Du Rosbif... à l'étouffer !

COUPE DU MONDE... Finale            Angleterre – Afrique du sud       12 – 32

Des Springboks 3 étoiles !

La recette des Boks !

Ah ! Le plaisir d’un bon rosbif bien cuit, bien rôti, après l’avoir fait mariner une semaine dans un bouillon d’euphorie alcoolisé au grand trophée, un Webb Ellis seize ans d’âge, piqué d’ail ail ail, garni de marrons et relevé de gnons pour finir carotte, à défaut d'à point (seulement douze) dans son jus d’impuissance.

De quoi aiguiser l'appétit du Français moyen avec un tel plat !

Car pour être plat, le jeu des Anglais a été plat, même trop à plat, trop lisible pour des Springboks qui avaient décidé de leur rentrer dedans et de les cuisiner à leur sauce, pas française pour le coup, écœurante à la mode sud-africaine.

La recette semblait simple à première vue.

Sortir la barbaque de sa finale, une semaine avant la cuisson, l’attendrir de compliments et de pronostics unanimes. Compter pour du beurre, à température ambiante, en attendant la bonne heure. Préchauffer alors le stade de Yokohama à 220 degrés, à coup de « Swing low, swing chariot » histoire de détendre encore plus la vigilance et les nerfs du rosbif. Le poser sur une grille de défense solide de telle sorte qu’il ne puisse passer entre et l’enduire d’un jeu mou qui fond aussitôt sous la pression.

Enfourner chaque mêlée, chaque maul et les regarder rôtir durant soixante minutes, minimum ! jusqu’à ce que le rosbif soit archi cuit, sans le moindre jus, sans la moindre goutte de sang. Il est là le secret, petits Français, ne jamais le manger saignant !

Arroser alors d’un jus de Mapimpi pour relever le score d’un essai d’école et les sortir définitivement du match. Saler et pimenter le tout au Kolbe (genre de wasabi à vous arracher les yeux de leurs orbites) dans un numéro extraordinaire pour le fumet final.

Enfin, sortir du four et servir la victoire parsemée de lauriers. À table !

C'est tout chaud, troisième titre pour les Springboks (1995, 2007, 2019), en trois finales. Une totale réussite qui valide la recette déjà concoctée en 2007 contre les Anglais de Wilkinson, alors tenants du titre.

Troisième étoile donc, comme les All Blacks (1987, 2011, 2015), dans une finale qui aura brillé par la puissance physique de toute une équipe, par son pack, en mêlée fermée notamment, impressionnant, mais aussi par la pression défensive permanente, à deux, à quatre, voire à six, dans des montées inversées qui ressemblaient à des mauls programmés pour étouffer le jeu de l’adversaire dans l’œuf.

66 minutes avant de voir un essai alors que le match semblait joué, c’est dire. Non pas que l’on se soit ennuyé mais juste que ce rugby-là ressemble à un sport de combat et de stratégie au pied, un jeu de ballons portés efficaces plus que de ballons joués, dans toute la largeur et splendeur, même si Kolbe nous a régalé d’un tchik-tchak somptueux, dont lui seul a le secret, tel un Messi balle au pied, et qui a mystifié Farrell sur le deuxième essai. Tout un symbole.

Chapeau bas à ces joueurs monumentaux comme Kolbe, Mapimpi, Etzebeth, Kolisi, De Klerk (dont la ressemblance physique avec Dupont ne vous aura pas échappé) ou encore Am, au four et au moulin, passeur décisif.

Le rêve d’un deuxième sacre anglais s’est brisé sur un mur en béton armé. Jamais le XV de la Rose n’a pu rivaliser, perdant son pilier droit Sinclker dès la troisième minute et subissant dès lors la loi de la mêlée fermée. Pourtant Dan Cole n’était pas un bleu dans ce domaine. Les Anglais ont déjoué, croyant se sauver sous la botte de Farrell. Seulement la puissance physique était sud-africaine et les fautes anglaises.

Les hommes d’Eddie Jones se sont laissé étouffer sans oser (ou pouvoir) lancer leurs trois-quarts, par manque de jus. Comme quoi, battre les All Blacks et mourir juste derrière n’est pas réservé qu’aux Français.

Vivement ce début de tournoi avec ce Crunch tant attendu au Stade de France...

que l'on applique cette succulente recette avec nos petits Bleus, génération double championne du monde, sous la baguette du tout récemment couronné "révélation de l'année", Romain N'Tamack  ! ... J'en ai déjà le sang à la bouche.

 

La petite finale

Nouvelle-Zélande Pays de Galles                40 – 17

Humblement

À l’image du Ka Mate, parfaitement et sobrement exécuté, la victoire des All Blacks a retenti en toute simplicité, sans outrecuidance ni agressivité, dans le stade de Tokyo.

Une troisième place pourtant acquise après un début de match brouillon où les Gallois, sous la baguette de Patchell (en place de Biggar, sur le banc), ont eu les meilleures occasions sans parvenir à les concrétiser quand Moody puis Beauden Barrett, pour les Néo-Zélandais, marquaient un peu trop facilement.

Une demi-heure de jeu presque égal, après l’essai de Amos et la pénalité de Patchell (14-10), avant que les futurs anciens champions du monde ne tuent le suspense avant la pause par deux nouvelles banderilles, plantées par le futur Palois Ben Smith.

Le retour des vestiaires ne laissera aucune chance aux Diables Rouges, pris à la gorge d’entrée par la vitesse des trois-quarts à la Fougère, Crotty concluant le cinquième essai.

Seule consolation pour un Gallois, Josh Adams, qui inscrira son septième essai de la compétition, finissant meilleur buteur puisque, derrière lui avec six réalisations, le Sud-Africain Mapimpi n’a pas réussi à le dépasser en finale. Le Gallois aura néanmoins échoué à un essai du record détenu par le trio Lomu, Habana, Savea.

Mo'Unga, l’ouvreur black, parachèvera cette humble médaille de bronze par un sixième coup fatal en fin de match, après avoir régalé le public de toute sa classe.

Oui, mais bon, fallait briller la semaine dernière mon coco !

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 reprend des couleurs…

Et ses internationaux.

Du moins ceux dont la nation a été éliminée avant les quarts de finale. Nos Bleus malheureux auront donc encore une semaine de vacances pour pleurer sur leur mauvais sort ou leur mauvaise sortie, Sébastien Vahaamahina se préparant, lui, à passer des oreilles qui sifflent aux sifflets à ses oreilles. Une bonne occasion de mesurer le QI de nos stades en France.

Voici donc le programme* de cette neuvième mais première vraie journée du TOP 14.

Amis lyonnais, basques et bordelais, les « tontons flingueurs » de ce début de saison, préparez-vous dans les semaines à venir à des nervous breakdown comme on ne dit plus de nos jours. 

 

Samedi 9 novembre :

         Toulon – Montpellier, à 15h30 

         Bayonne – Pau, à 18h 

         Bordeaux – Agen, à 18h 

         Castres – Brive, à 18h 

         Toulouse – Clermont, à 20h45 

Puis dimanche 10 novembre :

         Lyon – La Rochelle, à 12h30 

         Stade Français – Racing 92, à 16h50

(*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de Canal+

 

Du côté du TOP 16 féminin,

Trêve internationale d’automne, reprise le 30 novembre.

 

Le temps de suivre deux crunchs au féminin, diffusés sur France 2 :

          France - Angleterre, samedi 9 novembre à 14h10 à Clermont-Ferrand

          Angleterre - France, samedi 16 novembre à 14h10 à Exeter.