Un festival qui promet

COUPE DU MONDE... TEST (1)                France – Écosse         32 – 3

Une paire de centres qui promet !

De faux airs de Woodstock

Samedi soir, 17 août 2019, le XV de France recevait celui du Chardon à Nice, pour son premier match de préparation à la prochaine coupe du monde au Japon.

Dans le même temps, Fip célébrait les 50 ans du festival de Woodstock avec une programmation alléchante que mes oreilles me suppliaient d’entendre en place de la voix irritable d’un Lartot, combien même celle-ci ne serait pas cette fois accordée aux violons dissonants d’un Galthié mais à ceux plus appliqués du nouvel élève Cazalbou.

Alors je décidais de couper la poire en deux (pas Lartot). J’aurais l’image de la télé avec le son de la radio. Vraiment, c’est ce que j’ai fait.

Et là, vous me croirez si vous voulez, ce n’était plus la même musique !

Dès l’entrée des joueurs sur la pelouse de l’Allianz Riviera de Bethel (état de New York), sur le With a little help from my friends d’anthologie interprété par Joe Cocker, j’ai senti une émotion parcourir leurs têtes d’épagneul qui semblaient demander pardon pour leurs dernières prestations au tournoi des VI nations. J’ai même cru entendre le public reprendre en chœur la même interrogation de la chanson, « Do you need anybody ? », tant ils semblaient avoir besoin d’amour et de réconfort. Alors quand la rage du chanteur anglais à la voix rocailleuse a envahi le stade sur la marseillaise, alors là, je vous jure…non, mais sérieux, je vous juuure !

J’en ai eu la chair de coq !

J’avais le pressentiment qu’ils allaient faire quelque chose de fort. Et ça n’a pas tardé. À peine mes poils avaient-ils eu le temps de se dés-hérisser que Raka plantait le premier essai, dès la deuxième minute, sur une action cent pour cent clermontoise avec les relais de Lopez et Fofana. L’ouvreur auvergnat transformait : 7-0.

Mais les Écossais n’allaient pas s’en laisser chanter sans réagir. Quand les Creedence entonnèrent leur « I put a spell on you », ils mirent aussitôt la main sur le ballon et sur les Bleus, comme ensorcelés dans leurs 22 durant les cinq minutes de la chanson.

Heureusement, la défense tricolore tenait bon et n’allait pas accepter de se faire dominer de la sorte. Et c’est justement sur « We’re not gonna take it » des Who, au quart d’heure de jeu, que Monsieur Owens pénalisait une mêlée écroulée par le pack calédonien que bonifiait aussitôt Lopez pour gonfler le score : 10-0.

Une chanson plus tard, sur « Judy blue eyes » des Crosby, Steels and Nash, une nouvelle phase offensive spectaculaire, amorcée par le travail des avants sur un maul, débouchait sur le deuxième essai français, par Médard, servi par le reste de la ligne de trois-quarts, de Lopez à Penaud, en passant par Fickou. Même si l’ouvreur clermontois manquait sa transformation en coin, le jeu des Bleus n'avait jamais autant brillé : 15-0.

Mais dès le renvoi suivant, un hors-jeu de leur défense les pénalisait et offrait les trois premiers points à Hastings et son XV du Chardon. Sauf qu’il était écrit que le jeune ouvreur écossais, suppléant de Russel pour ce premier test, serait l'objet d'un sacrifice qui coûterait cher à son équipe.

Sur le célèbre « Soul sacrifice » de Santana, il commettait l’irréparable :

un en-avant volontaire qui lui valait un carton jaune mais, surtout, offrait une penaltouche idéale pour nos Tricolores. Et Alldritt emmenait un ballon porté derrière l’en-but pour le troisième essai français. Quand Lopez manquait à nouveau sa transformation : 20-3.

La fin de la première période aura de quoi me filer le blues sur « Leland Mississipi Blues » de Johnny Winter après trois mêlées dominatrices mais vaines à cinq mètres de l’en-but, alors que les Écossais étaient à la faute.

Je me contentais à la pause du silence de Lartot et de son étendard d’analyses creuses pour monter le son sur le fameux « Star Spangled Banner » de Jimi Hendrix, suivi de « Isabella » et « Purple Haze ». Les dieux du rock semblaient avec nous.

Que c’est bon le rugby quand il se transforme en festival !

Seulement, au retour des vestiaires, Joan Baez prenait place sur scène avec « Joe Hill », dans un rythme peace and love à rendre pacifiques les attaques tricolores et laisser le champ libre aux Écossais qui mettaient la main sur le ballon.

Il faudra attendre un bon quart d’heure avant que les Ten Years After accélèrent le jeu français sur « I’m going home » pour que nos Coqs montrent qu’ils étaient chez eux et qu’ils n’avaient pas l’intention de laisser leur adversaire revenir dans le match. Lopez initiait un bon ballon pour Cros qui en relais avec Dupont lançait Médard à dame pour son doublé et le quatrième essai tricolore. Toujours peu en réussite, Lopez laissait de nouveau filer les points de la transformation : 25-3.

Toujours dans le rythme et sur le même morceau, Dupont ajoutait un cinquième essai après une percée fantastique de Penaud, époustouflant d’intelligence et de flair (j’adore ce gamin, c’est le Rougerie d’aujourd’hui).

Lopez transformait sous les poteaux et le match était plié : 32-3.

La fin sera curieuse avec une grosse frayeur sur « The Fish cheer/I-feel-like-I'm-fixin'-to-die rag » de Country Joe quand le chanteur a lancé son : « Gimme a F, gimme a U, gimme a C, gimme a K » et que… FUCK ! Fofana était à terre et se touchait le genou.

Plus de peur que de mal, il sortira pour commotion et malgré un baroud d’honneur du XV écossais dans les derniers instants, les Bleus tiendront sans prendre un essai.

Whaou ! quel festival ! à défaut de rester dans les mémoires.

Car, même s’il ne s’agit que d’un test face à une modeste équipe calédonienne en manque de repères, sans ses maîtres à jouer que sont Laidlaw et Russel, ou d’un effet Woodstock qui ne durera que trois jours, réjouissons-nous de cette victoire éclatante qui fait du bien au moral, comme le silence de Lartot et Galthié aux commentaires.

Tout cela est de bon augure, je vous assure, pour la suite.

Même si ça sera une autre paire de manches à Murrayfiled face à l’équipe type écossaise, ces Bleus auront à cœur de croire en leurs chances et de prouver, à l’image de cette incroyable troisième ligne "suppléante" prometteuse (Cros-Alldritt-Ollivon), qu’ils ont du jeu, du talent et des ambitions à revendre…

Et même une 7ème place à gagner, derrière l’Australie, au classement mondial.

  

Les autres tests internationaux... en bref.

Rappel du week-end du 9-10-11 août

Tonga –Canada                                   33 – 23
États-Unis – Japon
                              20 – 34
Fidji
– Samoa                                     10 – 3
Irlande
– Italie                                   29 – 10

Angleterre – Pays de Galles               33 – 19

Ce week-end

Nouvelle-Zélande –Australie             36 – 0
Afrique du Sud
–Argentine               24 – 18
Pays de Galles – Angleterre               13 – 6
Italie
– Russie                                     85 – 15

Faites vos jeux, rien ne va plus !

Si les champions du monde ont rectifié le tir après la déroute au dernier Four-Nations (lire-ci-après), en remettant les points sur les i aux Wallabies et les pendules à l’heure nippone, les champions d’Europe, eux, en ont profité ce week-end pour leur ravir la première place au classement mondial.

Une première dans l’histoire du XV du Poireau, de quoi se la péter juste avant la coupe du monde et redistribuer les cartes des favoris, en coupant (à pique!) l’herbe sous le pied au XV de la Rose.

Et quand on voit les Boks peiner autant pour battre les Pumas, on se dit que ce sera tout de même compliqué pour nos Coqs à la fierté retrouvée.

 

Rappel des résultats du IV Nations abrégé... en bref.

Afrique du Sud – Australie                  35 – 17
Argentine – Nouvelle-Zélande
           16 – 20

Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud      16 – 16
Australie
– Argentine
                         16 – 10

Australie – Nouvelle-Zélande             47 – 26
Argentine – Afrique du Sud
            13 – 46

Cl : 1-Afrique du Sud (12 pts)  -  2-Australie(8)  -  3-Nouvelle-Zélande (6)  -  4-Argentine (2)

Leurre des Springboks ?

Depuis leur dernier titre en 2009, à l’époque du Tri-Nations, alors qu’ils étaient champions du monde en titre, les Sud-Africains n’avaient encore jamais remporté la compétition à quatre nations depuis l’entrée de l’Argentine.

C’est chose faite, en écrasant les Pumas lors de la troisième et dernière journée (compétition abrégée, coupe du monde oblige), après avoir tenu tête aux Blacks et dominé les Wallabies.

Mais derrière ce qui ressemble à un exploit et une débandade des champions du monde actuels après la véritable claque contre les Australiens (26-47), les All Blacks semblent bien cacher leur jeu, comme le prouve la rectification de ce week-end à Auckland face à ces mêmes Wallabies (36-0).

Comme en 2015 et 2011, personne n’est dupe sur leur qualité de jeu et leur état de forme. Les Bleus se dispenseraient bien de les trouver sur leur route cette année encore. Ça tombe bien, ce n’est pas prévu.

Par contre, s’imaginer que les Argentins ne sont pas au niveau pour cette coupe du monde au Japon, ce serait se mettre un doigt dans chaque œil et démarrer avec un véritable handicap ce mondial.

Comme en 2007 au Stade de France ?

 

Les derniers matches amicaux avant la reprise du TOP 14.

La Rochelle – Agen                35 – 5            (Marcel-Deflandre)
Castres – Bristol                     30 – 21          (Pierre-Fabre)
Pau – Racing 92                     26 – 36          (Tarbes)
Clermont – Lyon                     19 – 26          (Issoire)
Bordeaux – Brive                   27 – 28          (Chaban-Delmas)

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 reprend pour deux mois de doublons minimum.

Coupe du monde oblige, les internationaux seront absents jusqu’à mi-octobre au moins, le temps de jouer huit journées d’un championnat déséquilibré sans eux.

Alors les petites écuries vont tenter d’en profiter pour faire profil haut dans ce laps de temps. Le champion de France, lui, risque d’en faire les frais avec un calendrier relevé. Comme Clermont, déjà défait deux fois dans sa préparation, par deux formations prêtes à en profiter, comme Lyon et La Rochelle.

Au programme de cette première du TOP 14 à partir de samedi 24 août, toujours sur les chaînes de Canal+ :

  • Agen – Toulon, à 18h
  • Castres – Montpellier, à 18h
  • Lyon – Stade Français, à 18h
  • Pau – Brive, à 18h
  • Racing 92 – Bayonne, à 18h
  • Bordeaux – Toulouse, à 20h45

Puis dimanche 26 août :

  • Clermont – La Rochelle, à 16h50

 

Plus tôt, le XV de France tentera de répéter sa performance face à l'équipe type écossaise quand l'Angleterre aura également fort à faire contre le XV du Tréfle. Deux tests-matchs 100% européens isolés ce week-end.

  • Écosse – France, à 14h10
  • Angleterre – Irlande, à 16h

 

Du côté du TOP 16 féminin,

On ne reprend que le 14 septembre 2019 : >> site FFR : competitions-elite-1-feminine