Notre drame de Dublin

CHAMPIONS CUP... Demi-finales            Leinster – Toulouse    30 – 12

La cathédrale de Dublin en feu !

À petit feu…

En ce dimanche pascal, les Toulousains s’attendaient à entendre sonner les cloches au dessus de leur tête dans l’enceinte sacrée dédiée au culte du rugby celte où étaient rassemblées des dizaines de milliers de fidèles.

Ils n’ont pas été déçus.

Pendant 80 minutes, ils ont subi la messe du Leinster en passant les trois-quarts du temps à chercher leur jeu dans le jardin de l’Aviva Stadium, récoltant quelques ballons ovales ci et là, sans jamais parvenir à les porter dans l’en-but.

Quelle frustration pour ces gourmands de jeu !

Pourtant, dès les premières minutes, les Rouge et Noir sont entrés dans le match tambour battant, à l’image de la flèche Kolbe s’embrasant dans les 22 locaux avant de s’effondrer, au fil des charges celtes, avec le reste de l’équipe.

Malgré l’ouverture du score par Ramos, sur la première pénalité du match, le feu s’est installé petit à petit dans le camp toulousain, après l’égalisation de Sexton.

D’abord James Lowe déployait son aile pour aplatir un premier essai collectif de toute beauté, puis Luke McGrath concrétisait le second sur un ballon porté d’école.

Totalement enfumés en première période, nos Français grattaient trois nouveaux points histoire de ne pas être trop décrochés et ne pas se faire incendier en plus dans les vestiaires.

Seulement au retour sur l'autel de la partie, tandis que les trois-quarts toulousains récitaient l’évangile d’une conquête impeccable et d’une relance prometteuse de Dupont (pris haut et offrant trois points de plus à Ramos), le travail de destruction à petit feu de la charpente défensive du Stade Toulousain poursuivait son œuvre.

Fardy concluait logiquement le troisième essai comme un coup fatal annihilant tout espoir de revenir dans le match, d’autant que Sexton, ressuscité du dernier tournoi des VI Nations, passait tous ses coups de pied dans un silence de cathédrale.

Le sort du match était scellé, même si on peut saluer les excellentes entrées de Médard et N’Tamack, en pompiers de service, qui ont sauvé les apparences, faisant enfin monter leur jeu dans les tours, le laissant debout sur quelques belles occasions… aussi rares que vaines.

Seulement la fin de rencontre nous offrait à tous les images terribles de ces Rouge et Noir, floqués d'une petite cathédrale sur le torse, telle une prémonition, croulant à leur tour sous les élans d’un tenant du titre flambant sur le toit du monde.

Tout reste désormais à reconstruire… en phase finale de TOP 14.

 

Saracens – Munster             32 – 16     

Du tout cuit pour ces Rosbifs !

Samedi après-midi, les Sarries ont mené l’autre demie à la baguette, sous la botte d’un Farrell intraitable et la main quasi constante sur le match dès lors subi pendant une heure par les Munstermen.

Pourtant la défense irlandaise a tenu bon et pouvait y croire à la pause, avec seulement trois longueurs de retard (12-9), le duo Bleyendaal-Murray ayant répondu au tirailleur anglais.

Mais dès la reprise, les Sarries ont mis le paquet et les formes pour percer enfin le mur celte. Rhodes récompensait les siens avec un premier essai d’envergure, plein de détermination, qui a permis ensuite à Farrell de gérer l’écart au score (25-9).

Même quand Goode s’est raté et a laissé Sweetham inscrire l’essai irlandais, Vunipola a aussitôt remis de l’ordre dans la domination anglaise en concluant en force un nouveau mouvement offensif des trois-quarts des Saracens, très tranchants.

À Newcastle le 11 mai, face à d’autres Irlandais, tenants du titre, cela ne semblera pas du tout cuit pour ces Rosbifs-là, même à la maison.

Et tant mieux, pour le spectacle !

 

Les demies de la Challenge Cup

La Rochelle  – Sale               24 – 20     

Quand ça nous met la Gaule…

Comme on pouvait s’y attendre, les deux clubs français, impressionnants en phase de poule, ont atteint la finale de la petite coupe d’Europe, en éliminant deux poisons anglais qui n’ont jamais lâché jusqu’à la 80ème minute.

D’abord, à Marcel-Deflandre, meilleur public de Gaule (devant celui de l’autre village d’irréductibles du jeu offensif et spectaculaire qu’il retrouvera en finale), les Maritimes sont venus à bout de leur demie contre le XV de Sale et aussi un peu contre monsieur Nigel Owens qui avait envie de jouer avec les nerfs rochelais, tout ça pour faire plaisir à l’organisation de l’EPCR.

Car oui, une finale en Angleterre sans club anglais pour remplir le stade, ça ferait tache.

D’entrée, l’arbitre facétieux gallois offrait aux Anglais un essai de pénalité pour une mêlée écroulée, accompagné d’un premier carton jaune contre Vito (quand en TOP 14 il faut attendre plusieurs fautes similaires avant d’en arriver là)… ça calme un peu.

Mais quelques instants plus tard, monsieur Owens se voyait obligé de rendre la monnaie de sa pièce de théâtre en faveur des Maritimes, suite à un plaquage haut sur Rattez alors que l’ailier maison allait aplatir dans l’en-but.

Vous avez le synopsis de ce qui se jouait samedi sur les planches de Marcel-Deflandre.

Un vaudeville classique de coupe d’Europe.

Le spectacle pouvait commencer avec un premier essai splendide de l’incontournable Murimurivalu auquel Ashton était obligé de répondre trompant ce même Murimurivalu pour planter sa banderille dans son dos.

17 partout à la pause. Les Rochelais remettaient alors une couche de leur jeu au large et Aldritt redonnait l’avantage aux siens pour tenir leur première finale jusqu’au bout.

Non sans le suspense mené par l’acteur principal du match, monsieur Owens, porté par ses adjoints à la vidéo, qui offrait une pénalité à Macginty pour recoller au score et une fin de match irrespirable à coup de carton jaune et de ballons rendus aux visiteurs.

Mais rien n’y a fait, la mêlée locale défonçait son vis-à-vis pour mettre un terme à cette comédie galloise et offrir au public rochelais sa première finale européenne.

Clermont – Harlequins         32 – 27     

Ouvrez grand le Parra 'plus' !

Du coup, au Stade Marcel-Michelin, deuxième meilleur public de Gaule (ah ! vous savez ?)… les Clermontois, en plus de faire du jeu, devaient se méfier du corps arbitral irlandais, commandé par monsieur Lacey, qui n’avait plus qu’une dernière chance de voir des Anglais jouer à Newcastle.

Mais était-ce bien nécessaire ? Quand on a vu la sérénité de la charnière locale s’appliquer à passer des drops (par Lopez) quand monsieur Lacey ne se décidait pas à sanctionner les fautes de l’adversaire dans son camp, ou les pénalités quand elles étaient trop évidentes (par Parra).

Quand on a vu l’intelligence de Fritz Lee pour inscrire le premier essai ou encore la classe de Damian Penaud dans un numéro de footballeur (grand pont puis intérieur du pied) pour le second.

Ce n’est pas l’essai de Brown juste avant la pause qui aurait dû les inquiéter, tant le score et la place en finale semblaient acquis, mais bien les Jaunards eux-mêmes et aussi un peu quand même… monsieur Lacey.

Car vous pourriez vous lasser de me lire vous le redire, l’arbitrage anglo-saxon est à l’opposé de celui pratiqué dans notre TOP 14.

Les hors-jeu anglais sont dans votre tête vous dirait un docteur es rugby international, en coupe d’Europe, du monde ou au Tournoi des VI Nations. Cela suffit !

Et pourtant, malgré cette indulgence récurrente, les Anglais ont été pénalisé une dizaine de fois, c’est vous dire s’ils abusent des largesses du règlement.

Une fois cela dit, on peut largement s’attarder sur la récurrence du relâchement des Clermontois, dès lors qu’ils croient la victoire acquise. On l’a trop vu ces dernies mois, contre Northampton, deux fois, le Racing ou Toulouse dernièrement.

Trois essais dans les vingt dernières minutes et tout le stade Marcel Michelin retenait son souffle pour expirer ensuite sa peur sur son souffre-douleur, Monsieur Lacey ne pouvant non plus tout justifier.

Heureusement Parra avait fait le nécessaire, 100% au pied, offrant l’écart nécessaire pour éviter l’impensable.

C’est fait ! Nos deux clubs français sont en finale et c’est bien là le principal, Newcastle nous voilà !

La petite coupe sera gauloise, et ça, personne ne nous l’enlèvera.

Et petite cerise sur le gâteau pour les Rochelais, quel que soit le résultat de la finale, ils sont assurés de participer à la grande coupe d’Europe la saison prochaine, même s’ils ne finissent pas dans le TOP 6 du TOP 14.... (Car Clermont est déjà assuré, lui, de terminer dans les six)

 

Le TOP 16 des Féminines... 14ème journée.

Poule 1
Lons  (6) – Rennes (4)                            7 – 17
Rouen
 (7) – Montpellier (1)                  3 – 110   (à quoi ça rime* ?)
Blagnac
 (2) – Paris (5)                          48 – 17
ASM Romagnat
 (3) – Villelonguet (8) 25 - 0 (forfait de Villelonguet, à quoi ça rime* ?)

Poule 2
Lille  (5) – Bordeaux (6)                        22 – 5
Grenoble
 (4) – Bayonne (2)                 15 – 26
Tarbes
 (8) – Toulouse (1)                    0 – 67   (à quoi ça rime* ?)
Bobigny
 (3) – Caen (7)                         64 – 3   (à quoi ça rime* ?)

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Paris a fait les frais de cette dernière journée, en déplacement périlleux à Blagnac, au profit de Rennes qui a géré sa victoire à Lons.

Voici donc les quarts de finale du 5 mai prochain, comme prévu déjà la semaine dernière :

  • Montpellier – Grenoble
  • Bayonne – ASM Romagnat
  • Toulouse – Rennes
  • Blagnac – Bobigny

Des play-off auront lieu également entre les 8 équipes de bas de tableau pour déterminer qui descendra en division inférieure.

(*) Mais la vraie question est : pourquoi persister avec les 2 derniers de chaque poule, pas du tout au niveau, et opter pour un TOP 12 en une seule poule ?

Tous les résultats et classements >>

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 règle ses comptes

À quatre journées de la fin, le suspense règne à tous les étages, je vous disais déjà... chaque nouvelle défaite condamnant presque les prétendants au TOP 6 ou à la précieuse 12ème place. Seuls, Toulon et Perpignan savent à quoi s'en tenir.

Alors, ne manquez pas cette 23ème journée !

Au programme, samedi 27 avril :

  • Pau – Racing 92, à 14h45 : le feu au lac du Hameau
  • Castres – Toulouse, à 16h45 : en attendant, c’est qui le champion ?
  • Agen – Lyon, à 18h45 : maintien à assurer
  • Montpellier – Grenoble, à 18h45 : carton plein ou rien
  • Perpignan – La Rochelle, à 20h45 : le retour des Maritimes

Puis dimanche 28 avril :

  • Toulon – Bordeaux, à 12h30 : l’exploit des Bordelais ?
  • Stade Français – Clermont, à 16h50 : Paris en danger

 

Du côté du TOP 16 féminin,

Retrouvez ici le programme des phase finales du 5 mai : >> site FFR : competitions-elite-1-feminine