Un jeu toulousain... d'équerre !

TOP 14... 4ème journée                       Toulouse – Stade Français        53 – 17

Antoine Dupont, artificier du jeu toulousain

Dupont-Kolbe-Ramos, c'est carrément bon !

Ces trois recrues du Stade Toulousain n’ont pas fini d’enchanter Ernest-Wallon, tant elles cristallisent autour d’elles le jeu prôné par Ugo Mola.

Le Clasico qui a ouvert samedi la quatrième journée du TOP 14 restera un match référence de ce que peut nous offrir ce trio rafraichissant quand il joue ensemble.

Dupont Antoine, tout d’abord, 20 ans, demi de mêlée international, étincelant à Castres comme chez les Barbarians, est un pourvoyeur de balles à essai, un arracheur d’espace, à coups d’explosions, qui mobilise beaucoup d’adversaires avant de libérer sa balle pour une passe décisive (premier essai de Kolbe, 14è) quand il ne les laisse pas tous sur le cul après avoir franchi seul la ligne d’en-but (essai du bonus offensif, 62è).

Kolbe Cheslin, ensuite, 23 ans, ailier sud-africain, polyvalent à l’arrière comme au rugby à 7, nous régale de ses appuis déroutants, de ses changements de rythme déstabilisants et de ses courses explosives qui transpercent les défenses et lui ont permis d’inscrire déjà deux essais depuis le début du championnat, avant que Dupont ne lui offre samedi sa troisième réalisation sur la première véritable occasion des locaux qui ouvrait les festivités d’un jeu plein.

La nouvelle coqueluche toulousaine, c’est clair !

Ramos Thomas, enfin, 22 ans, arrière de retour aux bercails après un prêt concluant à Colomiers (PRO D2), est d’une précision précieuse au pied, enfin ! (point faible des Toulousains la saison passée), auteur de 26 points de son équipe samedi, et dans tous les bons coups, capable de finir lui-même les actions, comme à la 24ème minute lorsqu’il berne la défense parisienne (à la rue) pour le second essai de la partie.

Le Toulouse nouveau est arrivé !

À Ernest-Wallon, la fête du beau jeu n’attendra pas le troisième week-end du mois de novembre. Sept essais dans une seule rencontre, le public haut-garonnais n’avait plus vu ça depuis l’époque de Guy Novès du dernier titre, il y a déjà cinq ans.

Kolbe, Ramos, je vous disais, puis Poi, tout en puissance (28è) pour une première période époustouflante à sens unique (27-9), seul Plisson compensait au tir au but le manque de ballon de l'équipe adverse.

Dupont, je vous disais aussi, pour reconquérir le bonus offensif après un relâchement au retour des vestiaires qui a vu Bouhraoua redonner espoir aux parisiens jusqu’à l’heure de jeu (revenant à 10 longueurs), puis Fickou, à nouveau Ramos pour son doublé, et Médard, en supériorité numérique après l’exclusion de Macalou en fin de match pour une faute grossière.

La soirée parfaite, une victoire carrée, signée DKR, la nouvelle patte toulousaine.

Le Stade Français, désormais 13ème, s’est fait surclasser de belle manière, incapable de relever le nouveau niveau de jeu prôné par ces Toulousains, dans le TOP 6 et qui ne devraient pas s’en tenir là.

Mais devant il y a du lourd… et c’est encore signé MHR.

 

Les autres matches en bref...

Montpellier (1) – Toulon (6)                  43 – 20

19 sur 20 !

Dans le bras de fer qui opposait dimanche après-midi Vern Cotter et Fabien Galthier, le stratège néo-zélandais a démontré que son armada avait bien une longueur d’avance sur celle du Français.

Rien que la charnière Pienaar-Cruden a de quoi faire rêver face à celle Escande-Trinh-Duc, bien moins inspirée et, il faut le dire, bien moins talentueuse.

6 essais à 2, au final, dont une merveille de Cruden pour la première salve, avant que Tomane et Steyn ne parachèvent une victoire bonifiée que les Montpelliérains ont dû aller chercher après l’heure de jeu alors que les Toulonnais étaient revenus dans les clous du bonus défensif grâce à un essai de Ashton, magnifique mais discutable. L’essai de pénalité qui suivra pour le MHR viendra à son tour alimenter les discussions, inutiles puisqu’il n’y avait pas photo entre les deux équipes.

Quatre victoires sur quatre matches, 19 points sur 20… dans les pas du champion l’an passé, un bon présage pour ce MHR, mais aussi un avertissement, au vu de la saison dernière compliquée de Clermont, que ça ne fait que commencer et qu’il est bien trop tôt pour s’enflammer.

 

Racing 92 (2) – Oyonnax (11)                25 – 13

Sans bonus

Quelques heures avant, dimanche midi, les Franciliens pensaient tenir leur victoire bonifiée à la pause, après les essais de Nakarawa, Vakatawa et Andreu, mais la rébellion des Oyomen en seconde période en décida autrement.

Etienne sauvait l’honneur et les Racingmen ne parvenaient plus à faire la différence, pour leur dernière à Colombes, avant de fouler la pelouse de leur nouvel antre, l’Arena.

L’essentiel est là pour le dauphin du championnat qui aura fort à faire au Stade Marcel Michelin pour conserver sa place sur le podium.

 

Agen (12) – La Rochelle (4)                   15 – 20

Un peu facile

Les Rochelais ont montré de la suffisance à Armandie face à des Agenais toujours aussi valeureux pour sauver leur territoire, comme leur peau, avec peu d’armes en main.

Laissant passer beaucoup d’occasions en première période, les Maritimes ont dû se contenter d’une petite victoire à deux essais (Barry, 7è et Murimurivalu, 30è), n’inscrivant que trois petits points dans une seconde mi-temps en suspension.

Les Lot-et-Garonnais sont allés chercher un bonus défensif à défaut de mieux. Mais que la saison risque d’être difficile pour eux.

 

Lyon (3) – Bordeaux (9)                        49 – 14

Beauxis comme un lion

L’ouvreur lyonnais a marqué de son empreinte cette superbe partition des siens, en inscrivant la moitié des points au pied, agrémenté de son premier essai depuis des lustres.

Les Bordelais, très approximatifs, n’ont jamais vraiment existé dans la partie, avant de craquer complètement en seconde période, le Lou les assommant de six essais au final pour décrocher un large bonus offensif.

Avec Couilloud, puis Michalak, Beauxis a trouvé des compères de choix pour animer le jeu de cette nouvelle machine rhodanienne qui pourrait bien jouer les trouble-fêtes dans le TOP 6.

 

Clermont (7) – Brive (14)                       62 – 6

Prends ça !

Fallait pas les énerver les Auvergnats. Et ce sont les Coujoux qui ont payé l’addition de la lourde défaite subie par le champion à Marcel-Deflandre la semaine passée.

Et pas qu’un peu ! À l’instar des All-Blacks le matin même, les Jaunards ont infligé une déculottée à leurs voisins dans le derby du Massif Central, avec une prestation de haut vol de leurs deux pépites, derrière, Penaud (doublé) et Raka (triplé).

Il n’y avait qu’une équipe sur le terrain du Michelin, gonflée à bloc, et qui a roulé sur l’équipe corrézienne comme sur une piste d’essai avant de sortir le grand jeu, le moment venu.

Halte-là, halte-là, halte-là, les Auvergnats, les Auvergnats ! ... Halte-là, halte-là, halte-là, les Auvergnats sont là !

Si Clermont revient à hauteur du peloton de tête, Brive s’enfonce un peu plus à la dernière place, toujours dramatiquement fanni.

 

Pau (8) – Castres (10)                                        28 – 13

En deux temps

La Section Paloise n’était pas loin en première période de concéder sa première défaite à domicile, menée 13 à 6 à la pause et réduite à 14 pour démarrer le second acte.

Mais l’entrée de Slade a calmé illico les ardeurs du CO et donner de l’élan à ses coéquipiers, notamment à Votu, auteur du doublé initiateur de la révolte béarnaise.

Encore un raté pour les hommes d’Urios qui ont tendance à s’endormir trop facilement sur de bien maigres lauriers.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

Les résultats du IV Nations... 4ème journée.

Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud             57 – 0

Australie – Argentine                                   45 – 20

Un naufrage Saint-Andresque !

Huit essais encaissés et pas un point de marqué. On n’avait pas vu une telle déculottée depuis les Bleus de Saint-André après ce quart de finale de coupe du monde tout aussi cuisant (62-13).

Invaincus, comme les All-Blacks cette année, les Springboks ont subi une défaite éclatante qui valait bien toutes celles de la saison noire dernière. Les Sud-Africains ont fait illusion un quart d’heure avant de sombrer à chaque attaque néo-zélandaise et d’encaisser quatre essais par période, impuissants.

De leur côté les Australiens ont cherché à se relancer dans cette compétition, après un match nul frustrant à domicile face aux Boks, n’ayant plus comme objectif l’honneur d’une seconde place derrière les désormais irrattrapables All-Blacks. Les Pumas ont cependant vendu chèrement leur peau, marquant les premiers et menant 13-10 à la pause, avant de craquer en seconde période. Les Wallabies ont alors  haussé leur niveau de jeu, à l’image de Folau signant un joli doublé. Les Argentins ont subi courageusement sans inscrire le moindre point et restent toujours fanni dans cette compétition qui leur échappe complètement. Mais il leur restera deux munitions dans quinze jours pour sauver l’honneur à la maison.

  

La semaine prochaine…

On passe la cinquième !

Le TOP 14 s’accélère, il n’y a qu’à voir les scores monstrueux de la journée précédente, et devrait continuer à cent à l’heure le week-end prochain.

Et cette fois le Four-Nations des All-Blacks ne lui fera pas d’ombre.

 

Au programme, à partir de samedi 23 septembre :

  • Clermont – Racing 92, à 14h45 (C+) : en tenues de champions,
  • Agen – Pau, à 18h (r+) : se faire sa place,
  • Bordeaux – Montpellier, à 18h (r+) : un gros morceau,
  • La Rochelle – Oyonnax, à 18h (r+) : une autre proie facile,
  • Brive – Toulouse, à 20h45 (C+ sport) : question de survie, déjà.

Puis dimanche 24 septembre :

  • Lyon – Castres, à 12h30 (C+ sport) : promenons-nous dans les bois,
  • Stade Français – Toulon, à 16h50 (C+) : alerte à Jean-Bouin !