Et au milieu coule une misère...

TOP 14... Barrages                            Toulouse – Castres      11 – 23

Rien n'arrête le Castor Olympique dans un barrage

« Dis papa, ça sert à quoi un barrage ?

– C’est une belle invention de la LNR, mon garçon.

Au mois de mai, elle fait construire deux matches sur le cours d’une saison dans le but de réguler le débit du jeu des phases finales derrière de grands murs de défense.

En relâchant, par séquence, des phases de jeu de niveaux très différents, cela lui permet de produire en plus de l’électricité et d’élever la tension de chaque rencontre. Tandis qu’en contre-bas, les actions fleuves de jeu au large sont presqu’à sec… une misère quoi !

Cela existe depuis très longtemps, tu sais, quand le rugby est passé professionnel, tu n’étais pas né, mon garçon. C’est pour ça qu’il n’y a pratiquement plus de fond de jeu dans ces phases finales. Juste un grand mur et des lâchers de muscles pour déblayer les rucks qui restent ancrés dans le sol, solides comme des rocs, et sur lesquels tous les jeux se reposent.

Mais il existe des barragistes naturels comme le Castor Olympique… 

Son ouvrage lui permet de conserver des forces en phase finale et de protéger son camp contre les gros prédateurs, lui garantissant un accès plus facile aux demies. »

Et ça n’a pas manqué contre Toulouse, samedi après-midi, sur le lit d’Ernest-Wallon.

Dès les premières minutes, les Castors du Tarn ont œuvré avec détermination pour barrer l’accès aux demies aux Toulousains, grands favoris, en construisant un premier ballon porté et en hissant un mur d’agressivité fait de branches de trois-quarts et d’avants.

Une organisation qui a dérouté les locaux, échouant sur la rive de leurs 22 quand, à la 12ème minute, Battle mordait l’en-but en bout de ligne pour le premier essai de ces visiteurs opportunistes.

Ramos réagissait aussitôt avec deux coups de pied bien placés pour démolir l’emprise des Castors qui ne se décourageaient pas pour autant et remettaient patiemment en place leur construction par deux pénalités réussies de Kockott et d'Urdapiletta.

6-13 à la pause, le mur était bien en place, et dès le retour des vestiaires, les Tarnais se remirent au travail pour le consolider  en pilonnant la défense toulousaine, Battle, à nouveau, finissant le travail pour son doublé.

6-20 puis 23, avec un but de Kockott qui assommait les locaux, pris au piège en eaux troubles. Durant un quart d’heure les Toulousains s’acharnèrent à contrer les travaux de ces rongeurs de phase finale jusqu’à ce qu’enfin, à l’heure de jeu, le mur castrais saute sur un ultime pilonnage, Ghiraldini parachevant la charge, dans une grande explosion de joie sur les rives d’Ernest-Wallon.

D’autant que Jenneker prenait un carton rouge laissant les Castors en infériorité numérique pour les vingt dernières minutes. Mais cela n’empêcha pas les barragistes naturels de verrouiller définitivement l’accès à leur en-but, rongeant chaque mètre de leurs 22, le couteau entre les dents, dans une défense incisive qui coupait chaque élan des attaques toulousaines.

Le cours du jeu haut-garonnais était quasi à sec quand la sirène du dernier barrage retentit et envoya les Tarnais dans une demi-finale improbable mais pourtant tellement familière quand on connaît ces Castrais depuis que les barrages existent.

Inutile de vous préciser que ce Castres-là a tout du cru de la saison 2013.

 

L’autre barrage en bref…

Toulon – Lyon            19 – 19      (Lyon qualifié après prolongations, grâce à 2 essais contre 1)

Le Lou a tout cassé à Mayol…

À commencer par l’ambiance.

Tout le monde voyait les Toulonnais l’emporter haut la main, vendredi soir, devant leur public, plutôt serein au coup d’envoi.

Jusqu’à la pause, les Lyonnais menaient chichement (6-3) après un nombre incroyable de déchets inexplicables de cette équipe varoise, à commencer par le meilleur marqueur du championnat sur deux caviars, un de Nonu puis un autre de Guirado, Ashton vendengeait deux essais tout faits, sans parler d’une première pénalité manquée par Belleau en début de match.

Seuls Nonu et Radradra semblaient concernés et concentrés, multipliant les occasions, ce dernier étant même à deux doigts d’inscrire le premier essai du RCT au retour des vestiaires. Monsieur Raynal le refusera justement pour un léger en avant en deux temps.

Ashton, enfin, trouvait la faille et donnait un avantage aux siens (13-6) avant l’heure de jeu dont les Toulonnais ne sauront pourtant pas tirer profit. Un comble !

Il suffit d’un coup de pied fabuleux de Harris pour son ailier (Mignot) qui remettait sur Arnold et les Lyonnais revenaient à deux points. Même l’avantage donné par Trinh Duc à deux minutes de la fin (16-11) ne permit pas aux locaux de préserver une victoire qui leur tendait les bras. Cretin s’enfonçait comme dans du beurre dans une défense varoise apathique. Incroyable !

Aussi incroyable que Harris manquait à nouveau la transformation de la gagne, offrant l’occasion aux locaux de se refaire dans une prolongation d’un jeu déjà fermé, de part et d’autre.

16 partout, et c’était parti pour deux fois dix minutes le temps pour les deux équipes de se rendre coup pour coup, une pénalité de chaque côté.

19 partout, le match restait nul, à tout point de vue.

Pas tout à fait, car Les Lyonnais avaient marqué un essai de plus que leur hôte, ce qui suffisait à les qualifier pour les demi-finales.

Toulon est passé à côté de son potentiel et de ses occasions, offrant aux Lyonnais une belle demie chez eux à Lyon, dans le stade d'Aulas, là où Mourad Boudjellal avait déjà demandé à ses supporters de tout casser… Un humour qui avait pris une nouvelle fois le pas sur une humilité que l’on cherche encore chez le président varois.

Toulon et son président ont tout perdu, mais pas qu’eux… puisque l’équipe de France a également perdu un ouvreur, avec la blessure au bras récurrente de Trinh-Duc.

Tout à l’image d’une équipe de bras cassés.

 

Finale aller d’accession à la PRO D2 en deux phrases…

Rouen – Bourg-en-Bresse                         24 – 27

Coup de froid en Normandie

Vendredi soir les Burgiens ont pris une belle option pour accéder à la PRO D2 en s’imposant in extrémis à Rouen. Les Normands n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien remonter les trois points de retard dans la capitale de l’Ain, samedi prochain.

 

La semaine prochaine…

Place aux demies donc !

Le Lou recevra Montpellier, comme il y a déjà quinze jours (32-24, un seizième de finale déjà compliqué), mais cette fois ce sera l’équipe-type héraultaise qui se présentera à Lyon, dans un tout autre contexte. Ça risque de piquer !

Quant au CO, il affrontera un Racing à peine remis d’une défaite cruelle à Bilbao, en finale de coupe d’Europe. Peut-être une chance pour les Tarnais de faire douter les Racingmen.

À suivre, vendredi 25 mai, au Groupama Stadium de Lyon sur C+ à 21h :

  • Montpellier – Lyon

Puis samedi 26 mai, toujours à Lyon et sur C+, à 16h45 :

  • Racing 92 – Castres