En attendant 2023...

TEST MATCH... Tournée d'automne  (2)          France – Afrique du Sud       17 – 18

Roulez jeunesse ... jusqu'en 2023 !

"On n’a pas été invités !"

Ce XV de France semblait dépité face à cette nouvelle défaite, tel un jeune premier éconduit par sa belle, cette Sud-africaine qui lui avait déjà laissé un goût amer lors du dernier bal, en juin.

Samedi soir, sur la piste du Stade de France, les Bleus attendaient donc une invitation pour prendre leur revanche.

Seulement ils n’ont rien vu venir. Pas sympa, ce match, c’est le moins qu’on puisse dire.

Ne pas inviter l’hôte du Stade de France, c’est un comble tout de même.

Tandis que les Français attendaient leur carton d’invitation pour prendre part à la fête, les Springboks, que les Irlandais n’avaient pas ménagés une semaine auparavant à Dublin (38-3), en profitaient pour s’installer dans le match dès l’entame avec un essai de Leyds, suivi d’une pénalité de Polard (0-8).

Les Français, vexés, tapèrent alors l’incruste, à la 25ème minute, sur une balle chipée en touche par Jedrasiak, avant que le reste de l’équipe ne la mette hors de portée de l’adversaire sur l’aile de Thomas et que le jeune Belleau ne l’avale tout rond dans une échappée finale jusqu’entre les perches.

Revenus à un point, après sa propre transformation, le demi d’ouverture tricolore ouvrait même, à moitié, une porte à ses compères en passant devant par une pénalité à une vingtaine de mètres (10-8).

Pendant ce temps-là, son homologue africain manquait toutes ses tentatives, à deux doigts de sortir les siens du bal et laisser nos Bleus seuls sur la piste de danse.

Mais c’est justement quand on pensait le carton d’invitation en poche que Monsieur Owens allait en sortir un autre de la sienne, fatal pour un de nos Coqs, pris la main dans le sac d’une faute grossière d’anti-jeu.

Serin offrait l’occasion à Polard et les siens, en supériorité numérique, de s’installer à nouveau dans la rencontre avec trois points de plus et un nouvel essai de Kriel (10-18).

Le retour du jeune demi de mêlée allait offrir une dernière réaction d’orgueil comme un rachat personnel et collectif, sur une ultime charge offensive conclue par lui-même. Un leurre encore pour le minot de Bordeaux. Ce n'était décidément pas son jour, rendant le ballon sur la dernière munition au lieu de le jouer pour l'emmener dans le camp adverse. Les Springboks, peu effrayants pourtant, n'en demandaient pas tant pour conserver le cuir et la victoire.

Mais la victoire, cette semaine, semblait ailleurs pour le rugby de France, du côté de Londres. 

Laporte a sa Coupe du monde, en 2023 !

Au nez à la barbe des Irlandais et des Sud-africains. Il ne nous reste plus qu’à trouver d’ici là un rugby qui aille avec, pour ne pas faire comme les Anglais en 2015. Mais notre staff semble des plus optimistes… comme Yannick Bru.

« Je ne suis pas inquiet pour le rugby français. Au contraire, avec l’obtention de la Coupe du monde 2023, il va avoir des jours très positifs dans un avenir que j’espère le plus proche possible. »

Moi je le serai, optimiste, quand on se décidera à mettre la charrue de notre rugby derrière les bœufs qui dirigent ses instances.

Installez des cadres en équipe de France et faites jouer nos jeunes dans les clubs pro, chaque week-end … et pas l’inverse !

 

Les autres matches en deux mots...

Japon – Tonga                       39 – 6            Les Nippons sont prêts, nos Bleus prévenus

Italie – Argentine                 15 – 31          Des Pumas trop forts pour la Squadra

Roumanie – Samoa               17 – 13         Les chênes tiennent bon

Angleterre – Australie          30 – 6            Un XV de la Rose royal

Pays de Galles – Géorgie      13 – 6            Diable que ce fut laborieux !

Écosse – Nouvelle-Zélande  17 – 22          Un XV du Chardon sans complexe

Irlande – Fidji                        23 – 20          Des Irlandais un peu trop relâchés

 

 

La 10ème journée du TOP 14 en bref...

Clermont (9) – Lyon (2)                         39 – 18

Parra en leader

Secoués par le leader, les champions de France se sont appuyés, une nouvelle fois, sur la force athlétique de Raka (auteur d’un doublé et d’une passe décisive pour Strettle) et celle mentale d’un Parra des grands jours.

Le demi de mêlée, ex-international, a de nouveau dépanné à l’ouverture (Fernandez s’étant blessé au genou dès la 22ème minute), pour prendre le jeu en mains et mener les siens vers une victoire bonifiée. À l’image de son propre essai plein d’opportunisme et du dernier, arraché par Timani, qu’il pousse jusque dans l’en-but.

Le leader lyonnais est tombé de son piédestal au Michelin, malgré deux concrétisations de Wulf, puis Tuva, Beauxis n’ayant pas été dans un bon jour au pied.

L’ASM peut être heureuse d’avoir sous la main un joueur du niveau et de l’expérience de Parra en cette période internationale, pourrie par la malchance au poste de la charnière. Et si c’était son destin de s’aguerrir au poste de demi d’ouverture, malgré lui ? L’avenir nous le dira.

Montpellier (1) – Toulouse (5)              32 – 22

Tout bonus pour le nouveau leader

Montpellier n’a pas trop souffert de l’absence de ses internationaux, contrairement à son adversaire qui ne joue pas pareil sans son moteur Dupont. Holmes aura tenu la dragée haute au pied avant de voir le MHR prendre l’ascendant, notamment en seconde période, en supériorité numérique.

Quatre essais, de Serfontein, Ngandebe (prometteur ce gamin à l'aile) en première mi-temps, puis de Mogg et Tomane en seconde suffiront à conserver un bonus offensif face au seul essai toulousain (Dyk).

Un bonus qui vient à point nommé et qui offre la place de leader à la formation de Cotter. Elle ne devrait pas la concéder de si tôt.

Toulon (8) – Racing 92 (4)                    29 – 40

Le leurre des Fantastiques

Encore une fois, le RCT a montré le vide de son collectif avec un plein d’individualités. Ashton, Nonu, Pietersen, Radradra et Fekitoa, des trois-quarts phénoménaux, animés par un wisniewski de retour.

Pourtant c’est bien le XV du Racing qui a fait le jeu à Mayol sous la baguette de Pat Lambie, impeccable dans l’occupation et au pied face aux perches, passeur décisif sur le premier essai de Dulin. Carter peut continuer à se la couler douce.

Fekitoa, Pietersen et Ashton ne faisaient qu’atténuer, par leurs fulgurances, la domination des visiteurs, donnant espoir à tout un stade qui pouvait croire, après le doublé de Pietersen (53è), à la victoire de son équipe. Et pourtant, ce sont bien les Racingmen qui allaient la cueillir, comme cette balle interceptée par Andreu, avant que Dupichot n’enfonce le clou, par deux actions splendides, dont il conclura la dernière sur la sirène, ôtant même le bonus défensif aux locaux.

Toulon fait rêver avec ses « Fantastiques » qui font le show à chaque fois, mais sur le fond de jeu, les hommes de Galthié tâtonnent. À passer son temps à la télé, le manager varois risque de faire comme à Montpellier, passer à côté de l’essentiel.

En attendant, le Racing lui pique sa 4è place et le sort du TOP 6.

Castres (7) – La Rochelle (3)                31 – 15

Trop facile

À démarrer aussi aisément, avec une réussite qui leur a souri aussi rapidement, les Castrais ont déroulé un jeu parfait en première période pour mener 21-3 à la pause, le bonus offensif en poche.

Oui, mais il fallait être aussi efficaces au retour des vestiaires pour le conserver et ne pas laisser les Rochelais remettre la main sur le ballon. Indisciplinés, les Tarnais cumulaient les cartons jaunes, permettant aux visiteurs de marquer deux fois et priver le CO de son précieux point de bonus.

L’essai de Smith en fin de rencontre assurera la troisième victoire consécutive des Tarnais qui recollent au peloton du TOP6 quand les Maritimes conservent leur place sur le podium.

Bordeaux (6) – Agen (12)                      33 – 23

Peur sur Chaban

Un peu comme à Castres, les Bordelais ont démarré parfaitement leur rencontre pour mener 27-5 avant de se déliter et perdre Jalibert, sur blessure à la cheville (50è), puis Clerc sur carton rouge (63è).

Talebula prendra le but et inscrira même un drop pour sécuriser une victoire que les Agenais ont tout fait pour contrarier. Après l’essai de Laporte en première période, Miquel et Tisley avaient ramené leur équipe à quatre points.

L’UBB a eu chaud et Agen repart sans rien.

Pau (10) – Brive (13)                               34 – 15

Comment se compliquer la vie

Un peu comme à Castres… vous connaissez le couplet.

Une première mi-temps maitrisée par les Palois avec trois essais, un bonus offensif aussitôt enlevé par les Coujoux avant la pause. Et puis une seconde période brouillonne, avec beaucoup d’indiscipline, sept cartons dont un rouge de chaque côté à l’issue du match, tant monsieur Hourquet finit par perdre patience.

La Section n’a jamais réussi à reprendre le bonus malgré l’essai de Ramsey à l’heure de jeu, les Brivistes transformant leur camp en un champ de bataille âpre.

Stade Français (11) – Oyonnax (14)      39 – 35

Paris aux deux visages

Dimanche midi, à Jean-Bouin, le Stade Français a fait du Stade Français.

Joueur, époustouflant, jusqu’à l’heure de jeu. Cinq essais signés Ensor (deux fois), Pyle, Zhvania et O’Connor pour mener 39-16 alors que les Oyomen n’avaient marqué que deux fois par Codjo et Gondrand.

Et puis y a plus personne. Où juste l’adversaire qui remonte petit à petit le score. Trois essais de Ma’Afu, Botica et Sobela donnaient des sueurs froides à tout un stade et le bonus défensif aux visiteurs.

C’est ça Paris, à Jean-Bouin. Mais quel spectacle au moins !

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

 

La semaine prochaine…

Redoublement pour tout le monde !

Le TOP 14 et la tournée d’automne du XV de France poursuivent leurs chemins, côte à côte, chacun dans son « faussé ». Le premier, privé de ses forces vives, le second de ses certitudes avant d’affronter une équipe du Japon décomplexée.

Est-ce que tout cela a un sens ?

Et si, pour mettre fin aux doublons, on ne regardait pas, on ne se déplaçait pas dans les stades, histoire de leur dire que l’on n’en veut plus, que l’on n’en peut plus de ces aberrations qui faussent tout, faisant du championnat une loterie et des prestations du XV de France une tournée au ridicule ?

Et si ma tante en avait, oui je sais, on l’appellerait… en équipe de France !

Alors continuons comme si de rien n’était, puisqu’au fond, rien ne semble bien grave puisqu'on a la coupe du monde en 2023...

 

Au programme du TOP 14 à partir de samedi 25 novembre :

  • Castres – Toulon, à 14h45 (C+) : attention au réveil des Fantastiques,
  • Agen – Stade Français, à 18h (r+) : un vrai duel pour le maintien,
  • Bordeaux – Brive, à 18h (r+) : maintenir la cadence,
  • Oyonnax – Clermont, à 18h (r+) : le champion en croisade,
  • La Rochelle – Pau, à 18h (r+) : retrouver la maitrise,

Puis dimanche 26 novembre :

  • Racing 92 – Montpellier, à 12h30 (C+) : l’affiche des cadors,
  • Lyon – Toulouse, à 16h50 (C+) : remettre les pieds sur terre, et vite.

 

Le programme des matches internationaux, ce samedi 25 novembre :

  • Géorgie – États-Unis, 15h
  • Italie – Afrique du Sud, 15h
  • Écosse – Australie, 15h30
  • Angleterre – Samoa, 16h
  • Roumanie – Tonga, 17h
  • Fidji – Canada, 18h
  • Pays de Galles – Nouvelle-Zélande, 18h15
  • Irlande – Argentine, 18h30
  • France – Japon, 20h45