A coeur ouvert !

VI NATIONS... 3ème journée                  Pays de Galles – France        19 – 10

Galles France 2016

Cette fois le sort n’a pas souri au XV de France qui, après avoir subi une lourde intervention sur le billard du Millennium, rebaptisé Principality Stadium sans mon avis, n’a pas survécu au mal qui le ronge depuis le début de ce tournoi, à savoir…

un cœur trop gros
pour un jeu en insuffisance d’attaque.

Il s’agit d’une hypertrophie de l’envie et du courage qui se heurte à un obstacle, à un mur, obligeant la charnière à augmenter sa pression d’éjection afin d’assurer un débit suffisant de jeu pour y faire face, jusqu’à l’épuisement.

Pourtant le cœur avait tenu bon jusque-là, face à l’Italie puis l’Irlande au Stade de France, non sans montrer toutes ses faiblesses.

C’est pourquoi vendredi soir les Bleus de Novès se sont rendus dans le centre le plus inhospitalier du tournoi pour une opération nécessaire à toit ouvert et à haut risque.

« Il faut qu’on sache si elle est viable cette équipe ! »

Après une anesthésie totale d’avant match où il s’est endormi sous les projecteurs du Millennium, le XV tricolore s’est laissé faire par la chirurgie diabolique du XV du Poireau, sa main experte en actions.

Trente minutes sans respirer, inconscient de ce qui ce joue, à son corps défendant, à voir 36 chandelles, sous les vagues successives d’électrochocs, de coups de bistouris près de la ligne d’en-but, dans un souci de survie permanent et épuisant.

Mais le cœur, lui, tient bon et les tripes suivent. Le chirurgien en chef des Diables aux blouses rouges, Dan Biggar, ne parvient à poser que 6 points de suture pour joindre les deux bouts d’une première période largement maîtrisée par son équipe.

Et pourtant il s’en est fallu de peu, dans un réveil impromptu, que les Bleus n’inscrivent un premier essai sur un rare temps fort, initié par une incursion des trois-quarts. Plisson pour Mermoz, Mermoz pour Vakatawa, enfin ! La séquence dure deux belles minutes, relayée par Machenaud et Plisson jusqu’à leurs avants, avant que Goujon ne l’avorte pour un soutien illicite. Mais l’action sera néanmoins récompensée par une faute galloise sur le capitaine des Bleus.

Plisson passe 3 points, le XV de France respire enfin à l’issue de ce premier acte pourtant étouffant jusqu’à la dernière seconde où les Diables rouges ont été à deux doigts d’inscrire leur premier essai, en vain. Hou !

Menés 6-3 à la pause, les Bleus peuvent être confiants, ils savent qu’ils reviennent de loin, leur opération de survie n’est pas morte dans le b loc opératoire du Millennium.

Seulement à la reprise, le patient français va faire un arrêt cardiaque.

Alors que Dan Biggar recousait le score à son avantage par une nouvelle pénalité (9-3), c'est sur un nouveau temps fort tricolore qu'un contre gallois atteint le coeur des Bleus, trop gros pour repartir normalement.

Un coup de pied du stratège local dans le dos de la défense française, hors de son camp, et l’ailier North parvient le premier sur le ballon pour un essai heureux alors que le cuir semblait lui avoir échappé. En effet, c’est Plisson qui dans un retour hasardeux va lui remettre dans sa course vers l’en-but. Imparable. Malheureux !

L’ouvreur parisien va pourtant appliquer les premiers soins d'une révolte, campant dans le camp gallois tel le Samu aux abords d'un accident de la route, durant quinze longues minutes, de pénal-touche en pénal-touche pour tenter de ne pas mourir dans ce match.

Mais rien n’y fait, pas même trois petits points pour récompenser le travail des avants. Pire, à défaut d’être efficaces, les Bleus sont en plus sanctionnés, Biggar passant une nouvelle pénalité (19-3).

« On est en train de le perdre ! »

Pourtant jusqu’au bout, les Bleus tiennent la balle, on ne sait comment. La circulation se fait grâce à la pompe artificielle qui semble alimenter Guirado, tant il déploie une énergie surhumaine qui laisse perplexe quand on sait le nombre d’heures de jeu qu’il a dans les pattes depuis plus d’un mois et chaque week-end.

Mais là, n'est pas le sujet, je n'ai pas le coeur à polémiquer.

Jusqu’à la dernière minute le capitaine des Bleus va pousser son équipe jusqu’à la juste récompense qu’il concrétisera lui-même suite à un ultime ballon porté. Alléluia !

Trinh Duc, entré en cours de jeu, transformera cette offrande, comme la promesse d’un avenir meilleur pour cette jeunesse qui, si elle a succombé vendredi soir, pourrait bien renaitre des cendres du Millennium dans l’antre de Murrayfield.

Car franchement, au delà de ce cœur et de ce courage, cette équipe a su montrer du caractère et de l’envie, ingrédients indispensables de ses prochaines victoires.

Et c'est bien là pour moi l'essentiel !

 

En bref…

Angleterre – Irlande                        21 – 10

Les Anglais ont repris Twickenham !

Cela faisait quatre mois que le XV de la Rose n’avait pas foulé la pelouse de Twickenham depuis sa reddition lors de sa propre Coupe du monde après les assauts successifs de ses voisins gallois et de son ancienne colonie australienne.

Il s’en est fallu de peu que les Irlandais ne fassent ressurgir le spectre de ce fort maudit après un match très disputé et haletant.

A l’instar du match des Français à Cardiff, le XV du Trèfle a bataillé en défense très rudement pour ne pas encaisser d’essais face à des Anglais très agressifs. Les coéquipiers de Sexton s’en sortiront avec le même score à la pause (6-3).

Sauf qu’à la reprise, c’est un scénario totalement différent que réservent les Irlandais à leur hôte, avec un essai surprise de Murray qui s’échappe d’un ruck après plusieurs charges sur la défense locale dépassée (6-10).

Le match s’emballe de part et d’autre mais ce sont les Anglais qui ont le dernier mot à l’heure de jeu, avec un essai conclu au large par Watson après de belles séquences au ras (14-10). Le coaching d’Eddy Jones avec l’entrée de Dany Care paye aussitôt avec un second essai signé Brown (21-10).

On pense alors que le match est plié, c’est ne pas connaître le tempérament des Celtes quand ils jouent contre leur meilleur ennemi. Sexton, flamboyant, donne des munitions à ses troupes durant le quart d’heure restant, non loin de faire plier alors la défense anglaise, Monsieur Poite multipliant les pénalités et l'ouvreur irlandais s’entêtant à chercher la penal-touche. Passant plusieurs fois la ligne sans jamais aplatir de manière évidente (la vidéo a été mise à rude épreuve), le XV du Trèfle cède une nouvelle fois la victoire à son adversaire et se positionne à l’avant dernière place juste devant les Italiens.

Alors que le XV de la Rose peut poursuivre son chemin d’un double titre, celui d'un grand Chelem et celui de la Triple Couronne.

 

Italie – Ecosse                       20 – 36

La première de Cotter !

Après deux ans à la tête du XV du Chardon, Vern Cotter peut enfin savourer sa première victoire, les Ecossais ne seront pas cuiller de bois cette année.

Et ils y ont mis la manière au stade Olympique de Rome, les hommes du stratège néo-zélandais !

D’entrée, ils ont inscrit deux essais par Barclay puis Hardie avant que la Squadra Azzurra ne réplique aussi brillamment par Ghiraldini à la demi-heure de jeu.

La rencontre est rythmée et serrée jusqu’au bout, Laidlaw enquillant les pénalités quand Fuser réveillera les siens par un second essai à l’heure de jeu, ramenant les Italiens à 6 longueurs des visiteurs (20-26).

Seulement les coéquipiers de Laidlaw sont bien les plus forts. Même à quatorze en fin de rencontre ils inscriront l’essai de la victoire par Seymour après un relai au cordeau de Russel et Hogg jusqu’à son aile.

Quel plaisir de voir ces Ecossais jouer de la sorte. Cela promet un bel affrontement dans quinze jours face aux Bleus de Novès à Edimbourg.

 

Alors que chez nos Bleuets et nos Bleues...

Pays de Galles – France       16 – 10         (Bleuets)

Comme les grands !

Ou presque… Un essai partout et une inefficacité offensive, on se croirait revenu au Millennium, la veille.

Car samedi soir les Bleuets n'ont pas réussi à faire craquer leurs homologues gallois, solides en défenses et adroits au pied. Après une domination stérile en début de rencontre, le XV de France des moins de 20 ans s'est laissé surprendre par des locaux plus réalistes avant de sombrer en seconde période dans l'indiscipline, les handicapant durant vingt minutes en infériorité numérique.

Dommage pour ces Bleuets qui avaient tout pour rêver de grand Chelem. Il s'agit désormais de se concentrer sur les prochaines rencontres car le Tournoi, lui, n'est pas perdu.

 

Pays de Galles – France       10 – 8          (Bleues)

Privées de télé !

Pas de retransmission en direct des seules bonnes performances françaises du week-end. Un comble !

Pourtant nos Féminines étaient le meilleur espoir avant ce match pour réaliser le grand Chelem. Mais France Télévision n’a pas cru bon utile d’envoyer au fin fond du pays de Galles un caméraman et deux commentateurs pour voir nos gonzesses sublimer le rugby français.

Tout juste la chaîne propose-t-elle de voir les filles en streaming sur son site comme on mate un film de cul amateur sans commentaires. Et dire qu'elle se vante précurseur de la médiatisation du rugby féminin. Elle a encore de la marge !

Quand on pense qu'à Twickenham, le XV de la Rose masculin jouait quasi en lever de rideau du match des Ladies face à l'Irlande. On est loin d’offrir le Stade de France à nos Bleues méritantes si les médias continuent à faire semblant de les mettre en avant.

Hypocrisie masculine quand tu nous tiens !

Bon les filles, j'en ai vu un bout, et comment vous dire ? ... C'était pas beau à voir... La faute au seul plan caméra qui bougeait tout le temps pour couvrir tout le terrain et qui zoomait et dézoomait à tout va, mais aussi à une défense hargneuse de votre adversaire qui ne vous a rien épargné.

Mais ça manquait surtout de vitesse et de jeu au large, à votre portée, au lieu de vous focaliser systématiquement sur des ballons portés autour de Safi N'Diaye. Il faut varier un peu !

Vous perdez toutes seules, à vous empêtrer dans ce rugby minimaliste et improductif qui ne vous a offert qu'un seul essai en première période. Les Galloises vous ont usées et ont été plus réalistes que vous, tout comme les gamins la veille et les mecs le jour d'avant. Décidément, il faudra vous trouver d'autres modèles ! 

Car la suite de la compétition s'annonce compliquée pour nos petits mâles, alors que vous méritez bien mieux !

 

16ème journée de TOP 14 en 2 mots… pas un de plus !

Doublon, dindons…

Racing 92 (2) – Castres (7)                  9 – 13         Exploit revanchard.

Toulon (1) – Brive (8)                         44 – 15         Tout bonus...

Clermont (3) – Oyonnax (14)             44 – 16         Tout pareil !

Pau (12) – Bordeaux (4)                       3 – 15         Merci Bernard...

Toulouse (5) – Montpellier (6)          29 – 31         Merci Doussain !

Agen (13) – La Rochelle (10)              31 – 27         Belle remontée...

Stade Français (11) – Grenoble (9)   18 – 33         Belle farce !

(entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

En bonus...

Un petit bijou !

Je ne fais pas le suivi du Super Rugby mais jetez un oeil sur ce chef d'oeuvre lors de la première victoire des Jaguares (province argentine engagée) sur la pelouse des Cheetahs en Afrique du Sud (33-34).

Magnifique essai pour une victoire historique !                             Cliquez ici >>

Quand on voit comment jouent ces Argentins, je me demande s'il ne faudrait pas créer une province française pour intégrer le Super Rugby et alimenter avec le XV de France...

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 s’affranchit du doublon...

Le Tournoi des VI nations ne reprend que dans 15 jours, le temps pour les clubs de retrouver leurs internationaux et aborder plus sereinement la 17ème journée du championnat.

 

A suivre, dès vendredi 4 mars :

  • Grenoble – Clermont, à 20h45 (C+ Sport) : après le champion, pourquoi ne pas pousser le vice ?

Puis samedi 5 mars :

  • Brive – Toulouse, à 14h45 (C+) : remonter dans le wagon de tête,
  • Racing 92 – Agen, à 18h30 (r+) : les pieds sur terre,
  • Pau – Stade Français, à 18h30 (r+) : même combat de fond,
  • Bordeaux – Oyonnax, à 18h30 (r+) : et pourquoi pas le podium ?
  • Montpellier – Castres, à 20h45 (C+ sport) : en pré-barrages.

Enfin, dimanche 6 mars :

  • La Rochelle – Toulon, à 16h15 (C+) : pour le prestige.