Qu'il est beau mon patrimoine !

TOP 14... 5ème journée                         Clermont – Bordeaux        40 – 16

David Strettle, un essai à tire-d'aile...

Visite guidée au palais Michelin…

Ce week-end était à l’heure des journées du patrimoine.

Si l’Elysée, le Sénat et l’Assemblée Nationale restent les lieux les plus prisés par les visiteurs, il en est un autre de pouvoir qui fait déplacer les vrais connaisseurs du patrimoine rugbystique :

il s'agit de l’hémicycle du stade Marcel-Michelin.

Un véritable monument du jeu sur lequel les Jaunards règnent en maîtres absolus depuis le début de saison.

Son architecture ogivale de jeu de trois-quarts forme un arc lancé d'un point d'appui à un autre sous la voûte d’un pack perforant, passant par la clef de voûte de sa charnière pour constituer une imposante structure dominant le championnat.

Ce trésor de jeu rutilant par ses ailiers en feu, comme Strettle et Nakaitaci, fait la richesse autant que la splendeur de ses éclats sur toute sa surface. Quand ses fortifications à chaque ligne en font une forteresse imprenable de premier plan.

« Ici, ici, c’est Montferrand ! » peut-on lire en lettres majuscules sur le front de chaque tribune comme sur les lèvres des supporters jaune et bleu qui y figurent comme des statues antiques immuables. On est forcément impressionné de premier abord.

Ici les visiteurs font la queue de longues minutes, qui leur paraissent des heures interminables, avant d’entrée dans le match et toucher leur premier ballon.

Ici l’entrée est gratuite et on ne ressort rarement les mains vides. Une belle valise est offerte à chaque visiteur avec des animations et des essais en bonus.

Samedi soir, au stade Marcel-Michelin le visiteur bordelais n’a pas fait exception.

« Ici, il se passe quelque chose qui ne se passe nulle part ailleurs. C’est pourquoi on revient chaque année. »

Et les Girondins n’ont pas fait le déplacement pour rien.

Au bout d’un quart d’heure, le dernier joyau de l’ASM, Rémi Lamérat, concluait avec détermination la première séquence d’envergure du maestro auvergnat, tandis que Morgan Parra ajustait ses coups de pied avec la même maestria pour prendre le large au score, à l'image de  son jeu.

L’animation offensive autorisait le visiteur Lionel Beauxis à copier son hôte pour l’occasion, ce qu’il a fait avec la même inspiration, passant trois pénalités en première période, tout comme son modèle. Bravo !

Après la pause, le festival clermontois a démarré avec un magnifique feu d’artifice de quatre nouveaux essais, aussi splendides les uns que les autres.

Paul Jedrasiak d’abord, après une démonstration de force du pack auvergnat sous l’impulsion de Fritz Lee. Puissant !

David Strettle dans la foulée, suite à un coup de pied ingénieux de Morgan Parra le long de sa ligne. Facile !

Entre les deux, Metuisela Talebula s’était régalé à s’offrir un essai en solitaire suite à un coup de pied pour lui même. Quel pied ! Mais c’est tout ce que la journée portes ouvertes autorisera au visiteur inspiré.

Le quatrième essai clermontois sera l’œuvre à nouveau du pack clermontois qui, en nouvelle épreuve de force, viendra s’écrouler derrière la ligne avec John Ulugia en porteur de ballon et de bonus offensif. Efficace !

La dernière salve, comme dans tout feu d’artifice, sera la plus spectaculaire, un véritable bijou de ce jeu si courtisé, avec une séquence époustouflante conclue à nouveau par David Strettle, après les relais de toutes les lignes où presque toute l’équipe a touché le ballon.

Bordeaux est donc reparti avec sa valise pleine… mais de rêves surtout.

Car les Girondins, en s’endormant le soir, cultiveront à leur tour, j’en suis sûr, ce beau patrimoine qu’ils ont pu voir de leur jeu vu, dans ce palais inaccessible du Michelin, et qu’ils ont même pu toucher du bout des doigts.

Ils pourraient bien l’appliquer un jour sur les terrains de France. Mais en attendant, le roi est auvergnat et semble régner seul sur les terres du TOP 14. Mais peut-être pas pour longtemps.

 

En bref...

Racing 92 (5) – Toulon (8)                     41 – 30

Le Champion passe la cinquième

Si Clermont impressionne, le Racing, lui, ne fait pas plus dans la dentelle. Et côté patrimoine du beau jeu, il avait de quoi séduire ses visiteurs, dimanche après-midi à colombes.

Les Toulonnais n’ont existé qu'un quart d’heure par mi-temps, pour démarrer tambour battant et inscrire trois essais, quand les locaux les ont tout simplement éclaboussés de leur classe avec un jeu offensif étincelant et six essais à la clé.

A l’image de Imhoff, auteur d’un triplé, et surtout du duo néo-zélandais Carter-Laulala qui a encore frappé pour nous régaler de gestes et d’actions splendides.

Selon moi, dès la cinquième journée on connaît déjà les deux premiers demi-finalistes de la phase finale. Je dis ça, je dis rien.

 

Bayonne (13) – Montpellier (3)               9 – 21

Force est de constater…

Je pourrais m’arrêter là pour résumer ce match sans essai. Une puissance montpelliéraine hors du commun qui a écrasé des locaux impuissants, en ballons portés et rucks fracassants. On connaît la triste chanson.

Tout s’est réglé aux bottes de sept lieux de Catrakikis puis de Steyn contre celle du petit poucet Du Plessis (ironie du sort, le seul Du Plessis qui n’était pas dans le bon camp).

Y aura rien à faire, il faudra compter sur cette force là dans la lutte au sacre final.

 

Brive (4) – La Rochelle (2)                      29 – 28

En trouble-fête

Le leader rochelais n’a pas été loin d’un nouvel exploit, encore. Il s’en est fallu de rien, il s’en est fallu d’un point surtout.

Menant 22-10 à la pause après avoir inscrit trois essais, coup sur coup, les Maritimes ont laissé les Coujoux se rebeller devant leur public et revenir dans la partie en seconde période pour l’emporter grâce à un deuxième essai de Mignardi et surtout au pied précieux de Germain, auteur de cinq pénalités... encore.

Mais peu importe, l’affaire n’est pas mauvaise pour les Rochelais qui repartent avec un point de bonus défensif et restent en bonne posture à la seconde place derrière les Clermontois quand les Brivistes remontent, eux, à la 4ème place.

Tout ça au nez et à la barbe des grosses écuries exclues du TOP 6. Tant mieux!

 

Castres (6) – Grenoble (14)                     46 – 9

En parcours de santé

Les Castrais avaient besoin de se refaire une santé à la maison. C’est chose faite.

Sans aucune résistance (ou presque) les Grenoblois ont regardé les locaux se défouler sur eux et leur infligé une correction mémorable, avec sept essais.

On n’est qu’à la cinquième journée et selon moi, on connaît déjà les deux relégables pour la saison prochaine. Avec Bayonne, Grenoble semble afficher peu d’espoir dans ce championnat. Je dis ça, je dis rien.

 

Lyon (9) – Toulouse (11)                        25 – 20

Insuffisant !

« Toulouse se doit de maîtriser un peu plus dans le contenu pour espérer exister »

On ne peut qu’être d’accord avec le manager toulousain, Fabien Pelous, tant le jeu des Haut-Garonnais semble avoir plus d’intentions que de réelles solutions de concrétisation.

Une redite par rapport à la semaine passée, je sais. Certes, Toulouse a marqué deux fois, Lyon qu’une seule. Mais que c’est poussif et inefficace par rapport à la possession et l’occupation dans le camp adverse. Les Stadistes doivent l'emporter dix fois ce match !

Quant aux Lyonnais, il va falloir en montrer un peu plus pour pouvoir récidiver à domicile face à plus gros et surtout pour aller chercher des points à l’extérieur. Mais bon, le LOU a l’effectif pour monter en puissance. Je leur souhaite.

 

Pau (10) – Stade Français (7)                  23 – 6

Et Conrad Smith...

Il aura été l’homme du match, auteur d’un superbe essai et d’une passe décisive.

Avec son compère néo-zélandais, Colin Slade à l’ouverture, il aura animé cette section comme des cuivres bien accordés qui ont su sonner dans les bronches des Parisiens, pas au mieux de leur effectif et de leur forme.

Il manquait juste un essai aux Palois pour que l’harmonie soit à son comble. Les Parisiens devront se reprendre dès la semaine prochaine. Rien d'alarmant pour l'heure.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Le IV Nations en très bref...

Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud      41 – 13

Fallait pas commencer !

Contre les All Blacks, l’erreur c’est de vouloir marquer avant eux. Là, ils réagissent aussitôt et tu prends cher comme samedi.

Habana et les siens l’ont appris à leurs dépens après le premier essai sud-africain. A peine trois minutes plus tard, les ailiers noirs se sont mis en piste sur leurs lignes et c’était parti pour le décollage.

Dagg puis Savéa ont chassé le score et regagné la pause avec un avantage de cinq points.

Puis en seconde période, une nouvelle escadrille a repris du combat avec Ben Smith puis Savéa à nouveau pour le bonus offensif avant que Whitelock et Perenara n’achèvent la bataille au sol pour les cinquièmes et sixième essais.

Une nouvelle bataille rondement menée. Et comment !

Tu ne peux pas faire plus rond avec un 20 sur 20 qui sacre déjà les All blacks, champions du Four Nations, deux journées avec son terme.

 

Australie – Argentine                             36 – 20

Cueillis à froid

Quand tu prends 21-0 en moins d’un quart d’heure, difficile de revenir dans la partie.

C’est ce qui est arrivé samedi aux Pumas après avoir encaissé trois essais d’entrée. La suite du match s’est rééquilibré mais avec un handicap difficilement rattrapable.

5 essais à 2 au final. Mais que de regrets pour les Argentins qui vont avoir du mal de se sortir de cette dernière place avec les deux dernières journées.

Mais tout reste possible pour ces trois prétendants à la seconde place.

Classement : 1- Nouvelle-Zélande 20 pts ; 2- Australie 9 ; 3- Afrique du Sud 6 ; Argentine 5

  

La semaine prochaine…

Le TOP 14 monopolisera seul la scène. Repos forcé pour le Four Nations.

Une sixième journée de championnat qui sent le rachat pour beaucoup d’équipes bien décevantes en ce début de saison.

 

Au programme du TOP14 à partir de samedi 24 septembre :

  • Castres – Racing 92, à 14h45 (C+ sport) : un vrai test,
  • Bordeaux – Lyon, à 18h30 (r+) : tout à prouver,
  • La Rochelle – Bayonne, à 18h30 (r+) : ravir le trône encore,
  • Grenoble – Pau, à 18h30 (r+) : dans le dur,
  • Toulouse – Stade Français, à 20h45 (C+ sport) : vieilles gloires.

Puis dimanche 25 septembre :

  • Montpellier – Brive, à 12h30 (C+ sport) : tiens, prends ma place !
  • Toulon – Clermont, à 16h15 (C+) : tout à perdre.