La fin de non recevoir

TOP 14... Finale                                       Clermont – Toulon            22 – 16

Un deuxième titre pour Clermont, enfin !

7 ans de malheur… 

C’est ce qu’a subi l’ASM Clermont-Auvergne après avoir brisé le miroir d’une malédiction en 2010 en décrochant son premier titre.

7 ans à proposer un jeu flamboyant, 7 ans à côtoyer les sommets du haut-niveau, 7 ans à disputer des finales (3 en coupe d’Europe, en 2013, 2015 et 2017, une en TOP 14, en 2015) sans nouveau titre en retour, des clubs mieux intentionnés lui refermant la porte au nez.

7 ans à pleurer sur ces petits riens qui changeaient tout, un point, un mental ou encore une décision arbitrale, pour se voir adresser à chaque fois une fin de non-recevoir.

7 ans de malheur qui sont désormais derrière le club auvergnat qui a su, cette fois, regarder son destin dans une glace sans briser l’image du titre qui se reflétait à travers une saison aux traits presque parfaits.

Car, « ce n’est pas rien, un titre en soi », disait la chanson, il récompense ces temps d’efforts et brûle à la manière d’un feu de joie dans l’âme de tout un public qui n’a jamais abandonné le combat en tribunes, jusqu’à son dernier souffle dimanche soir au Stade de France.

« Ici, ici, c’est Montferrrand ! »

Pouvait-on entendre dans les travées sud de l’antre dionysien où j’avais pris place avec quelques amis. Des clameurs qui allaient rythmer un match intense et rimer tantôt avec enthousiasme, tantôt avec peur.

Une finale inédite entre Clermont et Toulon, leur 13ème chacun. Mais la 7ème pour Clermont, depuis 20 ans que le rugby est professionnel, la 4ème pour Toulon, avec un seul titre chacun (respectivement 2010 et 2014).

Une finale donc pour un second sacre (de l’ère pro) après en avoir perdu chacun une (l’an dernier pour Toulon, contre le Racing, et l’année d’avant pour Clermont, contre le Stade Français).

Une finale, enfin, entre le beau jeu du large-large et le jeu bête du rouleau-compresseur. Une finale en deux temps, deux périodes aussi différentes l’une que l’autre, mais avec un dénominateur commun.

Ça allait taper fort encore !

Ça démarrait fort, tout d’abord. Avec Clermont et son jeu total. Une première demi-heure tambours battants de ses trois-quarts et de ses bandas en tribune jaune et bleu.

« Montferrand, Montferrandais ! Montferrand, allez allez ! »

Dès les premières minutes, une première séquence clermontoise échouait à deux mètres de la ligne d'en-but toulonnaise sur un en-avant de Chouly, plutôt malheureux. L’ASM dominait le RCT en conquête et obtenait très vite une première occasion d’inscrire trois points par Parra qui sera exceptionnel au pied, mais pas que.

Les coéquipiers de Guirado tentaient cependant de répondre à l’emballement des Jaunards. Seulement à la dixième minute, sur une récupération de Abendanon, Penaud, époustouflant en première période, opérait une relance de plus de 80 mètres en éliminant trois adversaires avant de servir Raka dont les appuis dévastateurs mystifiaient Tuisova pour le premier essai de la partie que Parra transformait.

Au bout de vingt minutes, le demi de mêlée auvergnat ajoutait trois points suite à une nouvelle faute de Kruger pour mener 13 à rien. À cet instant, on pouvait croire à la débâcle des Rouge et Noir.

D’autant que l’essai du KO n’était pas loin.

Deux minutes plus tard, lors d’une énième offensive magnifiquement menée par la jeune garde clermontoise, Penaud et Iturria initiaient une balle d'essai que le vieux Zirak gâchait par une faute de main. Tout un symbole.

Puis à la 30ème minute, le match allait basculer avec une succession d’événements qui allaient mettre les Clermontois dans la difficulté. Car les Toulonnais tapaient fort pour tuer toute action dans l’œuf du jeu clermontois.

Timani sortait pour un protocole commotion et ne reviendra jamais, remplacé par Jedrasiak. Les chocs successifs perpétrés par Bastaraud, Van Der Merwe ou encore Nonu sur la défense clermontoise, d’une violence rare, coûtaient cher. Les fautes de Fritz Lee aussi. Une première, trois points de Belleau, une seconde, un carton jaune pour une cravate sur O’Connor, plus spectaculaire que méchante, comparée aux raffuts varois impressionnants, bras et épaules en avant.

Toulon profitait alors de sa supériorité numérique pour enchainer des séquences de jeu intenses avec un Nonu, énorme de puissance, et implacable. Sur un gros travail du centre All-Black Tuisova héritait d’un ballon sur son aile pour inscrire le premier essai du RCT qui revenait dans le match après la transformation de Belleau (13-10).

Heureusement pour Clermont, sa mêlée offrait une nouvelle pénalité à Parra qui ne se privait pas de creuser l’écart sur la sirène (16-10).

Le second acte présenta une toute autre physionomie, toujours plus physique et plus violent encore, à l’avantage des Toulonnais qui allaient durcir le jeu et mettre à mal la défense clermontoise par des pilonnages âpres.

Un nouveau choc frontal de Nonu sur Iturria allait renvoyer le jeune seconde-ligne aux vestiaires, déstabilisant la conquête auvergnate, en touche notamment. Il ne restait que Yato pour dépanner à ce poste.

La nervosité du capitaine clermontois, Chouly, fut à l’image de la seconde période, tendue et donnant autant d’opportunités à Belleau de punir l’indiscipline des Jaunards. Heureusement pour ces derniers, l’ouvreur toulonnais (qui n'aura pas su faire oublier l'absence préjudiciable de Halfpenny) trouvera deux fois le poteau sur trois tentatives quand Parra réussissait à maintenir l’écart de six points (19-13) après une belle percée de Raka dont l’en-avant volontaire de Nonu (non sanctionné de carton) annihilait l’action clermontoise.

Le jeu devenait haché (pour ne pas dire à chier) tant les fautes de main et les mêlées cassaient le rythme qui semblait convenir à Monsieur Poite, au ralenti. Pendant ce temps les Toulonnais pilou-pilonnaient sans grande inspiration mais avec de l’avancée.

Clermont semblait très éprouvé et pas loin de céder quand, à dix minutes du terme, Trinh Duc réduisait l’écart (19-16) suite à une nouvelle mêlée gagnée par son pack. Mais Lee et Parra répondaient présent au contest dans les rucks et le demi de mêlée auvergnat s’offrait même une pénalité pour reprendre ses 6 points d’avance (22-16).

Les cinq dernières minutes furent intenses et stressantes, tant les Toulonnais avaient la main sur le ballon. Mais elles furent aussi rageantes tant, encore, les sanctions n’étaient une fois de plus pas équitables, lorsque Gorgodze venait donner un coup délibéré dans un maul maintenu par les Clermontois. Pas de carton, juste une pénalité. De quoi s’interroger, comme si on autorisait ce jeu violent à s’installer en finale et s’emparer du titre. Navrant.

Mais heureusement, Parra allait encore sauver les siens. Avec beaucoup de détermination, tel un chien enragé cherchant à se saisir d’un os, il se jetait sur tous les mauls pour mettre la main sur le ballon et réussit à obtenir la pénalité de la gagne.

Bravo Champion !

Comme en 2010, Morgan a sonné la révolte et offert à son équipe le deuxième titre de son histoire. Mais que ça a été dur d’aller chercher ce bouclier, sept ans après.

Le rugby du beau jeu a gagné, il est heureux. Mais le rugby méchant qui fait mal, a encore la part belle dans notre championnat où l’on a encore compté un trop grand nombre de protocoles commotion demandés par le médecin dans une seule rencontre (cinq ou six), comme en demi-finale et en barrage, quand on joue contre Toulon.

Qu’attend on pour se mettre autour d'une table et changer les choses ?

Et d’entendre le futur entraineur varois se réjouir à l’antenne* du rugby pratiqué par ses futurs joueurs, ça fait peur.

(*) avant d’écrire cette brève j’ai revu le match en replay pour ne pas rester que sur des impressions de tribune où il faut le reconnaître, on ne voit pas grand chose. On ressent surtout. Et comment !

Ainsi s’achevait dans l’euphorie de toute une région cette 118ème édition du championnat de France. Une 9ème défaite en finale pour les Toulonnais qui ne sont qu’à deux longueurs de faire aussi bien que les Clermontois, eux-mêmes plus qu’à deux titres des Toulonnais.

Autant dire que ces deux équipes-là n’ont pas fini de se courir après et de ravir, encore leurs publics et des titres.

  

Coupe du monde des U20 … Poule C

Mercredi 31 mai :        France – Afrique du Sud       23 – 23

                                   Argentine – Géorgie             37 – 26

Dimanche 4 juin :        France – Argentine               26 – 25

                                   Afrique du Sud – Géorgie     38 – 14

Sur le fil… mais pas rasoir

Dans sa poule, la France a bien démarré sa Coupe du monde en Géorgie en concédant un nul à la dernière minute face aux Springboks et en allant chercher une courte victoire face aux très joueurs Pumas dans une rencontre très enlevée. Voir le résumé ici >>

Les Bleuets sont à un point derrière les Sud-afs, à hauteur des Pumas.

Prochaines rencontres jeudi 8 juin avec France-Géorgie et un Argentine-Afrique du Sud aux airs de quart de finale.

Les autres poules :

Poule A : Angleterre, Australie, Pays de Galles et Samoa
Poule B : Irlande, Nouvelle-Zélande, Ecosse et Italie.

Demi-finales le mardi 13 juin / Finale le dimanche 18 juin.

 

La semaine prochaine…

Direction l’Afrique du Sud !

Les Bleus reprennent du service pour une tournée de trois semaines dans l’hémisphère sud avec un renouvellement conséquent du groupe qui devra se priver de nombreux internationaux, notamment clermontois comme Lopez, Chouly, Iturria et Lamérat.

L’occasion de revoir Plisson, Trinh Duc, Jedrasiak et d’intégrer des jeunes comme Penaud, Rattez et Jelonch.

Une tournée qui portera bien son nom de test-matchs face à des Springboks qui ont besoin de se rassurer avant le Four Nations.

A suivre samedi 10 juin :

  • Australie – Fidji, 7h
  • Japon – Roumanie, 7h40
  • Italie – Écosse, 16h
  • Afrique du Sud – France, 17h
  • Argentine – Angleterre, 21h
  • États-Unis – Irlande, 22h
  • Canada – Géorgie, 22h