Au pied du sapin...

CHAMPIONS CUP... 4ème journée                     Clermont – Saracens       24 – 21

Parra, un pied à toute épreuve !

Les Sarries en cadeau !

Si Noël tombait au mois de mai, Clermont serait champion d’Europe chaque année.

Cet adage, tellement vrai, pourrait atténuer la joie des Jaunards qui n’en sont pas à leur premier exploit.

Souvenez-vous de 2013, l’élimination historique du triple champion en titre d'alors, le Leinster, en phase de poule, nos héros n'avaient enchainé que des victoires jusqu’à cette finale, perdue dans l’antre des Irlandais déchus, à Dublin, contre qui vous savez.

Depuis dix ans, l’ASM nous a habitués à briller avant Noël pour se faire sonner les cloches après Pâques.

Et pourtant, cette fois, on pourrait croire que c’est la bonne.

Car, en deux rencontres, notre champion de France a démontré qu’il avait désormais tous les atouts pour succéder au double champion d’Europe en titre qu’il vient de battre à plates coutures, 9 points à 1.

Cette saison, à l’image de son capitaine demi de mêlée, en meneur de meute, Clermont n’a jamais paru aussi mûr et complet.

Au niveau du jeu, d’abord, dans tous les secteurs, après une démonstration époustouflante lundi dernier à l’Allianz Park de Londres qui a viré à l’humiliation pour les Anglais (14-46). Whaou !

Au niveau du mental, ensuite, après une reprise en main de maître d’un deuxième round très mal entamé et qui a failli sonner le glas d’une terrible désillusion devant son public au stade Marcel-Michelin.

Quels pieds on a eu à voir ce Clermont-là évoluer dans ces deux registres !

Une conquête parfaite, des mouvements fabuleux, un spectacle grandiose pour un feu d’artifice d’essais, avec un Raka des grands jours. Ça, c’était lundi, comme vous savez. Et c’était notre putain de pied à tous.

Parra et Spedding ont pris les leurs pour construire une victoire, loin d’être acquise au bout du premier quart d’heure, avec 13 points dans la musette et deux trois-quarts à l’infirmerie. Ça, c’était ce dimanche, et ça ne pouvait pas plus mal commencer pour les Jaunards, attentistes, encore sur leur nuage londonien.

Un moment d’inattention et le demi de mêlée Spencer faussait compagnie à la défense locale pour inscrire un premier essai. Quelques instants plus tard, menés 13-0, les héros du lundi perdaient sur la même action leurs deux meilleures armes pour affoler la défense anglaise, Raka et Penaud.

Il ne leur en fallait pas plus pour tomber du nuage en un éclair et commencer une longue traversée de la Manche en solitaire pour regagner la terre ferme du volcan auvergnat et cracher ce qu'il avait dans le ventre.

Le courage et le travail des avants, à l’image d’un Fritz Lee monumental, face à une agressivité à la limite des règles, comme trop permise à ces anglais, permettront à Parra et Spedding de remonter la pente jusqu’à la pause, à un point de leur adversaire.

La seconde période faillit démarrer en nouvelle catastrophe sauvée in-extrémis par Yato, toujours précieux. Il fallut beaucoup d’engagement, d’abnégation devant des décisions arbitrales pas toujours équitables ou compréhensibles qui laissèrent Abendanon dix minutes  sur la touche, le temps pour Lozowski d’inscrire un deuxième essai pour les Sarries, en supériorité numérique. Quand des gestes inadmissibles sur un terrain de rugby par ces derniers ne leur coûtèrent que deux cartons au lieu du double, au moins. 

Mais les Clermontois allaient ronger leur frein pour accélérer à nouveau...

et se créer des occasions de marquer, malheureusement vaines. Parra, en patron taille XXL, continuait de compenser par son pied adroit (un seul échec sur sept tentatives) pour égaliser (21-21).

Et c’est à nouveau par son pack impérial que Clermont obtenait la pénalité de la gagne, lointaine, mais dans les cordes de Spedding qui, malgré des crampes, s’appliquait à donner la victoire aux siens, méritée.

Mais au delà du mérite, quelque chose a changé dans cette équipe, à travers ce match, et malgré la poisse qui la poursuit depuis le début de saison, ou sa neuvième place dans le TOP 14, c’est qu’elle gagne désormais, avec la manière et la maitrise.

Alors il se pourrait bien qu’au pied du sapin de Pâques, cette fois, Parra offre le plus beau des cadeaux à ses supporters, quelque part du côté de San Mamés à Bilbao.

Mais d’ici là, il faudra aux Clermontois valider leur ticket avec le plus de points possibles pour recevoir en quarts, au Michelin, le plus mauvais second de poule qui, ironie du sort, pourrait bien être à nouveau ces Sarries…

Encore faudra-t-il que les Anglais battent les Ospreys chez eux. Car au même moment les Gallois ont pris la seconde place de la poule 2 en battant facilement Northampton avec le bonus (32-15).

 

Les autres matches en bref...

Dans la poule 1, dimanche après-midi, La Rochelle s’est bien fait piquer par la guêpe des Wasps, dans sa ruche londonienne (21-3). Fallait pas énerver la bestiole la semaine passée ! De quoi vacciner les Maritimes avec cette première défaite dans une compétition où tout leur souriait un peu trop. Moins saillants, avec peu de munitions et pas aidés par les règles du jeu de monsieur Clancy (décidément on nous aime pas en Irlande), ils ont subi les assauts des Anglais, en quête de bonus offensif… en vain.

Un faux pas sans conséquence pour les Français qui ont toujours leur destin en mains, en tête de leur poule, deux longueurs devant l’Ulster, large vainqueur vendredi des Harlequins (52-24).

Un gros duel en Irlande du Nord attend donc les Rochelais pour la première place.

Dans la poule 3, samedi après-midi, à l’Altrad Stadium, Montpellier a décroché une précieuse victoire bonifiée face à Glasgow (36-26), après avoir longtemps couru après le score, avec seulement deux essais contre trois pour les Écossais. Au retour des vestiaires, Paillaugue et les siens (Nadolo à la baguette magique), ont repris les commandes en rajoutant trois nouvelles réalisations dont un doublé de Immelman dans une partie complètement débridée que les Glaswégiens n’étaient pas loin de renverser à la fin.

Les Héraultais se replacent bien derrière l’intouchable Leinster qui est venu à bout d’Exeter après une entame catastrophique (22-17). Les Irlandais, invaincus, ont démontré qu’ils avaient de la ressource après avoir perdu Sexton et pris deux essais en début de rencontre. Son remplaçant, Nacewa, allait remettre les siens dans la partie, grâce à quatre pénalités, avant que McGrath ne les fasse passer devant avec le seul essai celte, celui de la victoire.

Tout est encore possible pour les Montpelliérains qui auront un huitième de finale à jouer à Exeter en janvier, avant de recevoir ces terribles Irlandais, quasi qualifiés. C’est pas encore gagné !

Dans la poule 4, samedi encore, pour la dernière dans l’antre historique de Colombes, c’est en demi-teinte que le Racing 92 a dominé une équipe de Castres autant remaniée que vulnérable (29-7). Loin des grandes envolées rochelaises ou clermontoises, les Racingmen ont assuré l’essentiel avec un bonus offensif qui les relance à défaut de les rassurer.

De son côté, le Munster a méticuleusement déjoué les attaques des Tigres du Leicester pour l’emporter au final, grâce au pied de Keatley (16-25). Les Irlandais prennent la tête de la poule devant les Franciliens.

Dans la poule 5, samedi toujours, Toulon a cédé la place de leader à Bath en s’inclinant chez les Anglais avec le bonus défensif (26-21). Après un mauvais départ et une première période attentiste que Watson a éclaboussé de sa classe, les Varois ont bien réagi en seconde mais n’ont pu que limiter la casse. Il y avait largement mieux à faire, avec un peu plus de sérieux et de vitesse dans le jeu.

Dans l’autre rencontre, les Scarlets se sont imposés facilement à Trévise (12-31), contre toute attente, à force de dire du bien de ces surprenants Italiens. Cette poule est totalement relancée et chaque point risque de valoir très cher désormais. Les Toulonnais, à hauteur des Anglais et un point devant les Gallois, ont encore leur destin entre les mains pour en sortir. 

Tous les résultats officiels du week-end >> 

Pour l’heure, à J-2, voici les huit qualifiés dans l’ordre :

1 – Clermont (1er p2, 18 pts, +57)                 8 – Montpellier (2ème p3, 13 pts, +7)
2 – Leinster (1er p3, 18 pts, +38)                     7 – Ospreys (2ème p2, 13 pts, +21)
3 – La Rochelle (1er p1, 15 pts, +94)             6 – Ulster (2ème p1, 13 pts, +26)
4 – Munster (1er p4, 15 pts, +39)                    5 – Bath (1er p5, 13 pts, +29)

Toulon, à 13 points également, échoue au goal-average pour l’instant (+1). Quant au Racing 92 (11 pts) et Castres (7 pts), une place de meilleur second sera compliquée à décrocher.

Sinon on compte déjà quatre équipes éliminées :

Harlequins (p1) – Northampton (p2) – Glasgow (p3) – Leicester (p4) – Trévise (p5)

 

En ce qui concerne la Challenge Cupvous trouverez également tous les résultats sur le site officiel de l’EPCR.

À deux journées du dénouement, on peut d’ores et déjà dire que :

C’est fini pour Agen, Oyonnax et Brive.

Ça devient un chemin de croix pour Toulouse.

Alors que Bordeaux, Lyon et Paris se replacent dans la course à la deuxième place.

Seul Pau continue de cartonner, un pied et demi en quarts.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 réveillonne avec vous !

Pas dit que les cadeaux soient au rendez-vous au pied de chaque stade. Mourad en a déjà commandé plein au père Noël pour Mayol, vidéo à l’appui. Pas sûr qu’Oyonnax leur offre le spectacle attendu, mais un terrain miné ou un nouveau bourbier, ça oui.

Le titre de champion d’automne pourrait sourire à l’Altrad Stadium, à moins que les Rochelais ne créent la surprise à Chaban-Delmas. Sinon, du côté d’Armandie, il devrait y avoir du combat, du sang et des larmes.

A ne pas rater donc !

 

Au programme, dès vendredi 22 décembre :

  • Racing 92 – Toulouse, à 20h45 (C+ sport) : Rêve de podium.

Puis samedi 23 décembre :

  • Agen – Brive, à 14h (C+) : Avec une odeur de sapin,
  • Bordeaux – La Rochelle, à 16h (C+) : S’offrir la tête du roi,
  • Montpellier – Lyon, à 18h (C+) : S’offrir le trône,
  • Castres – Stade Français, à 20h45 (C+) : La tête au carré,
  • Pau – Clermont, à 20h45 (C+) : Oublier l’euphorie européenne,
  • Toulon – Oyonnax, à 20h45 (C+) : Attention au pétard dans la papillote.