Thriller à Jean-Bouin 

TOP 14... 22ème journée                       Stade Français – Toulouse       33 – 37

Course-poursuite infernale à Jean-Bouin

Toulouse se fait la balle…

Dans le sprint final aux qualifications, pour les phases finales ou juste pour avoir le droit de rester parmi l’élite la saison prochaine, le Stade Toulousain s’est offert un festival de cannes, décrochant la palme du meilleur acteur dans le film événement de la 22ème journée, El Clasico, au détriment de son rival de toujours, "El Parigot".

Ce western-paëlla, remake du célèbre Barça-Real du foot espagnol et qui oppose les deux plus grands palmarès du rugby français, a tenu le public de Jean-Bouin en haleine.

Une course-poursuite infernale avec des rebondissements...

Jusqu'à la dernière seconde. Tout Paris a tremblé, ce #Parismobilisé  par les réseaux sociaux qui a rosi tant bien que mal les tribunes de Jean-Bouin, derrière son équipe quand son équipe, elle, restait toujours derrière au score.

Un premier essai d’entrée calmait ses ardeurs, le trois-quarts centre toulousain, Mjekevu, transperçait le rideau parisien après une domination des siens. Puis un deuxième qui faisait froid dans le dos quand Paris, à la relance, se faisait prendre naïvement par la patrouille de Kolbe, interceptant une passe téléphonée de Danty.

Enfin, l’euphorie faisait son entrée dans les travées du stade, une transversale au pied millimétrée de Plisson pour son ailier Yobo et voilà Paris qui revenait dans la partie. S'ensuivait une nouvelle percée de Camara et un relais de Parisse pour le doublé de l’ailier parisien qui ramenait les siens à 7 longueurs à la pause (13-20), malgré les échecs de transformation de Plisson.

Le public pouvait y croire au retour des vestiaires, mais le scénario de la première période semblait se répéter, Kolbe, intenable, était à nouveau à la manœuvre pour son doublé.

Paris n’avait pas dit son dernier mot pour autant et attaquait de plus belle pour se défendre.

Quand Burban concluait un joli mouvement de ses partenaires, les ramenant cette fois à 4 points seulement de leur adversaire (23-27). Il restait 25 minutes, largement de quoi passer devant, pensait le public qui exultait et poussait toujours derrière son équipe, d’autant qu’elle avait la possession depuis quelques minutes.

Mais voilà, alors qu’elle était à deux doigts de faire péter le coffre-fort de la défense haut-garonnaise, elle se faisait une nouvelle fois coincer par la brigade des stupéfiants trois-quarts toulousains, très en jambe. Une deuxième interpellation de balle, par Médard cette fois sur un cadeau de Macalou, qui mettait un coup d’arrêt aux belles intentions locales. Lui qui venait de rentrer, ressortira blessé. Un coaching tout sauf gagnant, dira Azam sur le banc.

Mais rien n’était joué dans cette histoire folle, il restait moins d’un quart d’heure, le temps pour un ballon porté rageur jusque dans l’en-but, signé Daguin et Paris était à nouveau à 4 points (30-34).

La course-poursuite devenait déroutante, faisant crisser la joie de Jean-Bouin, à chaque virage. Une joie de courte durée quand Doussain repassait trois nouveaux points, obligeant Plisson sur sa dernière munition, à choisir le point d’une défaite bonifiée plutôt que de tenter une gloire vaine sur une dernière attaque incertaine.

Toulouse tenait là sa prestation de prestige, logiquement récompensée face à un Paris qui a trop surjoué, ce qui lui a joué deux mauvais tours et coûté une victoire pourtant vitale.

Les deux plus grands palmarès du TOP 14 se retrouvent aux antipodes du classement, l’un sur le point d’accéder directement aux demi-finales, l’autre au barrage pour éviter la relégation. Mais quel match, ils nous ont offert...

du jeu et du combat, du spectacle et du suspense !

Ce n’est pas le cas de tous, malheureusement.

 

Les autres matches en bref...

Montpellier (1) – Castres (8)                45 – 7

Le CO aux abonnés absents

Montpellier n’a pas eu à forcer son talent pour venir à bout de Castrais totalement absents d’une partie à sens unique. Par le pied de Pienaar d’abord pour répondre aux fautes grossières des visiteurs, puis par deux essais (Rensburg et Du Plessis), les locaux menaient déjà 21-0 à la pause.

La seconde période ne laissera pas plus de chances aux Tarnais qui encaisseront trois nouveaux essais (Du Plessis, Sanga et Tomane), sauvant l’honneur en fin de match par Battle.

Le leader conforte sa place, à 5 longueurs de son dauphin tandis que le CO voit s’éloigner dangereusement la qualification aux phases finales.

Lyon (7) – Racing 92 (2)                        22 – 24

Le coup de force du Racing

Le Lou a perdu une bonne chance de se positionner favorablement pour disputer les barrages en concédant cette défaite à domicile, alors qu'on pensait le Racing déjà tourné vers le Michelin et son quart de finale européen.

Que nenni ! Les Franciliens ont montré qu'ils étaient mobilisés sur tous les fronts et n'ont pas fait semblant pour profiter des faiblesses de ces Lyonnais inhabituellement timorés offensivement.

Il aura fallu s'appuyer sur Beauxis et Machenaud dans un premier temps avant que Chouzenoux et Lambie ne se décident à marquer les premiers derrière l'en-but  pour le compte des visiteurs, obligeant les locaux à réagir.

Seulement à 15 contre 1" en fin de match le Lou ne marquera qu'une fois sous les perches par son buteur Beauxis, auteur de tous les points. Insuffisant pour décrocher une victoire pourtant cruciale.

Le Racing vient de réaliser une belle opération en se positionnant à la seconde place, prêt à défier des Clermontois frileux chez eux, avec la même dynamique. Une nouvelle désillusion ne semble pas loin pour le champion de France qui ne rêve désormais que d'Europe.

Toulon (4) – Clermont (9)                     49 – 0

Pan pan cul cul !

Un point par minute en première période pour les Toulonnais face à des Clermontois d’une passivité déconcertante. On ne peut pas dire qu’ils avaient la tête à l’Europe, vu que peu d’entre eux seront du quart de finale la semaine prochaine, à part Iturria et Penaud, peut-être. Pourtant il y avait de grands noms qui faisaient leur retour, Fofana, Penaud, Parra, Lopez, Toeava, Chouly, Strettle etc. Mais tous semblaient manquer de rythme comme s’ils l’avaient laissé quelque part sur une plage ou dans une discothèque d’Ibiza.

Du rythme, côté varois, ils n’en manquaient pas. Une balade et un enthousiasme qui a dû faire plaisir à leur président comme au public, à l’image d’un Bastareaud, passeur décisif et facile sur tous les coups.

Sept essais, sept transformations, et un record égalé pour Ashton avec son 21ème de la saison. Toulon se replace dans le premier carré quand Clermont n’a plus rien à jouer en TOP 14. Le champion de France peut se concentrer exclusivement sur la Coupe d’Europe et espérer la remporter s’il veut la retrouver la saison prochaine.

Et ça commence dès le week-end prochain. Ce sera une autre paire d’outre-Manche pour les vainqueurs du jour, qui ont un rendez-vous périlleux dans l’antre de Thomond Park.

La Rochelle (5) – Bordeaux (10)            31 – 20

Le retour des Maritimes à bon port

Les Rochelais ont pris ce match par le bon bout, emmené par un Retière de feu. Trois essais en première période pour prendre le large, par Bouldoire, Priso et Kerr-Barlow contre un seul pour Bordeaux par Gayraud.

En seconde période on a cru que la vague des Maritimes allait déferler sur l’UBB acculée en défense, après l’essai du bonus offensif par Amosa. Mais c’est tout le contraire qui s’est passé, les visiteurs ont répondu aussitôt par Marais et ont mis la pression sur la défense locale.

Il faudra attendre la dernière minute pour que l’essai de Balès redonne le point de bonus aux siens pour ne pas repartir avec une victoire amère. La Rochelle est de retour aux affaires, juste à temps, avant son déplacement au Pays de Galles en quart de finale européen.

Pau (6) – Oyonnax (14)                          33 – 12

À la sauce béarnaise

Les Oyomen sur leur dynamique y ont cru en marquant les premiers par Inman. Mais c’était sans compter la maitrise et la force des Palois, déterminés à rester dans le TOP 6.

La Section a réagi aussitôt en inscrivant, coup sur coup, cinq essais (Hamadache, Armitage, Lespiaucq, Votu, Vatubua) en moins de trente minutes pour plier le match dès la reprise de la seconde période. Oyo fermera ce festival d’essais par Geledan sur un groupé pénétrant pour s’incliner logiquement et retrouver sa dernière place, mais toujours dans les talons de ses prédécesseurs.

Brive (13) – Agen (11)                            15 – 12

Des sueurs froides

Brive a tenu sa victoire, obtenue à bout de pied de son buteur Germain, et à bout d’efforts malgré un retour des visiteurs par le pied de McIntyre suite à une accumulation de fautes qui a vu les Coujoux terminer la partie à 13.

Que c’est dur de se maintenir. Et les Agenais sont bien partis pour réaliser cet exploit sur les quatre journées restantes quand les Brivistes montrent bien des lacunes dans leur jeu.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Quatre quarts européens bien français !

Quatre clubs français tenteront de finir dans le dernier carré de la Champions Cup, sachant qu’au moins un est sûr d’y figurer, comme au moins un est certain d’être éliminé. Car, vous l’avez compris, Clermont recevant le Racing, le bonheur de l’un fera le malheur de l’autre.

Quand Toulon et La Rochelle se déplaceront outre-Manche dans des confrontations aux chances inégales.

À suivre, vendredi  30 mars :

  • Scarlets – La Rochelle, à 18h30 (BeIn) : Les Maritimes, le vent dans le dos

Puis samedi 31 mars :

  • Munster – Toulon, à 16h15 (France 2) : pour un exploit monstrueux

Et enfin, dimanche 1er avril :

  • Clermont – Racing 92, à 14h (BeIn) : attention... pan pan cul cul !
  • Leinster – Saracens, à 16h30 (BeIn) : une finale avant l’heure

 

Concernant la Challenge Cup, voici le programme des quarts, avec trois autres clubs français dont seul Pau semble armé pour s’en sortir.

À suivre, vendredi  30 mars :

  • Newcastle – Brive, à 21h (BeIn) : est-ce bien raisonnable ?
  • Pau – Stade Français, à 21h (France 4) : la tête ailleurs, ou bien ?

Et enfin, samedi 31 mars :

  • Connacht – Gloucester, à 14h (BeIn) : que le meilleur gagne, hein ?
  • Édimbourg – Cardiff, à 18h45 (BeIn) : Écosse v Galles !