Mon Jean-Bouin d'hiver...

TOP 14... 15ème journée                     Stade Français – Brive        12 – 10

Un Paris-Brive pas joli joli...

Un bien triste récital !

Je voudrais du jeu ouvert
Des chandelles et du French flair
Dans l’en-but toucher terre
Dans mon Jean-Bouin d'hiver 

Je voudrais de la ferveur
Des tribunes de supporteurs
Pour changer d'atmosphère
Dans mon Jean-Bouin d'hiver

Mon rose à fleurs sous la brume de décembre
Des mains qui tremblent, je n'en peux plus de m’faire prendre
Une mauvaise passe, comme c’est dur de défendre
On peut encore se reprendre

Je voudrais du Dan Carter
Pour sortir de cet enfer
Un Steyn au pied d’expert
Dans mon Jean-Bouin d'hiver 

Je vais tout donner c’est clair
Dans cette mêlée, la dernière
Enfoncer leur pack sous terre
Dans mon Jean-Bouin d'hiver

Mon rose à fleurs sous la brume de décembre
Un pied qui botte, je n'en peux plus de l'attendre
Le ballon passe, la victoire se fait entendre
Nul ne peut la reprendre

Non, samedi après-midi, Henri Salvador ne s’est pas invité à Jean-Bouin pour réveillonner avec les Parisiens. Il y avait juste comme un air glacial qui sifflait aux oreilles d’un public endormi, et pas prêt de se réveiller, au dessus de ce jardin d’hiver triste à mourir.

Le chanteur, déjà mort, n’avait rien à perdre, lui. Ce n’était pas le cas, par contre, des joueurs du Stade Français qui jouaient leur survie, cette saison encore, dans un TOP 14 qui semble vouloir enterrer un peu plus leurs heures de gloire, au fond du classement.

Il est loin « l’âge tendre » des titres et du grand spectacle de l’époque Guazzini.

A Jean-Bouin, l’hiver de décembre, sans public (ou presque), semblait le figer dans la glace pour de bon.

Statiques, maladroits, sans inspiration, les Parisiens ont laissé les Coujoux faire le jeu à la mode de chez eux, dur et pragmatique… inscrivant le seul essai du match juste avant la pause par Benjamin Lapeyre, sur une interception de passe de Morné Steyn, pas inspiré.

Mais l’ouvreur sud-africain saura enchanter le public de Jean-Bouin en fin de rencontre par son pied qu’il prendra pour donner la victoire aux siens, tel un roi salvateur dans son jardin d’hiver.

Une ultime pénalité alors que la mêlée locale avait pris le dessus sur son vis-à-vis, une offrande arbitrale de la part de monsieur Cardona, bien généreux (c’était encore Noël), une aubaine pour les Parisiens, pauvres d’ambition dans le jeu, rendus à mendier quatre points pour conserver l’invincibilité sur leur bout de terre.

De quoi donner des regrets aux Coujoux qui auraient dû repartir avec un peu plus qu’un simple bonus défensif qui les laisse un point derrière leur hôte et assez loin de la zone relégable.

Dans la course au maintien, tout le monde semble s’être mis à l’abri d’un éventuel retour des Grenoblois et des Basques, logiquement défaits à l’extérieur.

 

En bref...

Lyon (12) – Bordeaux (7)              19 – 16

Fin de calvaire au Matmut

La disparition du LOU dans les montagnes du TOP 14 n’est pas pour demain. Les Lyonnais ont mis fin à une série de quatre défaites en l’emportant petitement face à des Bordelais méconnaissables, pour la dernière au Matmut Stadium avant d’emménager à Gerland.

Bordeaux s’est laissé endormir et dominer en mêlée fermée, les locaux verrouillant le match à double tour d'un ennui mortel... jusqu’à la 50ème minute.

Une étincelle de Harris, à l’ouverture quand Michalak passait à la mêlée, trouvait alors la bonne diagonale pour Arnold qui n’avait plus qu’à aplatir dans l’en-but.

Michalak passait tous ses coups de pieds et permettait aux locaux de mener tranquillement dans ce match avant le réveil tardif des visiteurs, sur la sirène. Lesgourgues, tout juste entré, parachevait une longue séquence dans les 22 lyonnais pour inscrire enfin un essai pour les Bordelais qui montrait bien que quand ils voulaient ils pouvaient. Il suffisait de se lâcher.

Bordeaux est en plein doute depuis quelques semaines. Il serait temps de se ressaisir car voilà l’UBB hors du bain du TOP 6 malgré son point de bonus défensif.

Quant à Lyon, il s’éloigne de la zone relégable mais reste la première cible des Grenoblois, à dix longueurs.

   

La Rochelle (2) – Grenoble (13)        40 – 3

Trop forts !

Les Grenoblois ont essayé. En vain. Les Maritimes ne leur ont laissé que des miettes. Trois petits points.

Pour le reste ce sont les trois-quarts rochelais qui ont été à la manœuvre pour inscrire quatre essais et décrocher le bonus offensif.

Murimurivalu d’abord à l’origine d’un essai de pénalité, puis Botia et l’incontournable Lacroix pour son dixième essai de la saison. Gourdon parachèvera le festival offensif à cinq minute du terme.

La Rochelle n’est plus que jamais sur les talons du leader, à hauteur de points désormais. Alors que Grenoble perd de vue ses prédécesseurs.

 

Castres (5) – Bayonne (14)               47 – 18

Touché coulé !

Plus ça va, moins les Basques tiennent la distance. Avant il leur fallait 60 minutes pour sombrer, maintenant 40 suffisent.

Pourtant Bayonne aura été le premier à marquer, dès la deuxième minute, avant que le CO ne redresse la barre pour mener 14-11 à la pause. Et puis le bateau basque a chaviré dès la reprise, sept essais tarnais inscrits au total pour un honneur sauvé une seconde fois en fin de match pour l’Aviron.

C’est cher payé pour ces Bayonnais qui voudraient encore y croire. Mais le TOP 14 est décidément une course de l'impossible pour eux, à laquelle ils participent comme une bouteille jetée à la mer avec un seul message dedans : « sauve qui peut ! ».

Castres s’installe dans le TOP 6 et peut voir venir sereinement son prochain déplacement à La Rochelle.

 

Pau (9) – Montpellier (3)                  32 – 27

Le Palois a la peau dure

Quelle première période ! Trois essais à deux dans un match très animé, les Palois ont contenu la puissance des Montpelliérains et ont surtout proposé du jeu et trouvé les failles pour marquer.

Au retour des vestiaires la Section enfonçait le clou par Coughlan et le pied de Taylor avant que Van Der Merwe n’offre le point de bonus défensif au MHR en fin de match.

Les Béarnais enchainent une troisième victoire d'affilée et se postent crânement aux portes du TOP 6 après avoir fait la peau du leader et maintenant celle de son dauphin. Montpellier retombe à la troisième place, mais gagne un point sur Clermont qui n’en a pas pris à Ernest-Wallon.

 

Toulouse (6) – Clermont (1)             26 – 20

Retour en force

Les Toulousains ont maitrisé ce choc face au leader pendant une bonne heure avant de se faire peur en fin de match, et notamment en mêlée, alors que c’était le point fort des Stadistes jusque-là.

Trois essais de belle facture de Huget, Bonneval et Fickou installaient les locaux dans leur match tandis que les Clermontois butaient leurs tentatives contre une défense de fer, ne parvenant à passer qu’une fois par Yato, après une belle percée de Stanley.

Après l’heure de jeu, Azéma faisaient entrer tour à tour ses six avants suppléants, mettant à mal pour la première fois la mêlée locale.

Un essai de pénalité remettra les Auvergnats dans le match, échouant à un point du bonus défensif. Une belle réaction, mais tardive. Quand la victoire des Toulousains est aussi méritée qu’elle fait du bien, les plaçant enfin dans le TOP 6.

 

Toulon (4) – Racing 92 (8)                17 – 11

La bête est domptée !

Toulon à Mayol a réussi enfin à dompter sa bête noire, après une finale perdue on ne sait toujours pas comment.

Dans un match d'une grande intensité mais sans grandes envolées, les Varois ont su prendre le meilleur sur un champion de France sans la même réussite qu'au Camp Nou.

Bastareaud aura été le grand artisan de ce succès paraît-il (je n'ai pas vu le match) pourtant mal engagé quand on sait le nombre de blessés côté RCT (Escande, Ollivon et Taoffefinua) engrangés trop rapidement.

Un essai partout et deux pénalités de plus pour Halfpenny suffiront à priver le Racing du bonus défensif, comme Clermont à Toulouse.

Une belle opération qui laisse le Champion sur le carreau à la 8ème place, quand Toulon reste dans le carré de tête.

 

(entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Une mise en condition pour l’Europe…

Après les festivités de fin d’année, il est temps de retrouver ses esprits et son effectif au complet pour les clubs encore en lice en coupe d’Europe, afin de préparer au mieux les échéances cruciales dans quinze jours.

Seul le Racing 92 sera dans le bain dès samedi prochain (16h45) pour disputer son match en retard contre le Munster à Colombes, alors qu'il n'a plus rien à espérer en Champions Cup.

Quand les autres affuteront leurs premiers couteaux dans des rencontres nationales qui promettent de belles oppositions.

A ne pas manquer, dès vendredi 6 janvier :

  • Montpellier – Bordeaux, à 20h45 (C+ sport) : l’UBB avec l’eau du bain.

Puis samedi 7 janvier :

  • Brive – Grenoble, à 14h45 (C+ sport) : creuser l’écart,
  • Pau – Lyon, à 18h30 (r+) : pour un flirt avec le TOP 6,
  • La Rochelle – Castres, à 20h45 (C+ sport) : et pourquoi pas le trône ?

Enfin, dimanche 8 janvier :

  • Stade Français – Toulouse, à 16h15 (C+) : le clasico,
  • Clermont – Toulon, à 21h (C+) : un bon test.

 

A noter que le match Racing 92 – Bayonne est reporté au 11 février (20h45).