Sans contrefaçons

TOP 14... Barrages                    Racing 92 – La Rochelle    13 – 19

Les Racingmen pris au piège

Ainsi soit jeu… Merci Mylène !

Les plus fervents supporters du Racing se réjouissaient cette semaine de retrouver leur stade historique, à taille humaine (selon leurs termes), et qui a fait les grandes heures de leur club fétiche depuis sa montée en TOP 14.

« Je je… suis du Racing, je joue à Colombes ! » entonnaient même quelques-uns sur l’air de « Je suis libertine » de Mylène Farmer, une manière de remercier la chanteuse des années 80 de squatter vendredi soir l’enceinte de Paris-La défense Arena, sans âme selon eux, et surtout trop prenable pour des équipes très joueuses, comme Toulouse, Clermont, Lyon et Paris, qui ont su y mettre en scène leurs victoires cette saison.

Oui mais voilà, à trop s’habituer à mettre du volume de jeu sur cette surface rapide pour écraser d’autres adversaires, et notamment les Rochelais le 2 mars dernier (50-14), les Racingmen ont oublié que sur l’herbe du vieux stade Yves du Manoir c’était, comme à l’extérieur, moins fluide et très risqué.

C’est malgré tout sans contrefaçons que les locaux ont choisi de tenir le ballon, face à des Maritimes qui, eux, avaient décidé de jeter l’ancre dans leur camp pour stopper coûte que coûte les assauts adverses et prendre tous les points qui se présenteraient.

Et c’est contre le cours du jeu que les visiteurs ont pris les devants, sous la botte de West, profitant des fautes plus ou moins grossières des Racingmen pour mener 12 à 3 à la pause, dans une première période courageuse mais pourtant pas très téméraire.

Au retour des vestiaires, alors que Mylène déroulait une tout autre musique à l’Arena, les Racingmen continuaient dans le même rythme de dérouler leurs gammes, gagnant du terrain avec les percussions de Chat et Vakatawa, même en infériorité numérique. En vain.

Au contraire, après les changements des premières lignes, de part et d’autre, les Maritimes mettaient les voiles au large avec un Doumayrou époustouflant qui n’aura pas échappé aux sélectionneurs de l’équipe de France. Le centre international amorçait une attaque sur l’aile de Rattez et restait en soutien pour servir alors Murimurivalu qui libérait de nouveau sa balle avant que celle-ci ne revienne sur Doumayrou qui ajustait un coup de pied parfait pour Retière sur l’autre aile qui n’avait plus qu’à mystifier la défense francilienne dépassée.

Un essai fabuleux qui enfonçait le Racing à l’heure de jeu !

Menés 19-3, à moins de trente minutes de la fin, Travers et Labit se devaient de trouver une solution pour relancer leurs hommes. C’est là que l’entrée de Iribaren allait faire toute la différence, complétée avec celle de Nakarawa en deuxième ligne un peu plus tôt.

Plus dynamique que Machenaud, le demi de mêlée entrant mettait son équipe dans l’avancée jusqu’à ce que, cette fois, Nakarawa finisse le boulot en force.

On venait de retrouver enfin le vrai Racing, puissant et pragmatique !

Seulement « l’horloge » ne jouait pas en sa faveur, contrairement du côté de Mylène Farmer, même si après une nouvelle pénalité payante d’Iribaren, ramenant les siens à six points, l’espoir était permis dans les dernières minutes.

« Pourvu qu’elles soient douces » devait-on fredonner en tribunes.

Seulement les Maritimes avaient largué de nouveau l’ancre dans le port de leur défense, intraitable, bien décidés à tenir jusqu’à la sirène et décrocher pour la deuxième fois de leur histoire une demi-finale du championnat de France.

Alors que Mylène concluait son show par « Des larmes » (son dernier single), les Racingmen, eux, n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer.

J’espère que Lorenzetti aura retenu la leçon. On ne change pas un terrain qui gagne, surtout quand il les a fait gagner contre ces mêmes Rochelais !

Pas sûr qu’avec cette stratégie défensive ces visiteurs auraient eu la même veine. À Bordeaux, même avec toute la Charente-Maritime dans les tribunes, il faudra sans doute oser un peu plus pour ne pas sombrer face au leader toulousain.

 

Lyon – Montpellier              21 – 16

Dans la gueule du Lou

Dans l'autre barrage, les Montpelliérains se sont fait croquer finalement dans la gueule de Gerland, après une série incroyable de victoires qui leur avait assuré cette place de barragistes (lire édition précédente).

Je n’ai pas vu le match mais c’est mérité pour le Lou qui est allé chercher sa première demi-finale, après une saison régulière sérieuse et régulière où, comme son prochain adversaire Clermont, il n’a perdu qu’un seul match à la maison.

Certes, dans ce barrage, les Montpelliérains auraient mérité mieux (au vu du résumé), marquant les premiers pour mener 10-0, après un essai de Cruden sur un ballon contré dès l’entame, complété d’une pénalité de Paillaugue. Mais derrière les Lyonnais ont trouvé les ressources pour recoller à deux longueurs à la pause, après un exploit de Barassi et deux pénalités de Wisniewski (11-13).

En seconde période, les Héraultais y ont cru, sans doute trop, alors que les locaux sont restés mobilisés, avec une charnière intelligente aux manettes, passant devant pour ne plus lâcher leur victoire après l’essai de Ngatai à dix minutes du terme.

Lyon retrouvera donc Clermont à Bordeaux, avec toutes ses chances de voir le Stade de France s’il joue avec la même envie et la même réussite au pied, cruciale dans ces matches couperet.

 

Le barrage d’accession en TOP 14

Brive – Grenoble        28 – 22

Cette fois c’est la bonne !

Dimanche après-midi, à Amédée-Domenech, les Brivistes ont dû s’employer pour venir à bout de la résistance des Grenoblois qui s’en sont remis à la botte du plus corrézien d’entre eux, Gaëtan Germain, pour rester dans le match, une petite heure.

Mais à chaque fois, les locaux ont su marquer un essai pour laisser les visiteurs derrière, jusqu’au quatrième qui les semait pour de bon et leur assurait la victoire. Le retour de Grenoble sur la sirène pour un essai d’honneur, restera anecdotique.

Brive sera donc en TOP 14, à la place de Grenoble, après avoir dominé le championnat de PRO D2, manquant le titre de peu, la semaine dernière face à Bayonne.

Mais l’essentiel est de retrouver l’élite, une saison après l’avoir quittée, encore une fois.

 

La semaine prochaine…

Les demies de l’Atlantique

Bordeaux nous offre deux demi-finales somptueuses dans son grand stade du Matmut Atlantique.

À ne pas manquer !

Samedi 8 juin à 21h :

  • Toulouse – La Rochelle

Dimanche 9 juin à 16h30 :

  • Clermont – Lyon