Des bébés bien vaccinés, là !

TEST MATCH... Tournée d'automne  (3)          France – Japon       23 – 23

Quand Docteur Novès les vaccine

« Dites 23 ! »

L’équipe de France est malade. Gravement.

La batterie de tests de ce mois de novembre a révélé le mal profond qui l’a gagnée, en quatre défaites, tant ce match nul apparaît comme la plus difficile à avaler.

Si les Japonais ont montré un niveau de jeu aussi surprenant que de grande qualité, nos Bleus n’ont jamais réussi à rivaliser dans l’intensité et la vitesse d’exécution du leur. Et quel leurre !

Dans cette enceinte toute neuve de Nanterre, chaudement couverte pour leur éviter justement de jeter plus d’effroi dans une tournée à l’ambiance de plus en plus glaciale en tribunes, nos jeunes Coqs se sont faits plumer de toute envie, de toute combativité et de tous moyens de remporter le seul match, au bout du compte, à leur portée de bec.

Un bec que les hôtes de la prochaine coupe du monde leur ont cloué en 80 minutes, gâchant du même coup la fête d’une autre victoire, celle d’avoir gagner le droit d’être les suivants, en France, en 2023. Tandis que nos Bleus tentaient de soigner leurs plaies béantes dans tous les secteurs du jeu, s’essoufflant, les bouches ouvertes, le comité organisateur français autour de la FFR, lui, n’avait qu’un seul mot à nous servir pour diagnostiquer le mal.

« Dites 2023 ! 

- C’est grave, docteur ? »

Professeur Novès et ses infirmiers avaient beau nous assurer que non, que leurs bébés avaient besoin de prendre des forces et de s’immuniser contre les maladies de haut niveau, aussi bien mentales que techniques, ils n’en restaient pas moins perplexes à la fin de cet ultime examen. Au moins ils sont bien vaccinés, là !

Pas seulement contre le classique DTP qui englobe le doute, la trouille et la pression. Mais aussi contre bien d’autres maladies chroniques à ce niveau, et surtout en France : les en-avants, les ballons rendus, la précipitation, le manque de soutien, les contre-rucks, les placages ratés, le manque d’initiative et l’absence cruel d’automatismes qui ont causé tant de pertes de balles dans les 22 adverses.

Durant ces quatre tests, ces 'b'leus ont donc été piqués au vif pour protéger la santé de l’équipe de France, à l’avenir… au moins jusqu’en 2023. Elle n’en sera que plus forte et prête à combattre les All Blacks, les Springboks et même ces incroyables Cherry Blossoms dont le jeu a ébloui l’U Arena, samedi soir, comme personne ne l’aurait imaginée.

Quel trio étincelant derrière avec Matsushima, Talekawa et l’auteur du deuxième essai, Lafaele, complété des très remuants ailiers Lemeki et Fukuoka. Dommage que YuTamura n'ait pas été plus adroit au pied. Retenez bien ces noms (si vous y parvenez) car on pourrait bien en retrouver un ou deux au RCT les saisons prochaines.

Il ne sert à rien de refaire ici le match (vous avez déjà assez souffert pendant 80 minutes) en accusant les joueurs et le staff tricolores, cela ne changera rien au problème de fond. Les vaccins, on le sait, ça fait mal pendant trois jours et après on est tranquille pour la vie, en faisant des rappels de temps en temps.

On va donc continuer à souffrir en silence pendant ces trois premières années de Novès et aller au Japon avec des couilles de Springbok, des jambes de Wallaby et une sérénité de Kiwi, le couteau du French Flair entre les dents et ramener ce putain de Trophée Webb Ellis en France.

À moins qu’on oublie tout simplement de leur rendre celui que les All Black nous ont prêté pour faire les fanfarons avec à la mi-temps de ce mortel France-Japon dans cette enceinte où seuls les joueurs français avaient oublié que c’était d’abord une salle de spectacle.

Les Cherry Blossoms, dans l’animation, ainsi que le public dans sa ola ou son concours de lancer d’avions, ne s’y sont pas trompés, eux.

Sinon, le U Arena ? … euh… Comment dire ? sensations bizarres et écrans illisibles. C’est une salle avec ses parfums caoutchouteux, pas un stade. Allez donc y voir par vous-même, mais personnellement, je n’ai pas été emballé.

 

Les autres matches en deux mots...

Géorgie – États-Unis                                21 – 20          Les Lélos sur le fil

Italie – Afrique du Sud                             6 – 35           Une Squadra sans armes

Écosse – Australie                                    53 – 24          Un de moins et les Wallabies sombrent

Angleterre – Samoa                                 48 – 14          Le XV de la Rose déroule

Roumanie – Tonga                                   20 – 25          Des Chênes trop fragiles

Fidji – Canada                                           57 – 17          Sans partage

Pays de Galles – Nouvelle-Zélande        18 – 33          Une heure d’illusions avant la claque classique

Irlande – Argentine                                 28 – 19          Des Irlandais au TOP

 

 

La 11ème journée du TOP 14 en bref...

Racing 92 (4) – Montpellier (1)            26 – 0

Une dernière à Colombes réussie

Les Racingmen confirment leur prestation à Toulon en infligeant, avec le bonus s’il vous plait, une petite fessée au leader, aux abonnés absents et reparti fanni. Sans conséquence pour lui puisque le trône est sauf.

Les Franciliens ne pouvaient rêver mieux comme dernière au stade Yves du Manoir avant de découvrir le gymnase de Nanterre.

Lyon (3) – Toulouse (5)                         9 – 17

La descente aux enfers

Gros problèmes en conquêtes, touches offensives perdues, défense toulousaine intraitable, le Lou a laissé filer le match pour une troisième défaite consécutive, la deuxième à domicile. Ça commence à faire mal à la tête pour les hommes de Mignoni.

Les Toulousains, eux, surfent sur la vague Holmes, impérial en 10 en place de Doussain (à se demander ce qui passe parfois dans la tête de Mola) et remontent à la 5è place au classement.

La Rochelle (2) – Pau (10)                      44 – 14

Emporté par la vague

Il est une autre vague qui vaut celle de Nazaré quand elle se met en roue libre, c’est celle du jeu offensif des Maritimes. 6 essais dont un doublé de Rattez ont littéralement submergé la défense paloise, impuissante.

Les Rochelais sont de retour… Le duel pour la première place promet un gros match, samedi prochain.

Castres (6) – Toulon (8)                        20 – 19

Toulon au bord de la crise de nerfs

C’est le troisième revers de rang pour le RCT, ce qui a fini par agacer son président et même Galthié, un peu énervé en bord de terrain, avant d’aller faire sa pige de commentateur pour France 2. On en serait presque venu aux mains avec Urios qui a préféré frapper son homologue du doigt, une première.

Altercation ridicule comme la prestation des Toulonnais, pourtant toujours bien servis par leurs trois-quarts, irréprochables. Ashton, Nonu et Fekitoa y sont encore allés de leur essai quand Caminati parodiait l’anglais dans un saut de l’ange presque parfait et que l’arbitre offrait l’essai de pénalité de la victoire aux Tarnais grâce à puissance de leur pack.

Ça cloche toujours chez les Varois, exclus du TOP6.

Bordeaux (7) – Brive (13)                      27 – 27

Accident de parcours

Les Bordelais se sont faits surprendre par des Brivistes entreprenants. 4 essais pour les Coujoux dont un doublé de Lapeyre, ce qui n’est pas un pléonasme ici.

Les locaux s’en sont remis à la botte de Jalibert pour arracher le nul, sans vraiment briller comme à leur habitude. Alors que Brive aurait pu espérer mieux avec plus de réussite au pied. Un moindre mal finalement pour l’UBB.

Oyonnax (14) – Clermont (9)                 32 – 32

Incompréhensible !

Vous pourrez me dire ce que vous voudrez, les blessés, les internationaux, les jeunes, le sursaut d’orgueil des Oyomen, un Botica extra, Clermont est juste inexcusable, cette fois encore.

Quand une équipe de ce calibre, avec des Rougerie, Fofana, Parra, Lee et j’en passe mène 29-10 à la pause, le bonus offensif en poche, elle n’a pas le droit de ne pas canaliser son adversaire en gérant ses temps faibles. C’est le mal clermontois qui devrait confirmer une saison blanche, à oublier.

Bravo aux Oyomen qui grappillent les points comme il faut pour espérer se maintenir.

Agen (12) – Stade Français (11)             29 – 13

Pour le maintien

Les Parisiens ont joué vingt minutes puis les Agenais ont pris le relais pour une victoire amplement méritée, avec un doublé de Nakosi pour trois essais contre un seul, celui d’Arias en début de rencontre.

Agen est en bonne posture pour se maintenir, les débats en bas de classement n’ont pas fini d’être passionnants avec les Stadistes qui ont décidé de s’en mêler.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Un dernier petit tour en TOP14 et puis s’en vont…

Le championnat revient avant une nouvelle quinzaine européenne cruciale. Autant dire que les cadors du championnat vont s’y préparer comme il se doit, quitte à se passer des meilleurs… ou pas.

Une belle affiche en haut de classement ouvre le bal de cette 12ème journée pour se finir avec le derby fratricide parisien. Ce serait dommage pour tout le monde de faire l'impasse.

 

Au programme, à partir de samedi 2 décembre :

  • La Rochelle – Montpellier, à 14h45 (C+) : Bouge de là !
  • Brive – Oyonnax, à 18h (r+) : éclairé à la lanterne rouge,
  • Pau – Bordeaux, à 18h (r+) : se ressaisir immédiatement,
  • Toulouse – Castres, à 18h (r+) : dans la dynamique,
  • Toulon – Lyon, à 20h45 (C+ sport) : une 4ème défaite consécutive pour qui ?

Puis dimanche 3 décembre :

  • Clermont – Agen, à 12h30 (C+) : le volcan en éruption,
  • Stade Français – Racing 92, à 16h50 (C+) : un derby en fusion.