Arrache-toi d'là...

TOP 14... 16ème journée                               Clermont – Montpellier       29 – 30

Montpellier fait chuter le champion

T’es plus d'not’bande !

Clermont est quasi sorti de la course aux phases finales et le père Azéma a les glandes, forcément.

Si les médias parisiens s’en sont donnés à cœur joie, dimanche soir à la fin de cette quatrième défaite de rang du champion de France, tous derrière un Éric Bayle aux anges sur l’antenne de Canal+ – la voie est liiiibre pour le Racing ! – Franck Azéma, lui, n’a pas digéré la prestation de ses hommes et l’acharnement qu’il ressent contre son équipe, des blessures aux sélections, en passant par les décisions du corps arbitral.

« Quand l'baba-cool Garcès
a sorti le sifflet d’sa bouche
quand eux rentraient en travers
en zone de rucks
j'ai dit à Bès qu'était en flip 
Tu vas voir l’mariole s'il s’la ferme 
vise la rengaine
quelle mascarade !
Pas d’sanction c’est dégueulasse, le carton jaune dans la poche
Même les placages à mort, les mêlées rejouées, sifflet bouché
tu vas voir qu'à tous les coups
y vont nous r'piquer la balle
pour s'barrer avec dans l’en-but
et nous peau d’balle !

Avant que j’ai pu dire un mot
chopant l'mec à la vidéo 
voilà qu'il m'dit : Toi tu m'fous les glandes
T’as plus rien à foutre dans not’ monde
arrache-toi d'là, t'es plus d’not'bande

casse-toi, t’es cuit, et marche à l'ombre ! »

Pauvre Franckie, le sort s’acharne sur lui et ses Jaunards maudits. Que dire de la rencontre, si ce n’est que le champion de France semblait bien désarmé devant l’armada montpelliéraine, surpuissante, avec un Picamoles décisif, auteur d’un doublé qui a plongé les locaux d’entrée la tête sous l'eau.

Vingt premières minutes subies par les Clermontois, menés logiquement, avant de se reprendre et inscrire un premier essai par Jedrasiak qui les remettait dans la partie à la pause (16-17). Le retour des vestiaires allait même sonner leur révolte, forts en mêlée et récompensés par le pied impeccable de Laidlaw.

Seulement le sort allait continuer de s’acharner sur eux... aves la blessure de Toeava.

L’entrée du dernier joker en date, Hingano, n’allait pas pour autant être vaine, puisque le joueur australien offrait l’essai de la gagne, à un quart d’heure de la fin, après plusieurs séquences éprouvantes devant la ligne d’en-but montpelliéraine. Un plongeon incroyable qui redonnait le sourire au stade Marcel-Michelin. Le plus dur semblait être fait.

Oui mais, le coaching de Cotter et la force de Nadolo, intraitable, eurent raison de ce champion à bout de force, « usé » comme le soulignait son coach, mais aussi mal inspiré par un McAlister prompt à leur tendre chaque ballon pour mieux se faire battre. Et donc, dans les toutes dernières minutes, c'est logiquement que l’ailier fidjien enfonçait la défense locale pour l’essai dont la transformation allait crucifier Clermont définitivement.

Un malheureux point qui, au fond, va rendre service à cette équipe malheureuse depuis le début de saison et qui va enfin trouver la paix (médiatique) à se concentrer sur les trois matches de coupe d’Europe qui lui restent à jouer… parce qu’il y en aura trois, si les Jaunards veulent bien y croire et s’y préparer avec toutes les forces vives qui vont rentrer dès le mois de février.

Alors le TOP 14, on peut bien faire une croix dessus à leur place, eux, prendront les matches comme ils viendront et feront les comptes au mois d'avril.

  

Les autres matches en bref...

La Rochelle (2) – Brive (12)       33 – 24

Durement mais sûrement

Les Rochelais, privés de quelques internationaux (Priso, Gourdon, Doumayrou), ont souffert à Marcel Deflandre pour venir à bout de Coujoux bien décidés à jouer crânement leur chance, à l’image de Lapeyre, l’ailier en bonne forme, auteur d’un doublé… parce que Lapeyre, ça marque par deux.

Heureusement pour les Maritimes, en face, ils avaient Roudil, un ailier hors pair qui avait devancé son vis-à-vis par deux fois durant ce match, très équilibré ma foi.

4 essais à 3, sans bonus pour personne, de quoi nourrir des regrets pour Brive dont le jeu séduisant aurait mérité une meilleure issue.

Castres (4) – Racing 92 (3)       13 – 18

Défense de jouer

Privés de neuf internationaux, le Racing 92 a fait les fonds de tiroir samedi et ressorti des vieux croûtons répondant aux doux noms de Carter, Imhoff, Albacete, Andreu, Szarzewski, Claassen et Johnston venant épauler les espoirs comme Iribaren, Dupichot, Vulivuli, Nakarawa et Tameifuna…

Pas facile pour le CO quand on joue contre la meilleure défense du championnat, intraitable, et quand un Argentin international sur son aile vous fait des misères. Auteur d’un doublé décisif, un par mi-temps, à la course ou derrière un maul, Imhoff a surclassé son vis-à-vis Smith, qui avait pourtant ouvert le bal dès la 4ème minute… puis plus rien.

Ne me demandez pas d’encenser plus ce rugby minimaliste, si cher à Bernard Laporte, basé sur la défense, fait d’abnégation, de résignation et d’opportunisme, qui moi, m’emmerde à voir jouer, parce que le spectacle et le plaisir sont tout simplement mis de côté… Le rugby d’Urios n’est pas loin de cette philosophie et ses hommes ont trouvé bien plus aguerris qu’eux à ce jeu de défense.

Les Castrais ont tout tenté, jusqu’à la dernière seconde pour enfoncer le mur francilien. En vain, les visiteurs repartent avec la précieuse victoire et s’installe sur le podium, à hauteur des Rochelais. Le CO, lui, reste dans le TOP 6 grâce à son point de bonus défensif.

Toulon (5) – Bordeaux (9)         36 – 12

Cash !

Les départs successifs de Brunel, puis de quelques internationaux, ont complètement déstabilisé le groupe bordelais qui s’est sévèrement écroulé à Mayol, pourtant en supériorité numérique la moitié du temps, après le carton rouge (logique) de Tuisova avant la pause.

De leur côté, les Toulonnais ont déroulé avec des trois-quarts puissants, à l’image de Tuisova (marqueur et fautif d’une manchette fatale) mais surtout de Radradra, inarrêtable (auteur d’un doublé).

Avec une belle avance (31-5) et en infériorité numérique, les Varois se sont contentés de gérer parfaitement la seconde période pour repartir avec un point de bonus offensif et une belle place dans le TOP 6.

De bon augure pour la suite.

Toulouse (6) – Oyonnax (14)      37 – 15

Oyoyo ! Quel final toulousain !

Ne vous emballez pas ! Si les deux dernières minutes de ce match ont fait chavirer le cœur du public haut-garonnais, les 78 précédentes ont failli l’endormir sur de maigres lauriers acquis à la pause (15-0) après deux essais poussifs, mais pas moins beaux, des ressuscités Huget et Médard.

Au retour des vestiaires, Ramos répondait pourtant à Basson qui venait de contrarier les locaux en quête d’un bonus offensif face à la lanterne rouge. Seulement les Oyomen ne sont pas des punching ball, d’autres grosses écuries se sont cassées les dents dessus, ils ne lâchent rien !

La preuve, à la 53ème minute, Gondrand passait la ligne (pour le deuxième essai des visiteurs), créant le doute dans l’attaque toulousaine, à l’arrêt, jusqu’à la 78ème.

Sur un ballon porté, Madaule s’échappait et surprenait la défense adverse. Ramos tapait la transformation en drop pour récupérer une dernière cartouche sur le renvoi. C’était chose faite, après une grosse charge et une penal-touche un dernier maul offrait l’essai du bonus offensif à Ghiraldini, de quoi faire exulter cette équipe apathique jusque-là.

Une aubaine pour le Stade Toulousain qui campe à la sixième place quand les Oyomen se tassent un peu plus au fond de leur trou. Même si leurs concurrents directs n’en ont pas profité.

Lyon (7) – Agen (13)                   71 – 17

La crue lyonnaise sonne les Agenais

Agen ne s’attendait pas à un tel débordement du jeu de son hôte, avec à l’arrivée un score fleuve, d’un niveau jusque-là jamais atteint.

Dix essais ont englouti, vague après vague, la défense agenaise, sous l’eau au bout de minutes (28-3). Couilloud allait couronner ce festival en seconde période par un triplé personnel, quand le doublé de Sadie sauvait l’honneur des visiteurs sur un radeau d’impuissance, malgré une bonne volonté de naviguer dans le cours du jeu.

Le Lou est de retour mais ne s’emballe pas plus que ça, aux portes du TOP 6, car ils ont déjà payé cher les dégâts de la décrue.

Stade Français (11) – Pau (8)    5 – 40

Même scène à Paris… qui l’eût cru ?

Tous les zouaves dans les tribunes de Jean-Bouin ont pu mesurer chaque montée des Palois dans le camp parisien, au niveau que les Béarnais ont tenu durant la dernière quinzaine européenne.

Le jeu du Stade Français s’est noyé dans ses approximations, sa précipitation et ses erreurs, fatales, dont ont profité les visiteurs en assommant les Parisiens d’entrée, inscrivant quatre essais en première période, et en tenant la dragée haute en seconde (même en infériorité numérique), rajoutant deux essais en contre quand les locaux ne parvenaient qu’à sauver l’honneur par Yobo.

Une crue mémorable qui risque de laisser des traces dans les travées de Jean Bouin et charrier les espoirs des supporters vers le maintien, à quatre longueurs des Agenais désormais.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Qualifications Mondial 2019…

Canada – Uruguay                 29 – 38          (aller)

Grand effroi sur Vancouver !

Samedi, les Los Teros ont surpris les Canucks, chez eux à Vancouver, dans une double confrontation qui pourrait bien voir les Canadiens privés de coupe du monde, pour la première fois depuis sa création.

Menés en début de chaque période, les Uruguayens se sont réveillés en inscrivant chaque fois deux essais de plus que leur hôte, avec une réalisation de leur capitaine Capo Ortega, qui a bien manqué au CO en ce samedi noir.

Le match retour aura lieu à Montevideo, samedi 3 février, et pourrait ouvrir aux Los Teros les portes d’un nouveau Mondial, pour la seconde fois consécutive, au Japon, dans la poule des Australiens et Gallois.

En cas de défaite les Canucks joueraient la phase de repêchage... souvenez-vous >>

 

La semaine prochaine…

Place aux Bleus, la Brunel de nos yeux…

Le nouveau sélectionneur entre en piste du Stade de France pour l’épreuve que l’on attend tous, dans son premier match du tournoi, pour les preuves, aussi, qu’on exige tous, après l’abjecte éviction de son prédécesseur.

Pendant ce temps-là, les autres nations avancent, dans la continuité et la sérénité, pour élever leurs équipes au niveau des plus grandes.

Seules l’Italie et l’Angleterre semblent à portée de notre équipe de France, en plein doute. Parce qu’on les reçoit, d’abord, et parce qu’elles ne sont pas au mieux, comme nous, du fait, pour la seconde, de nombreux blessés, un mal récurrent qui vient de PremierShip comme du TOP 14.

Les favoris sont irlandais et c’est justement par eux que les Bleus de Brunel vont devoir faire leurs preuves d’entrée… On peut y croire, rêver, ou juste prier.

À suivre, samedi 3 février, sur France 2 :

  • Pays de Galles – Écosse (15h15)
  • France – Irlande (17h45)

Puis dimanche 4 février, sur le même canal :

  • Italie – Angleterre (16h)