Le nouveau règne d'Angleterre

COUPE DU MONDE... Demi-finale            Angleterre – Nouvelle-Zélande       19 – 7

L'affront anglais

Ils l’ont fait !

Vingt-trois tuniques blanches, floquées d’une rose en place d’un coq rouge, et formant un grand V d’une victoire improbable face au meilleur rugby de la planète en pleine démonstration de force et de défiance dans un Kapa O Pango terrifiant...

On avait déjà vu ça… huit ans auparavant.

Une finale que tous les Français ont gardé en travers de la gorge tant elle aurait dû nous récompenser d’une première étoile qui aurait certainement changé le destin de notre rugby en perdition depuis.

Mais voilà, sans refaire un match qui n’a plus lieu d’être, il aura manqué ce supplément d’agressivité et de culot que cultivent si bien les Anglais depuis l'arrivée d'Eddie Jones quand le seul supplément d’âme du XV de France se heurte systématiquement à sa carence mentale à se sublimer pour parachever une œuvre.

Car, samedi à Yokohama, ces vingt-trois tuniques blanches, la rose au cœur, avaient décidé de ne pas subir l’impact, ni de respecter la suprématie des All Blacks. À commencer par leur haka.

Là où nos Bleus n’avaient pas osé dépasser la ligne médiane pour défier le rituel maori, trop respectueux du règlement, eux n’ont pas hésité, ignorant effrontément les injonctions des arbitres qui tentaient de les ramener à la ligne de raison.

Et sur le terrain, ça a été pareil. « Les plus forts, c’est nous ! »,

semblaient dire les Anglais, déterminés dès le coup d’envoi donné par Owen Farrell. Moins de deux minutes et une première touche auront suffi pour lancer Watson, bien que l’ailier soit repris, et rebondir par Sinckler et Ford pour ouvrir la porte de l’en-but à Tuilagi.

Une entame parfaite, comme un France-Galles…

Les doubles champions du monde ne seront ensuite que l’ombre d’eux-mêmes durant 50 minutes, menés 13 à rien (oui oui, à rien, à zéro point !) sous la botte de Ford, (avec deux pénalités au cul pour compenser deux essais refusés... d’un rien) avant qu’un coup du sort ne les remettent dans le match.

Pas de carton rouge sur un coup de coude malheureux, non !

Mais un essai cadeau sur un coup de pouce bienheureux, le talonneur anglais Jamie George se trouant complètement sur une touche dans ses 22 en effectuant une passe décisive à Ardie Savea en guise de lancer.

Seulement le XV de la Rose continuera de piquer au vif les All Blacks, là où ça mal, à l’impact, dans les rucks, les mauls et sa défense inversée, agressive, jusqu’à écœurer les schémas d’attaques les plus créatifs et rodés de son adversaire, récoltant deux nouvelles pénalités pour asseoir sa maîtrise parfaite de la rencontre… jusqu’à la victoire implacable.

Les champions du monde viennent de perdre plus que leur titre, après celui du Four Nations cédé aux Springboks (eux aussi en finale), ils ont pris une claque monumentale et une leçon du nouveau rugby qui s’impose, plus agressif et imperméable en défense, tel un virus contre lequel ils vont devoir trouver l’antidote pour revenir au premier rang mondial.

En attendant, les Anglais tiennent leur quatrième finale avec bon espoir d’un deuxième sacre, seize ans après, pour régner un bon bout de temps sur la planète ovale, tant qu’il y aura des phénomènes comme Itoje et les frères Vunipola, des stratèges parfaitement associés comme Young, Ford et Farrell ou encore des finisseurs hors pair comme Watson, May et Tuilagi.

À moins que la génération Galthié ne retrouve notre French-Flair !

 

L’autre demie

Pays de Galles – Afrique du Sud                16 – 19

À rugby clos

Si les tribunes étaient pleines, ce dimanche, pour cette deuxième demi-finale dans le même stade de Yokohama, le spectacle, lui, a brillé par son absence dans un huis clos de jeu où seuls les acteurs ont pris leur pied pour renvoyer le ballon tantôt dans le camp adverse, tantôt entre les perches.

Un chassé-croisé de points et de turn-over aussi incroyables qu'ennuyeux où le ballon a rebondi d’une main à l’autre comme dans un flipper, à en perdre la boule et le fil d’un match dont le seul suspense a résidé à savoir s’il y aurait l’extra-balle au bout des 80 minutes.

Dieu merci, non, Pollard nous épargnant une prolongation en passant la pénalité de la gagne à cinq minutes du terme.

Certes, il y aura eu un essai de chaque côté, au bout d’une heure de cache ballon, après avoir perdu le North sur claquage et tout espoir côté gallois. L’entrée de Patchell aura permis cette égalisation (16-16) en redonnant du jus à ce XV du Poireau, planté jusque-là par un Biggar sans inspiration.

Mais cela semblait déjà trop tard, monsieur Gatland, vous avez mis Biggar, comme c’est Biggar, alors que son suppléant avait tellement été décisif face aux Fidji et l’Australie.

Et dire que l’on aurait pu faire aussi mal que ces Diables Rouges tant le jeu des Sud-Africains est d’un pénible à contrer et surtout à subir et que nos Bleus ont déjà montré leurs limites dans l’agressivité à fournir à ce niveau.

La finale risque de cogner dur et d’être aussi fermée que celle de 2007, à Paris où, souvenez-vous, les Springboks avaient décroché leur deuxième titre.

Cette fois, les Rosbifs comptent bien faire de même et prendre leur revanche.

 

La 6ème journée des Féminines

Poule 1

Bayonne (2) – Lons (6)                      35 – 5

Paris (4) – Rouen (8)                         47 – 3

Grenoble (5) – Chilly-Mazarin (7)     24 – 7

Montpellier (1) – Bobigny (2)           31 – 10

 

Poule 2

Rennes (4) – Caen (8)                        34 – 0

Bordeaux (7) – Blagnac (2)               10 – 54

Lyon (6) – Lille (5)                             3 – 39

Toulouse (1) – ASM Romagnat (2)    30 – 3

Hiérarchie respectée

Dans chaque poule, les leaders montpelliérain et toulousain se détachent quand, à leurs trousses, Bayonne rejoint Bobigny d'un côté, et Blagnac, l'ASM Romagnat de l'autre. Derrière, l'écart se creuse.

 

La semaine prochaine…

Remake de 2007…

Les Anglais vont donc tenter de décrocher leur deuxième étoile face à des Springboks qui en convoitent une troisième. Une finale qui s'annonce aussi agressive que fermée, sous le signe des coups de pied et des ballons portés. Par pitié, faites-moi mentir !

Alors que dans la petite finale, ce devrait être tout le contraire. Mais l'enjeu n'est pas le même.

 

Au programme* vendredi 1er novembre, la petite finale pour la troisième place :

         Nouvelle-Zélande – Pays de Galles, à 10h, à Tokyo

Puis samedi 2 novembre, la grande finale :

         Angleterre – Afrique du Sud, à 10h, à Yokohama City

 (*) Tous les matches sont retransmis par TF1 ou TMC

  

Du côté du TOP 16 féminin,

Place à la tournée internationale d’automne, reprise le 30 novembre.