Born to run !

VI NATIONS... 1ère journée                       France – Angleterre      24 – 17

Ollivon, le Boss d'un Crunch mémorable

Comme un concert de Bruce Springsteen…

Au Stade de France. J’en avais rêvé, ils l’ont fait !

Ce Crunch avait des airs d’un concert du Boss, croyez-en un expert. Emmené, tambour battant, cuivres et guitares rugissants, par l’hymne springsteenien qui couvrait déjà, à mon oreille... ma marseillaise.

In the day we sweat it out on the streets
of a runaway American dream
At night we ride through mansions of glory
in suicide machines
Sprung from cages on Highway 9,
chrome-wheeled, fuel-injected
And steppin' out over the line, baby, this town rips the bones from your back
It's a death trap, it's a suicide rap, we gotta get out while we're young
'Cause tramps like us, baby we were born to run

Je vous traduis en gros le message :

Allons enfants de la patrie ! le jour est arrivé de ne plus courber l’échine devant ce rêve de Grand Chelem qui nous fuit. Il est fini le temps de voir passer des châteaux de gloire sous notre nez face à des machines suicidaires, jaillissant de leurs cages sur l’autoroute de nos 22 pour faire le plein d’essais.

Allons enfants de la patrie ! contre nous de la tyrannie de ces rosbifs arrogants, champions du monde du vice, qui nous promettent l’enfer, dépassez vos limites jusqu’à vous casser le dos, sortez vous de ce piège mortel, saisissez votre chance tant que vous êtes jeunes, parce que vous êtes des vagabonds, nés pour courir !

Et comment ! Quelle entame rock-and-roll sur la scène du Stade de France !

Une heure de pur plaisir, 24-0, une domination sans partage, trois essais, les Anglais humiliés, un pied... de leur enfer !

Des premières minutes fébriles pourtant, une première touche manquée par Marchand et des Anglais en ordre de bataille Waterlootoise dans nos 22, quand la touche suivante, dans le camp britannique, allait tout changer. Une première percée de Vakatawa, suivie par une autre de Thomas, puis c’est au tour de Fickou de saisir son intervalle, le tout orchestré par Dupont et N’Tamack pour une remise intérieure sur Rattez, en finisseur impeccable pour le premier essai de la ligne de trois-quarts tricolore. Wouh ! ça déménage !

Dès lors, la domination était française, poussant les Anglais à la faute que N’Tamack ne manquait pas de punir sans trembler. Même Nigel Owens, l’arbitre gallois, était d’humeur frenchie quand, sur l’action suivante, il décidait (avec l’appui de la vidéo) que le ballon avait rebondi sur le bras de Lawes et que l’essai d’Ollivon sur une percée de Rattez était tout à fait valable. Le XV de la Rose, qui s’était arrêté de jouer, ne s’en remettra pas.

17-0 en vingt minutes, on n’avait pas vu ça depuis… oups !

Depuis le France-Galles de l’année dernière ! Pas de bon augure, pouvait-on penser alors en voyant nos Bleus rentrer aux vestiaires après avoir tenu ce score.

Sauf qu’avec Galthié, ce n’est plus la même musique... C’est le Boss au Stade de France ! 
Le retour sur le pré se fera alors en fanfare springsteenienne : "no retreat, no surrender !"

Well, we busted out of class
Had to get away from those fools
We learned more from a three-minute record, baby
Than we ever learned in school

Car vous l’avez compris, ces jeunes Bleus aussi : finis les discours, les pronostics des imbéciles, on apprend plus en 40 minutes d’une première période aussi riche et intense que celle-ci qu’on peut en apprendre dans tous les stages à Marcoussis.

Moins d’un quart d’heure a suffi pour voir à nouveau le capitaine des Bleus terminer une action, en patron sur la scène du Stade de France, sur une percée de Dupont, pour son deuxième essai, le troisième tricolore.

24-0 et une demi-heure à tenir, ça peut être long ! Mais le refrain du Boss à ses coéquipiers était clair dans les vestiaires :

Well, we made a promise we swore we'd always remember
No retreat, no surrender
Like soldiers in the winter's night with a vow to defend
No retreat, no surrender

Car oui, ils s’étaient fait une promesse, celle de ne pas réitérer les erreurs de leurs prédécesseurs, l’an passé dans ce même stade, pour cette même première journée. Ils devaient s’en rappeler, chaque minute de souffrance à venir quand Johnny May allait les faire douter, par deux fois, sur deux instants d’errance défensive qui ramenaient les Anglais à dix longueurs des Français.

Et tels des soldats dans une nuit d’hiver à Verdun, avec une seule cause à défendre, ils allaient tenir, à défaut d'aller chercher ce bonus offensif… sans céder, si ce n'est cette ultime pénalité qui offrira, sur le fil, le point de bonus défensif à ce XV de la Rose revenu de loin...

Mais ils n'auront pas capitulé, cette fois.

Putain que c’est bon de voir jouer le Boss au Stade de France et réciter ses gammes avec autant d’allant et d’énergie, même si tout n’a pas été parfait loin de là, en conquête notamment.

Comment ne pas rêver que la musique aille à son terme, au bout du rêve d’un grand chelem, sur la "route du tonnerre" qui attend ces Bleus, à Murrayfield et dans l’enfer du Millennium surtout, en passant à nouveau par ce stade de France, dès la semaine prochaine, face à des Italiens largement à leur portée.

Alors, et si on la prenait cette route, les gars, hein ? Et si on se tirait loin de cette image de losers pour gagner... enfin !

'Cause tramps like us, baby we were born to run !

 

Les autres matches...

Irlande – Écosse                   19 – 12

Sexton, à l’arrachée

Elle est loin la balade irlandaise de la dernière coupe du monde face à un XV du Chardon apathique (27-3), les Écossais ont donné bien du fil à retordre dans ce match aux coéquipiers de Sexton, capitaine et artisan de cette nouvelle victoire.

L’ouvreur et buteur du XV du Trèfle a offert tous les points à son équipe, avec un essai dès la dixième minute et des coups de pied au but, souvent heureux, tant les Calédoniens lui ont offert des pénalités cadeau.

De leur côté, les Écossais ont joué au « hourra rugby » qu’on leur connaît, euphorique et désordonné, mais surtout très maladroit à la finition, à l’image de l’essai tout fait que Hogg mange tout seul en échappant le cuir au moment d’aplatir. C’était au retour des vestiaires, l’égalisation était toute proche.

Hastings aura aussi manqué quelques coups de pied, à faire regretter celui du retraité clermontois Laidlaw. Jusqu’au bout, le XV du Chardon aura poussé pour marquer cet essai égalisateur, en vain. La défense celte a été intraitable, comme à son habitude, à la limite de fautes que monsieur Reynal a rarement décelées, ce qui aurait pu aider justement ces malheureux Écossais. 

 

Pays de Galles – Italie          42 – 0

Fané et fanni

Courageux défensivement mais totalement stérile offensivement, le jeu des Italiens a logiquement fini fané et fanni, juste bon à être cueilli à la cuiller de bois à la fin du tournoi.

Les Gallois n’ont même pas été étincelants, juste pragmatiques en première période, avec deux essais seulement, après avoir assuré le score par la botte de Biggar, pour aller chercher le bonus offensif dans le deuxième acte, sans forcer leurs talents.

Et du talent, il y en a eu dans ce XV du Poireau, avec le triplé d’Adams, omniprésent, bien servi par un Biggar facétieux sur le deuxième essai de son ailier, avec une passe entre les jambes magnifique. Thompkins et North complèteront le festival d’essais qui aurait pu être plus spectaculaire.

La réception de la Squadra Azzura la semaine prochaine au Stade de France ne devrait être qu’une formalité pour nos Bleus.

Classement :        1-Pays de Galles : 5 pts (+42) – 2- France : 4 (+7) – 2-Irlande : 4 (+7)
                          4- Écosse : 1 (-7) – 4-Angleterre : 1 (-7) – 6-Italie : 0 (-42)

 

Les Bleues et les Bleuets…

France féminine – Angleterre         13 – 19

Guns and Red Roses

À Pau, au stade du Hameau, les Françaises ont rendu les armes, ce dimanche en début d’après-midi, face à des Anglaises intraitables qui ont mis en joue durant 80 minutes le jeu de leur hôte.

Plus agressives, plus efficaces, les Red Roses ont pris le dessus sur nos Bleues en moins de vingt minutes, claquant deux essais de belles factures, un en bout de ligne et l’autre sur un ballon porté d’école anglaise.

Il faudra toute la détermination de la capitaine Gaëlle Hermet pour revenir dans la partie en servant au cordeau sa demi de mêlée Laure Sensus. Jessie Trémoulière y allait de sa patte pour réduire un peu plus le score avant la pause (10-12) et nourrir tous les espoir dans le second acte.

Seulement, au retour des vestiaires, les velléités offensives locales semblaient tirer à blanc quand les Anglaises tiraient à balle réelle à l’heure de jeu pour l’essai de la victoire. Blessées dans la chair de leur jeu, et aussi dans leur orgueil, les Françaises se contentèrent d’un tir de pénalité pour le point de bonus défensif à défaut de pouvoir aller chercher mieux.

Les Red Roses, tenantes du titre, étaient décidément trop bien armées pour se faire descendre de leur piédestal. Et on ne voit pas, qui des autres nations, pourrait bien les priver d’un sacre cette année encore.

 

France U20  – Angleterre          24 – 29

Grenoble dans tous ses états

Stade des Alpes, Grenoble. Une première mi-temps au ralenti, beaucoup de mêlées, peu de ballons, un essai pour les Anglais malgré une légère domination et un point de retard à la pause (9-10). Rien de grave jusque-là.

Un second acte plein de fougue et d’envie… trop, peut-être. Surtout en supériorité numérique, après avoir repris le score sous la botte de l’impeccable Moura (12-10). Encaisser deux essais en contre, c’est inexcusable à ce niveau, alors qu’il y avait de quoi tuer le match, avec un peu plus de maîtrise et de patience.

Et pourtant ils ont eu la rage de revenir à 24 partout, dans le dernier quart d’heure, grâce à un essai de Joseph puis un autre de Dumortier, avant de craquer à nouveau sur le fil, encaissant un quatrième essai en force des jeunes Rosbifs, saignant nos petits champions du monde, fébriles dans leur chair.

Cela n’enlève rien au talent de ces Bleuets, à l’image d’un Haddad encore tranchant ou le jeune demi de mêlée Le Garrec très prometteur ou encore les trois-quarts Tiberghien et Vili, le feu dans les jambes.

Il semble désormais compliqué d’espérer un faux pas des champions en titre. Reste à terminer le tournoi avec un sans faute, à commencer la semaine prochaine par des Italiens, vainqueurs au Pays de Galles (7-17), à prendre très au sérieux.

 

Le premier tournoi pro des clubs du 7 : SUPERSEVENS

Demi-finales :   Racing 92 – Stade Français       19 – 14             Pau – Toulon   22 – 21

3ème place :       Toulon – Stade Français          33 – 19

Finale :           Racing 92 – Pau                    28 – 12               

Gala parisien

C’est dans l’Arena de Paris la Défense que le premier tournoi professionnel des clubs de rugby à 7 s’est tenu, ce samedi, en une seule journée, de 10h à 23h.

16 équipes – constituées à partir des effectifs des clubs du TOP 14, plus deux invités : Les Baabas, (Barbarians français, melting-pot de joueurs de PRO D2) et Monaco – se sont disputés le premier trophée de cette compétition, en mode tournoi en salle.

Chaque club du championnat de France ont joué le jeu sans pour autant engager la moindre vedette du rugby à XV, présentant essentiellement des jeunes sans temps de jeu et aussi des joueurs prêtés de la PRO D2. Autant dire que l’enjeu était moindre pour eux, et du coup, pour les supporters.

C’est donc logiquement que les Baabas ou Monaco ont réussi à sortir leur épingle de ce jeu de dupe, quand le Racing, hôte d’un jour, se devait de faire meilleur figure que les autres, tout comme son voisin parisien. Toutefois, l’idée de ce tournoi est intéressante pour donner du temps de jeu aux futurs talents de l’équipe de France du 7, notamment pour les JO de 2024, sachant que les prochaines éditions se dérouleront plus longuement, en trois étapes, en août puis en novembre.

Mais pour cette première, les supporters franciliens (chez eux) ont pu jubiler devant leur équipe qui a décroché brillamment le premier titre face aux Palois.

Classement :     1-Racing 92 – 2-Pau – 3-Toulon – 4-Paris
                       5-Babaas – 6-La Rochelle – 7-Monaco – 8-Agen
                       9-Montpellier – 10-Bordeaux – 11-Clermont – 12-Castres
                       13-Toulouse – 14-Lyon – 15-Brive – 16-Bayonne

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La semaine prochaine…

Sur la route du Grand Chelem

À moins d'un cataclysme que l'on ne leur pardonnerait pas, nos Bleus auront pour mission, dimanche, de faire un carton plein de confiance, d'essais et de points face à des Italiens sans arme offensive.

Mais avant, samedi, à l'issue de leur duel, Irlandais ou Gallois seront privés de Grand Chelem...

À ne pas manquer !

 

Au programme*  à partir de vendredi 7 février :

  • France U20 – Italie, à 21h à Aix-en-Provence

Puis samedi 8 février :

  • Irlande – Pays de Galles, à 15h15
  • Écosse – Angleterre, à 17h45
  • France féminines – Italie, à 21h à Limoges

Enfin, dimanche 9 février :

  • France – Italie, à 16h

 (*) Tous les matches sont retransmis par France TV