La messe n'est pas encore dite, ma poule !

CHAMPIONS CUP... 5ème journée                     Racing 92 – Munster       34 – 30

                                                   Castres – Leicester       39 – 0

Le Racing stoppe le Munster dans son élan !

Alleluia, le CO et le Racing sont ressuscités !

On les croyait morts et enterrés dans cette poule 4, après avoir porté chacun leur croix de deux défaites, derrière un Munster intouchable.

On pensait même que les Castrais avaient fait une croix dessus, tellement ils étaient tournés vers le paradis du TOP 14.

Mais Christophe Urios démentait, bien vivant, dimanche soir.

« Force est de constater qu'on est encore en course. C'est possible de se qualifier, je trouve que c'est un bon message à tous ces cons qui disent que le Castres Olympique joue pas la Coupe d'Europe. »

Et quelle force ! Car ses hommes ont mangé tout crus les Tigres du Leicester, sans leur laisser une miette. Cinq essais, dont un doublé de Combezou en première période, suivi d’un doublé de Battle en deuxième, après qu’Urdapilleta a donné le ton dès la première minute du match. Une belle humiliation pour les Anglais à l’arrivée, et une belle leçon d’humilité pour tous les observateurs avisés que nous sommes.

Le CO peut donc encore se qualifier en allant chercher l’exploit chez les Munstermen, comme ils l’avaient presque fait à l’aller, en décrochant un match nul.

Rien d’impossible. Car les Irlandais ne sont plus invincibles, depuis que les Racingmen les ont fait plier dans leur église de l’U Arena, leur faisant poser un genou à terre après leur avoir servi une messe de courage et d’abnégation pendant 80 minutes, et de jeu aussi.

Un miracle, quand on sait qu'au Munster, il n'y a pas d'enfants de cœur.

Une entame parfaite, après un essai de Nyanga et une pénalité de Machenaud, le Racing menait 10-zéro, dès la dixième minute.

La réaction des Irlandais ne se faisait pas attendre, dix minutes plus tard, suite à une attaque derrière une mêlée, par Kleyn qui passait les bras en force pour aplatir sur la ligne.

Heureusement pour les Français, le pied de Machenaud, béni des Dieux, prenait le dessus sur ceux, déchus, de Keatley puis de Murray, victimes d’un poteau chacun. Le Racing s'envolait alors 13-7, à la pause.

L’entame de la seconde période allait à nouveau donner l’avantage aux Ciel et Blanc qui inscrivaient un second essai par Andreu. Mais la réplique irlandaise était encore immédiate par une percée incisive de Earls qui trouvait l’en-but sans opposition, suivie cinq minutes plus tard par son compère au centre Farrell qui donnait pour la première fois l’avantage aux siens.

Heureusement pour les Français, le pied de Machenaud, béni des Dieux, permettait au Racing de recoller au score quand Keatley lui répondait, par deux fois, pour garder la main sur la rencontre, avec six longueurs d’avance (21-27).

Alors que l’on croyait la messe dite pour les visiteurs, à un quart d’heure de la fin, suite à une touche, Szarzewski combinait un une-deux avec son compère Nyanga pour inscrire l’essai de l’absolution, réconciliant enfin le Racing avec son jeu, lui permettant de repasser devant, d’un petit point (28-27).

Les dernières minutes verront le duel entre Machenaud et son homologue Murray remporté par le Français, béni des Dieux, par deux pénalités à une, l’Irlandais manquant à nouveau une cible.

Les Racingmen auraient pu tenter d’aller chercher un bonus offensif qui valait deux points "terrain", mais ils ont préféré ne pas tenté le diable et assurer la victoire sans bonus, suffisante, dans la mesure où il faudra, quoi qu’il arrive, aux Franciliens l’emporter chez les Anglais de Leicester, la semaine prochaine.

La messe est loin d’être dite, dans cette poule, quand on sait que deux miracles bonifiés à l’extérieur les qualifieraient même, avec le Racing en tête, et le CO en meilleur deuxième.

Avec ce Racing-là et les hommes d’Urios aussi remontés, rien n'est impossible.

 

Les autres matches en bref...

Dans la poule 1, samedi après-midi, La Rochelle a laissé filer une qualification automatique chez les Irlandais d’Ulster, et la première place du même mauvais coup (20-13). Malgré une belle entame et un Balès des grands jours (auteur de tous les points et du seul essai rochelais), les Ulstermen ont été plus opportunistes.

Dorénavant les Maritimes devront aller chercher leur qualification à Marcel-Deflandre contre les Harlequins, avec une victoire bonifiée pour espérer remonter le point de retard face aux Irlandais. Rien d'acquis quand on sait que les Anglais ont battu leurs compatriotes des Wasps (33-28) qui pourraient encore espérer quelque chose  en recevant le leader.

Une poule très indécise mais qui laisse le destin des Rochelais entre leurs mains, car même une victoire non bonifiée les assurerait d'une place de meilleur deuxième.

Dans la poule 2, samedi toujours, Clermont a subi le réveil de Northampton (34-21), métamorphosé depuis l’éviction de son entraineur historique Mallinder. Pourtant, après une "trop" bonne entame, les Auvergnats se sont fait dessus en seconde période, multipliant le grand n’importe quoi dont ils nous avaient déjà habitué en début de saison, comme l’analyse très bien Franck Azéma.

« Cette défaite me fait d’autant plus ch... qu’il y avait la place pour se qualifier. Mais on se met tout seuls dans la difficulté pour la semaine prochaine. On est sous pression. Ce qui m’agace surtout, c’est qu’on ne joue pas en équipe. On n’est pas consistant. Chacun joue sa petite partition, fait sa brèche, et après on jette les ballons ! Cela m’inquiète, il va falloir discuter de ça. Et surtout travailler. Les Anglais ont montré un état d’esprit irréprochable alors qu’ils n’avaient rien à gagner. C’est beau de voir que cela existe encore. C’est ça le rugby ! Mais on a notre destin en main à condition de montrer un autre visage. »

Il faudra donc battre les Ospreys, samedi prochain, dans un véritable huitième de finale, à moins que Clermont ne s’incline de moins de quatre points, ce qui qualifieraient les deux équipes, éliminant du même coup les Saracens, dindon de la farce, après leur nul chez les Gallois (15-15).

Scénario intéressant pour la suite, mais dangereux car les Sarries, eux, ne feront pas de cadeaux aux Saints.

Dans la poule 3, ce samedi après-midi noir, Montpellier s’est fait corriger chez les Anglais d’Exeter (41-10), sans montrer grand chose au delà de leurs sempiternels ballons portés et essai syndical de Nadolo. Vern Cotter a beau dire…

« Le score est lourd à la fin. On tient une mi-temps durant laquelle on ne sort qu’une fois de notre système défensif. Sur cette action, notre adversaire marque. C’est alors la grande différence entre les deux équipes. Eux restent intacts et, de notre côté, nous avons l’occasion de marquer mais ne le faisons pas. En deuxième période, ils occupent bien le terrain et, à chaque fois qu’ils entrent dans nos 22 mètres, ils repartent avec des points. La différence s’est intensifiée dans l’efficacité, surtout dans les zones décisives. »

Le leader du TOP 14 ne nous fait pas bander.

Il sera difficile d’aller chercher cette place de meilleur deuxième chez le Leinster, pourtant déjà qualifié, après sa cinquième victoire sans appel contre Glasgow (55-19).

Les Anglais ont leur destin en main, plus les Montpelliérains.

Dans la poule 5, dimanche, Toulon n’a pas failli, à Mayol, face aux Italiens de Trévise (36-0). Si ce n’est le langage de Bastareaud en fin de rencontre qui lui vaudra une citation, pas dans un recueil de poésie, mais bien en commission de discipline. Même dans un anglais parfait, on ne traite pas son adversaire de « sale pédé ». Déjà en français, c’est con, mais s’amuser à le traduire en une autre langue, c’est carrément crétin. Sinon, il paraît qu’il a été bon dans ce match, et auteur d’un des cinq essais.

Reste à confirmer la qualification pour les Varois, en ramenant au moins un point de leur déplacement chez les Scarlets qui jouent, eux aussi, la première place, après leur victoire écrasante à Bath (17-35).

Un vrai huitième de finale !

Tous les résultats officiels du week-end >> 

Pour l’heure, à J-1, voici les huit qualifiés dans l’ordre :

1 – Leinster      (1er p3, 23 pts, +74)           8 – Ospreys      (2ème p2, 15 pts, +21
2 – Clermont   (1er p2, 18 pts, +44)          7 – La Rochelle (2ème p1, 16 pts, +26)
3 – Toulon       (1er p5, 18 pts, +37)          6 – Scarlets       (2ème p5, 17 pts, +36)
4 – Munster      (1er p4, 16 pts, +35)           5 – Ulster          (1er p1, 17 pts, +33)

Mais d'autres ont encore une chance : Racing 92 (p4, 15 pts), Exeter (p3, 14), Montpellier (p3, 13), Saracens (p2, 13), Bath (p5, 13), Castres (p4, 12), Wasps (p1, 12).

Eux, non et depuis longtemps : Harlequins (p1) – Northampton (p2) – Glasgow (p3) – Leicester (p4) – Trévise (p5)

 

En ce qui concerne la Challenge Cup, vous trouverez également tous les résultats sur le site officiel de l’EPCR.

À une journée du dénouement, on peut d’ores et déjà dire que :

Pau est qualifié, reste à valider la première place chez les Anglais de Gloucester, favoris.

Reste un match à gagner pour Bordeaux, Brive et Paris.

Ça va être très compliqué pour Lyon.

C’est fini pour AgenOyonnax et Toulouse.

 

La semaine prochaine…

La coupe d’Europe livre son verdict…

Dans un scénario fou, on pourrait voir se qualifier 5 clubs français.

Clermont, Toulon et La Rochelle, en bons premiers, en l’emportant, ces derniers avec le BO.

Montpellier, le Racing ou Castres avec autant d’exploits bonifiés pour finir meilleurs seconds, et des circonstances ultra favorables pour les Montpelliérains et les Castrais.

Mais pourquoi pas rêver, soyons fous !

 

À suivre, à partir de samedi 20 janvier :

  • Montpellier – Leinster, 14h (beIN)
  • Glasgow – Exeter, poule 3
  • Clermont – Ospreys, 16h15 (beIN)
  • Saracens – Northampton, poule 2
  • Scarlets – Toulon, 18h30 (beIN)
  • Trévise – Bath, poule 5

Puis dimanche 21 janvier :

  • Leicester – Racing 92, 14h (beIN)
  • Munster – Castres, poule 4
  • La Rochelle – Harlequins, 16h15 (France 2)
  • Wasps – Ulster, poule 1

 Tous les matches >>

 

S’agissant de la Challenge Cup et les 8 autres clubs du TOP 14, veuillez consulter le site officiel de l’EPCR qui vous en détaillera le programme.