d’heure, un second de son suppléant, Catrakilis, en seconde période, laisseront amers les Clermontois, incapables de finir une action et devant s’en remettre à la botte de Lopez puis celle de James pour recoller tant bien que mal au score et décrocher au final un bonus défensif qui aurait pu leur échapper sur le fil si Catrakilis n’avait pas manqué l’ultime pénalité montpelliéraine.

A 3 points désormais de Clermont redescendu à la 4ème place, Montpellier retrouve le TOP 6 à hauteur de Brive, toujours là, à la 5ème place.

 

Brive – La Rochelle               28 – 6

Le Brive Saint Germain...

A regarder le score on aurait pu croire à un bonus offensif avec 4 essais, une évidence mathématique pour qui connaît sa table de multiplication par 7.

Pas du tout ! Le seul essai du match a été inscrit à la dernière seconde de la partie, généreusement accordé après la vidéo. Pour le reste, seul le pied de Germain, de retour parmi les siens, a fait toute la différence.

A se demander pourquoi ce virtuose du pied n’est pas en équipe de France, tant il apporte sécurité et sérénité dans une équipe.

Les Coujoux n’ont eu qu’à faire douter leur adversaire et les pousser à la faute pour laisser l’arrière wilkinsonnien faire le reste. 7 pénalités et une transformation, il a enquillé à lui seul 23 points de son équipe.

Avec un tel atout dans, je ne serais pas étonné que Novès tente très vite le pari Saint Germain… il fallait que je la fasse, désolé… hihi !

A regarder le score, on se doute que les Rochelais ont été trop indisciplinés pour exister. Ils s’éloignent un peu plus des barrages, à 10 points mais restent en zone sécurisée tant les deux relégables sont enlisés sur place.

 

Castres – Bordeaux              19 – 9

Match nul ou presque...

Ni le score, ni la physionomie du match ne justifie un tel titre, et pourtant.

Les Castrais et les Bordelais ont peiné à marquer un essai sur leur domination et leur supériorité numérique de dix minutes, les locaux en première période, les visiteurs en seconde.

Les deux équipes ont été indisciplinées chacune leur tour permettant à chaque buteur de faire justice pour les siens.

Le match a donc basculé sur une pénalité de plus et un essai contre le cours du jeu en faveur des Castrais (Beatie à la 74è), alors que le match nul aurait été plus juste.

Mais la justice en rugby ne fait pas le poids devant l’opportunisme et le réalisme, ce dont aura manqué Bordeaux samedi, laissés sans doute quelque part sur le terrain du Michelin.

Castres retrouvent Bordeaux, à égalité et à 3 points du TOP 6. Le championnat promet d’être animé avec un suspense jusqu’au bout pour les qualifications finales avec 11 équipes concernées et motivées.

Seuls, Pau, Oyonnax et Agen semblent (pour l’instant) tournés vers la PRO D2.

 

Agen – Grenoble                   27 – 33

Les Cadets de Gascogne… en vain !

Le cœur et les tripes ne suffisent pas pour vaincre l’ennemi. Il faut des munitions aussi.

Et pour ça, les Agenais étaient à court. Largement dominés en première période (8-23), malgré un premier essai de Sadie, ils s’accrocheront en seconde, par Sadie à nouveau, pour un doublé qui, cumulé aux pénalités enquillées par Francis, ne rapportera pas un seul point.

Une illusion de 80 minutes créée par des Grenoblois qui ont géré leur victoire sans crainte. Les Lot-et-Garonnais sont désormais condamnés à la relégation même si mathématiquement tout reste possible.

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Nos Bleus font leurs classes…

Pendant que le TOP 14 part en vacances, le Tournoi des VI Nations nous offre sa première journée dans un contexte idéal où chaque nation veut se racheter de sa Coupe du monde ratée ou en demi-teinte.

Le XV de la Rose, n’en parlons pas, tant son élimination devant son public lui a laissé ses épines en travers de la gorge.

Le XV de France, n’insistons pas, tant les espoirs portés sur Guy Novès et son staff sont aussi fragiles que ceux portés sur la COP21… pour un vrai changement de climat.

Le XV de la Squadra Azzurra, ne l’enterrons pas, tant le chantier est colossal devant ce trou béant qui attend les fondations d’une relève et que Brunel peine à élever.

Le XV du Chardon, ne nous emballons pas, tant le travail commencé par Cotter nous a enthousiasmé et qu’il reste encore beaucoup à faire.

Le XV du Poireau, ne nous risquons pas, tant les talents de cette nation brillent aujourd’hui par leur absence, tout comme les résultats des clubs en Coupe d’Europe.

Le XV du Trèfle, enfin, double tenant du titre, ne le grillons pas, tant il fait parti des favoris cette année encore malgré les absences et les déceptions qui se sont cumulées en Coupe d’Europe.

Autant dire que cette année, tout le monde repart à zéro et que l’on a hâte de voir ce qu’il reste des éclats de la Coupe du monde et ce que nous réserve la nouvelle génération de ce Tournoi des VI Nations.

 

A suivre, samedi 6 février, d’abord, sur France 2 :

  • France – Italie, à 15h25 : Novès (première) v Brunel
  • Ecosse – Angleterre, à 17h50 : Cotter v Jones (première)

Puis dimanche 7 février, toujours sur France 2 :

  • Irlande – Pays de Galles, à 16h : Schmidt v Gatland