En 'Camou'flet ...

TOP 14... 13ème journée                       Grenoble – Montpellier        37 – 51

Bernard Laporte élu président de la FFR...

Camou fait, comme un raz… de marée !

Une vague de plébiscites, hautement en faveur de Bernard Laporte (53% contre 35 et 12), a submergé l’ancien président de la Fédération Française de Rugby, déchu samedi de son siège et invité à prendre place sur un strapontin au fond du nouveau comité directeur élu.

Prendre "la" porte en pleine gueule, une porte blindée même, c’est aussi ce qu’a ressenti le XV de Grenoble, à la dernière place du classement, en recevant le MHR samedi après-midi.

Une septième défaite, aussi comme un camouflet.

« On a été concassés devant ! », lâchera le talonneur Loïck Jammes à l’issue de la rencontre.

Ce week-end aura été le théâtre de raz de marée d’essais (50!) qui ont déferlé dans tous les stades du TOP 14, laissant là aussi leurs victimes sur le bord du terrain.

Les Grenoblois, comme Camou jouaient à domicile. Ils ont livré un gros match, inscrivant quatre essais, pensant avoir fait le plus dur avant de se faire « rouler-compresser » dessus par les avants de Montpellier, sous des mastodontes de ballons portés.

Ca avait pourtant bien commencé. Une passe au pied millimétrée d’Estebanez qui envoyait dans l’en-but son compère au centre, Farrell, pour le premier essai isérois. A peine cinq minutes et Grenoble régalait déjà son public, avant que Wisniewski ne conforte ce bon départ avec la transformation et une pénalité.

Mais un quart d’heure plus tard, la machine héraultaise roulait sur la défense locale et égalisait par l’incontournable Jannie Du Plessis. Qu’à cela ne tienne les Grenoblois réagissaient aussitôt et reprenaient l’avantage par Kimlin bien lancé par Wisniewski, très inspiré dans ce match.

Le chassé-croisé entre jeu au large et ballon porté allait se poursuivre quand Tomane pour Montpellier profitait d’un ruck éprouvant pour tromper la vigilance des défenseurs locaux.

Un genou à terre et en infériorité numérique, après le carton jaune infligé à Grice pour une succession de fautes tant la pression du pack adverse était forte, Grenoble allait céder une nouvelle fois, Ouedraogo concrétisant un pilonnage digne de l’aviation russe sur Alep.

Wisniewski limitait malgré tout la casse juste avant la pause pour n’être mené que de sept points. Seulement en seconde période de ruck en maul, de ballon porté en défense déportée, la puissance montpelliéraine allait avoir raison des Isérois qui pouvaient pourtant encore y croire, avec un quatrième essai à l’heure de jeu par Waqa, revenant alors à deux points d’une hypothétique victoire.

En vain ! 

Loick Jammes, dépité !

Nagusa puis Mogg enfonçaient le clou en toute fin de rencontre, sur les derniers coups de leurs avants-marteau, concasseurs d’équipes à la noix (à la coque fragile), pour les sixième et septième essais du MHR, synonyme de bonus offensif et de défaite cruelle, mais logique, des Grenoblois.

Comme Pierre Camou, ils font toujours toujours partie du jeu, mais pour combien de temps ? Les Isérois n’en mènent désormais pas large sur leur strapontin de relégable.

Quant aux intentions des Héraultais, enfin sur le podium, comme celles du Gaillacois, elles tournent autour de trois axes majeurs, à savoir :

  • la décentralisation des votes pour l’un, celle des forces sur le terrain pour les autres, axées sur les avants. Point.
  • Faire la peau à tous les "Grand Stade" qui se la pètent plus haut que le tribut du contribuable ou du supporter.
  • La refonte des championnats de Fédérales pour le nouveau président de la FFR, la redistribution des premiers rôles dans le championnat pour l'éternel président du MHR.

Rien ne dit qu'on les laisse faire ... 

 

En bref...

Pau (11) – Clermont (1)                      40 – 35

Le champion d'automne sur la défensive

Clermont s'est laissé dominer par son hôte qui a pris les devants sans jamais laisser le leader renverser le cours du jeu. Du spectacle et neuf essais dans un match ouvert. Sans doute trop, du côté de la défense clermontoise qui encaisse décidément beaucoup d'essais.

Cinq au total pour quatre marqués. L'équipe remaniée avait pourtant de l'allure et de l'homogénéïté. Seulement le talent et l'envie des Palois étaient les plus forts pour une victoire méritée, menée par son duo néo-zélandais de choc, Slade-Smith.

Les Auvergnats décrochent in extémis le point de bonus défensif, un moindre mal, grâce une nouvelle fois à Parra qui suppléait Lopez (pas en veine) sur la dernière pénalité. Le champion d'automne semble s'endormir sur les lauriers de son fauteuil.

Le retour des cadres internationaux et du sérieux devraient remettre de l'ordre dans le jeu des Jaunards pour leur quinzaine européenne à venir. Alors que Pau se rassure et s'éloigne du danger de la relégation.

 

La Rochelle (3) – Racing 92 (8)        23 – 23

Lacroix et la manière

L'ailier rochelais pensait avoir fait l'essentiel quand il est sorti à cinq minutes du terme d'un match rondement négocié. Ayant inscrit un doublé pour mener alors de 7 points, il ne pouvait rien arriver aux Maritimes, d'autant que les Racingmen terminaient la partie à 14 (carton jaune pour Afatia).

C'était sans compter l'état d'esprit du champion de France, dangereux plus que jamais dès qu'il manque un des siens, et qui décrochait l'égalisation grâce à un essai de dernière minute de Nyanga, transformé par Carter.

A l'image du match, les Rochelais n'ont cessé de se faire rejoindre en cours de partie, menant 12-0 pour atteindre la pause à 15-13. Incapables de tuer le sort de cette rencontre, ce sont les Racingmen qui en ont finalement profité avec deux essais et deux points à l'arrivée.

La Rochelle cède sa place de dauphin à Montpellier, à un point derrière et quitte même le podium à hauteur mais derrière Toulon, sur le retour.

 

Toulon (4) – Bordeaux (6)                37 – 10

Supérieurs !

Mayol a exulté dimanche après-midi en clôture de cette 13ème journée, en exécutant un visteur bordelais inférieur, surtout numériquement. Puisque le troisième ligne Braid a été exclu dès la 22ème minute pour avoir marché sur la tête de Gorgodze.

Toulon n'avait pas besoin de cela, avec le retour de ses stars, Halfpenny, Habana, Mitchell, Nonu, Kruger...

Mais il ne s'est pas fait prier pour profiter du surnombre et inscrire cinq essais, pour un bonus offensif minimum dans ces conditions.

Le RCT revient sur le podium, à cinq points du leader. Une bonne opération avant la quinzaine européenne, cruciale.

 

Lyon (12) – Castres (5)                       19 – 23

Un CO irrésistible

Castres poursuit sa belle série avec une troisième victoire d'affilée, la première à l'extérieur, qui fait du bien aux têtes et au classement.

Les Lyonnais n'ont pas su profiter de l'indiscipline tarnaise (en conquête notamment) en première période pour prendre le large. Ils se sont fait surprendre juste avant la pause puis dès la reprise par Jelonch puis Kockott, sur deux mouvements de pression bien exploités par le demi de mêlée international. Ensuite, les Castrais ont gardé la main sur le match grâce au pied de Palis qui récompensait les efforts des siens.

Une belle victoire avant de se focaliser "doublement" sur Montpellier en coupe d'Europe et d'aborder plus décontractés le déplacement au Racing pour Noël.

 

Toulouse (7) – Brive (10)                    30 – 12

Sans tâches !

Le Stade Toulousain a brillé ce dimanche midi à Ernest Wallon. Notamment ses internationaux, Fickou et la charnière Bézy-Doussain, royale. De quoi donner des idées à Guy Novès... Mais nous n'en sommes plus là... ou pas encore.

Cinq essais pour les Toulousains, dont un doublé de Fickou, dans un match à sens unique, où les Brivistes n'étaient pas invités ou n'ont pas touché à leur assiette, dans laquelle ils n'étaient pas, durant 70 minutes entre leur premier essai (inscrit trop tôt, 4è) et le dernier (inscrit trop tard, 70è).

Les Haut-Garonnais se rapprochent du TOP 6, au contact des Bordelais, à un point. Il va falloir aller chercher une victoire à l'extérieur pour espérer y entrer et y rester. En attendant, leur jeu offensif devrait se faire les dents sur les Italiens dans leur double confrontation en Coupe d'Europe.

 

Stade Français (9) – Bayonne (13)    51 – 5

Trop inégal !

Le Stade Français n'a pas eu à forcer son talent pour venir à bout d'une équipe basque, déjà en dessous sur le papier et qui n'avait clairement pas les moyens de rivaliser en infériorité numérique durant près d'une heure.

18ème minute. Alors que les siens étaient menés seulement de 7 points, Arganese voit rouge dans une bagarre et assène un coup de poing fatal à la figure de son adversaire, ce qui fait logiquement voir rouge à l'arbitrage vidéo qui assène à son tour une expulsion définitive au talonneur basque.

Un coup dur pour l'Aviron qui sombre petit à petit dans un non match qui augure déjà un non championnat. Car on voit mal comment Bayonne pourrait ne pas descendre cette saison à cumuler les handicaps. Et même comment Etcheto pourrait rester jusqu'à la fin.

Le public de Jean Bouin s'est régalé avec 8 essais et un bonus offensif qui replace les Parisiens sur la bonne voie, mais encore loin derrière le peloton du TOP 6. Mais la route est encore longue.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

Le dernier test international

Angleterre – Australie     37 – 21

Invincible !

Le XV de la Rose aura marqué son année 2016 par une stat’ incroyable, que même les All-Blacks n’ont pas réussi à égaler.

Gagner tous ses matches !

14 victoires, du tournoi des VI nations jusqu’à cette prodigieuse tournée d’automne, renversant les Australiens une dernière fois après les avoir humiliés chez eux cet été.

Certes, les Anglais n’ont pas battu pour autant les Champions du monde. Et on a vu avec les Irlandais, comme avec les Italiens, que dans l’hémisphère sud il n’y avait plus guère que les All-Blacks pour être au dessus du rugby européen.

Mais il n’empêche que l’exploit est là pour l’Angleterre, deuxième nation du rugby mondial, qui a démontré tout son talent et toute sa force, une fois encore, revenant de loin dans un match mal embarqué pour l’emporter à nouveau, avec brio, chez elle.

Les Rosbifs marchent sur l’eau et c’est avec autant d’appréhension que d’excitation que j’attends de voir notre XV de France allait les défier outre-Manche dans la première confrontation du prochain tournoi des VI Nations.

Un match d’ouverture plein de promesses, qui sait... en apothéose, si on ne coule pas d’entrée.

   

La semaine prochaine…

Retour à l’Europe !

On le sait, cette quinzaine est primordiale pour se placer dans la course aux qualifications de la phase finale. Deux matches, en aller-retour, pour confirmer, se rattraper et espérer.

Car en dehors de Clermont, tous nos autres clubs français n'ont pas le droit à l'erreur. Et à l'issue de cette double confrontation, du côté de Montpellier ou de Castres on pourrait déjà en faire les frais.

Donc ne ratez surtout pas cette quinzaine pré-hivernale à l'avant-goût de fêtes de fin d'année. 

 

Côté Champions Cup, ça commence dès samedi 10 décembre pour nos Français :

  • Ulster – Clermont, 14h (beIN) : encore un petit effort,
  • Racing 92 – Glasgow, 16h15 (beIN) : démarrer son compteur,
  • Zèbre – Toulouse, 20h45 (beIN) : courir après le bonus.

Puis dimanche 11 décembre :

  • Montpellier – Castres, 14h (beIN) : duel fratricide,
  • Toulon – Scarlets, 16h15 (Fr2) : hausser le ton,
  • Exeter – Bordeaux, 18h30 (beIN) : faire un coup.

Tous les matches >>

 

En ce qui concerne la petite compétition de la Challenge Cup qui concerne les 7 autres clubs du TOP 14, je vous invite à consulter le site officiel de l’EPCR qui vous en détaillera le programme.