Un idiot... ou deux à Marcoussis !

VI NATIONS... 2ème journée                    Écosse – France       32 – 26

Laisse tomber la neige ! tout va bien à Marcoussis.

Grève surprise… de jeu et d’ambition.

On croit rêver !

Même les bras croisés, je dis bien les bras croisés, pas en passes croisées ou redoublées pour une course dans l’intervalle, non ! ... même les bras croisés, arrêtés, immobiles, on fait une entame parfaite.

« Va comprendre, Charles ! »

Car c’est bien sur une mauvaise passe de Doumayrou et une ligne de trois-quarts à l’arrêt que l’ailier du Racing a mystifié la défense écossaise, avant de redoubler son exploit grâce à un rebond heureux dans l’en-but.

C’est l’image de cette équipe de France, désormais, une équipe en grève qui s’en remet à son unique porte-parole du jeu, Teddy Thomas, qui se sent pousser sur son aile, grâce à des appuis bien placés, pour négocier seul avec la direction de Brunel qui ne veut pas jouer le jeu.

Dimanche après-midi, dans un climat d’apaisement sous le ciel de Murrayfield, les Bleus avaient pourtant toutes les conditions réunies pour reprendre le travail d’un jeu abouti, s’appuyant sur une défense solide même si les Écossais débordaient d’inspiration pour en trouver les failles.

Menant 20 à 14 à la pause, après deux essais de chaque côté et une marche de manœuvre conséquente, les Bleus n’avaient qu’à accélérer, qu’à oser, qu’à jouer quoi! ... pour marquer encore et aller même chercher un bonus offensif à leur portée.

Mais non… la chaine de production offensive était à l’arrêt.

Grève du jeu, grève de toute ambition, de tout enthousiasme que le vieux gamin Beauxis tentait de retrouver avec des chistéras improbables, cherchant un partenaire pour s’amuser et se lancer dans une attaque bandante. Mais rien, à part le zélé Thomas.

« J’vais même vous dire un truc, moi. Les bourrins sont lâchés. Les Lamérat, les Vakatawa, tous les mecs nases… à la poubelle ! Je vais même vous dire autre chose : c'qui congestionne, c'est l'surplace. Un mec qui court vite, même si y s’fait coincer par la défense de temps en temps, c'est pas grave… Ça dégage. T'avance, toi, au lieu de rentrer dans l’tas !… Guirado, ça m'étonne pas… C'est pas un crime de voir ça ?… Et l'autre-là… À quoi qu'y pense… Affole-toi, eh, Viande-à-Pneu !… Peigne-moumoute ! Voyez-vous, monsieur, dès qu'on prend le ballon, on est entouré que d'saloperies, d’fautes de main ou juste d' savoir jouer, tout simplement »

Et comme si la grève du jeu ne suffisait pas, les hommes en bleu de travail se sont mis à la faute, cumulant les sanctions financières au score, jusqu’à ce que les patrons de Murrayfield aient gain de cause, par autant de coup de pieds aux culs de Laidlaw, intransigeant.

Que dire, quand on voit ce qu’on voit, à part convoquer Laporte, Brunel et sa clique et les traîner aux assises devant cette huitième claque et tant d'immobilisme quand notre rugby a besoin de réformes pour avancer.

« Monsieur Brunel, vous êtes un meneur ! Une grève surprise ?… Bravo ! Trente tonnes de barbaque d'internationaux alors qu'on crève de faim dans le TOP 14 ?… Hourra ! Monsieur Brunel, vous êtes un meneur et vos p'tits camarades des inconscients ! Vous semblez oublier, en effet, mes amis, que vous n'êtes que des Bleus, c'est-à-dire les êtres les plus vulnérables du rugby mondial !… Des blessés en puissance ! Blessés physiquement et blessés dans l’âme.... La blessure… La blessure et son cortège de misères… Y avez-vous pensé ? Finie la saison, finies les phases finales, fini l'Brennus… C'est pourquoi, mes amis, si vous avez des revendications d’un nouveau bien-être à formuler, vous m'adressez une note écrite et j'la fous au panier, et on n'en parle plus. Nous sommes bien d'accord ? ... alors, au boulot!

et produisez du jeu, bordel ! … ou bien démissionnez et rendez-nous Novès ! »

  

Les autres matches en bref…

Angleterre – Pays de Galles            12 – 6

Un choc du diable !

Ne vous fiez pas au score, il est le seul à avoir décroché dans ce match intense. En tribunes, comme derrière nos écrans, on ne s’est pas ennuyé une seconde. Quel spectacle !

On a cru au départ assister à une balade anglaise quand May passait deux fois la ligne d’en-but galloise en moins de vingt minutes. C’était sans compter sur la bravoure des Diables Rouges et leur entêtement à vouloir répondre en attaquant coûte que coûte.

Durant l’heure qui suivit, les Anglais n’allaient plus marquer un point et aller en baver comme jamais ils n’en avaient bavé sur leurs terres, à Twickenham, contre ces diables de Gallois. S’il n’y avait pas eu la maladresse de leurs adversaires, ils auraient probablement perdu ce match.

Et pourtant, la paire de stratèges, Farrell-Ford, a brillamment animé le jeu du XV de la Rose, multipliant les offrandes à leur trois-quarts qui butaient sur une défense du XV du Poireau infranchissable. Et vice-versa, car les assauts gallois incessants ne trouvaient pas de faille dans le mur anglais, très mouvant, qui anticipait un peu trop à mon goût les initiatives des visiteurs, dans des positions largement illicites que monsieur Garcès feignait de ne pas voir.

Seulement l’arbitrage n’était pas responsable des mauvaises finitions galloises, à l’image de cette action de la 62ème minute où Williams se voyait déjà aplatir dans l’en-but, oubliant Evans à l’intérieur pour un essai tout fait.

À défaut d’un exploit, les Diables Rouges nous auront offert un match dantesque quand les doubles champions en titre nous auront démontré, avec la manière, qu’ils étaient bien les favoris de cette compétition.

   

Irlande – Italie                                 56 – 19

Des Ritals à l’envers !

28-0 à la pause et on comprend vite que la Squadra Azzurra n’a pas existé dans la première période, les Irlandais de Sexton déroulant leur bonus offensif sans forcer en quarante minutes.

42-0, avec deux essais supplémentaires (transformés bien sûr par un Sexton impeccable), juste un peu avant l’heure de jeu et les Italiens décidaient de jouer. Pour de vrai ! … surprenant les Celtes par trois fois, presque quatre pour un point de bonus offensif qui leur échappait sur la dernière action, quand le XV du Trèfle en comptait deux, avec quatre essais par mi-temps.

Incroyable Ritals qui nous avaient habitués jusque-là à tout le contraire, une heure de jeu égal avec les plus gros adversaires avant de sombrer dans le dernier quart d’heure. Inquiétante équipe italienne, à la peine, à l’image de son capitaine qui aura été l’ombre de lui-même dans un match où il aura enchaîné les bourdes et les cadeaux.

Désormais l’Irlande prend la tête du tournoi, à égalité de points avec l’Angleterre, les deux seules nations à pouvoir rêver de grand chelem. Réponse lors de la dernière journée à Twickenham.

 

Classt 1-Irlande, 9 pts (+39) - 2-Angleterre, 9 (+37) - 3-Pays de Galles, 6 (+21) - 4-Écosse, 4 (-21) - 5-France2 (-8) - 6-Italie, (-68) 

 

Du côté de nos U20…

Écosse – France         19 – 69

N’Tamack, en chef d’orchestre

Vendredi soir, sur la scène de Broadwood à Cumbernauld, les Bleuets ont exécuté une partition parfaite sous la baguette de leur meneur de jeu durant 55 minutes, le temps d’un concert à sept essais pour mener 55-0, à l’image de cette offrande incroyable sur l’engagement de la seconde période, le coup de pied de N’Tamack trouvant directement Lavau qui filait dans l’en-but, ni vu ni connu.

Au bout d’une heure les Écossais commençaient à se lasser de la musique de chambreur et ont profité de la sortie du stratège pour se rebeller et répondre par trois essais ruck and roll, quand les Français clôtureront leur festival musical avec deux nouvelles mélodies derrière l’en-but.

En faisant le plein avec ce nouveau bonus offensif, les U20 prennent la tête de la compétition, à hauteur des Anglais (vainqueurs des Gallois, 37-12).

 

Et de nos Féminines…

Écosse – France         3 – 26

Un plein de fautes pour un sans faute

Samedi soir, sur le pré des Warriors de Glasgow, nos Françaises ont trouvé de vraies guerrières sur leur route, et des trombes d’eau sur la tête, à en perdre la boule… je veux dire le cuir, qui leur glissait systématiquement des mains comme une savonnette.

Que ce fut dur pour nos Bleues d’engranger cette victoire bonifiée, à l’image des avants pénalisés bien trop de fois. Et l’ironie du sort de ce match aura voulu que c’est à 14 contre 15 (suite à un carton de Carricaburu) que les filles allaient trouver enfin le chemin de l’en-but, après que les Écossaises avaient ouvert le score (leurs premiers points face à la France depuis sept ans).

Un ballon porté d’un pack vexé s’engouffrait derrière la ligne locale avec Sochat à la finition. Quand lors du renvoi suivant, une ouverture fabuleuse de Pauline Bourdon (décidément elle me botte cette ouvreuse) trouvait l’incontournable Cyrielle Banet (j’adore !) qui filait jusqu’à l’en-but après avoir effacé deux défenseurs.

Deux essais juste avant la pause pour mener chichement 12-3 quand Trémoulière passait toujours aussi peu de coups de pied entre les perches. Il faudra attendre également les dernières minutes d’une seconde période aussi brouillonne et hachée pour voir les deux essais du bonus offensif, signés Boujard et Le Pesq.

Un résultat parfait, même s’il n’y a pas eu la manière, car les Bleues restent au coude à coude avec les Anglaises qui ont terrassé les galloises (52-0). On a hâte de voir cette confrontation en France dans trois semaines, après avoir reçu l’Italie. Une finale pour le Grand Chelem, sans aucun doute.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 revient … les internationaux avec !

Pas tous, car il y a eu de la casse et pas des moindres. Toulouse a perdu Dupont, pour le reste de la saison, La Rochelle, Gourdon et Bordeaux, le jeune et prometteur Jalibert.

Pourtant cette 17ème journée sent la poudre dans la course au TOP 6, avec un déplacement explosif du champion (quasi éliminé) à Lyon.

 

A suivre, dès samedi 17 février :

  • Toulon – Stade Français, à 14h45 (C+) : rester dans le TOP 6.
  • Agen – Toulouse, à 18h (R+) : le derby de la Garonne,
  • Brive – Pau, à 18h (R+) : calmer les ardeurs paloises,
  • Oyonnax – Montpellier, à 18h (R+) : le grand écart,
  • Lyon – Clermont, à 20h45 (C+ Sport) : le sursaut du champion ?

Puis dimanche 18 février:

  • Bordeaux – Castres, à 12h30 (C+) : recoller au peloton,
  • Racing 92 – La Rochelle, à 16h50 (C+) : duel de leardership.