En Super-G !

TOP 14... 15ème journée                      Grenoble – Racing 92        35 – 39

Grenoble Racing 2016G, mais pas comme Grenoble... 
(c'qui est génant avant d'être géant !)

Car vendredi soir, c’était au tour des Franciliens d'être en vacances scolaires.

Et du côté de Colombes, on ne s’est pas fait prier pour se faire la malle en Isère où les élèves là-bas se la glissaient douce depuis une semaine déjà.

Samedi, après avoir emprunté la Francilienne et dévalé l’autoroute du Soleil sous un ciel bleu-et-blanc jusqu’aux pistes bleues du Stade des Alpes, 

les Racingmen ont remonté leur niveau de jeu et descendu tout schuss les intentions grenobloises fondues en misères.

Et c’qui est frappant, c’est comment ils ont aimé ça, ces Parisiens de la banlieue riche, remonter et descendre, tant la poudre aux yeux d’un match gagné d’avance leur paraissait bonne.

C’est c’qu’ils ont cru au début en tout cas, quand, en quinze minutes seulement, ils se sont offerts trois essais en trois tours de piste.

Par Claassen, d’abord, le troisième ligne dévale l’en-but tout en puissance sur un ballon porté.

Thomas, ensuite, avale la défense sur son aile pour franchir la ligne le premier, non sans se ramasser et ravaler sa joie puisqu’il se blesse aux ischio-jambiers sur cette fulgurante accélération (out pour le tournoi des VI Nations).

Imhoff, enfin, slalome entre les portes Percival et Hunt de la défense locale pour planter le ballon dans la poudre herbeuse sous les perches.

Avec les transformations de Carter, ça fait 21-12 (Wisniewski ayant pénalisé les Racingmen qui ne sont pas passés par les portes) à la demi-heure de jeu.

Trop facile, trop badasse (j’ai découvert ce mot hier, alors je le place), les banlieusards en redemandent.

Oui mais pour ça, il faut se faire remonter, c’est le principe ici sur la piste du Stade des Alpes.

Et c’est c’qui s’est passé. Les Franciliens ont joué le jeu, enfin celui des Grenoblois, remontés, eux, à l’idée de se faire humilier à la maison par des Parisiens en mode vacances.

Gio Aplon a actionné la manette de la remontée mécanique, l’arrière sud-africain, à l’origine d’une somptueuse relance de son camp, va transpercer la défense francilienne pour offrir une balle d’essai à Jammes, le tout jeune talonneur, après un joli relais par sa charnière McLeod et Wisnieswki, au cordeau.

C’qui est fort chez les Isérois c’est qu’ils peuvent vous remonter encore plus haut, à soulever des montagnes.

Quatre minutes plus tard, Gio Aplon, toujours aux commandes dans les 22 du Racing, permet cette fois à Hunt et Percival (les deux portes mystifiées par Imhoff, souvenez-vous) de s’illustrer, le second inscrivant l’essai sur la passe du premier, McLeod jouant une fois encore le relayeur.

Cette fois avec la transformation de Wisniewski, c’est Grenoble qui est devant à la pause, 26-21… c’qui ravit évidemment le public du stade alpin.

La seconde période commence par un chassé-croisé entre les deux buteurs, à l’avantage de Wisniewski qui va maintenir cette belle avance malgré la descente de Chauveau (remplaçant de Machenaud, légèrement blessé à la cheville) qui finit dans l'en-but adverse grâce à la spécialité de ses avants, le ballon porté.

Mais c’qui va tuer définitivement les locaux, c’est bien le génie de Carter,
à dix minutes du terme.

Un coup de pied extraordinaire, coupé ou lifté ou déposé par le vol d’un Condor invisible (qui sait ?), à même l’en-but,  à destination de Rococoko qui n’a plus qu’à s’en saisir comme une offrande divine pour l’aplatir entre les perches… le messie all black se chargeant de transformer son œuvre pour faire passer les siens devant avant de sceller leur victoire par une ultime pénalité à la sirène.

Le Racing s'impose au Stade des Alpes comme le nouveau leader incontestable de ce TOP 14.

Que dire de plus ? Merci Carter, super Génie et...

Les week-ends de ski en Isère, c'est super Géant !

 

En bref…

Sur le groupe des 31 Bleus, seuls Chouly, Jedrasiak, Lauret, Bezy, Mermoz et Médard ont été ménagés par leurs clubs. Pour le reste on n’a pas hésité à surfer sur la bonne forme des néo-tricolores de Novès.

Non sans casse ou déceptions !

Après le forfait de Teddy Thomas à Grenoble, Marvin O'Connor lui emboitera le mauvais pas à Montpellier.

La Rochelle – Toulouse         28 – 8

Attention Novès nous regarde !

Si sur les 5 Racingmen sélectionnés en Bleu, quatre ont survécu après un match intense et une alerte sans gravité pour Machenaud, du côté des 6 internationaux toulousains on n'a pas pris le risque de se fouler un doigt ou un poil de cheveu, de peur de décevoir Novès.

Les Haut-Garonnais ne sont jamais vraiment rentrés dans ce match. Quant aux cadres non concernés par la sélection, comme Dusautoir, Harinordoquy ou Flood n'ont pas plus pesé sur une rencontre à la main des Rochelais qui, sous l'influence des Bleus comme Gourdon, Pelo et Atonio, leur ont mis la pression d'entrée, avec un essai de Graham et une palanquée de pénalités que Holmes a parfaitement exécutées.

Au final, malgré l'essai de Perez en début de seconde période, Toulouse laissera filer le match et ses internationaux, frais comme des gardons, à Marcoussis. Sans doute pour le plus grand plaisir de Novès.

Ah! ce que ne ferait pas le Stade Toulousain pour son ancien mentor !

Au classement, La Rochelle s'éloigne significativement de la zone relégable, non loin des prétendants aux barrages. Quand Toulouse rétrograde à la 3è place après la victoire de son principal concurrent en rouge et noir.

 

Oyonnax – Toulon                 13 – 44

Une heure, c'est grave docteur ?

C'est le temps qu'a été utilisé Guirado par Laporte pour venir à bout d'une équipe d'Oyonnax, courageuse mais impuissante face à l'armada toulonnaise.

Etait-ce bien raisonnable ou prémédité pour emmerder le sélectionneur du XV de France ?

Si on ne peut lui reprocher d'avoir aligné son seul talonneur d'expérience valide en début de rencontre, c'est son job, mais que dire, quand on regarde la physionomie du match, sur le fait de le maintenir sur le pré jusqu'à la 60è minute ?

Je ne ferai pas plus de polémique qu'il n'y a eu véritablement de match, même si les Oyomen n'ont rien voulu lâcher, sauvant l'honneur par Tonga Uiha. Ils étaient en dessous, c'était flagrant dès la première mi-temps, et cela n'est pas de bon augure pour la suite de leur aventure en TOP14, désormais à 10 longueurs du maintien.

Avec 5 essais (Bastareaud, Pelissié, Habana, Nonu, Natriashvili, le suppléant de Guirado), Toulon prend le bonus offensif et talonne le leader à deux points, mais aussi avec un match d'avance.

 

Castres – Clermont               17 – 28

James réécrit l'histoire...

Si les Jaunards n'arrivent plus à gagner à la maison après un record de 77 victoires à domicile, voilà qu'ils décrochent à Pierre-Antoine une victoire historique, après 40 ans exactement de défaites. Mieux, ils signent là leur 5ème victoire à l'extérieur de la saison, un record pour le club auvergnat.

Et Broke James, pour la première (ou trop rare) fois titulaire, est le maître d'oeuvre de ce petit exploit dans le Tarn.

Impeccable dans son jeu au pied, ses tirs au but, il inscrit même l'essai qui relance les Clermontois en fin de match alors que les Castrais étaient repassés devant en seconde période.

Ca a été un match en trois temps comme sait les concocter l'ASM. Une première mi-temps à sens unique (0-13), avec un essai de Van der Merwe sur une attaque de Rougerie, très en jambes. Un début de seconde période poussif qui laisse les locaux revenir dans le match, avec deux essais, un de Lamerat en numéro de funambule, puis un de Smith en interception d'une passe mal sautée de Rougerie (alors coupable). Rien ne va plus !

Quand le banc avec Lopez (remplaçant Toavea à l'arrière) redonnent un nouveau souffle dans le dernier quart d'heure et permettent à Rougerie de se rattraper et d'offrir à James la balle de match. Vahaamahina ajoutera un troisième essai pour sceller cette victoire historique.

Clermont rejoint Toulouse sur le podium, ex-aequo à la troisième place, avec un match en retard qui les opposera au Michelin, pour en laisser un repasser devant Toulon.

 

Bordeaux – Agen                  24 – 19

Du panache en point de bonus !

C'est ce qu'il faudra retenir de cette rencontre dominée par des Bordelais une heure durant, avec un Sofiane Guitoune très en vue (auteur du premier essai) avant que les Agenais ne relèvent la tête et fassent parler leur orgueil, récompensés par un essai de Nnomo.

Il ne manquait pas grand chose pour que les locaux cèdent en fin de partie face à la pression de la lanterne rouge qui a montré bien du courage pour essayer de se désembourber de sa relégation promise.

Belle mais vaine attitude !

Bordeaux reste bien ancré dans le TOP6, grâce aussi à son match supplémentaire.

 

Montpellier – Pau                 16 – 19

Quel coup de Pau !

Ils l'ont fait, ces Palois. Sous la baguette de Slade, auteur de leur seul essai et de tous leurs points, et par le talent de Smith, les hommes de Mannix ont déjoué une équipe montpelliéraine qui a sans doute pris son adversaire un peu trop de haut.

Si O'Connor inscrivait le seul essai du MHR juste avant la pause et avant de se blesser, les intentions des Héraultais ont été trop timorées, à l'instar de Trinh Duc, pour intimider le promu qui a joué crânement sa chance et a réussi le coup parfait en égalisant à dix minutes du terme, avant de donner la victoire aux siens sur une dernière pénalité.

Une belle leçon d'humilité à retenir pour ces stars montpelliéraines qui rêvent de titre, mais qui restent en dehors du TOP 6 pour l'instant.

Quant aux Palois, ils sont à dix points de la zone relégable, ce qui leur laisse une belle marge de manoeuvre pour assurer leur maintien.

 

Stade Français – Brive         32 – 17

Incendie maitrisé !

« Au feu, les pompiers, y a la maison qui brûle ! »

On le sait les meilleurs pompiers sont ceux de Paris. Et ils sont intervenus à Jean-Bouin en seconde période alors que Brive avait enflammé le match en première.

Ils s’appellent, Slimani, Parisse, Danty et Plisson, pompiers internationaux, revenus tout droit du VI Nations. Le premier à la mêlée pour stabiliser la conquête, le second tout feu tout flamme jusqu’à l’essai libérateur de Sinzelle, le troisième pour enfumer ses adversaires sur le dernier essai parisien, le quatrième pour circonscrire le danger et passer les derniers points.

Ouf ! Ils ont eu chaud… très chaud les parisiens menés 9 à 17 à la 50ème minute après l’essai de Namy, alors que les Corréziens avaient le match en mains depuis le début du match.

3 essais suffiront à éteindre l’incendie côté parisien, Camara (56è), Sinzelle (63è) et Danty (77è). Il en manquera un pour le bonus offensif. Il ne faut pas trop en demander non plus !  

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Le Tournoi fait son retour en parallèle du TOP 14.

Un vrai casse-tête pour certains, une aubaine pour d'autres !

 

A suivre, vendredi 26 février, d’abord, sur France 2 :

  • Pays de Galles – France, à 21h : sous le toit du Millennium (sans risque que le ciel ne nous tombe sur la tête)

Puis samedi 27 février, toujours sur France 2 :

  • Italie – Ecosse, à 15h25: une cuiller en jeu (ou comment toucher du bois pour ne pas l’avoir)
  • Angleterre – Irlande, à 17h50 : le destin d’un grand Chelem en mains.

 

En TOP 14, à partir de samedi 27 février :

  • Toulon – Brive, à 14h30 (C+) : attention, danger Coujou.
  • Stade Français – Grenoble, à 18h30 (r+) : comme des orphelins,
  • Agen – La Rochelle, à 18h30 (r+) : pour l’honneur et le public,
  • Clermont – Oyonnax, à 18h30 (r+) : un Michelin intransigeant,
  • Pau – Bordeaux, à 18h30 (r+) : sur sa lancée,
  • Racing 92 – Castres, à 20h45 (C+ sport) : en nouveau patron.

Enfin, dimanche 28 février :

  • Toulouse – Montpellier, à 16h15 (C+) : au secours, où sont les cadres ?