L'effet du gaz de Cistes

TOP 14... 24è journée                            Castres – Montpellier    9 – 12

Paillaugue perforant la défense castraise

Mais arrêtez-les !

Avec autant de gaz dans le jeu montpelliérain, il aurait été dommage pour Vern Cotter de ne pas réussir enfin à l’exploiter.

Certes, on est encore loin du gaz naturel qui s’extrait à profusion des jeux toulousain et clermontois, mais les derniers résultats sont très encourageants pour espérer récolter les points nécessaires à l’accession des phases finales.

Car depuis le mois de mars, les Cistes ont enchaîné une série de victoires incroyable (6/7) lâchant enfin les gaz, piégés jusque là dans les rucks et les ballons portés stériles.

Leur méthode : le jeu par perforation dirigée et fracturation des lignes. 

Ça consiste en gros à perforer les rucks, en extraire le ballon, et mettre les gaz pour l’aplatir dans l’en-but. Du rugby quoi. Cela demande beaucoup d’énergie et les Cistes en avaient à revendre face à ces maudits Castrais, champions de France à leur place, et devenus depuis leur bête noire.

Samedi, c’est donc sous la pluie, mais avec le vent, que les hommes de Vern Cotter ont lancé leur machine sur les terres tarnaises. Après deux drops et deux pénalités manquées, respectivement par Immelman et Paillaugue, les Héraultais trouvent la faille à la sortie d’un ruck, par une belle diagonale au pied de Cruden qui sert parfaitement Ngandebe pour le premier essai. Le demi d’ouverture transforme et donne un avantage aux siens (0-7).

Seulement à trop mettre les gaz, cela peut causer des dégâts collatéraux, aussitôt sanctionnés par la commission arbitrale représentée par monsieur Raynal. Une première faute, sur une touche, du grand Jacques Duplessis, offre une première occasion aux locaux de rentrer dans la partie, par Kockott de loin. Puis c’est au tour de Jenneker d’écrouler un maul pour que Urdapilleta recolle à un point avant la pause (6-7).

Au retour des vestiaires, les champions de France manifestent contre cette main mise sur leurs terres, mettant hors-jeu ces mercenaires et reprennent le match en main avec une nouvelle pénalité de Urdapilleta (9-7).

Pour autant les Cistes reprennent leur activité contre l’autorité locale qui croyait avoir fait le plus dur et monopolisé le jeu. Et sur une mêlée castraise, Paillaugue récupère le ballon et contre-attaque avant de servir un petit coup de pied à suivre parfait pour Reilhac qui inscrit le deuxième essai que Cruden ne transforme pas (9-12).

L’écart est faible d’autant que la percussion brutale des visiteurs ne paye pas en faveur des locaux, manquant deux pénalités (difficiles certes, par Urdapiletta puis Kockott) et voyant la cravate de Picamoles échapper au carton. Encore un arbitrage subjectif quand par ailleurs les jaunes pleuvent (lire aussi : le Jaunes pleurent, lol).

Les Montpelliérains tiennent bon jusqu’à la fin et récoltent les précieux points de la victoire qui les laissent encore en vie et plein d’espoir pour avoir le droit de jouer un barrage.

Mais cela ne dépendra pas seulement d’eux désormais car les Castrais, cinquièmes et avec quatre longueurs d’avance, ont leur destin en main, même si après cette deuxième défaite consécutive, cette mauvaise dynamique pourrait leur être fatale.

Pendant ce temps, un autre club s’est donné le droit de rêver aux barrages en ayant mis les gaz aussi à l’extérieur, chez son voisin.

 

Les autres matches en bref...

Racing 92 (6) – Stade Français (8)         23 – 27

Paris c’est…

C’est à n’y rien comprendre ! Paris est impronostiquable et je sais de quoi je parle.

Le week-end dernier, chez eux, avec Parisse et toutes leurs forces vives, les Parisiens n’ont pas existé face aux Jaunards. Et voilà que face à la machine du Racing, dans son antre spectaculaire de l’Arena, les Stadistes se sont mis à jouer les stars, sans leur capitaine, blessé ou pas, mais avec une belle polémique qui n’aidait pas à jouer sereinement un match couperet. Car une défaite et c’était fini pour le Stade Français.

Mais voilà, il y a cette folie que représente à lui seul Fickou et son premier essai et cette envie d’être là quand on ne les attend plus, surtout quand en face, il y a votre meilleur ennemi et voisin. Tout le reste ne compte pas.

Un match que les Racingmen ont bâclé (à l’image du placage de Le Roux qui méritait plus qu’un carton jaune), en dessous de leur niveau et qui inscriront leurs deux essais en contre, et contre le cours du jeu. Quand, en face, Sanchez brillait enfin de sa classe et Stassen pourvoyait tous les ballons de relance, une vraie machine à gratter, Paris inscrivant trois essais, dont un de pénalité.

Même si ça va être dur de se qualifier pour les Parisiens (cela dépend beaucoup des autres, en plus de leur irrégularité), ils ont déjà sauvé leur saison avec ce beau succès dans le derby de la capitale.

Lyon (3) – Bordeaux (9)                        34 – 10

Le Lou peut savourer

Après une première période difficile, les Lyonnais ont conforté leur succès en seconde, arrachant le bonus offensif à la dernière minute, avec quatre essais à la clé.

Les Bordelais n’ont pas su concrétiser leurs temps forts dans ce premier acte pour marquer une seule fois au retour des vestiaires et se faire dépasser dans tous les secteurs ensuite.

Cette fois, c’est bien fini, comme les saisons passées, l’UBB ne verra pas les phases finales. Alors que le Lou, lui, peut savourer sa victoire, il sera sans aucun doute de la fête, pour sa deuxième participation. Bravo !

La Rochelle (4) – Toulon (10)                  30 – 21

Sale bête !

Pas facile de se défaire des crocs de ces Toulonnais qui, depuis qu’ils ne jouent plus rien, n’ont jamais été aussi séduisants et efficaces.

Après une première période compliquée, menés 3-7, les Maritimes ont serré les fesses et les dents pour mener de front un vrai combat et inscrire les trois essais de la victoire, autant que leur adversaire.

Un bon test avant la finale européenne contre les Clermontois, enfin… s’il leur reste des forces.

Clermont (2) – Perpignan (14)                35 – 13

Sans surprise !

Justement, les Jaunards ont validé leur ticket pour une demi-finale tout en préparant la finale à Newcastle de la meilleure des manières, avec un sparring-partner qui n’avait plus rien à jouer si ce n’est l’honneur d’être sur un terrain et de ne rien lâcher.

Les Catalans ont subi malgré tout avant d’inscrire enfin un essai après l’heure de jeu, tandis que les Clermontois assuraient un bonus offensif avec un triplé de Yato et un doublé de Raka.

Toulouse (1) – Pau (11)                           83 – 6

Un non match

En ouverture de cette 24ème journée, les Palois avaient déjà la tête à leur réception de Grenoble, suffisant à leur maintien.

C’est donc face à une équipe béarnaise remaniée et à la rue que les Toulousains se sont amusés à battre le record d’essais, cette saison… TREIZE !

Une humiliation inutile puisque quelques heures plus tard, Grenoble allait faciliter la tâche de la Section, en s’inclinant à la maison.

Grenoble (13) – Agen (12)                        11 – 29

Respect !

C’est bien fait pour les Isérois !

À prendre de haut cette équipe agenaise quand ils pouvaient prendre les points, les Grenoblois se sont fait manger par l’envie et le sérieux d'un adversaire solidaire en défense et adroit à chaque occasion.

Agen restera en TOP 14 la saison prochaine et c’est mérité.

Quant à Grenoble, en dehors d’un double bonus offensif improbable lors des deux dernières rencontre, c’est du côté du barrage de la PRO D2 qu’il faut désormais regarder. Et ce n’est pas avec ce jeu et cet état d’esprit qu’il ira gagner à Brive ou Oyonnax.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Les quarts du TOP 16 féminin

Montpellier – Grenoble           51 – 7             v          Bayonne – ASM Romagnat      21 – 15

Toulouse – Rennes                 22 – 10           v          Blagnac – Bobigny                  20 – 18

Logique mais…

On regarde les scores et on ne s’étonne de rien tant les championnes héraultaises de Safi N’Diaye et des sœurs Ménager sont au dessus du lot, que même les Toulousaines de Gaëlle Hermet revanchardes après leur dernière finale, perdue de peu, ne pourront priver d’un troisième titre consécutif.

On s’étonne juste, qu’un jour après, aucun média ne s’épanche en commentaires sur les combats qu’ont dû mener les Auvergnates, les Bretonnes ou encore les Franciliennes avant de s’incliner par plus fortes qu’elles. J’ai beau chercher et ce n’est pas l’article de France 3 Auvergne qui ne commente comme moi que le score et les supposés efforts des Romagnatoises qui va faire la promotion du rugby féminin.

On devra attendre le Midol du lundi et le reste de la semaine pour que les autres médias recopient ce qu’ils n’ont pas vu, quand cela n’intéressera déjà plus personne. En tout cas, plus moi.

 

Les Play-down (1er tour)

Paris – Tarbes                        56 – 5
Bordeaux – Rouen
                 17 – 20

Lons – Caen                            (match non joué car inutile*)
Lille – Villelonguet                 (match non joué car inutile*)

(*) Lille, Lons et Caen sont qualifiées du fait du forfait de Villelonguet, ne pouvant assurer les 2 tours.

Tarbes et Bordeaux disputeront un 2ème tour dont le perdant accompagnera Villelonguet en division inférieure.

 

Les barrages de PRO D2

Bayonne                      v          Nevers              (le vainqueur se rendra à Oyonnax)

Mont-de-Marsan         v          Vannes            (le vainqueur se rendra à Brive)

Une première pour Nevers et Vannes

Lors de la dernière journée, seul un petit suspense subsistait pour savoir qui d’Aurillac ou Bourg-en-Bresse allait accompagner Massy en Fédérale 1. Ce sera finalement le club burgien qui aura fait les frais de ce championnat relevé, malgré sa victoire contre Béziers.

Concernant les phases finales, il restait juste à savoir qui allait recevoir entre Vannes et Mont-de-Marsan, alors que les Bretons recevaient justement les Landais dans cette journée ultime. Ce sera à nouveau Vannes qui aura ce privilège pour espérer se rendre à Brive pour les demies, pour un énorme challenge.

Dans l’autre barrage, c’est un autre petit club qui monte qui inaugurera sa première phase finale pour accéder à l’élite en se rendant à Bayonne avec beaucoup de culot et de panache pour espérer l’emporter et récidiver à Oyonnax en demie. Deux sacrées paires de manches pour les Nivernais.

Voir tous les résultats de la dernière journée sur le site officiel >>

Pour info, les phases finales se déroulent comme celles du TOP 14, le vainqueur de la finale étant désormais sacré champion de PRO D2, quand le finaliste disputera un barrage à domicle contre le 13ème du TOP 14.

Autant dire qu’on peut s’attendre à un derby chaud-bouillant à Charles-Mathon, entre Oyonnax et Grenoble.

 

La semaine prochaine…

Les finales européennes investissent Newcastle !

Deux belles affiches en perspective : Un choc offensif franco-français et le top du rugby mondial en club, comme un avant-goût de la coupe du monde au Japon.

 

 Au programme de la petite finale de la Challenge cup, vendredi 10 mai à 20h45 :

  • Clermont – La Rochelle

Puis, la grande finale de Champions Cup, samedi 11 mai à 18h :

  • Leinster – Saracens

 

Tandis que les filles, en France, joueront les demies, chez les deux favorites.

Au programme des demi-finales du TOP 16 féminin, samedi 11 mai :

  • Montpellier – Bayonne (14h15)
  • Toulouse – Blagnac (12h15)

Tarbes et Bordeaux se disputeront la dernière place pour rester dans l’élite, dimanche 12 mai à 15h.