Foley pas l'inviter !

TEST MATCH... Tournée d'automne (2)                 France – Australie        23 – 25

Foley, balle en main, part à l'essai.

Le marchand de glaces est passé...

Invité de dernière minute, parce que Quade Cooper avait mal à une cheville, Iceman, comme on le surnomme, pour son sang froid et sa capacité à distribuer du jeu et inscrire souvent les points décisifs, a jeté un froid, samedi soir, sur le Stade de France, en endormissant nos Bleus dans leur propre jeu.

Fallait pas l’inviter !

Bernard Foley, 27 ans, vainqueur du Super 15 en 2014 avec les Waratahs, contre les Crusaders de Dan Carter et Richie McCaw, offrant la victoire aux siens (33-32) sur une ultime pénalité à plus de 40 mètres et à moins de 30 secondes de la fin.

Bernard Foley, 28 sélections, 47 pénalités, 45 transformations, 7 essais, un seul drop (oups!), pour 269 points, finaliste de la dernière Coupe du monde après avoir sorti les Argentins en demie mais surtout après avoir à nouveau sauvé les siens d’un quart de finale mal barré contre des vaillants et plus méritants Écossais, inscrivant la pénalité (pourtant injustifiée) de la gagne à deux minutes de la fin (35-34).

Encore samedi soir, il a fait le coq, inscrivant quasi tous les points possibles au pied (10/12) et le deuxième essai des Australiens, juste au retour des vestiaires, histoire d'enfoncer un peu plus la crête de nos Gallinacés que l’on croyait revenus dans la partie à la pause (11-13).

Fallait pas l’inviter, je vous dis !

Son pied droit précis, sa passe sautée millimétrée ont mis dans l’avancée cette jeune équipe australienne remaniée, pourtant à la portée du XV français dont la mêlée lui était largement supérieure. Insuffisant sans tenir le ballon !

Car voilà, les Bleus avaient décidé samedi soir de regarder le maestro orchestrer le jeu à sa guise et laisser les commandes de la rencontre aux Wallabies.

« Intimidés », avouait Wesley Fofana à la fin du match. Ses coéquipiers et lui ne sont parvenus que rarement à se saisir du cuir après avoir tanné leurs adversaires…

« Mais euuuh ! … c’est à not’ tour… vous l’avez eu assez longtemps, là ! »

« Bon d'accord, amusez-vous ! ... mais juste deux minutes. » 

Deux minutes pour voir enfin une action dantesque...
avec un essai au bout de l’inévitable Vakatawa. On se serait cru chantant contre les Samoa. On n'était qu'à la 17ème minute et la France menait contre le cours du jeu (8-0). Whouah !

Oui, mais petitement... Machenaud manquant une première fois la transformation. Un mal récurrent qui nous coûtera cher à l'arrivée. On pensait les Français sur le bon cap pour redresser la barre. On allait vite déchanter.

Dix minutes plus tard, les Tricolores prenaient la houle et chaviraient sur un ballon porté adverse que Charles Ollivon aura la mauvaise idée d’écrouler. Essai de pénalité et carton jaune pour le troisième ligne toulonnais.

Monsieur Jackson n’a pas hésité une seule seconde. Par contre en fin de rencontre, il hésitera longtemps avant de ne pas offrir la pénalité de la gagne aux Bleus sur des mêlées subies par les Australiens.

Fallait pas l’inviter, lui non plus !

Car la seconde période aura redonné des ailes à nos trois-quarts tricolores qui retrouvaient de leur superbe.

La paire de centres, Fofana-Lamérat, toujours aussi incisive, allait percer le rideau de la défense australienne, quand Noa Nakaitaci allait à lui tout seul lui donner le tournis. Il fallait bien cela pour rattraper le coup de massue de Foley dès la reprise.

C’est Jean-Marc Doussain qui sera le premier à franchir l’en-but pour remettre les Bleus dans le match. Un essai de trois-quarts avec Spedding et Vakatawa au relais. On y croyait.

Mais là encore Machenaud nous privait des points de la transformation. Et c’est la réplique de l’ailier funambule australien, Kuridrani, qui allait assommer une nouvelle fois ce XV tricolore dépassé. Un essai en coin acrobatique, en suspension dans l’air avec un toucher impeccable sur la ligne d’en-but. Incroyablement fabuleux !

Menés de 9 points, les Bleus allaient réagir avec la fraîcheur de leur banc et des trois-quarts toujours autant en jambes. Et c’est Fofana qui inscrivait l’essai de l’espoir, ramenant son équipe à deux points, après une combinaison clermontoise somptueuse.

Scott Spedding aura la balle de match entre les mains et un pois-chiche dans la tête trop influent, oubliant ses coéquipiers en surnombre sur l’aile alors qu’il tentait d’y aller seul. Argh !

La fin de match ne donnera pas raison aux locaux, cherchant cette pénalité sur les dernières mêlées dans le camp australien. L’arbitre n’en fera rien, comme je vous disais. Alors un ultime espoir, dans le money-time, s’ouvrait à nos Bleus et à nos yeux quand Camille Lopez, tout juste entré et en position de drop, tentait de sauver les siens.

Machenaud le servait impeccablement mais la tentative de l’ouvreur clermontois passait à côté.

Fallait pas non plus l’inviter !

D’autant que, ironie de l’histoire, son coéquipier de club et ancien international français, Morgan Parra, qui s'improvisait ouvreur à Clermont quelques heures avant, passait, lui, le drop de la victoire dans les dernières secondes.

Et si c’était un signe que le destin de Parra devait s’écrire en demi d’ouverture pour l’équipe de France ? … Bien sûr, je n’ai plus toute ma tête.

Mais bordel, Bernard Foley, il n’y avait pas moyen qu’il soit un petit peu français ?

Bernard, c'est pas australien, ça !

 

Les autres résultats internationaux

Géorgie – Samoa                             20-16

Tonga – Etats-Unis                         20-17

Roumanie – Canada                      21-16

Italie – Afrique du Sud          20-18

Angleterre – Fidji                          58-15

Pays de Galles – Japon                  33-30

Ecosse – Argentine                         19-16

Irlande – Nouvelle-Zélande   9-21

Enorme sensation en Italie avec cette première victoire historique de la Squadra Azzurra sur les Springboks. Après les Irlandais à Chicago contre les All-Blacks, rien ne va plus chez nos invités de l'autre hémisphère.

Mais cette fois les Néo-Zélandais ont remis les pendules et les scores à l'heure à Dublin. On est prévenu. Si les Bleus perdent de moins d'une dizaine de points, on pourra se dire que l'on est au niveau.

A noter que la victoire ric-rac des Ecossais face aux Argentins devrait leur offrir la 7ème place des Français au classement World Rugby.

 

12ème journée du TOP 14 en bref…

Clermont (1) – Lyon (11)                    16 – 13

Dropement bien sauvé !

Privés de 7 internationaux, Frank Azéma a composé son équipe à sa sauce imaginative, comme il en a les moyens, plaçant cette fois Morgan Parra comme ouvreur… « providentiel ».

Car le reste de l’équipe, assez équilibré et avec fière allure pourtant, n’a pas suffi pour manger tout cru des Lyonnais plein d’envie d’en découdre, surtout pour les anciens Asémistes comme Bonnaire, Privat, Paulo et Nalaga.

Un seul essai à la pause, pour l’international Iturria (rendu au club par Novès), en belle forme, et une belle partie des visiteurs qui ont égalisé en seconde période grâce à un essai plein de testostérone de Couilloud (oui je sais, c’est facile).

Mais c’était sans compter le sauveur du jour, notre ouvreur local de substitution, qui claquait un drop victorieux dans le money-time. Sans doute, Camille Lopez, s’il l’a vu, l’avait dans un coin de la tête quatre heures plus tard.

Clermont reste en tête du classement quand Lyon prend un très bon point au Michelin, à défaut de mieux… encore.

 

Bordeaux (2) – La Rochelle (3)          26 – 0

Une remise en place, tout simplement

Bordeaux a mis les points sur les i aux Maritimes qui marquent un coup d’arrêt avec un zéro pointé qui risque de laisser des traces pour la suite.

Hickey au pied avec 14 points à lui seul, puis Taofifenua et Poux pour deux essais seulement qui ont de quoi frustrer les Bordelais au final, aux portes d’un bonus offensif qui leur tendait les bras.

Les Rochelais laissent la place de dauphin à leur bourreau du jour, tout en restant à hauteur, à 6 points du leader.

 

Stade Français (10) – Montpellier (4)    21 – 17

Sans vouloir vous offenser…

Amis Parisiens, c’était le monde à l’envers dimanche midi. L’apéro a eu du mal à passer à Jean-Bouin ou quoi ?

Cce sont les Montpelliérains qui ont été les plus offensifs, avec deux essais à la clé (Tomané, Nagusa), quand les Stadistes se sont contentés de marquer au pied, s’appuyant sur leur conquête et Plisson.

C’est petit, comme la victoire au bout du compte… Mais on l'a bien compris, il n’y a que les quatre points qui comptent pour s’aérer au classement.

Le MHR repart avec un point de bonus défensif, c’était la moindre des choses. Pour une fois.

 

Castres (6) – Toulon (5)                     34 – 17

Palis comme un faux Foley…

Samedi, en début d’après-midi, l’arrière Castrais aura été le maître d’œuvre de cette belle victoire bonifiée du CO.

Impeccable au pied, dans l’occupation et face au perche, tout comme l’ouvreur Australien quelques heures plus tard, Geofrey Palis a porté son équipe et a inscrit également un essai sur les quatre au total, synonyme de bonus offensif.

Une belle prestation de Ebersohn aussi, qui a signé un doublé et permis ce succès bonifié face à des Toulonnais spectateurs sur le terrain, comme s’il n’y avait plus de places en tribunes.

Orioli sauvera l’honneur pour les Varois. Pas très convaincante cette fois la méthode Ford. Toujours dans le TOP 6 le RCT est rejoint par le CO... enfin !

 

Brive (9) – Pau (12)                           38 – 25

Germain comme un vrai Halfpenny

Brive ne pourrait pas se passer d’un tel joueur. Encore 18 points au pied.

L’arrière corrézien est une bouffée d’oxygène à portée de chaque match qui fait respirer son équipe à chaque fois qu’elle en a besoin. Comment ne pas faire le parallèle avec le XV de France qui manque cruellement d’un tel joueur, sûr au pied, et polyvalent dans le jeu.

Monsieur Novès, le rugby passe aujourd’hui beaucoup par là. On l’a vu avec Foley et nos deux points qui nous manquent alors que Machenaud et Spedding en laissent sept à eux deux.

Pour revenir à ce match, les Brivistes ont été réalistes et efficaces, inscrivant quatre essais sans pour autant décrocher le bonus offensif car ils ont été aussi laxistes en défense, surtout en fin de match.

Les Palois sont revenus sur eux en inscrivant deux essais en fin de partie. Mais Brive est bien en place dans ce championnat, au contact du peloton en course pour le TOP 6.

Mauvaise affaire pour la Section Paloise qui voit les relégables revenir sur elle.

 

Racing 92 (7) – Grenoble (14)              29 – 24

Même pas peur !

Les Grenoblois n’ont pas lâché dans ce match que l’on croyait pris en main par les champions de France quand ils prenaient le large avec un quatrième essai à l’heure de jeu.

Que nenni ! Les Isérois ont répondu en fin de rencontre jusqu’à décrocher un bonus défensif mérité avec un troisième essai signé Farrell.

Les Racingmen peuvent s’estimer heureux de s’en sortir à si bon compte. Encore cinq minutes et on ne donnait pas cher de leur peau.

Grenoble grappille des points, par-ci, par-là… En espérant qu’au printemps prochain cela paiera.

 

Bayonne (13) – Toulouse (8)              16 – 13

S'en vouloir m'en mêler...

Ah! ils les aiment ces mêlées, les Basques et les Toulousains !

Au point de ne pas prendre les points au pied quand l'arbitre leur offre gracieusement chacun une pénalité suite à une mêlée. Et chacun remet ça, pensant être le plus fort. Et pan! voilà que les forces s'inversent et les points se perdent...

"Comme les claques" ont dû penser les staffs respectifs sur la touche.

Voici un match où deux équipes se sont neutraslisées jusqu'au bout avec un essai partout et un petit avantage au pied pour Saubusse sur Bezy, puis Marques, trop court sur la pénalité de l'égalisation.

Pas de quoi s'enthousiamer un dimanche après-midi... et ous la pluie.

Deuxième victoire aux forceps pour les Basques contre un gros. Quatre points qui font du bien et qui les sortent enfin de la dernière place. la course au maintien est relancée.

  

(entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

La tête dans « leurs » étoiles…

Les Bleus auront tous les projecteurs sur eux, toujours au stade de France, pour la réception des extra-nord-hémisphèrestres All-Blacks, triples champions du monde... et de l'univers.

Une mission aussi périlleuse et étriquée que celle de Thomas Pecquet en approche de la station spatiale internationale à bord du Soyouz

Pourtant lui y est parvenu, dans la nuit de samedi à dimanche, validant un premier test international avant un bilan attendu dans six mois lors de son retour.

Tout comme Guy Novès qui validera alors son deuxième tournoi des VI Nations.

Le TOP 14 gardera, quant à lui, les pieds sur terre, sans jouer, pour assister comme nous tous à cet incroyable événement.

 

Le programme des principaux matches internationaux 

Vendredi 25 novembre, d’abord avec :

            Canada – Samoa (21h)

Puis samedi 26 novembre avec :

Japon – Fidji (15h)

        Roumanie – Uruguay (15h)

Italie – Tonga (15h)

    Angleterre – Argentine (15h30)

             Ecosse – Géorgie (15h30)

     Irlande – Australie (18h30)

Pays de Galles – Afrique du sud (18h30)

       France – Nouvelle-Zélande (21h)