La fin d'un calvaire... 

CHAMPIONS CUP... Quarts de finale                Clermont – Racing 92       17 – 28

Le Racing crucifie Clermont

Évangile selon Saint Marc… Andreu.

Depuis le temps que Clermont porte sa croix cette saison, sur ses belles épaules de champion...

Qu’il a été long le chemin jusqu’à cette crucifixion, dimanche sur ses propres terres.

Au lendemain de cette finale et ce deuxième titre arraché à la sueur et jusqu’au sang, et glorifié par un peuple aussi enthousiaste que reconnaissant, le nouveau messie auvergnat ne savait pas que ce Brennus venait de signer son arrêt de mort en même temps.

Car c’est une couronne d’épines que le champion a porté sur la tête tout du long cette saison, empruntant un chemin de croix en TOP 14 qui ne lui a rien épargné. Flagellé par le tout venant, attendu à chaque tournant, multipliant les blessures de plus en plus graves, le privant de ses moyens pour rester debout et encore en vie, Clermont a souffert le martyre, jusqu’à l’humiliation, le week-end dernier (souvenez-vous à Toulon), et sa mort, ce dimanche de Pâques…

crucifié par un procurateur monté de golgoths !

Ainsi l’histoire semblait écrite à l’avance et le très fervent monsieur Barnes, enfilant les habits de Ponce Pilate, la bible des règles du rugby à la main et Dieu à la vidéo, ne pouvait prêcher ce match autrement qu’en accordant la grâce d’un essai litigieux mais divin au Barabas ciel et blanc, condamnant (comme cela était écrit) le messie auvergnat, un genou à terre puis deux.

Voilà, c’est dit. Mais revenons au début de cette crucifixion où tout semblait nous faire croire à la résurrection du triste Clermont.

La foule du Michelin était en liesse, en jaune et bleu, encourageant sous un ciel de printemps son champion qui lui répondait par une entame pleine de détermination, concrétisée par le pied précieux de Parra, à défaut de passer la ligne d’en-but.

Vingt merveilleuses minutes et un 9-0 peu cher payé mais déjà de bon augure. Quand le Racing décidait de réagir avec un premier essai de Vakatawa, justement refusé pour un écran grossier de Chat, puis un second aussitôt, cette fois accordé à Nakarawa après une belle chevauchée de Marc Andreu, ailier intenable ce dimanche après-midi. Les Franciliens prenaient alors le pas sur la partie, poussant les locaux à la faute et permettnt à Machenaud de passer devant au score (9-10).

Mais Parra orchestrait une contre-attaque par une parfaite redoublée avec Fernandez pour envoyer Betham au premier essai clermontois. Le demi de mêlée local manquait sa transformation, comme Machenaud la pénalité qui s’ensuivit. Mais pas la suivante et le demi de mêlée francilien ramenait son équipe à un point à la pause (14-13).

La seconde période offrait un tout autre scénario avec une entame en faveur des visiteurs qui reprenaient le score par Machenaud (14-16). Mais une nouvelle fois les locaux relançaient leur machine d’attaque et d’une séquence époustouflante mettaient leur adversaire dans le reculoir avec d’énormes espaces pour un second essai imparable. Seulement Abendandon décidait de la jouer seul et échouait à deux millimètres de la ligne. Rageant, car le tournant du match n’était pas loin d’être là tant les Racingmen auraient pris un coup sur la tête. Les Auvergnats devront se contenter d’une nouvelle pénalité de Parra pour mener d’une courte tête (17-16). Le champion n'était pas encore mort.

Et puis apparut le divin… à l’heure de jeu, le dieu Carter.

D’un geste somptueux pour éliminer un adversaire et puis d’un second, un peu moins grand  – d’un centimètre en avant selon les chiffres de la police vidéo, jusqu’à deux mètres selon ceux des manifestants clermontois – il offrait un ballon d’essai à Andreu, assommant les Jaunards sur place, désormais menés 17-23.

À peine le temps de réaliser ce qui leur arrivait, les Clermontois, médusés, regardaient Carter prêcher la bonne nouvelle aux siens pour un troisième essai de Palu parfaitement amené par Thomas. Le troisième ligne venait de rentrer. Coaching gagnant pour la paire Labit et Travers.

En moins de trois minutes le stratège champion du monde venait de planter le dernier clou sur la croix des Auvergnats. Et pourtant ces derniers voulaient encore y croire quand Grosso interceptait une balle pour aller à l’essai. Mais Ponce Pilate ne le lui accordait pas pour une faute de main en amont (qui m’a échappée personnellement)…

Il leur restait dix minutes pour tenter de revenir, en vain, rien n’y faisait. Dès que Grosso avançait Ponce Pilate sifflait… et ce, jusqu’au coup de sifflet final.

Moralité de cette brève : On ne réécrit pas les évangiles avec monsieur Barnes.

Et celui de ce quart de finale a été écrit par Marc Andreu, béni des Dieux. Il n’est pas étonnant qu’il ait été élu homme du match et devrait être canonisé pour la suite des phases finales.

Le calvaire est donc fini pour Clermont, en ce dimanche pascal. Le champion peut ranger sa couronne et sa croix, et partir en vacances jusqu’à la saison prochaine.

Quant au Racing vainqueur, une demi-finale l’attend à Bordeaux contre le Munster qui a sorti nos Toulonnais.

Parce que ce week-end n’a pas souri à nos autres clubs français, pourtant bien armés pour passer ce tour.

 

Les autres matches en bref...

Scarlets – La Rochelle          29 – 17

Trop de fautes ! trop de fautes !

Comment les Maritimes ont-ils pu perdre ce match ?

Comment ont-ils pu offrir tant de pénalités en première période au meilleur artificier du circuit qu’est Halfpenny et laisser filer le match à l’heure de jeu ?

Il y avait 12-10 à la pause, deux points de retard seulement pourtant, après un premier essai de Bourgarit qui présageait autre chose dans ce quart de finale. 

Mais voilà, à vouloir marquer au lieu de prendre les points sur leurs temps forts, les Rochelais se sont fait prendre sur un ballon porté qui les a déstabilisés et a déporté le jeu sur la gauche pour l’essai de Patchell. Les Maritimes lâchaient prise sur le match et se faisaient punir une seconde fois par Williams à cinq minutes du terme, pourtant en supériorité numérique. Quel gâchis !

Il y avait largement la place de faire mieux. Mais pour leur première participation à cette compétition majeure, soulignons la performance d’ensemble et ne nous arrêtons pas sur cet échec. Bravo aux Rochelais, place au TOP 14 désormais, car rien n’est fait pour la qualification.

 

Munster – Toulon                  20 – 19

Plus fort tu meurs

Comment les Toulonnais ont-ils pu perdre ce match ?

Je sais, ça ressemble à une histoire sans fin. Mais bon sang, quand on voit la première demi-heure monstrueuse de Toulon, on se demande qui peut battre cette équipe. Et je ne suis pas adepte du jeu varois, loin de là.

Mais la maîtrise dans tous les secteurs d’un jeu mené avec culot et brio par le jeune Belleau, ne pouvait que finir par une victoire historique à Thomond Park.

Mais non. Après une domination sans partage les Toulonnais ne menaient que 6-0 avant que Murray ne joue un coup de filou sur le premier essai irlandais. Un ruck, un en-avant de Guirado qui sort la balle du ruck et les Toulonnais arrêtés attendant une réaction de monsieur Owens laissant le demi de mêlée celte s’emparer du cuir et marquer. Dix minutes de vidéo pour valider un essai gag qui coûtera cher, au final, aux visiteurs.

Pourtant, menés seulement 10-6 à la pause, les Toulonnais parvenaient à refaire leur retard et passer devant grâce à un essai de Ashton puis une pénalité de Trinh Duc (13-19).

Le plus dur semblait être fait quand il restait cinq minutes à jouer. Mais un  renvoi hasardeux de Trinh Duc après une longue séquence défensive rendait la balle à Conway qui allait slalomer toute la défense varoise, une nouvelle fois arrêtée, pour inscrire l’essai d’une victoire improbable, au vu de la rencontre.

Toulon laisse échapper une demie à sa portée et devra se concentrer désormais sur son unique objectif, le Brennus.

 

Leinster – Saracens              30 – 19

Y a pas eu photo

Je n’ai pas vu le match, mais les commentaires sont clairs. Le Leinster c’est du sérieux, les portes de Bilbao lui semblent grandes ouvertes, après avoir éliminé le double champion en titre.

Le Racing est prévenu s’il devait aller au bout. Nous aurions alors une revanche du dernier France-Irlande, tant les internationaux de chaque nation sont issus de ces deux ogres du rugby européen.

 

Le tableau des demies

         Leinster        v      Scarlets       à Aviva Stadium, Dublin

         Racing 92  v      Munster     à Chaban-Delmas, Bordeaux

 

En ce qui concerne la Challenge Cup

Pau est le seul club français qualifié pour les demi-finales après un match très disputé contre son compatriote parisien, toujours aussi peu récompensé de ses efforts. Les Palois devront se déplacer chez des Gallois victorieux à Édimbourg. Ainsi le veut la règle, avantageant la victoire à l’extérieur.

Pour le reste, je vous laisse apprécier les résultats.

Le tableau des demies

         Édimbourg – Cardiff Blues (6-20)      v        Pau – Stade Français (35-32)       

         Connacht – Gloucester (28-33)          v        Newcastle – Brive (25-10)             

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 reprend sa comédie

A J-4, Clermont et Bordeaux comptent pour du beurre désormais, quand les autres ne pourront compter que sur eux-même pour espérer se qualifier ou rester dans le TOP 14.

 

Au programme de la 23ème journée, samedi 7 avril :

  • Castres – Toulouse, à 14h45 (C+) : pas le droit à l’erreur pour le CO
  • Brive – Lyon, à 17h45 (R+) : le Lou salive déjà
  • Bordeaux – Pau, à 17h45 (R+) : un coup à faire pour la Section ?
  • Stade Français – Clermont, à 17h45 (R+) : Paris doit sauver sa peau
  • Agen – Oyonnax, à 20h45 (C+ Sport) : la finale de la mort

Puis dimanche 8 avril:

  • Montpellier – La Rochelle, à 12h30 (C+) : en patron
  • Racing 92 – Toulon, à 16h50 (C+) : un goût de finale

À noter le nouveau lien pour suivre les résultats du TOP 8 féminin et sa dernière journée avant la phase finale, dimanche prochainLe TOP 8 - Site officiel de la FFR

Montpellier de Safi N'Diaye et Lille de Romane Ménager sont en tête et devraient se disputer le titre, encore cette saison, à moins que Toulouse de Gaëlle Lhermet ou Blagnac de Marjorie Mayans en décide autrement.