Toit et clapets fermés !

VI NATIONS... 3ème journée                   Pays de Galles – France      23 – 27

Sur la route du Grand Chelem

Soit dix ans !

Samedi soir, vers 19h30, heure française et de gloire, les Diables Rouges sont retournés en enfer dans leur antre enflammé, toit et clapets fermés.

Ils ne vont pas l’ouvrir de sitôt !

Comme toute cette semaine, soit disant que l’expérience était avec eux, que nos jeunes étaient trop bleus, qu’ils n’étaient bons qu’à tricher en mêlée, et blablabla, et blablabla... Notre néo XV de France en a pris pour son non-grade, les gueules ouvertes, d’arrogance, fort de dix ans de succès gallois, ici, au Millennium*

(*oui, je ne me fais pas au naming ambiant, ce stade mythique restera le Millennium pou moi).

Seulement, samedi après-midi, s’ils ont cru bon fermer le couvercle de leur cocotte-minute dans le but de nous promettre l’enfer au milieu des flammes des chants de suppôts de Pivac, ils ne se doutaient pas que nos jeunes Bleus allaient aussi leur fermer la porte de la victoire au nez, le French flair retrouvé, sans qu’ils n’aient rien à y redire… ou presque.

Comme en 2010, soit dix ans !

Deux interceptions, par Palisson puis Trinh Duc, et la France menait 20-0 à la pause. Les Gallois revenaient en seconde, petit à petit, bien aidés par l'arbitre sud-africain, Kaplan, qui sortira Parra dix minutes, le temps pour les locaux de se refaire le poireau. Mais rien n’arrêtera ces Bleus programmés pour décrocher un troisième succès de rang (20-26). C’était écrit.

Comme samedi, au Millennium... La chandelle lumineuse de N’Tamack, le rebond favorable et Bouthier qui s’en va inscrire le premier essai. Jusqu’à cet arbitrage partial de monsieur Carley, refusant un essai à Fickou après une séquence somptueuse de passe à XV, dont une serait illicite, à la vidéo. Mon oeil !

Mais qu’à cela ne tienne… qu'à la rage de Willemse (impeccable travailleur de l’ombre avec son compère de seconde ligne, Le Roux), transperçant l’en-but après une touche bien captée par le capitaine exemplaire Ollivon.

Ce capitaine, parlons-en, Titi tout craché, secondé par deux flankers hors-pairs, Alldritt et Cros, qui ne sont pas sans rappeler Harinordoquy et Bonnaire, sécateurs aiguisés et capteurs de munitions.

Alldritt, toujours dans l’avancée, tellement précieux que monsieur Carley n’a eu aucune honte à l’envoyer sur la touche dix minutes pour une faute fantôme, des fois que les locaux auraient la bonne idée de marquer dans les arrêts de jeu de la première période.

Heureusement, en vain ! Les Bleus mèneront 17-9 à la pause.

Seulement, au retour des vestiaires, le pilonnage britannique a repris et, cette fois, Lewis a franchi la ligne, ramenant les siens à un petit point des Tricolores (16-17). Tout est à refaire !

Qu’à cela ne tienne… qu’au flair de notre ouvreur, touché par la grâce, interceptant une passe de Tompkins, sur une offensive galloise, pour filer seul dans l’en-but et frapper un grand coup derrière la tête de ces Diables Rouges qui pensaient avoir fait le plus dur.

Mais il était encore à venir, le plus dur pour les locaux, après la transformation de N’Tamack et une dernière pénalité qui les distançaient de onze longueurs. Ce qui allait obliger monsieur Carley à intervenir : carton jaune pour Haouas, pour une mêlée écroulée et essai accordé à Biggar à quatre minutes du terme, alors que le ballon semblait si peu maîtrisé et aplati.

4 minutes et 4 points à défendre, encore plus forts, à 14 contre 16.

Quand, dans les dernières secondes, Tompkins se met à déchirer le premier rideau dans une course folle, on se dit que le cauchemar de l’ère Brunel va ressurgir. Mais cette fois, la double lame fraîchement entrée, Chat-Cretin, a collé le Gallois au sol, mains sur la balle, l’arbitre ne peut que constater l’échec du trois-quarts centre local. La pénalité est française et le dernier ballon pour les tribunes. Ouaiiiis ! 

Ils l’ont fait, ces bleus de Bleu ! Dix ans de disette effacés, ici, au Millennium, et les cruelles dernières défaites enfin vengées.

Ne reste plus qu’à tracer la route du Grand Chelem, tout droit jusqu’au Stade de France, en passant par Murrayfield, où seules les cornemuses nous siffleront aux oreilles.

Ils vont le faire, comme en 2010... je veux !

 

Les autres matches...

Angleterre – Irlande        24 – 12

Méconnaissables

A l’image du premier essai casquette, où Sexton se troue complètement dans son en-but, laissant Ford aplatir, à la surprise générale, ce match entre deux nations qui ont occupé, chacune leur tour, le premier rang mondial l’an passé, a surpris par son niveau de jeu et d’intensité plus que médiocre.

On se régalait de voir le père de Farrell mener son quinze du Trèfle sur la route d’un Grand Chelem jusqu’au Stade de France. Il n’en a rien été. Son fils a mis les épines de son XV de la Rose sur son chemin, réduisant le jeu des Irlandais à néant, et celui des Anglais à trois essais tombés comme trois cheveux dans une soupe de rugby.

Bref, on s’est fait chier à voir Sexton faire dans son froc, tout en se réjouissant de ce résultat comptable qui pourrait bien suffire à nos Tricolores, en cas de succès bonifié à Murrayfield ou au Stade de France.

Et à tous les voir aussi mal jouer, il y a la place pour un Grand Chelem !

 

Italie – Écosse             0 – 17

À la petite cuiller… de bois !

Les Italiens se sont une nouvelle fois fait ramasser par la supériorité de leurs adversaires, ou plutôt par leur infériorité à les attaquer et marquer le moindre essai.

Sauf que, cette fois, la cuiller sentait le bois du sapin, tant on imagine mal la Squadra Azzurra s’imposer face à l’Irlande ou l’Angleterre.

Et pourtant, défensivement, ils étaient là ces Ritals, empêchant les assauts calédoniens d’arriver à dames, jusqu’à ce que Hogg se fasse la malle en solitaire pour le premier essai au bout d’une vingtaines de minutes. Harris, en début de seconde période, puis Hastings à la dernière minute saleront gentiment la note dans un autre triste match de faible niveau.

De quoi rêver grand pour nos Bleus à Murrayfield !

 

Classement :     1-France : 13 pts (+24) – 2-Angleterre : 9 (+12) – 3-Irlande : 9 (+5) 
                       4-Pays de Galles : 6 (+28) – 5-Écosse : 6 (+3) – 6-Italie : 0 (-72)

 

Les Bleuets et les Bleues…

Pays de Galles  – France U20          14 – 11

C’est la faute à Dennis

La tempête qui a soufflé sur la Grande Bretagne vendredi soir aura eu raison d’un match brouillon aux conditions très difficiles, plongeant la tête sous l’eau à nos Bleuets au lieu qu’ils la gardent sur les épaules de champions du monde héritées de leurs glorieux prédécesseurs.

Oui la tempête, c’est vrai, mais être aussi statiques et timorés sur le premier essai encaissé (12è), indisciplinés et gâcher autant d’occasions, montre tout le chemin à parcourir encore pour ces minots avant de jouer dans la cour des grands. A l’image de ce temps fort avant la pause où les mêlées écrasantes rejouées à foison n’aboutissaient pas (l’arbitre n’aidant pas) , alors qu’il suffisait peut-être de prendre les trois points pour passer devant à 9-7 à la pause.

Cela résume un peu ce qui a fait défaut à ces jeunes bleus, et déjà constaté dans les matches précédents. L’entrée de Joseph en seconde période n’y changera pas suffisamment, malgré l’essai en force et en supériorité numérique dès le retour des vestiaires par Lotrian pour enfin passer devant au score (11-7). Car à l’heure de jeu, les Gallois trouvaient à nouveau la faille sur un essai de Strong, trop forts pour cette défense en papier, mâché par une pluie battante.

Une défense battue qui ne parviendra plus à remettre la main sur un bon ballon, comme elle n’espèrera plus rien dans ce tournoi, désormais à la botte des Irlandais, vainqueurs chez les Anglais (21-39).

 

Pays de Galles – France Féminines           0 – 50

80 minutes de silence

Il y avait comme une chape de plomb sur Cardiff, dimanche midi quand les filles ont foulé la pelouse de Arms Park, non loin du Millennium, incendié la veille.

Pas envie de jouer, les Galloises ? Ou juste pas le niveau ? Les deux, sans doute, tant les Françaises se sont promenées et ont cueilli les essais comme on cueille des cèpes après une averse dans une chaude atmosphère, sans opposition, ou presque, le jeu des diablesses rouges n’offrant qu’un  silence de plomb.

Doublé de Banet, doublé de Sansus, N’Diaye, Ménager, Annery et Boudaud, 8 essais à zéro. Une claque monumentale qui ne devrait pas susciter des vocations chez les jeunes Galloises, occupées à consoler papa et les frangins, à la sortie des pubs.

Pendant ce temps-là, les Anglaises se sont mises sur la bonne voie d’un grand chelem après avoir balayé les Irlandaises (34-0). Ne restent que les Italiennes pour les faire tomber à Padoue, lors de la dernière journée. Les Bleues peuvent toujours rêver ou prier.

 

La 16ème journée de TOP 14 en bref...

Clermont (7) – Bordeaux (1)                 22 – 31

Michelin à plat

10-0 et puis plus rien, complètement à plat, le XV Jaune et Bleu s’est mélangé les pinceaux pour rendre vert de rage Azéma sur son banc, impuissant, regardant les Bordelais repeindre le match aux couleurs du jeu d’Urios, palette complète de défense, de culot et d’engagement.

Doublé de Cros, Lamérat et Gimbert s’offraient un bonus offensif devant un public auvergnat médusé.

Lyon (2) – Racing 92  (5)                      29 – 20

Lyon dans le coup

En réaction en première période, tout en maîtrise en seconde, les Lyonnais ont évité le piège tendu par des Franciliens généreux. Trop, sans doute, les Racingmen ont beaucoup été pénalisés en fin de rencontre, ce qui a fait la différence, et les a laissés sans bonus défensif malgré les essais de Lauret et Trinh Duc.

Mignot, Couilloud ont fait le bonheur d’un Gerland toujours invaincu.

La Rochelle (3) – Toulon (4)                  17 – 12

Duel Plisson vs Belleau

Plisson, Belleau, Plisson, Belleau… les pieds ont parlé durant une heure dans une rencontre très serrée entre les deux équipes (12-9), quand Retière faisait la différence pour le seul essai du match, laissant Belleau reprendre le point de bonus défensif que les siens n’ont pas volé.

Marcel-Deflandre reste une forteresse imprenable et place à nouveau les Maritimes sur le podium quand les Toulonnais ne bougent pas, un point derrière.

Toulouse (6) – Montpellier  (8)              25 – 7

Le champion accélère

Privés de nombreux internationaux, les Toulousains composent comme ils peuvent, retrouvant Holmes à la charnière, associé à Pagès, tous deux auteurs des premiers essais qui ont lancé la machine locale.

Le MHR a bataillé, en vain, inscrivant un seul essai en fin de rencontre, par Nadolo, quand les chmpions de France en ajoutaient deux, par Tauzin et Lebat, pour à chaque fois décrocher le bonus offensif.

Toulouse monte dans le TOP 6, avec la manière, quand Montpellier reste à la porte, avec Clermont.

Castres (9) – Pau (14)                            26 – 16

Sauve qui Pau !

Le CO s’en sort bien quand la Section s’enfonce.

Toujours aussi pragmatiques, les Castrais ont profité des maladresses des visiteurs pour prendre le dessus sur un match serré qu’ils ont fini à 14 en serrant les fesses.

Deux essais à un, Laveau et Combezou pour le CO contre Puech pour Pau.

Brive (10) – Agen (12)                           16 – 30

A la conquête

Les Agenais ont conquis leur succès, avec brio, chez des Coujoux indisciplinés et sans conquête.

3 essais contre un (doublé de Tolot, Masilevu contre Jurand), à une marque du bonus offensif. Les Lot-et-Garonnais sortent de la zone de relégation, quand les corréziens ont manqué l’occasion de s’en éloigner un peu plus.

Bayonne (11) – Stade Français (13)       28 – 17

Indiscipline quand tu les tiens

Les Parisiens ont perdu au jeu de l’indiscipline, laissant Lafage prendre le dessus sur leur buteur Sanchez.

En seconde période, les Basques seront les premiers à inscrire un essai, par Tisseron, quand les visiteurs, à la peine, marqueront le leur en fin de rencontre, en vain.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 la joue solo…

 

Au programme* le samedi 29 février :

         Racing 92 – La Rochelle, à 15h30 

         Agen – Clermont, à 18h

         Bayonne – Toulouse, à 18h

         Pau – Montpellier, à 18h

         Brive – Lyon, à 20h45

Puis dimanche 1er mars :

         Bordeaux – Castres, à 12h30

         Toulon – Stade Français, à 16h45

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de Canal+