Bons à manger du chardon...

VI NATIONS... 3è journée                     France – Écosse    27 – 10

Un bonus à l'arrachée !

Après avoir fondu en fin de cuisson contre un XV du Poireau à la haine tenace, puis avoir été piqué à vif par des Rosbifs bien saignants, nos jeunes Coqs ont poussé les vieux sur la touche pour foncer tête haute sur le champ du Stade de France et gober tout rond la première denrée à portée de crocs, combien même il s'agissait de chardons.

Espèce d’ânes !

Qu’est-ce que vous croyez nous faire avaler ? Attendez un peu de brouter le fanni du Trèfle et vous oublierez de nous avoir tiré cette carotte.

Ah ! Mais bien sûr que cette jeunesse a fait plaisir à voir !

Mais complètement d’accord avec vous ! Cette ligne d’attaque, emmenée par un Ramos bien en jambes, un Dupont explosif, des N’Tamack, Fickou et Penaud à la finition, même si on leur a refusés quelques cerises sur ce gros gâteau, a eu de quoi nous enthousiasmer sur de belles séquences et de beaux gestes à l’appui !

Forcément que l’on ne peut que se réjouir de dominer un adversaire en conquête et les défoncer en mêlée fermée avec un Bemba enfin à la mesure des ambitions qu’on lui porte, des Lauret et Itturia, chipeurs de balles au sol et dans les airs ou encore un Alldritt déterminant pour décrocher à lui seul le bonus offensif, après son doublé en fin de rencontre.

OK OK ! on ne va pas pleurer après une telle victoire, qui plus est bonifiée !

Seulement, c’est plus fort que moi. Ces "OK" remontent au fond de ma gorge comme un trop plein d'un même film maintes fois déjà vu (ou déjà bu, si on se réfère aux multiples tasses amères que notre XV de France a dû avaler après chaque bon résultat)… triste à pleurer.

Parce que nous voilà repartis à zéro, pour la énième fois, avec une nouvelle charnière et de nouvelles jambes pleines d’élan et de promesses…

Place à la jeunesse, nous dit-on ! Comme un refrain déjà entonné avec Novès.

Après avoir testé et recalé à la mêlée, Bezy, Serin puis Machenaud, avant de rappeler Parra en messi, tout en gardant Serin et Dupont sous le coude, en attendant de revoir sans doute Couilloud après la prochaine claque pour compléter un Jalibert qui aura remplacé un N’Tamack que l’on aura trouvé soudain trop frêle, comme Plisson en son temps, Lopez, celui d’après, ramenant Trinh Duc le temps d’une illusion… etc. Vous me suivez ? Moi non plus.

La sélection sans fin… Allons-nous jouer à ce jeu encore longtemps ?

Raka, sera-t-il le prochain sauveur comme hier Vakatawa, Thomas, Grosso, aujourd’hui mis de côté, comme demain, Huget et Penaud ?

Ramos tiendra-t-il plus longtemps à l’arrière que Dulin, Médard, Huget ou tartempion ?

Et pourquoi donc ? Où les emmène-t-on, ces jeunes, si ce n’est sur un chemin escarpé de caillasses qui leur couperont l’herbe sous le pied d’une prochaine sélection, quand les autres nations se construisent des autoroutes à péage qui nous coûtent à chaque fois bonbon quand on les emprunte.

Alors oui, on a gagné samedi. Mais ne me faites pas avaler que le jeu était plus beau que celui produit en première période face à un XV du Poireau d’un tout autre niveau que celui offert samedi par les Écossais, certes très joueurs, mais surtout très faibles.

Ne me racontez pas que ces Écossais-là avaient la même rage que les Gallois en retour de vestiaires. Et pourtant, les Calédoniens ont réussi à mettre la main sur le ballon assez de temps pour nous bousculer et nous faire douter jusqu’à cette fin de match où ils nous ont même offert le temps de jeu supplémentaire pour acquérir ce point de bonus offensif qu’on n’avait pas été fichu de prendre avant.

Voilà, c’est dit, c’est résumé. Dans quinze jours, je ne me fais aucune illusion. Parce qu’il n’y a tout simplement aucun plan de jeu, depuis l’ère Saint-André, que nous n’avons pas avancé d’un iota sur la construction d’une équipe en quatre ans, pas plus pour la prochaine coupe du monde que celle de 2023.

Place aux Jeunes, je suis bien d’accord ! Bravo, ils ont mangé une poignée de chardons… Mais pour quel projet, quelle ambition ?

C’est bien là que le bât blesse.

 

Pays de Galles – Angleterre              21 – 13

Sur l’autoroute du Grand Chelem

Juste derrière la première victoire française dans ce tournoi s’est jouée une véritable finale pour la course au Grand Chelem. Tout le monde donnait nos bourreaux d’Anglais vainqueurs, sans bien peser la valeur du courage et de la détermination de ces Gallois.

Ils l’avaient pourtant déjà démontrée contre nos Tricolores lors de la première journée, remontant un cinglant 16-0 à faire dresser de trouille les crêtes de nos Gallinacés dans une seconde période à sens unique.

C’est en regardant justement la qualité de ces Gallois contre les favoris de Sa Majesté qu’on se rend compte combien la sélection française face à eux a été performante sur une mi-temps parfaite et qu’aucun sélectionneur des deux hémisphères réunis n’aurait changée pour rien au monde. (C’est pourquoi, de mon avis, un staff étranger mais compétent pour le XV de France est plus qu’urgent. Je ferme la parenthèse)

Revenons à ce match qui a enflammé le Millénnium (je ne me fais pas au naming, ce stade restera pour moi le Millénnium) et produit un jeu d’une extrême intensité.

Ça a cogné. Et si les Anglais ont été les premiers à trouver l’ouverture du score et jusqu’à l’en-but (par Curry) pour mener 10-3 à la pause, au retour des vestiaires, ce sont les locaux qui ont mis la main sur le match et poussé leurs meilleurs ennemis à la faute, Anscombe ramenant les siens à une longueur (9-10).

Et puis il y a eu l’entrée de Biggar, amenant cette folie et le premier essai gallois qui ont tétanisé les velléités anglaises. L’ouvreur du XV du poireau très inspiré a même offert une passe somptueuse au pied pour son ailier Adams qui a jonglé avec le cuir avant de l’emmener tel un funambule dans l’en-but.

Une explosion de joie dans le Millennium au coup de sifflet final… Le grand chelem est désormais à portée de main pour le XV du Poireau, mais la tâche ne sera pas un long fleuve tranquille. Car il va falloir se rendre à Murrayfield avant de recevoir des Irlandais relancés aussi dans ce tournoi… grâce aux Gallois.

 

Italie – Irlande                     16 – 26

Encore trop juste

Après une belle première période, avec deux essais somptueux de Padovani puis Morisi pour virer en tête à la pause (16-12), les Italiens ont lâché prise dans le second acte face à des Irlandais enfin efficaces, décrochant le bonus offensif dès l’heure de jeu (Roux, Stockdale, Earle et Murray).

On a cru à la sensation de la Squadra Azzura, sans son capitaine Parisse. Mais trop de déchets au pied d’Allan et d’approximation défensive auront eu raison d’une nouvelle défaite sans le moindre point.

Mais les Français sont prévenus. Il faudra s’employer pour aller gagner à Rome, comme rien n’est impossible à Dublin face à un Sexton et des Irlandais en demi-teinte.

 

Classement :        1-Pays de Galles : 12 pts (+26) –– 2-Angleterre : 10 (+40) –– 3-Irlande : 9 (+7)

                           4-France : 6 (-26) –– 5-Écosse : 5 (-13)  ––  6-Italie : 0 (-34)

 

Les Bleues et les Bleuets…

France féminine – Écosse    41 – 10

Sur des chardons fondants

Le XV de France féminin, légèrement remanié, n’a pas eu à forcer son talent pour venir à bout d’un XV du Chardon qu’on savait modeste pour ne jamais avoir inscrit le moindre essai contre nos Tricolores.

Ce sera pourtant chose faite, par deux fois même, quand les Bleues en inscriront sept dont un triplé de Vernier, chez elle, à Villeneuve d’Ascq.

Sérieuses mais avec quelques déchets (à l’image de l’ouvreuse montferrandaise, Emma Coudert, pas très à l’aise dès son premier engagement qui ne fera même pas dix mètres), les Françaises ont déroulé et obtenu l’essentiel, à savoir le bonus offensif dès la première période.

Reste à attendre un faux pas des Anglaises d’ici la fin du tournoi pour rêver l’emporter… Mais les favorites du XV de la Rose n’ont pas l’intention de leur faire cette fleur, vainqueurs faciles des Galloises (51-12).

France U20  – Écosse     42 – 27

Espoir quand tu nous tiens

Idem pour nos jeunes tricolores masculins. Trois essais par mi-temps pour une victoire bonifiée maîtrisée, même si les Écossais ont maintenu la pression tout le match, avec cinq essais.

Les Bleuets, comme les Gallois vainqueurs des Anglais, peuvent encore remporter le tournoi… Mais pour cela il faudra aller battre des Irlandais en route pour un grand chelem, chez eux dans quinze jours. Un gros challenge.

 

La 17ème journée de TOP 14 en bref…

Toulouse (1) – Montpellier (9)              27 – 14

Dur dur pour le leader !

Les Toulousains l’ont emporté difficilement à Ernest-Wallon face à des Cistes qui avaient cœur à réagir après leur défaite à domicile contre la lanterne rouge.

Menant un temps dans le match, les Montpelliérains l’ont laissé filé, comme le point de bonus défensif, sur le fil en fin de rencontre. Holmes (auteur d’un doublé) et Cros ont fait ce qu’il fallait pour laisser leur équipe en tête du championnat, malgré l’absence des internationaux.

Lyon (3) – Clermont (2)                         19 – 13

Un derby collé serré

Les Lyonnais auront eu du mal à se défaire de leurs voisins, pourtant amputés de quelques cadres, notamment à la charnière. 

Un essai partout, 10-10 à la pause, puis 13-13, Wisniewski donnera le coup de grâce en toute fin de match par deux pénalités qui priveront les Clermontois d'un point de bonus qui aurait été mérité.

Belle opération pour le Lou qui monte sur le podium au détriment de La Rochelle.

La Rochelle (4) – Stade Français (6)     14 – 27

Paris à réaction

Ils sont imprévisibles, ces Parisiens ! Défaits chez eux la semaine dernière face un Lou plus pragmatique, ils sont allés gagner là où on les attendait le moins, chez le Maritimes, en peine bourre et invaincus à Deflandre.

Au culot, comme souvent, porté par un début de rencontre parfait, avec deux essais en un quart d’heure, le Stade Français a tenu sa victoire avec sérieux en défense et les Rochelais à distance, encaissant un seul essai à la 73è seulement.

Paris revient dans le TOP 6.

Castres (7) – Racing 92 (8)                   18 – 9

Fermé à double tour

Pas un essai et que des coups de pied au cuir qui n’ont pas été perdu pour tout le monde.

Urdapiletta a pris le dessus sur Iribaren qui s’est s’emmêlé le pied dans deux  tentatives laissant Volivala rattraper ce qu’il a pu, à défaut de voir des trois-quarts franchir un rideau défensif.

Le CO se rapproche des phases finales quand le Racing se laisse une nouvelle fois distancer.

Bordeaux (5) – Grenoble(13)                 47 – 31

L’UBB ça claque à la maison !

Les Bordelais gardent leur invincibilité à domicile, après avoir douté une bonne demi-heure face à des Grenoblois bien entrés dans le match avec deux essais en douze minutes.

Mais la réaction locale ne s’est pas fait attendre et a tapé fort avec 7 essais, coup sur coup, enfonçant les visiteurs dans tous les secteurs de jeu jusqu’au dernier quart d’heure où les Isérois allaient pouvoir à nouveau s’exprimer pour clore ce festival d’essais avec deux nouvelles salves.

Que de spectacle à Chaban, décidément, avec une UBB bien partie pour jouer les barrages.

Toulon (10) – Pau (11)                            38 – 11

Histoire de se maintenir

Dans le bas de tableau, le RCT a fait parler sa classe pour afficher enfin un autre niveau que ces derniers mois. La Section n’a pas bronché, encaissant cinq essais dessinés par une ligne arrière incisive avec Trinh Duc et Tuisova.

Toulon ne devrait pas descendre comme il n’aura sans doute plus besoin de Savea pour terminer la saison sans bruit ni phase finale.

Perpignan (14) – Agen (12)                    13 – 20

C’était trop beau

Encore sur leur nuage, sans doute, les Catalans n’ont pas pu contenir la détermination de visiteurs qui jouaient gros sur ce match, l’assurance quasi mathématique de ne pas finir à la dernière place.

Un essai de plus aux Agenais aura suffi à l’emporter et à priver Perpignan du bonus défensif qui aurait été toutefois décevant après l’exploit à Montpellier.

Rien n’est perdu pour autant pour les Catalans qui reçoivent Toulon puis Grenoble, ces deux matches devraient décider de leur sort définitivement.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Le TOP 14 laisse les Bleus jubiler encore un peu

Après tout, il faut savoir profiter des bonnes choses et rêver, à défaut de travailler, pour sortir encore plus grands de ce tournoi que lors du précédent.

La 18ème journée du championnat nous tiendra en éveil, toujours en mode doublon avec quelques belles affiches en haut comme en bas de tableau.

Au programme*, samedi 2 mars :

  • Racing 92 – La Rochelle, à 14h45 : réinvestir le TOP 6
  • Clermont – Grenoble, à 18h : une routine, vraiment ?
  • Montpellier – Bordeaux, à 18h : tout à prouver
  • Pau – Agen, à 18h : ne pas s’endormir
  • Lyon– Castres, à 20h45 : un air de barrage

Puis dimanche 3 mars :

  • Perpignan – Toulon, à 12h30 : dans le rouge et le noir
  • Stade Français – Toulouse, à 16h50 : le Clasico, le retour

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de Canal+